lundi 9 janvier 2012

Honeywell et le rhume en 1953



Voici une publicité de 1953 qui est très certainement un exemple très probant d'une vieille légende urbaine qui a eu la vie très dure; celle qui voulait que la température froide soit responsable du rhume. La science médicale moderne et un soupçon de bon sens nous ont évidemment permis d'apprendre que cette croyance était évidemment fausse. Le rhume, comme on le sait maintenant, se propage davantage l'hiver à cause de nos comportements, comme le fait que nous passons beaucoup plus de temps à l'intérieur et que nous vivons davantage dans une certaine promiscuité que durant la belle saison.

Ceci dit, il est tout à fait loufoque et ma foi presque hilarant de voir ce vaillant monsieur bien alité comme s'il était à l'article de la mort alors que le rhume est, chez l'adulte une maladie bénigne qui se guérit presque spontanément. Allez pantouflard, bois du liquide et prend une aspirine ou deux. Lèves-toi et marche! Ah, et quand tu seras debout, fais donc poser un de ces thermostats Honeywell, à défaut de t'empêcher de chiper un autre petit rhume cela rendra la maison juste un petit peu plus confortable. Et ne monte pas le thermostat trop haut parce que l'air sec favorise justement les rhumes et on ne voudrait pas qu'un vaillant chef de famille comme toi se retrouve encore à l'agonie, pas vrai?

Honeywell, fondée en 1906 par Mark C. Honeywell, est une compagnie qui existe encore aujourd'hui et bien qu'elle ait été acquise en 1999 par AlliedSignal, une compagnie beaucoup plus grosse, le nom d'Honeywell fut conservé. 

Et que se passait-il le 9 janvier 1953? Marguerite Ruest-Pitre, surnommée Madame le Corbeau est la dernière femme à être pendue au Canada. Elle avait été reconnue coupable d'être l'une des complices de l'attentat aérien de Sault-au-Cochon de 1949.





Le saviez-vous? Les thermostats Honeywell ont acquis une telle notoriété qu'on en retrouve exposés au Smithsonian. 

samedi 7 janvier 2012

G.I. Joe

Dites les gars, vous vous souvenez de G.I. Joe? G.I. Joe est une aventure qui a débuté au début des années 60 dans la tête de Stanley Weston chez Hasbro, compagnie de jouets bien connue. Dans ce temps-là les filles jouaient avec des Barbie depuis un bon bout de temps mais les garçons eux, n'avaient pas d'équivalent. On s'est alors dit que ce serait sûrement une bonne idée de fabriquer des poupées avec lesquelles les p'tits gars pourraient s'amuser.

durant les années 50 et 60 la guerre était un terrain fertile pour les jouets; pistolets, mitrailleuses, grenades, petits soldats de plomb ou de plastique, véhicules, modèles à coller... Bref. Et ça se vendait comme des petits pains chauds. 

Aussi, pas question d'appeler ça une poupée. Et c'est comme ça que l'on a trouvé un autre nom pour le concept, soit celui de «action figure» qui, traduit directement en français donnerait «figurine d'action». Enfin, chez Hasbro on s'est alors donné le mot partout, spécialement au département de la mise en marché, quant à appellation de «action figure». Une affaire bien importante si on voulait que les garçons accrochent. Aussi, pas un mot du développement à quiconque, même à un membre de la famille. Top secret! 

Le prototype de G.I. Joe, créé par Don Levine. Une figurine que l'on devine extraordinairement dispendieuse. 

On a rapidement décidé que les figurines seraient de type militaire et c'est là que Hasbro a pondu trois prototypes; Rocky le soldat, Skip le marin et Ace le pilote d'avion. Sitôt les prototypes approuvés la production a commencé dans une usine de Hong Kong. Les noms des figurines ont toutefois disparu pour devenir finalement Action Soldier, Action Sailor, Action Pilot et Action Marine et qui furent désignées comme étant «G.I. Joe: America's Movable Fighting Man». Les figurines par contre n'étaient pas vendues toutes seules comme ça, que non. Hasbro avait concocté toute une floppée d'accessoires et même des véhicules dans lesquels les personnages pouvaient prendre place. 
 
Publicité de magazine, parue en 1964. 

Publicité de "comic book", parue dans des numéros de Marvel et DC en 1964. 

Jeune garçon qui s'amuse avec un ensemble G.I. Joe sur le sol d'un magasin de jouet de New York en 1965. 

