dimanche 21 avril 2013

Un petit peu d'insinuations subtiles

Y'a de cela bien longtemps la censure, surtout au temps du Hay’s Office Code, avait le bras long et la paire de ciseaux rapide comme l'éclair. On passait les films et dessins animés à la loupe et on s'assurait ainsi que rien d'osé, vulgaire ou pouvant comporter une connotation suggestive ne passe. Pour y arriver, on disposait comme référence, d'une liste de vingt-cinq points très articulés sur ce qui était acceptable et ce qui ne l’était pas.

Pour ce qui est des comics on peut s’entendre pour dire qu’à ce moment-là à peu près n'importe quoi passait, tout simplement parce d'abord le médium était relativement récent mais aussi parce qu'il n'y avait aucun organisme de contrôle, contrairement au cinéma. En ce sens les choses on changé en 1954 quand on a décidé de créer une commission d'enquête sur l'influence négative qu'avait les comics sur les jeunes garçons. Les comics du temps étaient assez notoires pour les mises en scène d'horreur et de torture, impliquant généralement des filles attachées et peu vêtues. L'argument pour un contrôle du contenu des comics était que les garçons reproduisaient les comportements sadiques des revues dans leurs jeux. C'est comme ça qu'on a créé le Comics Code Authority, un organisme qui a décrété une liste longue comme ça des choses à ne pas montrer dans les comics, dont rien de sexuel, de quelque manière que ce soit, donc un peu à la manière du Hay’s Office Code.

Faut comprendre que le Comics Code Authority n'avait pas de contrôle direct sur les éditeurs de comics mais si la couverture n'avait pas le fameux logo alors les distributeurs ne s'en occupaient pas. Toutefois, les restrictions de l'organisme ont eut quelques effets intéressants; d'abord elles ont permis la création d'un réseau underground qui pouvait ainsi contourner parfaitement les règles puis a stimulé les illustrateurs à insérer des références sexuelles que les gamins ne voyaient évidemment pas mais qui n'échappaient pas à l'œil averti.








 

 

 




 
 

 

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Comme je le disais plus haut, les censeurs passaient en revue les dessins animés avec une loupe. Mais parfois, ce qu'ils cherchaient à couper ne se trouvait pas exactement là où ils regardaient. Par exemple, le personnage de Flash qui grimpe une montagne à la vitesse de l'éclair. Y aurait-il une raison de s'attarder sur ça? Mettez-vous à la place des censeurs et observez la séquence suivante:


 N'avez rien remarqué? Peut-être avec-vous tout simplement cherché une forme féminine suggestive dans la paroi de la montagne qui défile, ou encore dans les nuages? Je vous assure que ce n'est pas le cas. Il ne se trouve rien dans la montagne ni dans les nuages. Alors pour vous aider un peu, faisons donc un arrêt sur image ou, comme on dit en anglais, freeze frame.




Ben là, si vous le voyez pas torrieu!!! 






En terminant, vous vous souvenez probablement de cet article où j’ai parlé des fameuses Betty et Veronica de la série Archie dans lequel j’ai inclus un dessin de Dan De Carlo montrant la brune et la blonde s’amusant ensembles sous la douche complètement à poil. C’était un dessin qui n’était évidemment pas destiné à la publication. Je croyais qu’il s’agissait du seul dessin de ce genre que De Carlo avait fait mais il s’en trouve un autre qui a été dégotté il n’y a pas si longtemps. Décidément, De Carlo avait un petit fétiche…

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 Pis? Les avez-vous toutes pognées ces belles p'tites insinuations-là? Mhhhh?

jeudi 18 avril 2013

Splish splash

Dites, vous avez une baignoire chez-vous?

Question idiote, vous allez me dire. Qui c'est qui n'a pas de bain aujourd'hui à la maison. On va donc reculer de quelques cases par en-arrière. Juste assez pour revenir au début du vingtième siècle.

Maintenant, combien de gens possèdent des choses aussi rudimentaires que l'eau chaude et une baignoire?

Pas beaucoup.


Les gens aisés financièrement en ont, possiblement avec un chauffe-eau Gurney tel qu'annoncé dans cette publicité de 1889, mais les pauvres, qui constituaient une bonne partie de la population n'en avaient pas du tout. Fallait donc faire preuve d'ingéniosité pour ne pas sentir le p'tit canard. Une des méthodes utilisées était de l'eau chauffée sur le poêle et qu'on versait dans une cuve, souvent en fer blanc. On changeait l'eau entre chacun, non?

