lundi 14 février 2011

Le 130è anniversaire - Première partie

Le 18 février prochain va marquer un certain 130è anniversaire. De quoi? Ah, mais je vous réserve la surprise en vous racontant une histoire en trois partie avec la première aujourd'hui même. La réponse de l'énigme sera dévoilée à la fin de la dernière partie. 

Notre histoire commence avec un événement qui a eu lieu il y a de cela bien longtemps, en 1867, plus précisément, lorsque fut signée la Confédération Canadienne. 

Le Manitoba, quoique beaucoup plus petit que la province actuelle, se joint au Canada le 15 juin 1870 et la Colombie-Britannique le 20 juillet 1871 mais cette dernière n'accepte que sous la condition qu'elle soit reliée au reste du pays par un chemin de fer que Macdonald leur promet en-dedans de dix ans. Durant cette période où le pays est naissant, la voie ferrée transcontinentale se veut plus qu'une simple paire de rails de métal mais bien un lien permettant d'unir les territoires du Canada et d'affermir les frontières surtout face aux visées expansionnistes des États-Unis.

Trois groupes se proposent pour construire ce chemin de fer. Le premier est mené par David L. Macpherson, partenaire dans une compagnie construisant des chemins de fer (Macpherson, Gzowski and Co.). Macpherson est non seulement un bon ami de Macdonald mais aussi un important bailleur de fond pour le parti Conservateur. Ho ho ha! Le deuxième groupe est celui de C.J. Brydges du Grand Trunk et le troisième (et non le moindre) est dirigé par Hugh Allan, armateur de Montréal qui gère la Montreal Ocean Steamship Company et certainement l'un des hommes les plus riches au pays.
Non visible sur la photo: le verre de brandy.

Assis à son bureau avec (fort probablement) un verre de brandy à portée de la main, Macdonald observe les dossiers des trois groupes candidats. Bien qu'ils soient tous capables d'entreprendre la construction de ce chemin de fer que Macdonald a promis à la Colombie-Britannique pour 1881, au plus tard (une promesse impossible selon plusieurs), chacun des trois groupe possède des faiblesses en autant que Macdonald est concerné. Il lui faudra pourtant faire un choix.

Gorgée de brandy.

Macdonald regarde le dossier de Macpherson mais décide de l'écarter tout simplement parce qu'il ne considère pas que son ami, aussi ami soit-il, ait ce qu'il faut pour mener à bien le projet.

Gorgée de brandy.

Que faire de la proposition du Grand Trunk? Ici, c'est facile. Le Grand Trunk, dont le siège social est à Londres, n'est pas exactement la compagnie la plus populaire au Canada. Macdonald écarte donc le dossier du Grand Trunk.

Gorgée de brandy. Puis pourquoi pas une autre.

Il reste alors le groupe de Hugh Allan. Ouais. S’il s’agit en fait le choix le plus logique cela n'en fait pas pour autant le meilleur. Si, Allen est un homme puissant qui jouit d'une très bonne réputation, surtout en Angleterre et sa magnifique demeure montréalaise, le Ravenscrag situé, sur le flanc du Mont-Royal est certainement témoin de sa réussite financière. Le problème avec Allan est la présence dans son groupe du financier américain Jay Cooke. Cooke est un homme relativement riche et l'un des propriétaires du Northern Pacific.

C'est que Cooke a malheureusement fait part publiquement de ses intentions de faire profiter à sa compagnie le chemin de fer transcontinental canadien, surtout en raison de ses terres à l'ouest réputées pour être très fertiles.

Mais pas si vite.

Macdonald veut bien que ce foutu chemin de fer soit réalisé mais il n'est certainement pas désespéré au point d'en laisser la construction, l'entretien et les opérations à des américains. Que non! Aucune décision n'est prise et les trois groupes sont plus ou moins laissés dans la brume. Peut-être, se dit Macdonald, qu'un autre groupe se présentera...
Un snoro.

