mercredi 8 juillet 2026

Le format poche: quelle belle invention!

 

Les survivants de ma collection. 

Dans l'temps, comme on dit, faire de longs trajets en voiture lorsque l'on était enfant, nous amenait souvent à inventer toutes sortes de choses pour passer le temps. Parfois on comptait, par exemple, le nombre de voitures rouges venant en sens inverse durant une période donnée. La lecture était aussi une bonne façon de se tenir occupé. Faut souligner qu'à cette époque il n'y avait évidemment pas de cellulaires, de tablettes et encore moins des lecteurs DVD avec écrans au dos des sièges! 

En 1972 on m'annonce une semaine à l'avance que l'on passer des vacances à Wildwood, au New Jersey. Mes connaissances géographiques étaient assez sommaires et franchement je n'avais aucune idée où ça se trouvait ni à quelle distance. Mon grand oncle m'avait montré sur le globe terrestre l'endroit de notre destination. Mais c'est pas loin du tout! que je m'étais dis. 

Le matin du départ, par un samedi très tôt, j'avais filé au magasin de variétés de l'autre bord de la rue pour me procurer le Pif Gadget de la semaine. J'avais aussi emporté quelques numéros du Journal Tintin, assez convaincu que j'étais que toute cette lecture me tiendrait occupé jusqu'à ce que l'on arrive à Wildwood. 

Installé sur le siège arrière en cuirette et cuisant de chaleur où mes cuisses faisaient couic-couic nous sommes donc partis comme ça. Le trajet était familier; la rue Ontario, puis la rue Papineau vers le sud d'où l'on a prit le pont Jacques-Cartier. Ensuite le long trajet vers le lignes, après quoi on se retrouverait aux z'états. 

Ce n'est qu'une fois passés la frontière que j'ai décidé d'entamer ma lecture. J'ai lu lentement et une fois le numéro terminé j'ai fait la section des jeux et énigmes au complet. J'avais loupé l'enquête de Ludo et pour une bonne raison; on faisait référence à une particularité géographique de la France, que j'ignorais complètement. Ensuite, les exemplaires du Journal Tintin. Une fois les numéros terminés j'ai posé la question légendaire: est-ce qu'on est arrivé? Et ma grand-mère, assise à mes côtés de se pencher vers moi; non mon p'tit bonhomme, ça fait juste deux heures que l'on est parti et il nous au moins huit heures de route.


Nous avons fait un arrêt dans un restaurant quelque part pour le dîner. Dans le lobby du restaurant il y avait un présentoir avec plein de dépliants promotionnels pour telle ou telle attraction touristique. J'en avais pris plusieurs, histoire de me donner un petit peu de lecture mais ça n'a pas duré longtemps et la route jusqu'à Wildwood était encore longue. Et je vais vous épargner le long chemin du retour! Déjà il était question d'y retourner l'année suivante alors j'avais du temps pour me préparer. Comment? En faisant une bonne réserve de livres format poche. Pourquoi n'y avais-je pas pensé plus tôt? 

Ces livres compacts qui entraient sans difficulté dans nos poches étaient bourrés de bandes dessinées, de jeux, d'énigmes à résoudre, de blagues et de faits intéressants à apprendre. Plusieurs éditeurs dont Pif Gadget et Walt Disney en avaient plusieurs et chaque livre poche contenait en moyenne 200 pages au prix de cinquante sous. 

À l'été de 1973 où nous sommes retournés à Wildwood, dans un motel proche du bord de la mer cette fois, le motel Attaché, j'avais une réserve d'environ une quinzaine de livres poche dans mon petit sac des Expos. Cette fois, le voyage a été beaucoup plus agréable et surtout, moins pénible. À partir de ce moment les livres poche ont fait partie de chaque déplacement longue durée que l'on faisait, soit en retournant au bord de la mer, à Frontier Town et même pour visiter mononcle Elzéar et matante Lorraine à Buckingham. 


Le saviez-vous? 
Le premier numéro de Pif Poche est paru en 1962 et a été créé afin d'offrir un recueil de gags en petit format. Les numéros de Pif poche ont connu une remarquable longévité jusqu'à ce qu'ils disparaissent en 1992. Le format a été aussi repris par Disney qui a débuté Mickey Poche en 1974 et même Radio-Canada y est allé avec ses propres numéros mettant en vedette, entre autres, Nic et Pic, dessinés par Henri Desclez. 

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