samedi 16 octobre 2010

Kiri le clown

Lorsque Bobino se faisait poivrer la tronche avec un pétard à la farine il se fâchait, assurément. En s’essuyant le visage avec son mouchoir il maugréait à Télécino de faire tourner un p'tit bout de film, le temps de se nettoyer pendant que Bobinette était pliée en quatre. Et quand Télécino faisait jouer quelque chose il y avait de bonnes chances que ce soit ceci:


Kiri le clown est une série qui a été réalisée en 1966 en France par Jean Image pour l'ORTF. On y suivait les aventures du clown Kiri, lequel voyageait de ville en ville avec sa roulotte tirée par la jument Bianca. Avec lui se trouvaient Laura, la blonde écuyère, Ratibus le chat et Pip’lett la perruche qui tombait sur les nerfs d'à peu près tout le monde. Pip’lett d’ailleurs me rappelait à cet égard un autre moineau énervant, Couac dans les Oraliens. La conception des marionnettes, créées par Marcel Breuil, était assez simple. Ainsi, la tête de Kiri n’était qu’une boule de balsa peinte dans laquelle on a enfoncé deux punaises pour les faire les yeux. Pour la bouche on a utilisé du papier collant et quelques brindilles de laine ont suffi pour la chevelure.



Le saviez-vous? La série, qui compte quelques 130 épisodes, a été réalisée selon le concept d’image par image et avec 24 images par secondes il fallait quelque chose comme six jours de tournage pour obtenir de 4 à 5 minutes d'animation.


crepusculum

Si vous êtes amateur d'architecture alors une visite à l'oratoire Saint-Joseph s'impose. La construction a commencé avec la crypte-église en 1915 pour se terminer avec la basilique en 1967 et une aussi grande période de temps, surtout celle-là, fait que l’on peut y admirer différents styles architecturaux. Par exemple, l’ensemble extérieur est caractéristique du style Beaux-arts alors que la crypte-église, en-bas, tire sur le néoclassique saupoudré de renaissance italienne. Plus haut, l’intérieur de la basilique n’est pas sans rappeler le mid-century modern avec son usage de béton et de bois. Il se dénote aussi d’autres éléments, comme à la terrasse, laquelle emprunte davantage à l’Art-déco. La photo que je vous propose aujourd’hui en est un bon exemple.

Appareil utilisé: Canon Rebel XT. 





Le saviez-vous? La finition extérieure de l’oratoire St-Joseph a été faite avec du granit provenant de Lac-Mégantic.

lundi 11 octobre 2010

Dominion Oilcloth


Avec cette publicité nous revoici en 1955, soit pif-poil au milieu de la décennie de la couleur. Si entrer dans une telle cuisine le matin ne suffisait pas à vous réveiller le matin il ne vous restait plus que le double-expresso. Le linoléum est un matériau reconnu pour avoir la vie dure et cette pub n'a pas tout à fait tort quand il est mention de la facilité de l'entretien et de sa capacité à garder son aspect pendant longtemps. 

Dominion Oilcloth est une compagnie qui a été fondée en 1872. Le directeur n'était nul autre que Hugh Allan et il obtient ce poste alors que bouillonne ce qu’on va appeler le «scandale du Pacifique» alors qu’Allan est accusé d’avoir soudoyé le premier ministre John A. Macdonald pour obtenir le contrat de la construction du chemin de fer trans-Canadien. Et Allan est en plein milieu de la marmite. Lorsque tout ça va péter le gouvernement de Macdonald va se retrouver la face pleine de suie et le pays va s’en aller en élections. Quant à la Dominion Oilcloth les affaires vont bien et la compagnie diversifie ses produits. Les installations prennent de l’expansion et en 1929 on fait ériger, selon les plans de la firme Hutchison & Wood, un nouveau bâtiment administratif au coin de Parthenais et Ste-Catherine.

De retour à la publicité.

En terme d'exécution nous avons droit ici à une présentation des plus classiques pour l'époque; large illustration ou photo en haut et texte explicatif avec logo en bas. On pourrait initialement croire qu'il s'agit d'une photo teinte à la main mais tout semble indiquer qu'il s'agit d'une véritable photo couleur, retouchée un peu toutefois. L'absence de bébelles sur le comptoir comme un grille-pain, robot-culinaire ou micro-ondes (ha!) est nécessaire afin de ne pas distraire l'attention du lecteur. On remarquera d'ailleurs le mur uni ainsi que le rideau turquoise sans aucun motif. Tout est habilement disposé afin de laisser la place au linoléum.

