dimanche 7 avril 2024

L'éclipse solaire de 2024

(Photo d'archives, BANQ)

  


Je me souviens de ma première éclipse solaire. C'était le 10 juillet 1972. Ce jour-là en avait été un comme les autres; j'étais dehors aux petites heures à jouer dans la cour, me salir, m'égratigner ici et là. J'avais couru après les bouteilles de boissons gazeuses vides avec l'ami Alain et on les avait échangées contre une quantité assez généreuse de bonbons à l'épicerie du coin.

À la fin de l'après-midi il y avait mon rendez-vous quotidien à ne pas manquer avec Bobino, c'était sacré. Mais avant l'émission mon grand-onle et ma grand-mère m'avaient bien avisé de ne pas regarder l'éclipse qui s'en venait, parce que sinon je risquerais de devenir aveugle, comme mon oncle Joe qui demeurait à la campagne. Il ne voyait plus rien du tout. Mais ce n'était pas une éclipse qui lui avait enlevé la vue. D'ailleurs, on ne m'avait jamais dit comment!

Évidemment, j'étais curieux comme dix. C'est quoi une éclipse ? Alors, mon grand-oncle avait tiré de sa bibliothèque bien garnie un livre de science astronomique où il m'avait montré, images à l'appui, ce qu'était une éclipse lunaire. Comme dans Tintin et le temple du soleil que j'avais demandé. Exactement ! Donc, il avait pris soin de me le rappeler encore : Ne regarde pas l'éclipse !

Puis, à l'arrivée de 16 heures, je me suis dépêché d'aller devant le téléviseur où mon émission favorite, Bobino, allait commencer. Mais quoi ? Que le grand crique me croque ! Pas de Bobino. Nénon. Au lieu, c'était une émission spéciale-spatiale sur l'éclipse à venir. Bon, alors je suis allé faire un tour au canal 10, pour voir. Meuh! C'était la fin d'un film…

Alors, je suis sorti dehors, comme ça, pour jouer avec mes bébelles dans la cour. Le fil du temps est passé rapidement. À un moment, ma grand-mère m'a demandé de venir sur le balcon. J'ai monté les marches et c'est en arrivant en haut que le ciel est devenu noir. Noir comme dans la poêle, comme on disait dans le temps. Faisait tellement noir que le réverbère de l'autre côté de la rue, et tous les autres du même coup, se sont allumés. Cette noirceur a duré un petit bout de temps, tout au plus, et puis, la lumière est revenue. Quel phénomène ! On avait de quoi se raconter, les copains et moi.

Maintenant, avant [très] rapide à aujourd'hui, dimanche le 7 avril 2024, où nous sommes à la veille d'assister de nouveau à une éclipse solaire. L'engouement pour le phénomène est palpable, comme en témoigne la grande quantité de lunettes pour l'éclipse qui ont été distribuées. Avant d'aller plus loin, j'aimerais bien expliquer ce qu'est, en gros, une éclipse solaire.


 

Donc, une éclipse solaire se produit lorsque la Lune se retrouve entre la Terre et le Soleil. La Lune crée donc un cône d'ombre sur la Terre selon une trajectoire qui est bien connue des astronomes et des astrophysiciens. Comme on peut le voir, l'éclipse solaire n'est complète que si l'on se trouve directement le long de la bande d'ombre. Si l'on est un peu à l'écart, c'est une éclipse partielle que l'on voit. Mais, vous allez me demander, la Lune, elle ne passe pas entre la Terre et le Solaire tout le temps ?


Oui, mais il y a quelques détails ; la Lune n'orbite pas directement sur le plan de l'écliptique. Comme on le voit sur l'image ci-haut, la Lune possède son propre plan d'orbite et qui contient des variations, tout comme la Terre. On observe ceci avec les phases lunaires ainsi qu'avec les saisons. 
 