Mais Hugh Allan ne lâche pas le morceau et pas pantoute à part ça! En fait, le corpulent personnage, dont la patience n'est pas une de ses plus grandes qualités, décide tout bonnement en 1872 d'acheter ses adversaires parce que bon, il commence à être pas mal tanné de Macdonald qui tergiverse sans jamais ne prendre aucune décision, pour les raisons que l'on sait. Il a beau offrir des actions gratuites (on parle ici de montants assez substantiels) mais son plan ne marche tout simplement pas. Allan se retrousse les manches et s'attaque à ce qu'il considère le cœur du problème: les politiciens et là, rien n'est épargné; du chantage et des pots-de-vin en voulez-vous en v'là, comme on dit. Allan va même jusqu'à impliquer George-Étienne cartier et les 45 membres du caucus québécois dans ses plans. Même les prêtres des villes et villages ainsi sont mis à "contribution" afin de faire tourner l'opinion en sa faveur. Qui plus est, il avertit formellement Cartier que si le contrat du chemin de fer ne lui était pas attribué il pouvait oublier l'idée de se représenter aux élections. De tels coups de pied dans les parties sont un exemple assez représentatif de ce qu'était la fricassée politique du temps. Et crac!

Nous sommes toujours en septembre 1872 et voilà qu'arrivent les élections fédérales. Oh, les Conservateurs se font bel et bien reporter au pouvoir quelques jours plus tard mais ils forment alors un gouvernement minoritaire. Avec cette réélection Allan est alors persuadé d'obtenir le contrat du chemin de fer transcontinental. Il glousse tellement qu'il décide de larguer cavalièrement ses amis américains dont il considère ne plus avoir besoin. Ceux-ci n'en font pas tellement de cas et retournent vaguer à leurs occupations américaines et toute l'affaire aurait pu se terminer là. C'était sans compter un de ces américains, un certain George McMulen qui n'est rien de moins que cent pour cent furax face à la trahison d'Allen et rien ne lui ferait plus plaisir que de saisir Allen par le cou et de le secouer jusqu'à ce que les dents lui claquent dans la bouche.

C'est un McMullen vindicatif qui retontit chez les Libéraux avec toute la documentation mettant à jour tous les cent tours de Centour d'Allen et de Macdonald. On apprend ainsi qu’Allan allait obtenir le fameux contrat du chemin de fer en retour de donations politiques d'environ $360,000. La cerise sur le sundae étant bien entendu ce fameux télégramme confidentiel dérobé dans le coffre-fort d'Allen où Macdonald, quelques jours avant les élections, demande à Allen une somme supplémentaire de $10,000. Sur ce télégramme relativement court on peut y lire: "Je dois avoir un autre $10,000. C'est mon dernier appel. Ne me laissez pas tomber. Répondez aujourd'hui.". Pas besoin de dire que les caricaturistes de l'époque se délectèrent de cette histoire!
Dans la paume gauche de Macdonald on voit le fameux message du télégramme demandant $10,000 à Allan, dans la main droite la prorogation et la suppression de l'investigation. La bouteille d'alcool n'est pas là par hasard.

Le personnage à gauche est Alexander Mackenzie du parti Libéral et adversaire politique de Macdonald.

Dans le prochain et deuxième article de cette série de trois qui sera publié mercredi le 16, je vous raconterai comment un officier de la compagnie de la Baie d'Hudson est parvenu à faire dérailler les Conservateurs de Macdonald.






Le saviez-vous? Un homme politique qui n'avait jamais vu Macdonald a été tellement étonné de son apparence qu'il l'a décrit comme un «vieux mendiant miteux» (seedy old beggar).

dimanche 13 février 2011

Nescafé en 1953



Soyons francs, combien d'entre nous pourrions commencer notre journée sans prendre un bon café? Et ce qui est vrai pour nous aujourd'hui l'était tout autant au moment où cette publicité parut en 1953.