Pas vraiment. Chez les gens pauvres ou de la classe ouvrière l'eau était une commodité de luxe, parfois achetée d'un porteur d'eau qui la puisait quelque part comme le fleuve, la mettait en tonneau et parcourait les rues pour la vendre.

Il y avait d'autres façons de se garder propre; on allait directement dans le fleuve ou sur les abords du canal Lachine par exemple (si, si). Les gens s'y jetaient complètement à poil. Souvent, pas trop loin de la rue. Assez proche pour que, si vous étiez un homme, l'on sache de quelle religion vous étiez. On a voté des lois contre ça. Deux fois même. En 1865 et 1870 mais ça demeurait un «sport» populaire. Au grand dam des dames qui s'en faisaient parfois mettre un peu trop dans la vue.

Avant de souhaiter aller vivre dans le passé où se baigner à poil à Montréal semblait coutume, sachez que si vous vous faisiez pogner ça risquait de vous coûter gros. Parlez-en à ces six hommes et femmes qui se sont fait prendre à complètement à poil en 1889 alors qu'ils se baignaient à l'île Ronde (aujourd'hui le lac des Dauphins et dont le parc d'amusement tire son nom). Ils ont été condamnés à payer $5 d'amende, qui était une sorte de petite fortune dans le temps. Dans les cas de récidive le montant pouvait grimper à $40 et deux mois de prison.

Autre affaire à retenir: l'eau du canal Lachine n'était probablement pas la meilleure pour s'y baigner. Sûrement que toute la concentration d'industries de toutes sortes n'y est pas étrangère... Les normes environnementales dans ce temps-là étaient à toute fins pratiques inexistantes.

C'est pour ça que l'on a construit tout un tas de bains publics un peu partout. Il en existe encore un certain nombre, quoi qu’aujourd’hui on les appelle tout simplement des piscines. Mais si vous ouvrez l’œil vous verrez sur ces bâtiment les anciennes appellations. C'est le cas du Bain Quintal, du Bain Mathieu et aussi le Bain Maisonneuve. Prenons ce dernier comme exemple, si vous le voulez bien.

La ville de Maisonneuve est une municipalité qui a le vent dans les voiles et pour l'élite qui en mène la destinée, y'a rien de trop beau pour la classe ouvrière et c'est le cas de le dire. On veut faire de Maisonneuve un ville moderne, dotée de ce qu'il y a de mieux et de plus beau. Incluant un bain public qui ferait des jaloux. L'idée d'un tel bain est venue du maire de la ville de Maisonneuve, Alexandre Michaud ainsi que des frères Dufresne (propriétaires du château du même nom sur la rue Sherbrooke).

 (Crédit photo: Musée McCord)

Les plans du bain sont dessinés par Marius Dufresne qui s'adonne justement à être architecte. Et Marius ne lésine pas sur le style. Remarquez il aurait pu faire une simple boîte en brique tout à fait banale pour que ca ne coûte pas trop de sous mais il a plutôt opté pour le style beaux-arts. Et avec la pédale dans le tapis à part cela. C'est d'ailleurs un peu pour cette raison que le budget initial de $30,000 ($610,000 aujourd'hui) a été légèrement dépassé pour se chiffrer, sur la facture finale, à près de $300,000 ($6 millions aujourd'hui) comme quoi les dépassements de coûts faramineux ne sont pas une invention récente.

Malgré que Marius semble avoir été fortement inspiré par le bain public situé sur la 23è avenue à New York le résultat a de quoi impressionner; colonnades, portique, grand escalier, fronton et statues imposantes. C'est d'ailleurs un des plus beaux bâtiments de ce genre en Amérique du Nord. 


La construction a commencé en 1914 et l'année suivante on s'y lavait et on s'y baignait. En 1920 la police de Montréal s'est servi du gymnase a des fins d'entraînement et ça, jusqu'en 1960. Aujourd'hui le bain Maisonneuve ne sert plus de bain public, évidemment, et les anciens bains privés dans lesquels les ouvriers se lavaient ont été enlevés vers 1962. Par contre la piscine y est toujours et on peut y patauger allègrement. 