Mais pourquoi se munir de lunettes d'éclipse homologuées et quels sont les risques pour la santé. Commençons par une question : est-ce que vous regardez le soleil directement durant une belle journée d'été, même avec des lunettes de soleil ? Bien sûr que non ! Eh bien voilà, regarder une éclipse sans protection, c'est comme regarder le soleil directement. C'est tout simplement que lors d'une éclipse, on ne perçoit pas l'intensité du soleil, mais elle est bien là. Il ne suffit que d'un très court moment pour qu'il y ait des dommages majoritairement permanents et irréversibles aux yeux se produisent. C'est là toute l'utilité d'avoir avec soi de bonnes lunettes spécialement conçues pour regarder l'éclipse en toute sécurité.

Ceci dit, il se trouve quelques précautions à prendre concernant ces lunettes; il y en a qui ne sont pas conformes. Le Journal de Montréal a publié un article fort instructif à ce sujet, du même qu'un autre article où l'on fait mention qu'une école de St-Jérôme a été obligée de jeter quelques 3,700 paire de lunettes achetées sur Amazon et qui se sont révélées non conformes.

Alors, comment s'y retrouver? L'édition Week-End du Journal de Montréal de cette fin de semaine comporte un encart spécial sur l'éclipse. Aussi, on peut se référer au site de l'American Astronomical Society qui répertorie les fabriquants qui offrent des lunettes sécuritaires, incluant la fameuse norme ISO 12312-2

Si vous n'avez pas encore mis la main sur des lunettes certifiées encore, sachez que le Planétarium sera présent sur le site du parc Jean-Drapeau ce lundi 8 avril et aura environ 150,000 paires de lunettes à donner.

En terminant, sachez que l'éclipse durera, dans toutes ses phases, de 15:25 et 15:40. Voici le trajet de l'éclipse, indiquant la durée de l'éclipse totale selon là où vous trouvez. 
 


 
 
 
Le saviez-vous? La prochaine éclipse solaire complète telle que celle du 8 avril 2024 ne se reproduira que le 22 août 2044, soit dans vingt ans!
 


samedi 30 mars 2024

Oiseaux du Québec: le carouge à épaulettes

 


Le carouge à épaulettes est un oiseau chanteur de la famille des passereaux qui niche près des milieux humides. On doit son nom à la bande rouge qui orne les épaules du mâle. L'oiseau est migrateur et arrive généralement tôt au printemps et les mâles sont toujours les premiers à se pointer le bout du bec, suivi, à environ deux semaines d'intervalle, des femelles. 

Mon observation personnelle de cet oiseau est qu'il est farouchement territorial, plus particulièrement en période de nidification. Si quelqu'un passe trop près du nid, il n'hésitera aucunement à s'en prendre à l'intrus. Il est aussi agressif envers d'autres oiseaux, même s'ils sont plus gros. J'en ai aperçu affronter directement des corneilles et même auprès d'oiseaux de proie comme la buse à épaulettes. Il va aussi démontrer son caractère en s'en prenant aux nids d'autres oiseaux. Ainsi, au printemps dernier, j'ai pu observer une oriole de Baltimore tisser soigneusement son nid; une sorte de poche suspendue à une branche, un peu comme une grosse boule de Noël. C'est un travail laborieux mais assez fascinant à admirer. Et puis, sont arrivés les carouges. Ces derniers ont complètement détruit le nid, n'y laissant que des lambeaux, au grand dam de l'oriole, qui a dû refaire son nid ailleurs. 