Le café instantané tel qu'on le retrouve en pot ne date pas d'hier. Afin de répondre à une demande de l'Office brésilien du café, deux employés de Nestlé ont tenté dans les années 30 de concevoir des cubes de café qui se dissoudraient dans l'eau chaude. Mais ça n'a tout simplement pas marché et Nestlé a alors décidé de faire cesser la recherche. Toutefois, l'un des deux employés, un certain Max Morgenthaler a continué d'expérimenter chez lui et après plusieurs années parvint à trouver un processus. C'est ainsi qu'en 1938 est né le Nescafé, amalgame tout simple de Nestlé et Café (où l'accent aigu est conservé même en anglais).

Donc au moment de faire paraître cette annonce en 1953, Nescafé existait alors depuis 15 ans alors que pouvait-il bien avoir de nouveau? Quoique la publicité nous vante ici les bienfaits d'un extraordinaire procédé de pulvérisation, le nouveau Nescafé est fort probablement le même bon vieux Nescafé mais auquel on a choisi de ne plus ajouter d'hydrates de carbone, élément qui faisait partie du processus de fabrication depuis 1938 et qui servait essentiellement à faciliter le séchage.

Pour tout dire j'adore cette annonce pour plusieurs raisons mais surtout pour l'illustration des deux tourtereaux qui savourent leur café en tête-à-tête. C'est une représentation exagérée, bien entendue et si je voyais des gens afficher cette humeur en buvant du café je les soupçonnerais d'en être à leur dixième tasse mais bon, je trouve ces deux petits personnages tout à fait sympathiques.

Évidemment le graphiste à fait un travail du tonnerre en représentant de façon si réelle le pot de café. Il donne presque l'impression que l'on aurait qu'a tendre la main pour le prendre. Les deux illustrations se joignent en diagonale, tout comme le texte et balancent le bas de l'annonce dont le dessus est chapeauté par le texte, dont celui en rouge, bien centré. Dans l'ensemble, une très bonne publicité, bien exécuté et qui donne justement l'envie d'aller se chercher un pot de Nescafé, lequel est encore vendu aujourd'hui.






Le saviez-vous? Les effets du café se font sentir environ dix minutes après la première gorgée. Alors, qu’attendez-vous?

subsellium

C’était par un beau samedi nuageux mais parfaitement confortable que je suis allé flâner sur le chemin de la Reine-Marie afin de remplir ma caméra de photos. Les opportunités dans ce coin-là ne manquent certainement pas. Puis, à l’approche de Côte-des-Neiges j’ai eu ce p’tit creux comme seules les ballades photo peuvent en provoquer. J’ai donc décidé d’aller faire un arrêt aux puits dans le pavillon des pèlerins près de l’Oratoire St-Joseph. Lorsque j’étais gamin ma grand-mère aimait bien m’y amener pour casser la croûte après quoi on partait visiter le musée de cire juste en face.

Je n’avais pas visité ce casse-croûte depuis une éternité et j’ai été bien amusé de voir que bien peu de choses avaient changé à l’intérieur. La seule différence étant le nom du restaurant : la Sainte-Fringale. Sérieux. En ressortant, la panse bien pleine d’un bon Saint-Cheeseburger, de Sainte-Patates-Frites et d'une boisson gazeuse bénie, mon œil s’est trouvé attiré par ces bancs situés près de l'entrée du pavillon. Frais peinturés ils donnaient l’impression d’avoir passé un moment sous une pluie abondante.

Appareil utilisé: Canon Powershot A60



Le saviez-vous? Le pavillon des pèlerins a ouvert en 1924, d’abord pour le kiosque et en 1928 pour le magasin, lequel existe toujours. Les dernières modifications architecturales ont été apportées entre 1953 et 1955.

samedi 12 février 2011

Le Moulin de la sorcière

Le Moulin de la sorcière, tel qu'il apparaissait peut de temps après son ouverture. 

