dimanche 10 avril 2011

En attendant le signal



Me voici au Musée Ferroviaire Canadien à l’intérieur d'une de mes locomotives préférées; une Mogul 2-6-0 du Grand Trunk portant le numéro 713 et qui fut construite aux ateliers du GTR de Pointe St-Charles en 1900. C'est là, assis de cette façon, que j’ai reçu à maintes reprises bon nombre de visiteurs curieux d’en savoir davantage sur ces bêtes d’acier. 

Cette photo pourrait fort bien être d’époque; un mécanicien de locomotive consulte son itinéraire avant de partir de la gare, peut-être celle Bonaventure à Montréal. Le chauffeur (en anglais "fireman"), alimente la chaudière en charbon et s’assure de la bonne et pleine pression de la bouilloire. Mes vérifications ont été faites. J'ai bien huilé les nombreuses pièces mobiles de la locomotive et j'ai conféré avec le chef de train afin que nos montres soient bien synchronisées.

D’un instant à l’autre, le signal sera donné et le train partira pour une destination quelquonque avec de la marchandise, des passagers et fort probablement du courrier aussi. Le long du trajet des enfants s’arrêteront pour envoyer la main à l’équipage, des femmes qui entendent le train et qui habitent près de la voie sortiront pour rentrer le blanc étendu sur la corde. A la prochaine gare, des gens attendent ce train qui les mènera ailleurs, peut-être vers une nouvelle vie. D’autres recevront enfin des nouvelles de la parenté, établie dans la grande ville. C’était une autre époque, c’était une autre vie.

vendredi 8 avril 2011

luminis obscura



Louis-Ovide Grothé est un type qui est né en 1856. Orfèvre de formation il travaille avec son frère dans un bâtiment situé sur le boulevard St-Laurent au sud de Ste-Catherine. En 1882 il décide de se lancer dans un autre type d’entreprise de registre tout à fait différent : les cigares. Les affaires vont tellement bien qu’il fait construire en 1906 un immense édifice de cinq étages sur St-Laurent et qui s’étend jusqu’à la rue Clarke. L'architecte Jean-Zéphirin Resther en a dressé les plans. Quelques centaines de travailleurs s’activent dans l’usine où l’on fabrique des marques populaires comme Boston, Ovido en encore le fameux Peg Top, tous vendus dans de belles boîtes en métal. L’entreprise a été vendue à Imperial Tobacco en 1938. Fort heureusement le bâtiment est protégé depuis 1976 en tant que monument historique. Ici on voit la portion du bâtiment qui se trouve angle Clarke et Ontario, éclairé par le soleil de fin d’après-midi.





Le saviez-vous? Louis-Ovide Grothé a été élu maire de Cartierville en 1911 mais n’a malheureusement pu siéger bien longtemps puisqu’il est décédé peu de temps après.

dimanche 3 avril 2011

Le grand incendie de 1852

Montréal a certainement connu son lot d'incendies tout au long de son histoire. Dès les débuts de la colonie on redoutait l'élément destructeur, surtout durant les longs mois d'hiver alors que tous les bâtiments étaient construits en bois. Après l'incendie de 1721 on interdit toute construction de bois dans la ville mais pas dans les faubourgs et les villages où il était encore largement utilisé.

Avant d'aller plus loin il est essentiel de se placer dans le contexte de l'époque. Le cœur de la ville était ce que nous appelons aujourd'hui le Vieux-Montréal. C'est là que se déroule le gros de l'activité économique et commerciale et la grande majorité des immeubles sont en pierre de taille. Les faubourgs étaient des agglomérations qui se situaient principalement en périphérie de la ville et nous utilisons encore aujourd'hui ce terme pour définir certains secteurs, comme le fameux faubourg à M'lasse ou le faubourg Ste-Marie, par exemple. Les faubourgs sont essentiellement des secteurs ouvriers et les gens n'ont certainement pas les moyens de se faire construire ou d'habiter des maisons en pierre mais on commence toutefois à voir apparaître ici et là un matériau économique et durable: la brique. Son usage n'est cependant pas encore très répandu et le bois, matière tr'es abondante et peu coûteuse, est alors majoritairement employée pour la construction de maisons.

Pour avoir une idée de la distance à laquelle les faubourgs se trouvaient, imaginez être sur le coin de l'intersection Ste-Catherine et Ste-Élizabeth. A cet endroit, en 1852, vous auriez été pif-poil dans le Faubourg Saint-Laurent et, un peu plus à l'est, se trouve le Faubourg Québec. Si vous alliez plus loin encore vous auriez rencontré des petits villages ici et là en croisant sans aucun doute des charretiers transportant du foin et autres denrées. Mais revenons à nos faubourgs. Ceux-ci sont habités par les nombreuses familles  qui constituent la main d'oeuvre ouvrière des usines, petites et grandes, qui commencent à s'établir un peu partout dans le secteur.

