samedi 13 novembre 2010

Livret de recette Heinz

Heinz est une marque de commerce, bien entendu, mais c'est aussi le nom de la compagnie qui existe depuis 1869 et qui fut fondée par Henry John Heinz à Sharpsburgh en Pensylvannie. Ce n'est toutefois qu'en 1909 que la compagnie vint s'établir au Canada dans une ancienne usine de tabac à Leamington en Ontario.

C'est lors d'une petite visite dans une brocante  que je me suis laissé tenté par un vieux livre de recette de cette compagnie. Etant graphiste de formation c'est toujours agréable de regarder ces vieilles publications réalisées à une époque où Photoshop n'existait pas. Ce qui est tout de même particulier avec ce livre c'est qu'en dépit de sa date de parution, soit 1938, il est pratiquement comme neuf. Hormis quelques photographies, l'essentiel de ce livret a été illustré à la main. Les pages centrales nous offrent un apperçu des 57 produits fabriqués par Heinz, d'où la présence, notamment sur les bouteilles de ketchup, du chiffre 57. 
 
 
1938 c’est l’année où Gratien Gélinas amorce les représentations théâtrales de ses Fridolinades. Ça se passe au Monument national de Montréal. Un peu plus tard en juin on inaugure le parc de l’île Ste-Hélène où quantité de gens vont pouvoir aller se relaxer un peu. Personne ne s’imagine alors que ce même endroit deviendra, vingt-neuf ans plus tard, une partie importante d’une des plus grandes expositions internationales du 20è siècle. De plus triste mémoire 1938 est aussi marqué par l’incendie du collège Sacré-Cœur de St-Hyacinthe, lequel fait 38 morts dont une majorité d’enfants.




Le saviez-vous? Heinz est une marque de commerce, bien entendu, mais c'est aussi le nom de la compagnie qui existe depuis 1869 et qui fut fondée par Henry John Heinz à Sharpsburgh en Pennsylvanie. Ce n'est toutefois qu'en 1909 que la compagnie vint s'établir au Canada dans une ancienne usine de tabac à Leamington en Ontario.

columellae

Le pont ferroviaire qui enjambe le canal Lachine près du pont Wellington et qu'empruntent les trains de Via à tous les jours était autrefois équipé d'un impressionnant mécanisme qui levait carrément le pont dans les airs pour faire passer les navires. La fermeture du canal Lachine en 1970 a changé tout ça. Considéré parfaitement obsolète, le mécanisme a tout simplement été enlevé et le pont est alors devenu fixe. Ces poutrelles d'acier sont des vestiges de l’ancien mécanisme en question.

Appareil utilisé: Canon Rebel XT.





Le saviez-vous? Véritable moteur économique du sud-ouest de Montréal, la fermeture du canal Lachine a directement causé la perte de plus de 20,000 emplois bien rémunérés. 

mercredi 10 novembre 2010

Melchers en 1955


Voici une pub de whisky qui nous ramène en 1955. Melchers est une distillerie dont les bureaux administratifs se trouvaient à Montréal sur le chemin de la Côte de Liesse mais l'usine de fabrication était située quant à elle à Berthierville. Victor Marchand était député du comté de Jacques-Cartier pour le Parti Libéral, d’où les lettres M.L.C. (Member of Legislative Council). Mais bien avant son élection en 1925 il a été secrétaire de la compagnie Melchers Gin & Spirits Distillery de 1914 à 1928, président en 1928 et finalement président du conseil d'administration en 1949, ce qui montre que son association avec la distillerie en a été une relativement longue.
Quant à la publicité elle s'inscrit dans le courant classique de l'époque, à savoir une illustration dans la partie supérieure ainsi qu’une description du produit dans la partie inférieure. L’illustration représentant des gens en apparence très distingués est ici amusante puisque les trois protagonistes, qui semblent très jeunes, ont été bizarrement vieillis (surtout celui à droite avec ses tempes grises mais avec une peau juvénile). La distillerie Melchers, fondée en 1837, existe toujours au moment d’écrire ceci.

La publicité, donc, est parue en novembre 1955 alors que retient notre attention à ce moment? Mentionnons le premier ministre du Québec Maurice Duplessis qui refuse catégoriquement un plan fédéral prévoyant un programme d’assurance-santé pan-canadien. À Lévis c’est la catastrophe aux chantiers maritimes de Lauzon puisqu’un incendie majeur a tout détruit les installations. À Nicolet c’est la cathédrale qui est détruite lors d’un important glissement de terrain dans lequel meurent trois personnes. 