Les plus vieux d'entre vous se souviennent certainement de la maison hantée située au Parc Belmont alors que d'autres, qui ne l'on peut-être pas connue, auront davantage de souvenirs du Moulin de la Sorcière à La Ronde. Ces deux manèges étaient définis en anglais comme étant «Dark Ride», rapidement traduit comme «promenade dans le noir». Il s'en trouve deux types; l'un que l'on parcourt à pied et l'autre à bord d'un transporteur sur roues qui se déplace en suivant un rail électrifié. Dans la première le parcours ressemble à une maison dont le décor est homogène et l'on visite des mises en scènes les unes après les autres, soit avec des mannequins animés ou des gens costumés. Dans la seconde le concept est un petit peu différent à l'effet que plus de la moitié du trajet s'effectue dans le noir et l'effet de surprise réside autant dans les virages soudains et l'anticipation que des scènes d'horreur proprement dite. Le moulin de la sorcière était de ce type. 


 Voici le modèle de chariot typique dans lequel on prenait place. Notez le rail au sol. 
Comment s'était en-dedans? Après avoir pris place dans le chariot, l'opérateur appuyait sur un bouton pour le faire démarrer. Sitôt parti le chariot enfonçait deux portes de métal conçues spécialement pour émettre un «BANG!» retentissant. À l’intérieur, tout était noir, non seulement dans le sens où toutes les lumières étaient éteintes mais aussi parce que tout était peinturé noir mât. 
Cette photo ne montre pas l'intérieur du Moulin de la sorcière, il s'agit d'un manège similaire aux États Unis mais le concept demeure le même. Notez encore le rail au sol qui guide le chariot. Quant à la flèche, s'il se produit un incident et que les gens doivent sortir, elle indique par où aller. 

Tout au long du trajet se trouvaient des scénettes d’horreur qui s’éclairaient subitement au passage du chariot, souvent accompagnées de sons et bruits stridents. Ces mises en scène rencontrées lors du trajet étaient souvent très simples car les gens ne les voyaient que l'espace de quelques secondes, tout au plus. Parmi celles-ci il y avait une scène de torture, un squelettes sortant de son tombeau, une gigantesque araignée tombant du plafond ou encore une poutre se cassant juste au-dessus de la voiture lors de son passage et faisant fi de tomber et d'écraser les gens. Les bibittes étaient généralement des mannequins automatisés très rudimentaires dans leur conception. Ils étaient éclairés et animés d'un mouvement simple le temps du passage du chariot. Pour maximiser l’effet des scènes et des bibittes on utilisait généralement de la peinture fluorescente éclairée par des néons de type «blacklight». Sitôt une scène passée les visiteurs étaient replongés dans le noir absolu et le bruit du transporteur sur les rails s'accompagnait alors des cris de gens (des filles surtout) qui se trouvaient soit en arrière ou en avant. 


Encore une fois ce n'est pas l'intérieur du Moulin mais on peut voir une scène non-animée dont, à droite, un cimetière.  

La peinture noir mât avait son utilité en raison de ses propriétés absorbantes quant à la lumière ce qui faisait que les éléments peints fluorescent captaient immédiatement l'attention sans que rien d'autre ne soit révélé. Dans le noir total, se sentir tourner brusquement ou encore descendre une pente faisait toujours son effet. Puis se trouvaient deux portes de métal identiques à celles de l'entrée que l'on ouvrait avec le même «BANG!» et l'on se trouvait provisoirement aveuglé par la lumière du soleil sous les rires de ceux qui attendaient leur tour.

Le trajet était toutefois conçu pour permettre à des employés de se déplacer sans être vu et sans risquer d'être happés par un chariot. Ça permettait d'effectuer une certaine surveillance et de pouvoir intervenir à tout moment advenant un incident; soit un objet tombé sur le chemin, un acte de vandalisme quelconque ou un ennui mécanique. 

Le parc Belmont a fermé en 1983 et avec lui la Maison Hantée laissant alors le Moulin de la Sorcière comme seul haut-lieu de l’épouvante à Montréal. Il y est demeuré pendant un certain nombre d’années, avant d’être fermé à son tour, probablement en raison de son âge avancé. Et qu'est-il arrivé des éléments intérieurs? Comme ailleurs, plusieurs éléments sont soit conservés dans un entrepôt ou encore vendus.