Comme je l'ai mentionné plus haut, le carouge niche en milieux humides, et ces milieux attirent bien entendu d'autres oiseaux comme les hirondelles bicolores, les quiscales et les canards colverts ou branchus. Au printemps dernier j'ai pu voir l'arrivée d'une grande aigrette, un oiseau échassier tout blanc. L'étang l'avait attiré mais mal lui en prit car à peine arrivé trois carouges mâles sont venus lui faire savoir, d'une manière quelque peu agressive, qu'il n'était absolument pas le bienvenu. L'aigrette a vite compris et s'est en allée à l'autre bout de l'étang, convaincu qu'elle y trouverait la paix. C'était bien mal sous estimer l'esprit territorial du carouge. Ces derniers ont donc traversé l'étang pour reprendre les attaques. Cette fois, l'aigrette a compris et s'est envolée mais encore là les carouges n'avaient pas dit leur dernier mot et son partis vers l'aigrette, tels des chasseurs de la Seconde guerre après un bombardier. Quel caractère! Le seul oiseau à le carouge semble foutre la paix est la bernache du Canada car, il faut bien l'avouer, la bernache a tout un caractère aussi. Toutefois, un habile épervier ou une buse peut fort bien, comme je l'ai déjà vu, chasser, capturer et déguster un carouge un peu trop fanfaron. 


La femelle carouge possède, comme beaucoup d'autres femelles d'autres espèces, un plumage plus terne. La flamboyance de couleurs que l'on observe chez les mâles étant un élément de séduction. La femelle carouge, une fois nichée, s'aperçoit souvent dans les marais et marécages, sautillant sur des nénuphars ou s'agrippant à des roseaux afin d'y trouver de la nourriture; des insectes, des larves, des chenilles ou des escargots font très bien l'affaire mais peuvent aussi se nourrir de grains et de petits fruits sauvages. 

Les carouges mâles sont volages et peuvent souvent s'accoupler avec plusieurs femelles et en moyenne, les carouges peuvent nicher jusqu'à trois fois avant que le départ migratoire s'effectue fin juillet ou début d'août. Les carouges partent alors pour un long voyage au cours duquel ils vont traverser les États Unis pour se regrouper sur la côte ouest mexicaine pour revenir de nouveau au printemps suivant. 




Le saviez-vous? La longévité du carouge à épaulettes est d'environ 16 ans. Loin d'être nuisible, sauf pour ceux qui s'aventurent trop proche des nids, le carouge raffole des insectes qui ravages l'agriculture. 

lundi 25 mars 2024

La fin d'une époque

Hé oui, vos yeux ne vous trompent pas. Il s'agit bel et bien d'un nouvel article après une absence prolongée. L'idée de délaisser le blogue ne m'est jamais venue à l'idée mais j'avais bien besoin d'une pause. Beaucoup d'eau a coulé sous les ponts depuis la dernière publications et bien des choses se sont passées depuis. Alors, quel lien entre ceci et l'image de couvertures du Sélection du Reader's Digest?

Au fils des publications vous avez pu admirer quantité portant sur de vieilles publicités qui sont, pour la plupart du temps, parues durant les années 50. Ces dernières provenaient essentiellement de nombreux numéros de Sélection du Reader's Digest, magazine auquel ma grand-mère était religieusement abonnée. 

Or, une nouvelle fort triste est apparue à la fin de l'année dernière: le magazine va cesser d'être publié définitivement le 31 mars 2024 et ce, après 76 ans d'existence. 

La nouvelle est triste, certes, mais il faut toutefois mentionner qu'il est rare de voir des magazines durer aussi longtemps. La durée de vie moyenne des magazines dépend de plusieurs facteurs, comme le type, le contenu, le public et la fréquence de publication. Il n’existe pas de chiffre exact, mais on peut estimer que la plupart des magazines ont une durée de vie de quelques mois à quelques années, avant de perdre de leur intérêt ou de leur actualité. Certains magazines, comme ceux qui traitent de l’histoire, de l’art ou de la science, peuvent avoir une durée de vie plus longue, car ils sont moins soumis aux modes ou aux événements. D’autres magazines, comme ceux qui traitent de l’actualité, du sport ou de la culture populaire, peuvent avoir une durée de vie plus courte, car ils sont plus sensibles aux changements ou aux tendances. Par exemple, voici quelques défunts magazines: 

Mademoiselle (1935-2001): un magazine féminin qui traitait de la mode, de la beauté, de la culture et des problèmes de société.

Look (1937-1971): un magazine bi-hebdomadaire qui publiait des reportages photographiques sur l’actualité, le sport, le cinéma et la politique.