Quant à la publicité elle s'inscrit dans le courant classique de l'époque, à savoir une description très flatteuse du produit et une illustration représentant des gens distingués, quoiqu'ici ladite représentation (à la gouache) frôle quelque peu la caricature puisque les trois protagonistes, qui semblent très jeunes, ont été bizarrement vieillis (surtout celui à droite avec ses tempes grises mais avec une apparence juvénile). 




Le saviez-vous? Il existe à Nicolet une rue appelée «12 novembre», laquelle commémore la date où eu lieu le glissement de terrain. La cathédrale que l’on peut voir aujourd’hui est celle qui fut inaugurée en 1963. 

dimanche 7 novembre 2010

Le dernier crampon

Nous sommes le dimanche 7 novembre 1885. Au travers les forêts de la Colombie-Britannique s'élève un nuage de fumée. Ce n'est pas un incendie mais bien une locomotive qui avance poussivement vers un petit coin perdu du nom de Craigellachie. A bord du train se trouve William Van Horne, corpulent personnage plus grand que nature et directeur-général du Canadien Pacifique. Van Horne est un bon vivant qui aime bien fumer des cigares, prendre un bon verre et manger comme un ogre mais ce matin-là il est quelque peu bougon et on se demande bien pourquoi, après tout, si l'on se rend à cet endroit précis de la ligne c'est pour y célébrer la pose du dernier crampon!

Bon, attendez. Vous vous demandez sûrement c'est quoi ce truc de dernier crampon. Eh bien voilà, quand on termine une ligne de chemin de fer on célèbre l'évènement en faisant une cérémonie autour de l'endroit où l'on enfonce le dernier crampon. Un crampon est un genre de gros clou qui sert à fixer un bout de rail au montant de bois situé en dessous.

La pose du dernier crampon est généralement quelque chose de grandiose prétexte à une grande célébration. Aux États-Unis par exemple, quand le chemin de fer transcontinental américain s'est terminé le 10 mai 1869 on avait fait confectionner un crampon par un bijoutier et les cloches d'églises partout aux Etats-Unis se sont mises à sonner lorsque l'annonce fut faite par télégramme et les gens ont fêté et dansé dans la rue.

Mais Van Horne est un type qui n'aime pas les cérémonies, fastidieuses ou pas. A bord du train il fume son cigare tout en regardant par la fenêtre de la voiture. Le train s'arrête afin de faire le plein de charbon et d'eau et les passagers en profitent évidemment pour se dégourdir un peu. Van Horne se fait alors apostropher par un reporter avide de renseignements. Van Horne perçoit ce type comme un moustique et prend une grande inspiration avant de lui répondre que ce voyage n'a rien à voir avec l'inauguration de la ligne, qu'il ne s'agit que d'une banale inspection avant l'hiver. Il ajoute qu'il ne sait pas qui enfoncera le dernier crampon, Tom Mullarky ou Joe Tubby, possiblement et la seule cérémonie qu'il prévoit est de maudire le contremaître pour ne pas enfoncer ce foutu crampon plus vite. Il n'y aura pas de célébration ni de fli-fli ou de fla-fla. Point à la ligne. Le reporter reste là, complètement béat et tente de scribouiller dans son calepin du mieux qu'il peut ce que Van Horne vient de tonner. Et le train repart ensuite pour Craigellachie.

Sur place tout le monde descend et se dirige vers un point précis de la voie. Un photographe s'installe avec tout son attirail afin d'immortaliser l'évènement. Van Horne prend place près de la voie, près de lui s'installe également Sanford Flemming. Puis, apparaît un homme d'apparence frêle avec une barbe blanche et coiffé d'un chapeau haut-de-forme. Dans les mains il tient le genre de marteau dont on se sert pour enfoncer les crampons et c'est cet homme qui enfoncera le dernier. Son nom: Donald Alexander Smith, l'un des fondateurs du Canadien Pacifique et vice-président de la Banque de Montréal.