Voici un vidéo qu'un visiteur a tourné avec sa caméra tout le long du trajet. C'était durant les derniers temps du manège avant qu'il soit démantelé. 
Emplacement original du Moulin de la Sorcière. 

Au début des années 80 mes amis et moi avons passé énormément de temps à La Ronde, peut-être trop, à raison d’au moins deux fois par semaine. À cette époque le coût d'entrée était assez modique. On entrait très tôt et on ressortait très tard. Durant l’une de ces sorties il m’est venu l'idée de jouer un tour pendable à la copine d'un ami; aller avec elle dans le Moulin de la Sorcière et, durant le trajet, me mettre un masque de squelette sur la tête qu'elle ne verrait qu'une fois sorti du manège. 

Toute la bande était évidemment au courant sauf la pauvre victime qui a alors embarqué avec moi sans se douter de quoi que ce soit puisque j'avais soigneusement dissimulé le masque. Une fois installés dans le chariot nous sommes partis à l'intérieur. Je connaissais le Moulin de la Sorcière par cœur et mon signal pour enfiler le masque était le squelette rouge juste avant la sortie. Cela ne me laissait que quelques secondes pour enfiler le masque. A l'extérieur, le reste de la  bande s'est fait un malin plaisir d'avertir tout le monde et de bien surveiller la sortie. Et voici ce que tout le monde a vu:
Mission accomplie!

Pas besoin de dire que le coup à fonctionné à la perfection et c'est dommage que l’on ne disposait pas à cette époque tout l'attirail pour filmer facilement comme aujourd'hui. J’ai encore, bien frais en mémoire, ce moment tant attendu où j’ai enfilé le masque pour ensuite me retourner vers elle. Elle a sursauté et hurlé, comme atteinte d’une solide décharge électrique alors que tout le monde a chaudement applaudi la performance. A peu près 25 ans plus tard j'ai décidé de mettre la photo sur Facebook comme ça. Pensez que la fille a encore ce tour pendable en mémoire? 





Le saviez-vous? L’un des premiers parcours scéniques a été «A Trip to the Moon» ouvert en 1901. Les gens embarquaient dans une fusée qui les amenait directement sur la Lune où ils rencontraient des acteurs costumés.

mardi 8 février 2011

En route!



Comme bien d’autres barbouilleurs, je me suis toujours bien amusé à me dessiner mais dans mon cas particulier c’est plus drôle parce que j'ai une bouille tellement idiote. J'ai fait ce truc lorsque j'avais les cheveux assez long, dans une représentation tout à fait exacte de ce que j'ai l'air quand je fais de la photo durant l'été. Ici le dessin de gauche est encré alors que celui de droite ne l’est pas.


Le saviez-vous? Le terme «encre de chine» tient bien son nom puisqu’il a été inventé en Chine il y a de cela 5,000 ans. Toutefois, les ingrédients pour la fabriquer étaient souvent échangés depuis l’Inde, d’où le terme anglais «India Ink».

Eveready en 1953



Aujourd’hui on fait généralement usage de piles alcalines ou encore rechargeables mais il fut un temps où l'on ne pouvait compter que sur les piles au carbone pour alimenter les appareils portatifs.

Bien que la pile sèche ait ses origines en 1888, lorsque le scientifique Allemand Carl Gassner développa le concept carbone-zinc, il faut remonter, aussi incroyable que cela puisse paraître, à près de 2000 ans en arrière pour en voir l'origine. C'est en 1938 que Wilhelm Konig découvrit en Iraq une jarre en terre-cuite dans laquelle se trouvait un cylindre de cuivre dans lequel était enchâssée une tige en métal. Il s'agissait bel et bien là de l'ancêtre de la pile, laquelle n’est réapparue qu'avec les travaux d'Alessandro Volta, en 1788!

Dans la publicité d'aujourd'hui, qui date de 1953, on semble promettre, et garantir, une pile au carbone ne coulant pas, étant soi-disant fabriquée selon un procédé thermoplastique. Est-ce que cette publicité disait vrai?