Nous sommes le 7 juillet 1852. C'est une chaude journée d'été quand éclate un incendie dans une maison de la rue St-Laurent. Tout étant majoritairement construit de bois il n'en faut pas long pour que les flammes, nourries par de bons vents, se propagent rapidement. Au milieu du Carré St-Louis, en haut de la Côte-à-Baron, se trouve un grand bassin d'eau inauguré en 1849 et doté d'une capacité de trois millions de gallons et qui doit servir justement comme réservoir en cas de feu. Mais au moment où l'incendie éclate en bas de la côte il est d'une inefficacité totale puisqu'il a été complètement vidé afin d'être nettoyé.



Sur les deux images du haut on peut voir le carré St-Louis tel qu'il apparaissait autrefois, alors que le bassin était autrement plus grand que celui d'aujourd'hui. 

On peut voir sur la carte l'étendue de l'incendie. A l'ouest par la rue Saint-Laurent, à l'est par la rue Saint-Hubert, au sud par l'actuelle rue Viger et au nord par l'espace situé entre Mignonne (aujourd'hui Maisonneuve) et Sherbrooke. (Crédit photo: Archives de la Ville de Montréal)

Les pompiers voudraient bien faire quelque chose mais sont relativement impuissants face à ce feu qui embrase maison par-dessus maison à une vitesse fulgurante. L'eau leur manque cruellement et la chaleur intense du brasier empêche toute intervention de leur part. Les gens qui fuient leurs résidences en catastrophe sont dirigés vers le Champ-de-Mars où l'on a érigé un camp temporaire pour les sinistrés. Ceux-ci totalisent entre 9000 et 10000 personnes et plusieurs seront relogés temporairement au monastère du Bon-Pasteur sur la rue Sherbrooke.
 L'image du haut nous montre les gens rassemblés au Champ-de-Mars. Celle du milieu fait état des dommages alors que sur celle du bas on peut voir les camps de fortune installés pour loger temporairement les sinistrés. (Crédit: Archives de la Ville de Montréal).

Le feu continue de tout ravager et ce, pendant deux jours, puis, s'éteint de lui même, n'ayant plus rien à consumer. Alors que la fumée se dissipe commence à apparaître un paysage désolant, quasi-apocalyptique où se dressent au milieu des ruines des morceaux de bâtiments encore debout. Près du quart de la ville est en cendres.  
 Une peinture représentant l'incendie (Crédit: Musée McCord).


Le brasseur John Molson et son épouse, parmi les ruines de son entreprise. 


L'étendue finale des dommages sont clairement indiqués en rouge et en bleu sur cette carte d'époque. Toute ce que ces deux couleurs englobent a été détruit par le feu. 


Au conseil de ville on étudie la catastrophe et il devient rapidement évident que de nouveaux règlements concernant les méthodes de constructions sont requises. On légifère donc en ce sens et l'interdiction de construire en bois, déjà en vigueur dans la ville, est étendue aux faubourgs mais n'affecte pas les villages situés plus loin, ils seront cependant assujettis à cette réglementation au fur et à mesure de leurs annexions respectives au début du vingtième siècle.

On constate aussi que le réservoir du carré St-Louis, même s'il aurait été rempli et utilisé durant l'incendie, aurait été insuffisant et on convient d'en construire un plus gros ailleurs. On en confie la construction à Thomas C. Keefer, ingénieur et le nouveau réservoir, nommé McTavish, est construit en 1856 sur l'avenue Des Pins à l'angle de McTavish. De puissante pompes hydrauliques acquises par la ville puisent alors l'eau dans le fleuve et l'achemine dans le réservoir, lequel peut alors contenir quelques 13 millions de gallons d'eau.

Aujourd'hui il n'y a évidemment plus aucun signe de l'incendie de 1852 et à cet égard il n'y aucune plaque qui rappelle ce triste événement non plus. Le réservoir du carré St-Louis a cessé d'être utilisé comme réservoir en 1879 et c'est en 1894 que l'on a entreprit de construire le bassin que l'on peut admirer aujourd'hui. Quant au réservoir McTavish il existe toujours mais n'est plus à ciel ouvert et c'est par-dessus que l'on a aménagé le parc Rutherford.




Le saviez-vous? Il faut moins de temps aujourd'hui à un incendie pour détruire une résidence qu'il y a trente ans. À cette époque lorsqu'un incendie éclatait les gens disposaient en moyenne de 17 minutes pour évacuer alors qu'aujourd'hui ce temps est réduit à 3 minutes seulement. N'oubliez pas de vérifier régulièrement les piles de vos détecteurs, dormez la porte de chambre fermée et élaborez un plan d'évacuation.

samedi 2 avril 2011

scalae


Plan rapproché du gradin nord de la Place des Nations que j'ai photographié ici en avril 2007, année du quarantième anniversaire d'Expo 67. La conservation de cet emplacement historique a toujours laissé à desirer et rien ne laisse présager que l'administration municipal actuelle ou celles qui suivront ne prendront de décisions concrètes quant à la preservation et la mise en valeur de cet espace significatif de l'Expo. Ici comme on le voit, le matériau de surface continue de se désagréger au milieu de la rouille et des plantes qui poussent un peu partout sur la structure.