The Saturday Evening Post (1821-1969): un magazine hebdomadaire qui présentait des articles de fond, des nouvelles, des illustrations et des bandes dessinées. Norman Rockwell en a été le plus prolifique artiste du magazine avec plus de 321 couvertures réalisées entre entre 1916 et 1963. 
 
Life (1883-2007): un magazine qui se distinguait par ses photographies de grande qualité, couvrant des sujets variés comme la guerre, la nature, les célébrités et l’art.

Newsweek (1933-2012): un magazine d’information qui couvrait l’actualité nationale et internationale, ainsi que des domaines comme la science, la technologie, la santé et l’éducation.

Playboy (1953-2020) : Un magazine qui couvrait des sujets variés, des interviews, ainsi que des jeunes dames en tenue d'Ève. 

Plus près de nous, il y a eu ces magazines: 

Le Canadien (1806-1909): un journal politique et littéraire, qui défendait les intérêts des Canadiens français et s’opposait au pouvoir colonial britannique.

L’Art vivant (1928-1939): une revue culturelle et artistique, qui couvrait les domaines de la peinture, de la sculpture, de la littérature, de la musique et du théâtre.

L’Arche (1948-1956): une revue littéraire, qui publiait des textes d’auteurs québécois et étrangers, ainsi que des critiques et des essais.

Le Reader’s Digest, dans sa version originale en anglais, a été fondé en 1922 par DeWitt Wallace et Lila Wallace, qui proposait des articles condensés issus de la presse mondiale. C'est en décembre 1946 qu'arrive sur les tablettes des marchands de journaux la première édition en français au Canada; Le Sélection du Reader’s Digest. L'édition canadienne anglaise arrivera deux ans plus tard. 

Le Sélection du Reader’s Digest a été longtemps le magazine le plus lu au Québec et en France, avec des tirages atteignant plusieurs centaines de milliers d’exemplaires et des millions de lecteurs chaque mois. 

Au fil des ans toutefois, le magazine a fait face à de nombreux défis au fil des ans, comme la concurrence d’autres médias, la chute des revenus publicitaires, la hausse des coûts de production et de livraison, ainsi que le changement des habitudes de lecture. Au fil des ans Le Sélection du Reader’s Digest a été revendu à plusieurs reprises, passant de la holding américaine Reader’s Digest Association à des groupes espagnols et français, et a subi des réductions d’effectifs et de budget.

Ce qui faisait la qualité du Reader’s Digest, c’était sa capacité à offrir à ses lecteurs une synthèse des romans, livres, essais, reportages et récits les plus intéressants et variés, sur des sujets comme la santé, la science, la culture, l’humour et l’actualité. Le Reader’s Digest était également apprécié pour ses ouvrages collectifs originaux, rédigés par les meilleurs spécialistes, qui alliaient qualité esthétique et précision documentaire.

Le Sélection du Reader’s Digest cessera d’être publié le 31 mars 2024, après 76 ans d’existence, mais ses sites web continueront d’être alimentés pour une certaine période de temps.




Le saviez-vous? En décembre 1952 le magazine publie un article canon liant la cigarette au cancer du poumon (Cancer by the carton) et du coup refuse toute forme de publicité liée au tabac, une décision qui demeurera jusqu'à la fin du magazine. 

lundi 22 mai 2023

Les crayons feutre Buffalo

 Voilà le printemps qui s’amène et de là, on voit finalement la fin des classes. Dehors la neige a complètement disparue et la température s’élève peu à peu. C’est un samedi matin d’avril et la météo prévoit une journée ensoleillée avec une température fraîche mais confortable. Je termine mon bol de Count Chocula, mon troisième, et le termine rapidement parce que je piaffe de descendre dans le garage et sortir ma bicyclette pour la première fois de l’année. Je m’habille à toute vitesse mais y’a un truc qui m’échappe; de soleil dehors, y’en avait pas. Le ciel était tout gris et c’est seulement lorsque je me suis collé le nez à la fenêtre que je me suis rendu compte qu’il pleuvait tout plein. Bon, ben il semble que ma première promenade sera reportée. Heureusement je suis un enfant parfaitement incapable de s’ennuyer et je réoriente donc mon programme du jour en conséquence.