Dès son lancement en 1964 G.I. Joe est rapidement devenu très populaire. Moins populaire par contre était la guerre du Viêt-Nam. Hasbro a donc décidé de minimiser l'aspect militaire de G.I. Joe pour finalement le faire disparaître complètement en 1969. On en a alors profité pour redémarrer la franchise sous une autre forme.

C'est comme ça que Hasbro a pondu «G.I. Joe Adventure Team» en 1970. G.I. Joe n'était alors plus un soldat, un marine ou un pilote d'avion de chasse mais un aventurier. En fait, il s'agissait de toute une équipe d'aventuriers qui remplissait tout un tas de missions de sauvetage, de prévention de catastrophes écologiques ou d'exploration de montagnes, de  fonds marins et de déserts. Un des trucs les plus caractéristiques de cette nouvelle lignée était les cheveux et la barbe qui semblaient vrais. C'était là une innovation de la compagnie britannique Palitoy, alors licensée par Hasbro.

Publicité pour G.I. Joe Adventure Team parue dans un magazine destiné aux détaillants en 1970. 

On retrouvait donc au total neuf figurines dont trois qui avaient l'étonnante particularité de pouvoir parler. Pour ceux qui ont pas connu laissez-moi expliquer. Il s'agissait en fait d'un mécanisme ingénieux qui se trouvait dans la poitrine de Joe où il y avait un tout petit haut-parleur ainsi qu'un cordon que l'on pouvait tirer et qui faisait dire à Joe huit phrases pré-enregistrées dont la fameuse «J'ai une mission importante à vous confier". On aussi l'idée de produire ces fameux livre-disques qui étaient si populaires chez Disney. Ceux-ci n'étaient toutefois pas narrés avec une petite clochette pour tourner la page, ça se lisait comme un bédé de Spider Man et les dialogues étaient enregistrés sur le disque avec certains effets sonores.

Deux livres-disques de ma collection: The Secret of the Mummy's Tomb, et The Search for the Stolen Idol. 

À la différence des livres-disques de Disney, les livres G.I. Joe se lisaient comme des bandes dessinées. Je n'ai jamais eu connaissance de ces livres-disques en version française. 

Si les têtes des figurines étaient différentes de par leurs cheveux et barbes, ce n'était pas le cas du reste du corps qui lui continuait d'être fabriqué à partir des moules de 1964. On a aussi réutilisé certains moules pour des véhicules, comme la fameuse Jeep mais en utilisant un beige sable plutôt qu'une vert militaire. D'autres véhicules sont venus s'ajouter comme l'hélicoptère muni de flotteurs, ou le véhicule modulaire d'exploration.


Je n'avais pas tout à fait cinq ans lorsque l'on m'a offert ma figurine G.I. Joe. Je l'aimait bien mon Joe et je lui ai fait vivre tout plein d'aventures un peu partout et que je prendrai probablement la peine de vous raconter un de ces quatre. Joe a pas mal prit sa retraite depuis un bon bout de temps mais au lieu de le laisser bêtement dans la boîte où il se trouvait depuis des années je lui ai confié entre autres la surveillance de mon salon. Sa boîte vocale fonctionne encore aujourd'hui mais ne dit plus qu'une seule phrase d'une voix tout de même assez grippée. Considérant son âge et toutes les aventures qu'il a vécu, dont un plongeon bien accidentel dans le bain quand je devais avoir six ans, il tient quand même une bonne forme. Il n'a même pas perdu ses cheveux le bougre. Le voici, montant la garde dans ma bibliothèque. 

Une vue presque d'ensemble. Mon Joe original, obtenu au magasin de jouets Le bric à brac sur la rue Ontario en 1970, se tient à droite, avec une caméra dans la main. 


D'autres Joe; l'aventurier Noir, Mike Powers dit l'homme atomique, l'aventurier marin, l'aventurier aérien, et on aperçoit le plongeur dans son scaphandre. 

Quelques Joe qui sont venus se rajouter à ma collection. Certains sont des ré-éditions alors que d'autres sont des originaux. 

Le commandant Noir est la dernière addition à ma collection. Une figurine que je voulais depuis un bon bout de temps. Bienvenue à bord, commandant! 




Le saviez-vous? Si les personnages G.I. Joe n'ont jamais eu de noms bien définis, le commandant du "Adventure Team" lui en avait un: Mike Triumph! 

lundi 2 janvier 2012

columbas


Ce quatuor de pigeons, bien perchés sur le rebord du pont ferroviaire surplombant la rue St-Paul tout juste à côté de la rue Nazareth, me sont presque apparues comme des commères se racontant qui faisait quoi avec qui dans le quartier.