Smith s'approche, vise le crampon, et rate son coup, pliant le crampon. On en place immédiatement un nouveau et cette fois le coup enfonce le crampon profondément. Survient un silence alors que tous réalisent que c'est fait. C'est terminé. Puis, tous s'exclament bruyamment et se taisent quand Van Horne prend la parole et dit alors que tout le travail, dans tous ses aspects, a été bien fait.

Bien que le dernier crampon ait été posé en cette froide matinée de novembre, le voyage inaugural n'eut lieu que l'année suivante quand un train partit le 28 juin à huit heures du soir de la gare Dalhousie pour joindre Port Moody le 4 juillet suivant.


La photo ci-haut nous montre le moment historique ou Smith, avec sa barbe blanche, enfonce le crampon. A sa droite avec une barbe noire taillée se trouve Van Horne qui semble vouloir dire à Smith de se dépêcher. Entre Van Horne et Smith, un peu derrière, on reconnaît Sanford Flemming, celui qui avait fait les premiers tracés d'un chemin de fer dans l'ouest canadien. A l'opposé de Smith avec sa barbiche noire se trouve James Ross, celui qui fut en charge de la construction dans les Rocheuses. Et, à gauche de la photo, celui tenant une barre de fer et observant attentivement le coup porté par Smith n'est autre que le fameux major A. B. Rogers dont le nom fut donné à un passage dans les Rocheuses: Rogers Pass. Personnage excentrique s'il en fut un.

La gare Dalhousie existe toujours dans le Vieux-Montréal et abrite aujourd'hui le cirque Eloize. Aux côté du bâtiment on peut y voir une installation de voies ferrées ainsi qu'une plaque commémorant le voyage inaugural de 1886, rappelant la vocation ferroviaire de l'endroit.

Quant à l'endroit où l'on a posé le dernier crampon à Craigellachie, il s'agit d'une destination touristique le long de l'autoroute transcanadienne et on peut y admirer un monument rappelant l'importance de l'évènement qui se déroulait il y a très exactement 125 ans aujourd'hui. 


Ce qu'il y a d'extraordinaire dans toute cette histoire c'est que la réalisation de ce chemin de fer avait maintes fois été considérée comme impossible. En 1875 le premier ministre Alexander Mackenzie avait dit que même avait tout l'argent et les travailleurs du pays une ligne intercontinentale ne pourrait jamais être construite en dix ans. Faut dire aussi qu'a l'époque la construction d'un chemin de fer a mari usque ad mari était vu comme quelque chose qui ne verrait jamais le jour. Et les difficultés d'alors étaient titanesques; les montagnes rocheuses n'étaient que très peu cartographiées et des hommes devaient affronter les rigueurs du climat afin de découvrir et étudier le terrain dans des conditions de misère. Il y avait des éboulis, des ravins profonds et de la roche si dure que même la dynamite n'en venait pas à bout. Et pendant que Van Horne poussait la construction le président de la compagnie, George Stephen, parvenait à trouver de l'argent là où il n'y en avait pas alors que Thomas Shaughnessy tenait les créanciers à distance tout en payant des fournisseurs presqu'à crédit. Mais voilà qu'en ce matin de novembre 1885 l'Histoire venait d'être écrite et l'impossible avait été accompli.





Le saviez-vous? Le premier président du Canadien Pacifique né au Canada fut Edward Beatty qui occupa ce poste de 1918 à 1943. Il fut précédé de Thomas Shaugnnessy, William Van Horne et George Stephen.

dimanche 31 octobre 2010

ad quietem locus

Le 31 octobre c'est l'Halloween, fête parfaitement païenne s’il en est une. Une fête que n’aimait pas l’Église mais alors là pas du tout. Tous ces trucs de squelettes, sorcières et fantômes ça ne faisait pas, comme dire, très catholique. Le mot Halloween quant à lui est dérivé de «All Hallows Eve», la veillée de tous les saints ou si vous préférez, la Toussaint, fête religieuse dont l'origine remonterait au 5è siècle quoique dans ce temps-là elle était célébrée le dimanche après la Pentecôte.

Certains spécialistes considèrent que cette fête, où l’on honore la mémoire des morts et des saints (hallows) serait une «christianisation» du festival de la récolte Celte ayant possiblement des racines païennes. D’autres croient que les deux fêtes ont évolué de façon indépendante.

Appareil utilisé: Canon Powershot A60. 