Dans ma tête se bousculent les possibilités; faire des vaisseaux spatiaux avec mes Lego en écoutant des cartoons à la télé, m’occuper de ce modèle réduit qui n’attend, inventer de nouvelles aventures avec mes figurines GI JoeSteve Austin, Big Jim et du prof Bergman, faire des courses d’élimination entre mes voitures Matchbox et Hot Wheels. Et ce ne sont là que les choses auxquelles j’ai pensé durant les trois premières secondes. Finalement j’ai opté pour appeler l’ami Daniel, celui qui m’avait montré à bien assembler les modèles-réduits. Une demi-heure plus tard nous étions installés dans sa cuisine, bien attablés avec une provision de feuilles de papier ainsi que nos magnifiques ensembles de crayons feutre Buffalo, tous alignés dans une belle boîte en métal ornée d’une reproduction du Déjeuner des canotiers, de Renoir. De vulgaires crayons de cire? Surtout pas! Là, au son d’une version disco de Star Wars (Meco) qui jouait de par de petits haut-parleurs dans la cuisine, on barbouillait pendant des heures des scènes du film qui venait tout juste de sortir. La séance se terminait lorsque la mère de Daniel en avait raz les oreilles d’entendre la fameuse toune de la cantine ad repetitio. Mais bon, c'est un exemple parmi mille! Je me souviens avoir passé des pans de journées entiers à crayonner tout un fourbi de trucs; fusées, voitures, extra-terrestres, animaux étranges, scènes d'action... 


Avant d'aller plus loin, un mot sur l'œuvre choisie par Buffalo pour orner cette boîte. Il s'agit d'une magnifique toile d'Auguste Renoir intitulée "Le déjeuner des canotiers". Cette peinture se définit comme suit; 


Nous sommes à la fin de l'été 1880 à Chatou, une commune dans le département des Yvelines, un peu au nord-ouest de Paris. Sur la terrasse de "La Maison Fournaise" qui est une auberge et guinguette , Auguste a réuni des amis et modèles pour une grande œuvre. La dame au petit chien s'appelle Aline Charigot, c'est la future épouse d'Auguste Renoir. Derrière elle se tient debout Hippolyte Alphonse Fournaise, fils du propriétaire de l'auberge. Accoudée à la rambarde c'est Alphonsine Fournaise , sa sœur, qui écoute le Baron Raoul Barbier, bien assis et dos tourné avec un chapeau melon. Gustave Caillebotte, peintre également, est assis à droite à califourchon sur une chaise. Le couple près de lui est Ellen Andrée, laquelle est actrice tandis qu'Adrien Maggiolo, directeur du journal "La France Nouvelle" se penche vers elle. Derrière eux , le petit trio est formé du journaliste Paul Lhote avec un pince nez , Eugène Pierre Lestringuez au chapeau melon noir et l'actrice de la Comédie Française Jeanne Samary. La jeune modèle au verre d'eau est Angèle Legault. Derrière elle debout se tient le critique d'art et collectionneur Charles Ephrussi coiffé d'un chapeau haut de forme et éditeur de la Gazette des Beaux Arts. Il converse avec le poète Jules Laforgue. 

Notez que si l'envie vous prend, il est possible de visiter la Maison Fournaise et de prendre un repas sur la même terrasse où l'artiste y a peinturé ses amis et convives. On clique ici!



En ouvrant la boîte on retrouve sous le couvercle des conseils pour l'entretien des crayons, les différentes couleurs qu'on y retrouve ainsi que d'autres petites astuces dont le proverbial avertissement de remettre le capuchon dès que l'on a terminé de s'en servir. À défaut de le faire, le bout séchait et pouvait rendre la pointe feutre inutilisable. Il se trouve également une feuille protectrice en styromousse. 