Ce linoléum, justement, était fabriqué à l'usine de Montréal. Comme on peut le voir en bas de l'annonce à gauche, on peut y lire que la compagnie avait pignon sur rue au 2200 Ste-Catherine est. C’est l’adresse du bâtiment dont je vous parlais plus haut. L'annonce dans le Lovell de 1955, année de parution de la publicité, est encore plus explicite quant aux produits de la compagnie:


Mais le 2200 Ste-Catherine est, c'était où exactement et qu'est-il advenu du bâtiment? Existe-il encore aujourd'hui? Absolument! Même qu'il est fort probable que vous soyez passé devant à plusieurs reprises. Tout juste au coin sud-est de l'intersection Ste-Catherine et Parthenais. Encore faut-il préciser qu'il s'agit ici du bâtiment administratif et qu'il ne subsiste plus rien de l'usine en tant que telle.

Construit dans le style art-déco, il est intéressant de noter que le bâtiment n’a pas été trop amoché avec les années. En fait son apparence actuelle est très proche de celle d’origine. On notera aussi le pourtour de l’entrée est agrémenté de bas-reliefs représentant des vignes. En 1966 l’entreprise a changé de nom pour Domco pour ensuite déménager à Farnham où elle opère, au moment d'écrire ces lignes, sous le nom de Tarkett.
Cette autre publicité qui date de 1905 nous montre l'ensemble des installations, très impressionnantes pour l'époque, de la compagnie. On peut d'ailleurs voir le bâtiment administratif en bas, un peu à droite du centre. À l'arrière on note le fleuve St-Laurent ainsi que l'île Ste-Hélène. Quant à l'usine, située à l'extrémité ouest du quartier Hochelaga, cette compagnie a permis à plusieurs personnes d'avoir un emploi permettant de mettre du pain et du beurre sur la table familiale. Le fait que l'entreprise ait procédé à des agrandissements en 1929, qui marquait le début de la crise économique, démontre sa vitalité et son dynamisme malgré une période trouble qui allait faire bon nombre de chômeurs. 

Entre-temps ce qui retient l’attention par chez nous en octobre 1955 (mois de parution de la publicité en-haut de l'article) c’est la décision du premier ministre Duplessis de refuser le programme canadien d’assurance-santé tel que proposé par le gouvernement fédéral. Alors qu’il se trouvait à Dolbeau il en a profité pour dire que ce qui vient «d’ailleurs» (fédéral) n’est pas conforme avec nos coutumes. L'assurance-maladie, comme on le sait, s'est établie au Québec en 1969.


Le saviez-vous? Quantité de produits à l’époque et destinés à des usages domestiques comportaient de l’amiante. On s’en servait pour isoler les tuyaux et bon nombre de plâtriers en mêlaient à leur plâtre. Le linoléum n’en était pas exempt alors si vous en avez de cette époque, soyez prudents et n’hésitez pas à contacter des experts.

dimanche 10 octobre 2010

piscator


C’est par un dimanche soir tranquille que je me suis trouvé aux abords du fleuve, à la Cité du Havre pas trop loin d’Habitat 67. De cet endroit la vue sur Montréal est tout simplement magnifique. Ici ma lentille s’est tournée vers l'ouest ou un pêcheur solitaire taquinait le poisson, peut-être la perchaude, le doré, le brochet ou encore l’achigan, avec, en arrière-plan, le vieux silo #5. Plus haut, des nuages un brin inquiétants sont passé sans toutefois ne rien laisser échapper.

Appareil utilisé: Canon Rebel XT. 




Le saviez-vous? Contrairement à ce que l’on serait porté à croire l’eau du fleuve est beaucoup moins polluée qu’avant et elle aussi bien oxygénée, de sorte que l’on peut manger sans problème tout poisson que l’on parvient à attraper. Bon appétit!

mardi 5 octobre 2010

hederae

Muret de pierre couvert de vignes dans la section des vivaces qui longe le boulevard Pie-IX, au Jardin Botanique. C'est une partie que je trouve très intéressante mais dont je ne suis pas certain de la date de construction. Peut-être entre 1936-39 en même temps que les jardins d'accueil? Possible, quoique je penche davantage pour une époque plus proche de celle où l'on a érigé le restaurant, soit la période d'après-guerre.



Le saviez-vous? La construction des premiers éléments du Jardin botanique a débuté en mai 1936 alors que l’on a fait appel à près de 2,000 chômeurs durement frappés par la crise économique. Un programme d’aide du gouvernement du Québec a permis de les embaucher.

dimanche 3 octobre 2010

O'Keefe en 1948

Cette publicité de la brasserie O'Keefe nous ramène en 1948. C'était bien entendu bien avant sa fusion avec Molson, chose que personne n'aurait probablement imaginé à l'époque. Il se trouve quelques éléments intéressants dans cette annonce alors regardons-y de plus près.