Le saviez-vous? Il existe des compétitions où se mesurent les plus grosses citrouilles, certaines pouvant peser plus de 450 kilos. En 2010 le record était de 820 kilos. Ouf! De quoi faire toute une tarte!

Petit spécial de l'Halloween

Vous vous souvenez sûrement de ce jour, où, en creusant à la Pointe-à-Callières, on a retrouvé les vestiges du premier cimetière de Montréal, qui portait alors le nom de Ville-Marie. C'était là un tout petit cimetière de rien du tout, et pour cause puisque la population n'était pas très nombreuse à cette époque. Mais elle l'est devenue avec les années alors que Montréal s’est développée. Ce faisant, on a donc dû aménager des cimetières afin d’accommoder ladite population qui passait de vie à trépas. 
Prenons par exemple l'église Notre-Dame, dans le Vieux-Montréal. Cette dernière, qui attire bon an mal an un bon nombre de visiteurs par année, n’est pas la première église de ce nom situé à cet endroit. Il s’agit en fait de la deuxième qui était non seulement plus petite, mais dont l’emplacement était différent. C’est comme cela qu’entre 2004 et 2006 on a découvert un certain nombre de squelettes directement sous le parvis de la basilique Notre-Dame, ce même parvis foulé par quantité de visiteurs chaque jour.  


(Crédit photo: La Presse) 
Ce cimetière, vraisemblablement ouvert en 1683, a été élargi en 1734, démontrant d'ores et déjà le besoin grandissant d'espace. En 1795, l’on a décidé de ne plus inhumer les corps dans le cimetière et cela, pour des raisons de santé publique. Il a donc fallu trouver un autre terrain, plus grand celui-là et aussi à l'extérieur des limites de la ville. Et ce terrain, on l’a trouvé dans le Faubourg St-Antoine. Et voilà, s’est alors dit la Fabrique de l'église Notre-Dame, une bonne affaire de faite. 
Le problème, c’est que la Fabrique a malheureusement sous-estimé la rapidité à laquelle Montréal se développait et s'agrandissait à travers les nombreux faubourgs et bientôt le cimetière s’est retrouvé très coincé au milieu de plein d'habitations. On prétendra que les occupants du cimetière ne sont pas des voisins bien bruyants mais bons, ce n'est pas tout le monde qui veut avoir un cimetière dans sa cour arrière. Encore une fois, la Fabrique de l'église Notre-Dame a donc dû trouver un nouvel espace encore plus grand. Autre temps mêmes problèmes, dira-t-on.


La solution arrive sous la forme d’un don, celui du docteur Pierre Beaubien qui possède d’immenses terres sur la montagne. Et v’là ti-pas qu’on aménage le nouveau cimetière en 1854, celui que l’on connaît aujourd’hui sous le nom de cimetière Notre-Dame-des-Neiges.
Quant au cimetière St-Antoine on songe à le vider, lotir le terrain et vendre les lots afin qu'ils puissent être développés. Mais on ne peut évidemment pas construire comme ça directement par-dessus un cimetière, ça n’a pas de sens. Alors on entreprend alors de le déménager. Et faut comprendre ici que lorsque l’on parle de déménager un cimetière ça veut dire que l'on ne s’occupe pas seulement des pierres tombales mais aussi ce qui se trouve en-dessous. Autrement dit, on sort les cercueils de terre, on les transporte dans la montagne où on les remet en terre.
Minute moumoutte, dit le docteur Phillip Carpenter qui dirige la Sanitary Association. Parmi les gens enterrés, fait-il remarquer, y’en a tout plein qui sont morts des suites du choléra. Et s'il se trouvait quelque chose que le docteur et son association craignaient comme la peste c'était une épidémie de choléra accessoirement déclenchée par l'exhumation de gens qui en étaient décédés. On arrête donc le sinistre déménagement et le cimetière est alors transformé en parc public, que l'on connaît aujourd'hui sous le nom de square Dominion. C’est celui-là tout juste à côté de la cathédrale Marie-reine-du-Monde où trône d’ailleurs la statue de Macdonald. Donc, si vous travaillez dans le secteur et qu'il vous arrive d'y aller pour luncher sur l'heure du dîner alors sachez que vous lunchez essentiellement dans un cimetière puisqu'il y a encore plein de gens font dodo pas trop loin sous vos pieds.
Vous connaissez le parc des Vétérans? C'est un charmant petit parc situé sur la rue Papineau près de l'entrée du pont Jacques-Cartier et bordé par la rue Lafontaine. Eh bien il s'agit encore ici non pas de un mais de deux cimetières protestants, l'un civil et l'autre militaire qui ont utilisés entre 1816 et 1869. Il s’agit d’un autre cimetière que l’on a déménagé partiellement, cette fois au cimetière de Pointe-Claire. Mais ici comme au square Dominion le déménagement n’a été que partiel et un inventaire archéologique tout récent a permis de découvrir une quantité appréciable de restes humains sous le parc. D'ailleurs, l'un de ces occupants ne serait autre que le patriote Charles Hindelang qui a été pendu en 1839 à la prison du Pied-du-Courant. On ne peut savoir à quel endroit cependant. 