Saurez-vous trouver la coquille dans la description des couleurs? Indice, il s'agit d'une bien mauvaise traduction.



Et voici l'ensemble des crayons que l'on y retrouve. À noter que ceux-ci, qui sont les miens, écrivent encore, ce qui hautement appréciable après toutes ces années. Buffalo offrait d'autres boîtiers de crayons dans des formats différents, dont une boîte plus petite et ornée d'une peinture de Rembrandt; L'homme au casque d'or, circa 1650. Il aurait été un peu bête de jeter la boîte si les crayons atteignaient leur durée de vie utile et c'est pourquoi Buffalo vendait aussi ces crayons à l'unité, permettant du coup de les remplacer individuellement. 


Le saviez-vous? Le premier crayon feutre a été inventé et breveté par un certain Lee Newman en 1910. Il s'agissait d'un tube empli d'encre et directement connecté à une pointe feutre poreuse permettant le passage de l'encre. Des amélioration ont été apportées en 1926 et 1944 mais la version finale du produit a été mise au point par la Tokyo Stationery Company en 1962. 

lundi 3 avril 2023

La Caillette et ses karts

Il y a neuf ans de cela je vous parlais de cette crèmerie mythique au Québec; la Caillette. Et dans cet article je vous racontais que durant les visites que l'on y faisait lorsque j'étais gamin il y avait ces karts et que l'on pouvait conduire sur une piste aménagée. 

Malheureusement, personne dans la famille n'a pensé un jour prendre une photo ou deux, histoire de se remémorer l'endroit. Or aujourd'hui, et grâce à une précieuse contribution de la famille Lemay, je vous offre quatre photos de ces karts prises à deux périodes différentes. 

(Crédit photo: Famille Lemay, utilisée ici avec leur aimable collaboration)

Sur cette première photo qui date de 1967 ou 1968, on peut voir non seulement un des karts mais aussi le décor. Un petit moulin en pierre à côté duquel se trouve une fermière et une vache. Sur le terre-plein on voit un réverbère double. Derrière, des terres agricoles et des maisons. 

(Crédit photo: Famille Lemay)

Toujours en 1967-68, voici un autre enfant de la famille qui ne manque pas de saluer la personne en train de prendre la photographie. Ces karts fonctionnaient avec des petits moteurs à deux temps et la vitesse était relativement basse, mais quel plaisir que c'était de les conduire! 

(Crédit photo: Famille Lemay)

Nous faisons ici un bond vers 1972 ou 1973 et cette fois, en couleurs! On arrive ici à mieux distinguer les détails de ces fameux karts et dont le style rappelle les vieux tacots des années 20. À l'arrière on aperçoit une station-service Esso, laquelle existe toujours mais sous la bannière Ultramar. Le plaisir de la fillette au volant du car ne ment pas quant aux joies du karting. 

(Crédit photo: Famille Lemay)

Même fillette et son passager de garçon pris sous un autre angle. On peut voir ici que c'est le petit bonhomme qui s'en donne à cœur joie. On peut d'ailleurs voir, à l'arrière de la voiture, le rudimentaire moteur à deux temps et que l'employé faisait démarrer comme on le fait avec une tondeuse. Il arrivait parfois que le moteur ait des ratés sur la piste et le type devait alors accourir pour le faire redémarrer. 

Je tiens ici à remercier la famille Lemay pour cette précieuse contribution et j'espère que cela pourra apporter de biens bons souvenirs à tous les gens qui ont conduits ces petits bolides durant leur enfance. 





Le saviez-vous? Le premier kart a été inventé par Art Ingels à Los Angeles en 1956 et le karting est le sport motorisé le plus populaire au monde!


jeudi 16 février 2023

Morgan's

 

Morgan's est un magasin qui a une longue histoire. Ouvert en 1845 à l'actuelle adresse 404 Notre-Dame ouest, il est déménagé au 478 McGill en 1852, puis en 1866 sur le côté nord de Saint-Jacques, alors appelé St-James, près du Square Victoria. Le centre des affaires dans le temps était le Vieux-Montréal. Au delà, au nord, à l'est et à l'ouest, on retrouvait des villages et de nombreuses terres agricoles. 

