vendredi 3 septembre 2010

Le cellophane de DuPont


Cette publicité nous ramène en septembre 1956. On y fait la promotion de la pellicule cellophane que l’on utilise, entre autres, pour envelopper de façon presque hermétique le pain. Il est intéressant de noter ici la composition graphique. L’avant-plan, ce qui doit attirer l’œil, est bien entendu l’enfant qui semble prendre grand plaisir à tripoter dans le sac pour se prendre une tranche ou deux. L’allure de chérubin s’inscrit parfaitement dans le courant graphique de l’époque. Le décor d’arrière-plan, avec la mère au foyer occupée à torcher la cuisine s’établit en tant que reflet sociétal du temps. C’était comme ça.

La cellophane a d’abord été inventée en 1908 par le chimiste suisse Jacques Brandenberger alors qu’il travaillait pour la Blanchisserie et Teinturerie de Thaon. Observant une tache de vin sur une nappe il s’est alors mis en tête de créer un tissu hydrophobe. Ça lui a pris quelques années à parfaire la formule chimique mais il y est parvenu. En 1913 la compagnie Comptoir des Textiles Artificiels établit une nouvelle compagnie, La Cellophane CA et fait de Brandenberger son président.

Aux États-Unis c’est la compagnie de bonbons Whitman qui utilise pour la première fois la cellophane, laquelle est alors massivement importée de France. Enfin, jusqu’en 1924. Qu’est-ce qui se passe cette année-là? La construction de la première manufacture de cellophane par la compagnie DuPont, une très vieille compagnie fondée en 1802 par Éleuthère Irénée du Pont de Nemours, un parisien né en 1774.Le problème avec la cellophane de France c’est que si elle est bel et bien hydrophobe elle n’est toutefois pas étanche à l’humidité, un problème que DuPont confie au chimiste William Hale Charch qui se joint à la compagnie en 1925. La cellophane résistante à l’eau et à l’humidité a été finalement mise au point en 1927 et les ventes ont carrément triplé entre 1928 et 1930.


Quant à Du Pont Canada, ses bureaux se trouvaient, en 1956, au 1135 de la Côte du Beaver-Hall, une adresse qui n'existe plus aujourd'hui puisque que l'emplacement se trouve occupé par la tour moderne de la HSBC au coin de René-Lévesque. 


Et que retient-on de septembre 1956 au Québec? D’abord y’a Duplessis qui remanie son cabinet et ce faisant, nomme Paul Dozois au poste de ministre des affaires municipales. Dozois, on le sait, va éventuellement élaborer un plan afin d’éradiquer les taudis de la ville de Montréal. Ce sera le fameux Plan Dozois. À Radio-Canada on s’affaire à préparer la mise en ondes du téléroman Les belles histoires des pays d’en haut de l’écrivain Claude-Henri Grignon.



Le saviez-vous? Toujours largement utilisé de nos jours pour de multiples usages, dont le pain, la cellophane tient son nom de l’amalgame des mots cellulose et diaphane.

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