Il s'en trouve d'autres aussi, forcément. Montréal n'ayant pas toujours la vile que l'on connaît. Bien avant, il s'y trouvait de nombreux petits villages agricoles, et quand les gens décédaient, ils étaient généralement enterrés dans leur localité. Avec les annexions, et l'agrandissement urbain, on a fini par en oublier et parfois, ce sont des travaux de voirie ou de construction qui mettent au jour un ancien cimetière. C'est le cas de celui qui se trouvait là où se trouve aujourd'hui le complexe Guy-Favreau. Et n'oublions pas que c'est aussi de cette façon que l'on a remis au jour, durant la construction du pont Victoria, les restes des victimes Irlandaises du typhus. 



Le saviez-vous? En 1847 un chirurgien a réalisé une amputation tellement rapidement qu’il a aussi accidentellement amputé les doigts de son assistant. Les deux sont subséquemment morts du sepsis et une personne qui assistait à l’opération est morte du choc que cela lui a causé. Ce faisant, il s’agit de la seule procédure chirurgicale dont le taux de mortalité a été de 300%.

samedi 30 octobre 2010

Spécial Halloween: Le jeu Haunted Mansion

Aussi loin que je puisse me rappeler j'ai toujours eu un gros faible pour l'Halloween ainsi que les maisons hantées. Les trucs phosphorescents dans le noir, les maisons hantées de parcs d'attractions, le Moulin de la sorcière à La Ronde, les effets sonores sur disques, Frankenstein, les chauves-souris à suspendre en caoutchouc, les squelettes... Dans mon entourage on se désolait parfaitement de voir ma fascination pour ces trucs d'épouvante. Moi, je trouvais tout cela bien rigolo et ça m’amusait sans bon sens. Heureusement il ne manquait pas de matériel en ce sens destiné aux enfants. Et justement, parmi ces petites merveilles que j'ai conservés avec le temps se trouve le jeu de la maison hantée de Disney fabriqué par Lakeside et basé sur le manège à Disney World. Pour les besoins de cet article je l'ai donc ressorti afin de le photographier dans tous ces détails et ce faisant, pleins de merveilleux souvenirs me sont revenus en mémoire dont ce Noël de 1975 où je l'avais reçu en cadeau des mains de ma mère. C'est un jeu qui s'est vendu comme des petits pains chauds à l'époque et qui aujourd'hui est activement recherché tant par les collectionneurs que les nostalgiques. 

Voici de quoi la boîte avait l'air. Nom du jeu en vert-zombie, fantômes, chauves-souris, arbres squelettiques, manoir peu rassurant et enfants qui s'en donnent à cœur joie. Que voulez-vous de plus? 


Voici une vue d'ensemble du plateau de jeu, que j'ai photographié à la sauce fantomatique. Chaque joueur possédait un pion, essentiellement une pièce de plastique représentant un des fameux «Doombuggies», ces chariots dans lesquels les gens embarquent pour se ballader dans le Haunted Mansion de Disney. sur la photo on peut en voir justement un jaune. 

Le but du jeu était d'entrer par la porte de gauche et être le premier à sortir par celle de droite. Entre les deux, mille et un dangers et surprises. Ainsi, au lieu d'un plateau conventionnel, le jeu se déroule sur une boîte sur laquelle figure un parcours incertain et résolument mystérieux. Et, contrairement aux autres jeux où l'on fait généralement le tour du plateau en repassant toujours au même endroit (comme Monopoly) celui du Haunted Mansion est ponctué d'engrenages sur lesquels on doit passer. Ces engrenages que l'on doit faire tourner selon le hasard des dés et du jeu, font que le chemin peut changer subitement et nous envoyer là où l'on veut ou bien dans de bien sinistres endroits.