Les plus vieux se souviendront certainement de ce spectacle familier; on avait besoin d'une lampe de poche et en appuyant sur le bouton on se rendait compte que les piles étaient mortes. On dévissait alors l'embout afin de les remplacer pour se rendre compte que les piles avaient coulé, ce qui était très visible à cause de cette pâte blanchâtre qui était accompagnée d'une forte odeur. Combien d'enfants ont également vu leurs jouets à piles subir le même sort...



Ceci était principalement dû au fait que la pile était recouverte d'un contenant fabriqué en zinc, lequel s'amincissait au fur et à mesure que la pile était utilisée. Et lorsque la paroi de était devenue trop mince alors le chlorure de zinc s'échappait, avec le résultat que l'on voit sur la photo ci-haut.  

Ce qui était fâchant dans tout ça c'est que même lorsque les piles n'étaient pas utilisées elles en venaient à couler quand même, parce que le contenant de zinc continuait de s'amincir, le chlorure d'aluminium (vous notez tout celà, hein?) étant acide, entrait en réaction chimique avec le zinc.

Alors voilà, bien que le procédé annoncé ici pouvait aider à réduire les fuites, il ne pouvait certainement pas les empêcher, comme ont pu le constater nombre de gens dans les années 50, 60 et 70. Quant à la plus longue durée que l'on énonce ici il faut considérer que cela est très relatif puisque ce genre de pile avait une durée de vie d'environ un an et demie, tout au plus.

Il est également intéressant de noter la garantie où l'on mentionne que si notre projecteur (nom utilisé à l'époque pour désigner une lampe de poche) était endommagé par des piles ayant fui, il ne suffisait que d'envoyer le tout aux bureaux de Toronto (en dépit du fait que la compagnie avait une présence à Montréal au 637 St-Antoine et dont le bâtiment n'existe plus) pour que l'on nous en retourne un neuf et ce, tout à fait gratuitement. Toutefois, je serais bien curieux de savoir combien de personnes se sont effectivement prévalu de cette offre.

Quant à la présentation graphique de cette publicité de 1953 j'avoue très sincèrement qu'elle m'enchante. Tout d'abord par sa disposition verticale laquelle brise l'étalement horizontal qui était très caractéristique à l'époque. Puis, il y a ce bleu très caractéristique qui me plaît beaucoup car bien qu'il soit le bleu officiel de la marque Eveready, il se démarque merveilleusement bien des autres tons de bleus que l'on avait l'habitude de voir à l'époque.

Eveready est une compagnie qui fut fondée en 1899 sous le nom de Marican Electrical Novelty and Manufacturing Company et vendait alors une lampe de poche équipée par des piles carbone-zinc. Vers 1905 la compagnie changea de nom pour American Ever Ready Company et vendit ses fameuses lampes de poche sous le nom commercial Ever Ready (toujours prêtes). Ce n'est qu'en 1914 que l'on décida d'unir les mots Ever et Ready ensembles. En terminant voici deux piles Eveready Leakproof de la même époque et que j'ai dégoté dans mes affaires avec une lampe de poche classique de ce temps-là, toujours dans son emballage original. Les piles n'ont plus leur charge, forcément, mais elles n'ont jamais coulé. 



Le saviez-vous? Aujourd'hui la pile carbone-zinc, bien qu'encore fabriquée, est beaucoup moins utilisée que la pile alcaline ou encore la pile rechargeable mais savez-vous en quelle année Eveready mit sur le marché les premières piles rechargeables nickel-cadmium? Essayez 1958.

lundi 7 février 2011

crucis

En 1643 Ville-Marie est un tout petit hameau qui est encore loin de porter le nom de Montréal. Sis près de l’actuel musée Pointe-à-Callière, Ville-Marie est menacée par la crue des eaux du printemps. Si ça se produit tout sera inondé et forcément détruit. Maisonneuve est un croyant pur et dur. Aussi, s’entretient-il avec la Sainte Vierge et conclut un marché avec elle; si la crue épargne Ville-Marie il s’engage à porter une croix sur ses épaules et à grimper le Mont-Royal afin de la planter au sommet. Or, Ville-Marie est effectivement épargnée alors Maisonneuve, qui n’a qu’une parole, s’attelle à la tâche.