C'est en 1891 que Henry Morgan fait un pari considéré insensé par pas mal tout le monde: se relocaliser sur la rue Ste-Catherine, laquelle ne ressemblait en rien à la rue commerciale que l'on connaît aujourd'hui. Il s'agissait alors d'un rue paisible avec de belles demeures et des vergers. Malgré les nombreuses voix qui annoncent à Morgan qu'il va se planter financièrement en se relocalisant loin du secteur commercial du Vieux-Montréal, il persiste. Et signe. 

S'élève alors un magnifique magasin de trois étages avec un magnifique extérieur en grès rouge d'Écosse. Morgan est convaincu que le succès suivra, et il gagne son pari au point où le célèbre joaillier Henry Birks l'imite, en faisant construire son magasin de biais avec Morgan's. À partir de là s'est opérée une migration progressive des commerces vers la rue Ste-Catherine. 

En 1950, profitant du boom économique de l'après-guerre, Morgan's décide d'ouvrir des succursales, un peu à l'instar de Eaton's et Simpson's. Le premier est ouvert en 1950, et se situait sur le chemin de la Reine-Marie dans le secteur de Snowdon. Puis, d'autres suivront, dont celui que l'on voit sur l'image ci-haut. 

Nous sommes au tournant des années 60, et l'on voit ici la succursale de Morgan's située dans le centre commercial Boulevard à partir du boulevard Pie-IX. Tous les deux ont été inaugurés en 1953. En 1958, fort du succès que connaît le magasin, Morgan's fait ajouter un deuxième étage. Deux ans plus tard, La Baie se porte acquéreur de Morgan's, mais le nom de Morgan's est conservé, d'abord jusqu'en 1964 en Ontario, puis jusqu'en 1972 au Québec. 

On remarque l'architecture simple mais résolument moderne du bâtiment. La mosaïque de béton multicolore est agrémentée d'un éclairage . La brique uniforme est quant a elle agrémentée du nom de Morgan's Boulevard. Le tout se conjugue pour donner une allure simple, mais élégante. Toutefois, le temps n'a pas été tendre; au début des années 70 on a décidé de couvrir la brique avec des panneaux d'aluminium, ce qui sapé tout le style pour en faire une façade quelconque, banale, laide et sans âme. Jugez-en par vous-même: 






Le saviez-vous? Le centre d'achats Boulevard a été le troisième centre commercial a ouvrir à Montréal, mais il a été le premier à être entièrement à l'intérieur. À son ouverture en 1953 il comptait pas moins de 32 magasins. 

samedi 21 janvier 2023

Des films par la poste

Dans le dernier article, portant sur la photographie, je vous parlais de ce petit monde tel qu'il était avant l'arrivée du numérique. J'ai aussi glissé sur les caméras, les différents films utilisés ainsi que du développement, lequel prenait un certain temps. Et justement, quoique les  adeptes et professionnels pouvaient très bien développer leurs propres films chez eux, ou dans leur labo personnel, pour monsieur et madame tout le monde les films étaient laissés au comptoir photo de son choix. 

La plupart des pharmacies offraient, et offrent encore ce service mais il y avait également des boutiques photos comme Direct Film (aujourd'hui disparu), Astral photo, L.L. Lozeau, le Centre Japonais de la photo, lequel existe toujours, et bien d'autres encore. 