Voici d'ailleurs un gros plan de quelques uns de ces engrenages. Comme on peut le voir, tomber sur une dalle d'extrémité qui sont inscrites du mot «Spin» signifie que l'on doit faire tourner l'engrenage selon les instructions. Arriver au milieu nous envoie à la Crypte, où l'on perd un tour (en plus de se retrouver à l'autre bout du plateau de jeu). 


Ah, voici un autre endroit où il ne fallait pas se retrouver; le fameux donjon. Heureusement ces deux fantômes semblent bien amusants. Comme on le voit ici tout comme sur la vue d'ensemble, il se trouve aussi un panneau vertical qui sert non seulement à créer une ambiance avec plein d'illustrations mais aussi à une autre fonction que je vais vous expliquer plus loin. 

Une des illustrations qui orne le panneau vertical est la fameuse mariée, un des personnages les plus énigmatiques du manoir mais qui n'a ici aucun rôle dans le jeu. Elle est représentée ici tel que dans le manège, soit au grenier. De son vrai nom Constance Hatchaway, elle tient une chandelle dans une main et un bouquet dans l'autre. Son époux serait le fameux «Hatbox Ghost». 

La pince en plastique noir que l'on voit à gauche sert à faire tenir un des personnages en carton tirés du manège ainsi qu'à servir de prise pour faire tourner les engrenages. On peut voir aussi une autre des surprises sur lesquels les joueurs peuvent arriver. La barrière fermée nous empêche de passer et nous force à faire demi-tour. 

Le «Ghoul's Graveyard» est un autre de ces endroits où l'on perd automatiquement un tour. C'est donc tout à son avantage de ne pas arriver dessus. Encore ici il s'agit d'un endroit que vous allez retrouver sur le site de Disney près de la maison, soit le fameux cimetière qui n'en est pas un vrai, évidemment. 

Vous voulez perdre un autre tour? Alors arrivez à cet endroit. Le «Ghost Host Vestibule» est un endroit bien réel du Haunted Mansion de Disney et le Ghost Host est cette voix qui vous parle dès l'entrée ainsi que tout au long du parcours et c'est le comédien Paul Frees qui lui prête sa voix. Dans la fameuse pièce qui s'étire vers le haut, on peut apercevoir le «Ghost Host» en question, lequel s'est malheureusement enlevé la vie. On peut voir aussi deux bustes qui, dans le manège, font partie d'un quintet qui comprend Rollo Rumkin, Uncle Theodore, Cousin Algernon, Ned Nub et Phineas P. Pock. Ces derniers chantent allègrement «Grim Grinning Ghosts» pour votre bon plaisir. 

Arriver dans la pièce de Madame Leota vous donne droit à un tour extra. Madame Leota est un personnage qui vous attend dans le manège. Sa tête flotte dans une sorte de boule de crystal et elle est, ironiquement, l'esprit d'une médium. Située sur une table au milieu d'une pièce, Madame Leota y va de toutes sortes d'incantations pour faire se manifester d'autres esprits. Son visage est celui de Leota Toombs (d'où le nom) et sa voix est celle d'Eleonor Audley. Voici la vraie Madame Leota:


Lorsque je parlais plus haut de personnages en carton à faire tenir sur les pinces, eh bien en voilà un, le «Caretaker» ou encore le «Groundskeeper». Ce personnage, aussi tiré du manège, est ce pauvre diable qui, accompagné de son chien tout aussi trouillard, doit veiller au bon entretien du cimetière adjacent au manoir. Je l'ai photographié ici avec un effet «dramatique» afin de mieux constater tout l'effroi qui saisi le bougre et son cabot. Le voici tel qu'il apparaît sur les lieux:

Ici, l'effroi est encore plus palpable. Qu'est-ce que le personnage vient tout juste de voir? Un fantôme se balader d'entre les pierres tombales? Mais pourquoi tient-il cette pelle? Se pourrait-il qu'il soit en réalité un pilleur de tombe qui vient de se faire surprendre par un fantôme vexé de voir quelqu'un s'en prendre à ses dernières possessions mortelles? sur le disque de Disney «Chilling, Thrilling Sounds of the Haunted House», la face A contient une séquence où, justement, un pilleur de tombe se fait prendre la main dans le cercueil par... quelque chose, et il s'enfuit à toutes jambes. 