Tout d'abord, il y a l'absence totale de placement de produit O’Keefe et le seul breuvage dans l'illustration est la tasse que tient le mécanicien de locomotive (on s'imaginerait du café mais il se trouvait beaucoup de mécanos qui préféraient le thé). La locomotive en est une à vapeur, bien entendu. C'est durant les années 50 que les locomotives diésel-électriques vont parvenir à s'imposer. Dans cette publicité O'Keefe ne mousse pas exactement son produit mais fait plutôt l'éloge des auxiliaires du transport, une façon plutôt originale de flatter une part de sa clientèle dans le sens du poil.

L'autre élément intéressant est l'illustration elle-même. Comme on l'a vu dans d'autres articles, les publicités étaient à l'époque largement illustrées par des graphistes très talentueux, parfois connus et parfois parfaitement inconnus. Dans ce cas-ci O'Keefe a fait appel à l'artiste Rex Woods, celui qui est considéré par plusieurs comme étant le Normand Rockwell canadien. Si Rockwell concevait les pages couvertures du Saturday Evening Post, Woods l'était pour les couvertures du MacLean's, en plus de faire du travail commercial, comme pour la dame des cigarettes Export-A. En ce qui concerne l'illustration ci-dessus, Woods a été absolument impeccable dans son exécution et tout y est représenté avec exactitude.
Rex Woods, date inconnue.


En octobre 1948, mois de parution de cette publicité, les gens du Québec découvrent en librairie une oeuvre de Roger Lemelin qui va laisser sa trace dans l'histoire littéraire du Québec: la famille Plouffe. 




Le saviez-vous? Woods est aussi celui qui a peint la fameuse femme qui arbore les paquets de cigarettes fabriquées par MacDonald Tobacco.

samedi 2 octobre 2010

automnus

J'ai toujours trouvé intéressant de voir la variété de sculptures ornant les différentes pierres tombales des cimetières que je visite de temps à autres. Celle-ci se trouve au cimetière Notre-Dame-des-Neiges. Il s’agit d’une tradition séculaire qui remonte à loin dans le temps où les gens désiraient quitter ce monde entourés de statues, bijoux, meubles et parfois même de la nourriture. Il est quand même intéressant de noter que la représentation classique de l'ange, comme ici par exemple, avec sa longue robe et ses ailes ne se retrouve nulle part dans la Bible. La compréhension chrétienne des anges a été largement héritée de celle du judaïsme qui, à son tour, est probablement parvenue en partie des Égyptiens. Ce n’est qu’au 4è siècle que l’on a débattu et conceptualisé sur la nature des anges.

Caméra utilisée: Canon rebel XT.




Le saviez-vous? Un sondage réalisé en 2008 auprès de 1000 canadiens a révélé que 67% d’entre eux croient aux anges.

Captain Scarlet

Captain Scarlet est une émission « Supermarionation » conçue par Gerry et Sylvia Anderson et qui s'inscrivait dans la même lignée que leurs émissions précédentes soit Les Sentinelles de l'air (Thunderbirds), L'escadrille sous-marine (Stingray), Fusée XL-5 (Fireball XL-5) et Supercar. Ici par contre il se trouvait une différence d'avec les séries précédentes à l'effet que le thème et les scénarios étaient résolument plus sombres et visant un auditoire un peu plus âgé. 
La série a été diffusée de septembre 1967 à mai 1968, période durant laquelle trente-deux épisodes au total ont été produits. Dans cette série la Terre est aux prises avec une race extra-terrestre appelée Mystérons et qui possèdent une base sur Mars. Ceux-ci peuvent, avec leur technologie, dupliquer n’importe quel être vivant une fois qu’il est mort. De leur base sur Mars ils sont bien décidés à en finir avec les terriens.

C’est ainsi que Spectrum voit le jour. Il s’agit ni plus ni moins que d’une agence internationale créée spécifiquement dans le but de combattre les Mystérons avec tous les moyens du bord et les Mystérons en font tout autant. Ils mènent alors une véritable guerre de nerfs avec la Terre. Un des officiers de Spectrum, un certain Captain Scarlet, de son vrai nom Paul Metcalfe, est tué dans un accident de voiture et remplacé illico par une réplique parfaite conçue par les Mysterons mais celui-ci échappe à leur contrôle. Étant invincible, il «reprend» en quelque sorte son identité de Paul Metcalfe et entreprend alors de véritables missions suicidaires pour le compte de Spectrum contre les Mystérons.



Mais Captain Scarlet n'était pas seul car il se trouve des agents de Spectrum pour l'épauler, quoiqu'en ne prenant pas de risques aussi suicidaires. Il y avait Captain Blue, Lieutenant Green, Captain Ochre, Captain Magenta, Captain Grey et d'autres. Tous les agents portent des noms de couleurs étant donné qu'ils travaillent tous pour Spectrum. Une autre particularité intéressante était justement la base de Spectrum appelée Cloudbase, que voici. 