 
Saviez-vous ça vous autres? Quand une famille dans l'temps devait s'laver c'était un après l'autre, du père jusqu'au plus jeune. Dans cet ordre-là. Faque veut, veut pas, après trois ou quatre «lavages» l'eau commençait à avoir l'air d'la Rivière-des-Prairies pis rendu à bébé l'eau était rendu noire comme de l'encre. Fallait faire attention pour pas vider la cuve par la fenêtre sans vérifier si l'bébé en question était pas dedans. Connaissez l'expression «Ne pas jeter le bébé avec l'eau du bain?». Ça vient de là. 

mardi 16 avril 2013

corinthia


Détail de la façade de l’ancien édifice de la Duke Investment Limited, un firme de courtage. Ce bâtiment fut construit en 1925 selon le style néo-classique, incluant de magnifiques colonnes corinthiennes. La qualité de construction témoigne d’une marge de manœuvre financière appréciable. Par contre, la firme a cessé ses activités en 1931-32, fort probablement victime de la crise économique. Une autre compagnie, Duke Equipment Company Limited, a prit ensuite la place et les affaires ont visiblement été mieux pour celle-ci puisqu'elle était encore en affaires jusque dans les années 60.  



Saviez-vous ça vous autres? La bâtisse oussé que y’étaient Duke Investment pis Duke Equipment se trouvait sur la rue Duke? Mettons qu'on s’est pas cassé l’boyau trop fort pour trouver des noms de compagnie…

dimanche 14 avril 2013

La catin Gaz Métro

Vers la fin des années 50 l'industrie du gaz de gaz naturel se cherchait un logo, une identité visuelle qui la représenterait.  Pour y arriver on a fait appel à Gene Hazelton, un dessinateur et animateur de talent qui avait ses classes chez Disney et qui, à la suite de la fameuse grève, est passé à d'autres studios comme Warner Bros puis finalement Hanna-Barbera. Hazelton a donc pondu une mascotte en noir et blanc et qui a connu une très grande popularité.

 Gene Hazelton travaillant sur une bédé de Yogi l'ours.


C'est Union Gas qui a décidé de pondre une catin basée sur les dessins de Hazelton et de l'utiliser dans une grosse campagne de marketing en collaboration avec le Ontario Home Builder's Association. Cette catin, produite en quatre ou cinq variations a connu un très grand succès auprès de la clientèle où elle était donnée à l'achat d'un système au gaz naturel. Au Québec, on le sait, Hydro-Québec s'est départi de son réseau de distribution de gaz en le vendant à l'entreprise privée. La vente à la Corporation du gaz naturel du Québec, devenue plus tard Gaz Métropolitain puis Gaz Métro, a été approuvé par le gouvernement Duplessis en 1957. Mais pour revenir aux catins, est-ce qu'on pouvait en avoir ici au Québec? Absolument.

 
 
Le corps est composé en peluche à part le visage qui est moulé en plastique mais ne fait rien de particulier quoiqu'il est intéressant de noter que la mienne est vêtue d'une ceinture fléchée. Et si dans le temps vous aviez été assez chanceux vous auriez pu aussi dégotter le p'tit ensemble salière-poivrière.




Saviez-vous ça vous autres? Les catins étaient faites icitte à Montréal par la compagnie Ganz. Et pouf!

vendredi 12 avril 2013

Gagarine

Ca se passait il y a 51 ans, donc le 12 avril 1961. Le cosmonaute russe Yuri Gagarine devenait le premier homme dans l'espace. Pour les Soviétiques c’est une autre «première» qu’ils inscrivaient face aux Américains, lesquels accusaient un certain retard, sinon un retard certain. Faut se souvenir qu’en 1957 les Soviétiques avaient lancé, avec succès, le premier satellite artificiel appelé Cпутник-1 (Sputnik 1) en orbite. J'ai connu l'histoire du vol de Gagarine alors que j'étais au primaire, au travers mon livre de grammaire (Grammaire des ensembles, édition Hurtubise/HMH) à la page 142. Un texte pas trop mal (à part l'erreur sur la date) accompagné d'un dessin horriblement mal torché. Que voici.

Ouais...

Retour en Union Soviétique.

Gagarine avait été sélectionné, avec 19 autres pilotes, pour faire partie du programme spatial soviétique. Parmi ces 19 on créa un autre groupe plus restreint, sorte d'élite parmi l'élite et dont Gagarine fit partie. Il fut incidemment choisi, avec Gherman Titov parce que d'abord il excellait dans tous les tests mais aussi parce qu'il était petit, à peine 5'2, ce qui était parfait pour prendre place dans la minuscule capsule Vostok.




Avant d’aller plus loin il faut maintenant se placer dans le contexte de l'époque et se dire qu'officieusement, tout ce qu'on avait lancé dans ces fusées jusqu'à ce moment-là était des satellites et des chiens. On peut certainement se convaincre qu'il fallait des testicules gros comme des boules de bowling pour y embarquer, et à priori pour s'y faire propulser. Dans l'espace.