En 1874 la Société St-Jean-Baptiste fête son 40è anniversaire et on songe alors à planter, justement, une croix sur le sommet du Mont-Royal afin de rappeler celle de Maisonneuve. Le projet se concrétise en 1924, alors que l’organisme organise une levée de fond. Celle-ci fonctionne tout plein et permet d’amasser l’argent nécessaire, soit environ $10,000. La structure est construite par la Dominion Bridge et l’électricité est fournie gratuitement par la Montreal Light Heat & Power. En 1929 elle est offerte à la ville de Montréal.



Le saviez-vous? La croix mesure 103 pieds de hauteur, pèse 26 tonnes et compte 240 ampoules (120 de chaque côté). Si ces ampoules étaient autrefois traditionnelles, l’éclairage est aujourd’hui assuré par des DEL qui remplacent eux-mêmes la fibre optique.

vendredi 4 février 2011

Des films surprenants

Revoir le passé est toujours quelque chose d'intéressant et nous disposons aujourd'hui d'une foule de façons de le faire. Par exemple on peut feuilleter une vieille revue dans laquelle on peut y lire des articles sur l'actualité du temps ou regarder des publicités d'époque comme je vous en présente souvent ici. Il y a aussi les vieilles photos que l'on peut admirer dans de nombreux ouvrages imprimés et qui nous montrent des endroits qui ont bien changé ou encore qui sont disparus. Y’a les bonnes vieilles photos de famille où l'on peut y voir nos grands-parents ou même arrière grands-parents lorsqu'ils étaient jeunes. C’est souvent très amusant et il n'est pas rare de voir des jeunes d'aujourd'hui découvrir avec stupéfaction que matante Géraldine avait déjà été un méchant pétard!

Mais ces photos ne représentent cependant qu'une courte fraction de seconde, des moments très éphémères capturés lorsque le photographe a appuyé sur le déclencheur de l'appareil.

Ce qu’il y a de plus étonnant sont les films et je ne parle pas ici de films réalisés dans des studios avec des acteurs mais bien des scènes de rues nous montrant le quotidien de nos ancêtres, à l’époque où la planète était peuplée d’un lot entièrement différent d’êtres humains. C’est ce que je propose aujourd’hui avec un petit film tourné à Londres en 1903.




Étonnant, n’est-ce pas? Difficile de s’imaginer que tout cela a été tourné alors que la Première guerre n’avait même pas éclaté. Histoire de continuer sur le même thème, je propose un second film, tourné cette fois par le cinéaste britannique Claude Friese-Greene en 1926. «The Open Road», c’est le titre, est essentiellement une série de films tournés comme ça dans les rues de Londres mais on a utilisé par la suite un procédé appelé «Biocolour» (que Friese-Greene renomma Friese-Greene Natural Color au début des années 20) lequel donnait l'illusion de la vraie couleur en faisant usage de filtres ainsi que des teintes rouges et vertes utilisées en alternance. Ce n'était évidemment pas parfait; il y avait du sautillement et la frange de l'image était parfois affectée par le rouge et le vert mais l'ensemble avait de quoi étonner, surtout pour l'époque. En 2006 le British Film Institute a décidé de restaurer le film de Friese-Greene et d'en corriger les problèmes avec des ordinateurs et dont je vous présente aujourd'hui un extrait. Peut-être allez-vous souhaiter, tout comme moi, pouvoir voyager à cette époque où l'on semblait véritablement prendre le temps de vivre.


Bon retour dans le passé et bon visionnement!




Le saviez-vous? Détruits par détérioration ou dans des incendies (et parfois par négligence) seulement 14% des 11,000 films tournés entre 1912 et 1930 existent encore. C’est ce que confirme une étude du Library of Congress.