Le ciel était gris foncé par ce jour d'automne, où j'ai pris cette photo. En fin d'après-midi il commençait déjà à faire plus sombre, et plutôt que d'augmenter le ISO (sensibilité) où la scène aurait été plus claire, j'ai plutôt opté de jouer avec le contraste. D'où le résultat. 




Le saviez-vous? Le vrai nom du pigeon est pigeon Biset et il n'est pas indigène au Québec. Il a été introduit en Nouvelle-France par les colons vers 1606 puisque l'on s'en servait pour porter des messages. 

dimanche 1 janvier 2012

Bonne année 2012

Pour 2012 qui commence je vous propose aujourd'hui quelques images du passé qui marquaient elles aussi, le passage d'une nouvelle année. 














mercredi 28 décembre 2011

Les fêtes au temps jadis...

Dans la Rome antique, les citoyens fêtaient les Saturnales : d'abord du 17 au 21 décembre, puis plus tard du 17 au 24 décembre, les hommes et les femmes portaient des guirlandes autour du cou et s'offraient toutes sortes de cadeaux. Les gens sacrifiaient aussi symboliquement un mannequin représentant un jeune homme, pensant ainsi transmettre la vitalité du personnage à la nouvelle année. 

Attestée à Rome, sous le pontificat de l'évêque Libère (entre 352 et 366), une fête de l'incarnation du Sauveur se déroule le 25 décembre à l'occasion de laquelle l'évêque rassemble les chrétiens dans la basilique nouvellement construite au Vatican, achevée en 354, dans un cadre plus général qui apparaît comme celui de la constitution d'un calendrier liturgique destiné à concurrencer, à Rome, les réjouissances païennes. 

Les premières crèches ressemblant à celles que nous connaissons (mise en scène occasionnelle et passagère de la Nativité non plus sur des peintures, fresques, mosaïques ou bas-reliefs mais avec des statues « indépendantes ») font leur apparition dans les églises et les couvents au xvie siècle, d'abord en Italie69. Elles se répandent dans les demeures d'aristocrates au xviie siècle, époque à laquelle Noël devient non seulement une fête religieuse célébrée à l'église mais aussi une fête familiale plus intime70.


Dans les pays réformés, les célébrations de Noël, fête jugée trop païenne ou trop catholique, sont limitées. Interdites en Angleterre à partir de 1647, elles sont rétablies en 1660 mais restent mal vues de la majorité du clergé anglais. En Amérique du Nord à Boston, les premiers colons interdisent les célébrations de Noël. L'interdit sera levé en 1681.

Bien qu’elle demeure essentiellement religieuse tout au long de la Nouvelle-France, la fête de Noël prend du faste avec le temps. « La crèche fait son apparition, ainsi que l’enfant Jésus en cire. Elle devient peu à peu aussi une occasion de réjouissances. Les communautés religieuses confectionnent des gâteries pour les enfants, la messe de minuit devient un événement social d’importance auquel on assiste dans ses plus beaux vêtements. Le clergé se plaint même que des ivrognes viennent perturber les célébrations religieuses. »

La conquête de la Nouvelle-France par les Britanniques aura peu d’effet sur la manière dont est célébrée la fête de Noël au Canada français, sinon de permettre l’introduction du sapin de Noël. « Le sapin de Noël était alors une tradition essentiellement allemande. Le premier sapin de Noël a vu le jour à Sorel en 1781, grâce à l’initiative d’un général britannique d’origine allemande. »

Et au 20è siècle, Noël devient la fête à laquelle nous sommes habitués aujourd'hui; sapin, décorations, échange de cadeaux enveloppés, repas somptueux, et enfants aux yeux plein d'étoiles. 

Aujourd'hui je vous propose en images, un retour vers un passé pas si lointain où l'on voit des gens se préparer à la période des Fêtes. 

Pour cette famille au matin de Noël, un arbre relativement modeste, mais au pied duquel on peut voir un jeu de croquet, Helipse Croquet, ainsi qu'une magnifique maison de poupées. Si certains jouets pouvaient être achetés dans des boutiques, d'autres étaient fabriqués par des artisans habiles. 

Il serait difficile de dire avec exactitude d'où vient cette magnifique tradition d'avoir un train électrique au pied de l'arbre de Noël. Le train ne semble pas électrique, mais plutôt mû par un mécanisme à remontoir, ce qui faisait du train un cadeau beaucoup moins dispendieux. Il se trouve néanmoins au milieu d'un superbe diorama où l'on peut voir des petits personnages, quelques accessoires, ainsi qu'un maison, à gauche. 