La fusée Vostok 1 (modèle 3KA-3) qui allait le propulser était dérivée d'un missile balistique R-& Semyorka et qui ressemblait davantage à ce qu'un gamin de troisième année parfaitement blasé de son cours de maths aurait barbouillé dans son cahier plutôt qu'à un réel engin capable d'envoyer quelqu'un dans l'espace.

Quand je parlais de testicules...

Les choses se sont tout de même bien passées. Gagarine a donc fait son vol et il est devenu non seulement le premier humain dans l’espace mais aussi le premier à aller en orbite et à revenir sain et sauf sur Terre. Pendant que la capsule redescendait vers le plancher des vaches russes, quelque part en Russie, Gagarine chantait la toune patriotique Родина слышит, Родина знает. Pas besoin de dire qu’à son retour il fut paradé en héros. Cela lui a permis de visiter plusieurs pays, dont le Canada, afin de promouvoir l’excellence du programme spatial soviétique.

À ce moment-là aux Etats-Unis, à la NASA, on préférait encore envoyer des singes dans l’espace mais après l’exploit de Gagarine on a pesé un peu sur la suce pour expédier l’astronaute Alan Shepard dans un tout petit vol, spatial certes, mais résolument suborbital, donc bien en-dessous de l’altitude requise pour être en orbite. Essentiellement on avait catapulté la capsule Mercury de Shepard de Cap Canaveral pour qu’elle atterrisse un tout petit peu plus loin dans l’Atlantique. Impressionnant mais bien loin de ce que Gagarine avait accompli.

Gagarine, justement, appréciait cette soudaine popularité, surtout que chacune de ses apparitions lui donnait l’occasion de boire «socialement». Toutefois, les responsables du programme spatial soviétique ont prit soin de le barrer de toute forme de mission spatiale ultérieure. On savait trop bien que s’il se pétait la tronche l’Union Soviétique perdait derechef son héros national. Alors on l’a promu lieutenant-colonel en 62, puis colonel en 63. Par contre, un peu plus tard, Gagarine est devenu le pilote de relève d’une autre mission spatiale, celle de son ami Vladimir Komarov. Gagarine s’est objecté au lancement de la mission parce qu’il considérait que plusieurs mesures de précaution additionnelles étaient nécessaires. Nenni, lui a-t-on dit. Pas besoin. Et puis on a lancé Komarov malgré les protestations de Gagarine. Avec un résultat pas trop reluisant puisqu'il est mort lorsque la capsule revenait sur terre.

Cet échec cuisant, qui démontrait bien les lacunes soulignées par Gagarine, ont fait que ce dernier a été banni de toute participation, de près ou de loin, aux missions spatiales. Gagarine s’est ensuite retrouvé directeur de l’entraînement à Star City et avait alors recommencé l’entraînement pour piloter des avions de chasse et c’est durant un de ces vols, le 27 mars 1968, qu’il s’est tué lorsque son MiG-15, dans lequel prenait aussi place Vladimir Seryogin, s’est écrasé près de la ville de Kirzhach. Évidemment les cosmonautes russes, tout comme les astronautes américains, ont toujours dit que s’ils devaient mourir aussi bien que ce soit en pilotant un engin plutôt que de tomber en bas d’une chaise, mais il reste que c’est con. Le type aurait dû finir sa vie tranquillement dans une datcha bien douillette.

 
Saviez-vous ça vous autres? Quand ça été l’temps de promoter Expo 67 là, ben on a demandé à Iour, Yur, Your…entéka, Gagarine, de faire un message publicitaire pour dire au monde que si y pouvait pas venir à Moscou ben de passer faire un tour à Expo 67 parce que l’Union Soviétique y serait. Ça été un des pavillons les plusse visité. 

mardi 9 avril 2013

ferriviaria pontem


Vieux pont ferroviaire désaffecté situé sur le canal Lachine, tout juste à côté du pont Wellington. Au début du 20è siècle il jouxtait le pont Wellington original, celui que l’on a démoli en 1930 pour construire le tunnel Wellington. Ce vieux pont ferroviaire, comme son voisin du temps, pouvait tourner dans un sens afin de laisser passer les p’tits bateaux et de l’autre pour laisser passer les trains. Il était opéré à partir d'une cabine située en haut et qui est toujours là. À l’est la voie ferrée empruntait Wellington, bifurquait sur Brennan puis filait comme ça pour aboutir dans le vieux port. À l’ouest elle longeait Wellington pour connecter avec les voies reliant les ateliers du Grand Trunk.