Cette base était une sorte de porte-avion volant qui, comme on peut le voir, se trouvait à une très haute altitude. Mais Cloudbase n'était pas sans défense car il se trouvait à bord un groupe de cinq pilotes d'élite exclusivement féminines appelées Angels, chacune de nationalité différente à l'exception de deux. Destiny était Française, Symphony était Américaine tout comme Melody, Rhapsody était Britannique alors que Harmony était Japonaise. Elles pilotaient des avions-intercepteurs aux lignes très futuristes et croyez-moi, elles savaient piloter ces engins. 


La série ne prenait pas ses distances d'avec les précédentes qu'au niveau du thème mais aussi des marionnettes plus élaborées et aux apparences plus réalistes. Les autres séries présentaient des personnages aux têtes surdimensionnées que Gerry Anderson n'aimait pas mais alors là pas du tout. Avec Captain Scarlet il voulait des marionnettes aux dimensions biologiques plus réalistes. Mais voilà, le nom «Supermarionation» que l'on voyait apparaître était un procédé où les lèvres des marionnettes étaient synchronisées avec les dialogues, transmis par un des fils qui les supportaient, et relayées dans un solénoïde situé dans les têtes. Voici de quoi le mécanisme avait l'air:


Le problème se situait là. Si on voulait avoir des personnages aux dimensions proportionnées il fallait soit avoir des marionnettes plus grosses ce qui impliquait des dépenses beaucoup plus élevées en termes de production car tout devrait âtre construit pour accommoder les grosses marionnettes. On a donc opté pour changer l'emplacement des solénoïdes. Au lieu d'être positionnées dans les têtes elles se trouveraient plutôt dans les torses. C'est ce qui a permis d'obtenir des marionnettes proportionnées comme Gerry Anderson le voulait. voici d'ailleurs leur taille réelle. 

L’équipe de production a aussi mis le paquet tant à la création des nombreux véhicules que des décors. D’ailleurs ces derniers ont fait l’objet d’une attention particulière puisque l’on a abondamment puisé dans le style pop-art mais aussi le mid-century modern, que j’affectionne d’ailleurs particulièrement. L’œil averti peut y reconnaître certains designs comme les chaises inspirées de Preben and Jorgen Kastholm & Fabricius ou encore Eames.







Cette émission était diffusée, en reprise évidemment, à Radio-Canada. La semaine vers l’heure du souper mais aussi en anglais les samedis matin. Exactement comme avec Supercar, Fusée XL-5, Stingray ou Thunderbirds, tous les éléments dans Captain Scarlet semblaient se conjuguer à la perfection afin de faire tripper solide les gamins de mon âge. Même le générique de la fin nous gardait bien en place.


Au lieu de ne mettre stupidement que du texte, Century 21 a commissionné un artiste très talentueux du nom de Ron Embleton afin qu’il dessine dix tableaux évoquant les dangers auxquels fait face Captain Scarlet. Pour une raison inconnue, on a perdu la trace des illustrations originales d’Embleton et ce n’est que plusieurs années plus tard qu’on les a retrouvées tout à fait par hasard dans un coffre-fort. Voici donc ces dix illustrations telles qu’elles apparaissent dans le générique de la fin. On voit Captain Scarlet qui semble périr dans chacune d'elles mais rien n'y fait, il est invincible et revient toujours aussi fort qu'avant. 

 










Je me suis toujours demandé à l’époque pourquoi on ne trouvait jamais de figurine Captain Scarlet semblable à G.I. Joe et chaque fois que l’on entrait dans un magasin j’espérais toujours, comme par magie, en apercevoir une. Par contre la fameuse compagnie britannique de voitures en métal moulé Dinky, a obtenu le contrat à l'époque pour fabriquer des répliques des véhicules vus dans l'émission. Aujourd'hui ces véhicules vont chercher de très bons prix surtout s'ils sont en condition neuve avec leurs boîtes. 



Les droits de Captain Scarlet, ainsi que d’autres franchises de Gerry et Sylvia Anderson comme Cosmos 1999, ont subséquemment été acquis par la compagnie Carlton qui a décidé, dans les années 90, d’y aller avec la commercialisation de certains produits issus des séries TV dont Captain Scarlet. Cette fois, je n'ai pas loupé l'occasion. 



À cet effet, mon salon est bien surveillé par Captain Scarlet et ce dernier garde l’œil ouvert (et même les deux) afin de s'assurer que les Mystérons ne viennent pas faire du trouble. Ah, mais si, parce que dans les méandres de ce même salon rôde l'infâme... Captain Black! Et avec lui, on peut s'attendre à tout!




Le saviez-vous? La série Captain Scarlet se déroule quelques années après les évènements de Stingray et certains vétérans de Spectrum sont des anciens de WASP. Bien qu’elle se trouve dans les documents de production, cette information n’a jamais parue dans aucune des deux émissions.