Appareil utilisé: Canon Rebel XT.



Le saviez-vous? Il existe in mythe tenace quant à Expo 67 et qui veut que les îles aient été créées avec le remblai provenant de l'excavation du métro. Or la majeure partie des îles doivent leur existence à ce les deux plus grosses dragues ont sorti du fond du fleuve St-Laurent. Le métro ne comptant que pour moins de 10%.

mercredi 30 mars 2011

Les Onyx


Les Onyx était une émission de télé pour enfants réalisée en France par Claude Vajda selon une conception de Philippe Genty. La musique assez psychotronique que l'on entend dans l'extrait YouTube était de François de Roubaix.L'émission mettait en vedette des marionnettes représentant des bibites extra-terrestres assez bizarres qui n'étaient pas sans rappeler celles de Jim Hensen, et qui vivaient sur une planète rocheuse assez petite en forme de poire. Aucun dialogue puisque les bibites ne communiquaient que par grognements. Le seul dialogue que l'on entendait était celui du narrateur qui, au début de l'émission, décrivait la situation du jour. Les Onyx cherchaient à fuir leur planète mais n'y arrivaient jamais. Ils étaient d'ailleurs sous la surveillance d'un gardien et d'un gros monstre. L'émission finissait toujours avec les Onyx qui chantonnaient leur complainte et que mes copains et moi chantions également juste avant de rentrer en classe après le dîner. Malheureusement le web est très peu bavard sur cette émission quasi psychotronique; pas d'extraits, des miettes d'images et c'est à peu près tout.






Le saviez-vous? François de Roubaix est aussi celui qui a compose le générique d'une autre émission pour enfants; Chapi Chapo.


lundi 28 mars 2011

Mode féminine en 1961 selon Dupuis Frères


Une autre acquisition récente: un catalogue Dupuis Frères de 1961. Ce qui est intéressant avec ces catalogues c'est qu'ils sont de véritables machines à voyager dans le temps; les vêtements, les objets de décoration, les meubles et tout un tas d'objets de la vie de tous les jours. Ce qui est intéressant de noter ici sont les gants que portent les modèles. Il s'agissait là d'un accessoire très populaire chez la gente feminine du temps. Dupuis Frères, tout comme Eaton et Simpson's, n'a pas survécu jusqu'à aujourd'hui, ne laissant derrière que le nom au bâtiment sis à côté du métro Berri; la Place Dupuis.

En 1961 il se passe des choses intéressantes chez nous. Parmi celles-ci on retrouve la creation de Télé-Métropole, le fameux Canal 10 et qui entre en ondes le 19 février. In peu plus tard le gouvernement depose in projet de loi visant à faire changer le nom de la Commission des liqueurs en celui de Société des alcools. Malgré le changement de nom le terme «commission des liqueurs» sera encore largement utilize par les gens et ce pendant plusieurs années encore. À l'automne le maire Jean Drapeau annonce officiellement la construction du metro de Montréal. La fin des travaux est prévue pour l'automne 1966.




Le saviez-vous? La compagnie a toutefois lancé dans les années 70 un concept de boutique mode pour les dames appelé Dupuis pour elle. Ces boutiques étaient très différentes du magasin du centre-ville, surtout par son décor et sa presentation résolument contemporaine.

Un peu de Frankenstein





Comptez sur moi pour dire que je vais publier des dessins plus souvent pour faire exactement le contraire... Enfin. Alors pour aujourd'hui voici quelques croquis tout à fait idiots que j'ai grifonné comme ça sur le thème de Frankenstein. Le premier se voulait Frankenstein dans la vie de tous les jours et le troisième n'a pas rapport avec les deux premiers mais je trouvais le gag amusant. Vous pouvez agrandir chacun des dessins en cliquant simplement dessus.

samedi 26 mars 2011

nudus VIII



Autre photo tirée d'une session avec Marie. J'ai toujours été inspire par le clair-obscur, technique qui a fait son apparition dans les peintures dans la Renaissance que  Le Caravage a largement utilisé, suivi plus tard par Rembrandt et les écoles du nord.

Appareil utilisé: Canon Powershot A60 + bas de nylon devant l'objectif pour obtenir l'effet. 





Le saviez-vous? Le cerveau humain est beaucoup plus actif la nuit que le jour et, Durant le sommeil, il génère assez d'énergie pour alimenter une ampoule de 10w.