Du côté de Montréal cette voie ferrée n’existe plus, il ne reste plus que quelques fragments éparts de cette voie, resurgissant ici et là à quelques endroits le long des rues. La portion à Pointe St-Charles existe toujours quoique modifiée et se trouve connectée aux voies empruntées par VIA et mènent, comme dans le temps, à la cour de triage tout juste au sud. Quant au vieux pont ferroviaire, il est abandonné depuis fort longtemps et rien ne semble démontrer qu’il ait fait l’objet d’un effort de conservation ou de restauration.

 

Saviez-vous ça vous autres? Le pont Wellington, là, celui qui passe par-dessus le canal Lachine. Bon, ben y’a été construit pour remplacer un tunnel qui a été lui-même construit pour remplacer un pont. Pas pire hein?

lundi 8 avril 2013

Woodhouse & Co. en 1946

(Photo: BAnQ, Fonds Conrad Poirier)

Tiens, voici un autre bâtiment qui l’a eu en plein front. Ce que nous voyons ici est l’immeuble Woodhouse & Co. en 1946 sur la rue Sainte-Catherine au coin de Saint-Urbain. Woodhouse était une compagnie où l’on fabriquait/vendait meubles et vêtements. Typique des constructions d’époque on retrouve une tour d’eau sur le toit, immense réservoir qui servait généralement à alimenter les systèmes d’incendie ainsi qu'a fournir la bâtisse en eau potable.

Woodhouse est cette compagnie qui a fusionné avec Légaré un peu plus tard pour former Légaré-Woodhouse dont il ne subsiste plus rien aujourd’hui. Aujourd’hui l'espace est occupé par le théâtre Maisonneuve de la Place des Arts ainsi que le théâtre Jean-Duceppe. Les autres bâtiments autour ont également disparus sauf deux; je crois identifier en haut à gauche, l'édifice Caron et, un peu plus à droite, l'ancienne École technique, aujourd'hui le Complexe des sciences Pierre-Dansereau de l'UQÀM. Voici de quoi a l'air l'intersection aujourd'hui:



 
Saviez-vous ça vous autres? Le théâtre Jean-Duceppe là, ben y’a été fondé par Jean Duceppe (duh!) en ‘73 pis que durant la première année y’a eu une affaire comme genre comme 152 262 spectateurs qui sont venus (dans le sens d’être allés voir des pièces de théâtre). Rendu à aujourd’hui (dans le sens de 2013) c’est 5 840 000 qui sont venus voir (pas tous en même temps quand même) quelque chose comme 194 pièces (aussi) dans lesquelles ont joué 1767 interprètes. On précise que les pièces ont été présentées les unes après les autres pis que les 1767 interprètes étaient pas sur la scène en même temps. Quand même.

mercredi 3 avril 2013

John Millen & Sons en 1944

(Source: BANQ - Fonds Conrad Poirier)

Besoin d’une pièce d’avion, d’automobile, de thermostat, de pompe ou autre truc technique du genre? Alors le commerce de John Millen & Sons au 639 Saint-Jacques (autrefois St-James) est pour vous. Comment? Vous demeurez dans l’ouest? Ne vous en faites pas, il y une succursale au 703 Atwater. Quant à vous, résident de l’est de la ville, au lieu de vous taper tout le long trajet en voiture ou en tramway rendez-vous donc au 3308 Ontario.

Il s’agit ici d’une autre photo prise par Conrad Poirier en 1944, durant le temps de la guerre. Ici, on regarde vers le nord par un bon matin, facile à deviner grâce à l’ombrage. Tout juste à gauche on voit une partie d’un autre bâtiment commercial; Accessories Manufacturers Ltd. Aucun des bâtiments que l’on voit n’existent aujourd’hui, tous démolis au fil des ans et remplacés par des tours à bureaux. Le commerce de John Millen & Sons se trouvait approximativement à l’emplacement de l’actuelle tour de la Bourse, c’est dire combien le voisinage a changé. En face par contre, l’ancien immeuble de la Williams Machinery Co. est encore là et relativement bien conservé.

 

Saviez-vous ça vous autres? En 1895 ben y'avait juste deux chars dans l’état de l’Ohio pis imaginez-vous donc que les deux conducteurs se sont rentrés dedans. Crac! Pis vous pensiez que ça conduisait mal à Montréal. Ah!