Voici les fameux «Hitchhiking Ghosts», enfin, deux des trois car ils sont toujours tous les trois ensembles. Ici l'on peut voir Ezra le squelette ainsi que Gus le prisonnier. Avec Phineas le voyageur, ces trois compères apparaissent durant le trajet dans le Haunted Mansion et cherchent évidemment à se faire prendre à bord de votre Doombuggy. La célèbre photographe Annie Leibovitz les a d'ailleurs immortalisés dans une campagne de promotion de Disney. Ils sont respectivement interprétés par Jack Black, Will Ferrell ainsi que Jason Segel. 

Sur le carton du jeu on ne voit que deux fantômes. Le troisième se trouve tout juste à la sortie où, avec son pouce de «pousseux» il vous indique le chemin de la victoire. Dans le jeu, si vous êtes miraculeusement près de la fin, il faut lancer les dés et obtenir un nombre égal à celui d'espace qui vous sépare de la dernière dalle. 

Voilà Phineas en question, tenant toujours sa fidèle valise. La dernière dalle est celle qui se trouve marquée en rouge du mot `«EXIT». Mais attention, tout n'est pas gagné car il se trouve encore un piège à déjouer. Le panneau vertical, comme je le disais plus haut et outre l'effet décoratif, sert d'ancrage au sinistre corbeau. 

Selon que l'on joue de malchance, le corbeau, tenu par un bâton de plastique, peut pivoter vers le bas et bloquer la sortie du jeu et à ce moment aucun joueur ne peut gagner à moins que celui-ci, sous un coup de chance, ne soit renvoyé plus haut. 

Les illustrations sont parfaitement dans le ton et s’apparentent parfaitement avec le livre-disque et autres publications de Disney sur le sujet. Mais y’a aussi quelques ratés. Le plateau de jeu est essentiellement une boîte de carton sur le dessus de laquelle ont été disposés les moyeux de plastique qui servent à faire tourner les engrenages. Malheureusement, avec le temps, le dessus de la boîte avait tendance à s’enfoncer au milieu, rendant le mouvement des engrenages difficiles voire impossible. Ah, mais les instructions sont pourtant claires; lorsque l’on ne se sert pas du jeu faut le ranger à la verticale. Sauf que c’était écrit seulement en anglais et moi, à neuf ans, je ne savais pas alors forcément mon jeu s'est retrouvé avec le milieu quelque peu renfoncé. Voici d'ailleurs à quoi ressemblait le jeu une fois qu'il était entièrement assemblé grâce à une modélisation en 3D: 




Le saviez-vous? Selon certaines sources il semble qu'au fil des ans que plusieurs personnes fortement passionnées du manège auraient formulé le dernier souhait d'avoir leurs cendres dispersées dans le Haunted Mansion de Disney World, ce qui aurait obligé Disney à avoir un aspirateur spécial HEPA sur les lieux. Les fantômes du Mansion seraient-ils vrais?

mardi 26 octobre 2010

semitae

J'ai beau être allé des dizaines de fois au cimetière Notre-Dame-des-Neiges, à chaque fois que je m'y rends je m'arrange toujours pour y faire deux choses; me perdre et découvrir des parties que je n’ai jamais vues. Cela s’explique par le fait que les dédales y sont nombreux et que je suis aussi un brin curieux. Mais ne croyez pas que je me plains, bien au contraire! Cela me donne l’occasion de faire de belles découvertes.

Cette journée-là non seulement je me suis encore égaré, à mon grand bonheur, mais je me suis aussi fait surprendre par la pluie, qui n’était d’ailleurs pas au programme météo. Je me suis abrité dans l'entrée d'un très vieux mausolée en attendant que ça passe et en ai profité, sitôt après, pour prendre quelques clichés, dont celui d'aujourd'hui.

Appareil utilisé: Canon Rebel XT.




Le saviez-vous? Dans la religion chrétienne la mort est définie comme étant un sommeil. Or, le mot cimetière provient du latin coemeterium, lui-même issu du mot grec koimêtêrion (κοιμητήριον) lequel veut dire : lieu pour dormir.