Facile de déterminer ici qu'il s'agit d'une famille fort aisée. Il y a d'abord ce gigantesque sapin bien garni de décorations de tous genres. Puis, les cadeaux. Nombreux. On note un camion de pompiers, une voiturette à pédale, un ballon, une brouette en métal, un camion, et d'autres qu'il est un peu difficile d'identifier. Chose certaine, ces enfants ont certainement dû passer un Noël bien garni. 

Encore une scène qui témoigne de la richesse des gens qui habitent la maison où cette photo a été prise. Non seulement un arbre chargé, mais aussi une solide base en bois sur laquelle a été assemblée un circuit de train, lequel passe au travers une campagne. On peut y voir un moulin, un pont couvert, des sentiers, un ruisseau, des gens et des animaux. Le tout ceinturé d'une belle clôture. 

Voici une scène bien joyeuse. Un Père Noël, accompagné d'un lutin qui semble mener le jeu, fait ici la démonstration d'une sublime voiture à pédales. Était-ce un prix à faire tirer? Nul ne le sait mais bien des enfants regardent l'objet avec curiosité et envie.

Voici les mêmes personnages que dans la photo précédente. On les voit ici débarquer une caisse d'un camion de livraison appartenant à une compagnie ferroviaire. Est-ce que la boîte serait remplie de présents?

Un autre train, possiblement à remontoir, dont la voie fait le tour d'un intéressant diorama où se trouvent des maisons, des arbres enneigés, mais aussi un petit réseau routier avec une petite voiture. Pour un enfant de cette époque, il y a ici de quoi s'amuser pendant des heures. 

Pour les enfants issus de familles pauvres, et dont la plupart devaient travailler dans des usines insalubres, parfois à l'âge de huit ou neuf ans, Noël était une période où le seul luxe abordable était de rêver. Ce jeune garçon semble admirer ici des jouets qu'il sait qu'il n'aura jamais. 

Aux antipodes de l'enfant précédent, il y a celui qui est visiblement enfant unique et dont les parents sont financièrement fort aise. Il aura certainement de quoi s'amuser avec tous ces cadeaux dont une trottinette, un camion de pompier, des soldats de bois, une voiture sport et bien d'autres choses!

En terminant, voici quelques jouets figurant dans la vitrine d'une boutique de jouets. On voit ici, bien en évidence, un ensemble de train électrique Lionel. À droite on voit la fameuse machine à vapeur avec laquelle les enfants apprenaient le concept de la force motrice mue par la vapeur. Ces machines ont été très populaires jusque dans les années 60. Au centre, des pistolets-jouets mais qui semblent bien réels. Et, à droite et à gauche en-bas, des ensembles de lumières de Noël, et dont les fils électriques ont des gaines en tissu. 




Le saviez-vous? La compagnie Lionel a commencé à vendre des ensembles de trains pour enfants dès 1900 et a fait rêver des générations d'enfants. La compagnie a été vendue en 1969 à General Mills, et après avoir passé dans d'autres mains, elle a finalement déclaré faillite le 1er mai 2008. 

dimanche 25 décembre 2011

Joyeux Noël!


De la part du Studio Pluche, je vous souhaite de passer un merveilleux Noël avec vos proches et d'en profiter pleinement. Avec modération, bien entendu!

vendredi 23 décembre 2011

L'anxiété de Noël

L'école venait de finir et faisait relâche pour le temps des fêtes. Merveilleuse période sans devoirs ni leçons où il y aurait des cadeaux et de la bonne bouffe à des heures impossibles. A quelques jours de noël le p'tit proutte que j'étais ne tenait pas en place. Un de mes petits plaisir coupable à cette époque était de m'étendre sur mon lit et de feuilleter les catalogues qu'on avait dans la maison. La section des jouets, évidemment dont je partage avec vous quelques pages.









prōdambŭlo


Je sortais de chez le dentiste et j'avais une faim terrible, rêvant d'attaquer un bon gros repas mais comme j'étais encore sous l'effet anesthésiant de la lidocaïne il a fallu que j'attende que ça se dissipe un peu. rien de plus désagréable que de manger quelque chose quand on ne sent même pas sa mâchoire... Alors en attendant j'ai entrepris de me changer les idées en sortant mon appareil. Cette photo fait partie du lot que j'ai pris cet après-midi là. Sur une clôture se trouvait cette vieille bécane divorcée de sa chaîne, aux pneus sur le plat et couverte d'une semi-généreuse couche de rouille. Même pas cadenassée.





Le saviez-vous? CCM est une compagnie qui a été fondée en 1899 à Weston en Ontario. CCM sont les initiales de Canadian Cycle & Motor Company.