Peu importe l'endroit la façon de procéder était la même; on laissait le rouleau au comptoir alors que le commis nous demandais, par exemple, de choisir un finit mât ou lustré, si l'on voulait des doubles ou de multiples exemplaires pour distribuer à la famille, ainsi que nos coordonnées afin de nous aviser lorsque les photos seraient prêtes pour le ramassage. Le service de développement traditionnel prenait environ une semaine ou deux mais il y avait aussi un service de traitement plus rapide, généralement 24 heures, quoiqu'un peu plus cher. Ensuite l'on nous avisait par téléphone et il ne nous suffisait que de passer les cueillir. Mais il y avait une autre service disponible: le traitement par la poste. Et ça, c'était l'affaire d'une compagnie nommée Express Film. 

Publicité d'Express Film, 1971)
(Photo: Collection personnelle) 

Cette compagnie, aujourd'hui disparue, ne vendait pas d'appareils, d'objectifs ni même aucun accessoire. En fait, elle n'avait même pas de boutique! Ce qu'elle avait toutefois était un laboratoire complet de traitement de photos. Alors, comment ça fonctionnait? 

(Photo: Collection personnelle)

Express Film ne faisait affaire avec les clients que par l'entremise d'enveloppes qui se trouvaient dans les pages de différentes revues, comme ici, tirée d'un Sélection du reader's Digest. Les instructions étaient on-ne-peut-pas-plus-claires. Il suffisait de remplir adéquatement, de déposer le rouleau à faire développer dans l'enveloppe, de cacheter, et de mettre à la poste. Même pas besoin d'un timbre puisque les frais de poste étaient affranchis par Express Film, comme on le voit en haut à droite. 

(Photo: collection personnelle)

L'endos de l'enveloppe servait à indiquer le film envoyé, ainsi que les détails que l'on voit. Fallait tout de même inclure 10 sous pour les frais de retour ainsi que la taxe de 8% (l'on y échappe pas). C'était l'époque où l'on pouvait inclure des pièces sonnantes et trébuchantes dans le courrier. Et voilà, le tour était joué. Ensuite, fallait simplement faire preuve d'un peu de patience pour voir les photo rebondir dans la boîte aux lettres. 



Le saviez-vous? Le service de développement en une heure, très apprécié des gens, ont été introduits au Canada par le Centre Japonais de la photo, boutique qui a vu le jour en 1959. Dès les années 70 on retrouvait des succursales dans presque tous les centres commerciaux. 

lundi 9 janvier 2023

Oiseaux du Québec: la buse à épaulettes



Appareil utilisé: Canon 90D + 150-600mm Sigma

La buse à épaulettes est un oiseau rapace que l'on retrouve dans les forêts d'arbres feuillus au sud du Québec. Sa zone d'habitat est assez large, bordé au sud par les états comme la Floride, à l'ouest par le Mississippi, et au nord par le sud de l'Ontario et du Québec. On distingue cette buse de la buse à queue rousse en raison de la taille plus grande de cette dernière, surtout. 

J'ai photographié ce spécimen à Montréal où il semble bien s'adapter à la présence humaine. Ses territoires de chasse sont souvent occupés par d'autres rapaces comme l'épervier de Cooper, les chouettes rayées, les petites buses, les buses à queue rousse et les hiboux. Durant la période de nidification, où la femelle pond deux à trois œufs, la buse ne tolère généralement pas la présence d'autres buses à épaulettes à proximité mais semble plus tolérante envers d'autres rapaces. La construction du nid peut s'étendre de une à cinq semaines quoiqu'il est fortement possible pour la buse de réutiliser le même nid à plusieurs reprises ou, en d'autres cas, d'aménager dans le nid vacant d'une autre espèce. 

Ce magnifique oiseau est considéré comme une espèce non en péril¹ quoique l'étalement urbain et la coupe de zones forestières n'aident pas. Toutefois, l'ensemble de la population demeure relativement stable dans sa zone d'habitat. 





Le saviez-vous? Une fois éclos, les jeunes buses vont commencer à chasser dès l'âge de sept ou huit semaines, en commençant par des insectes avant de graduer vers des proies plus importantes. 



1. COSEPAC. 2006e. Mise à jour - Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la Buse à épaulettes (Buteo lineatus) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. vi + 29 p.