jeudi 23 décembre 2010

En ce noël 1955 n'oubliez pas le Tuck Tape!

En ce vendredi 23 décembre 1955 on ne parle que de cet épouvantable incendie qui s'est déclaré à l'angle des rues Ste-Catherine et Bleury la veille. Le feu est si intense que plus de 225 pompiers provenant de plus de 25 casernes sont dépêchés sur les lieux. Un pompier est grièvement blessé en tombant d'un troisième étage et d'autres subissent diverses blessures pour lesquelles ils reçoivent tous les premiers soins sur place. Outre les pompiers il n’y a heureusement eu aucun blessé. Par précaution on a tout de même évacué la centaine de spectateurs qui se trouvaient au théâtre Alouette situé non loin de là.

En raison du sinistre qui a fait rage la Société de Transport cesse le service de tramways sur Ste-Catherine entre De Lorimier et Atwater ainsi que sur la rue Bleury entre les rues Ontario et Craig (actuelle rue St-Antoine). On dépêche rapidement des autobus afin d'assurer la relève non sans faire quelques détours ici et là. Aux petites heures du matin le service habituel de tramway avait repris.  

Partout ailleurs on se prépare pour les festivités du réveillon. Quelques retardataires espèrent trouver un cadeau de dernière minute mais dans la plupart des foyers les présents sont tous achetés et soigneusement emballés. Et que seraient les emballages sans le produit-vedette du jour? La marque Tuck Tape, parue dans cette publicité de 1955 était fabriqué par la compagnie Canadian Technical Tape Limited. Où se trouvait cette compagnie? Voyons voir le Lovell de 1955 un peu.

Le 3480 Jeanne-Mance ne devait être qu'un bureau administratif puisque ce secteur de la rue est relativement résidentiel. Quant au 5541 Papineau, l'adresse impaire nous indique un côté est et donne approximativement là où débouche la rue St-Grégoire. Aujourd'hui la marque Tuck Tape est toujours vendue en magasin et il se trouve encore un usine à Montréal au 455 boulevard de la Côte-Vertu et dont on peut visiter le site web ici.





Le saviez-vous? Les premiers rubans adhésifs ont été développés en 1845 par le chirurgien Horace Day. Le concept a été amélioré en 1901 par Oscar Troplowitz avec le Leukoplast pour le compte de la compagnie allemande Beiersdorf AG.

mercredi 22 décembre 2010

Excusez-moi mon brave...



Je me suis bien bidonné à gribouiller cette petite scène amusante où un ours se fait apostropher par un avocat en «droit animalier». J’ai eu un plaisir fou à donner à l'ours une bouille qui lui donne un p'tit air sceptique mais qui semble en même temps considérer la proposition de l’avocat. Il s’agit ici de crayon à mine 2B, tout simplement.




Le saviez-vous? L’ours polaire est le plus grand prédateur terrestre, pouvant mesurer plus de onze pieds (3,3m) et peser jusqu’à 1,700 livres (771kg).

L'objet de ses rêves pour Noël 1954


Durant les années 50 tous les hommes, à très peu d’exceptions, se rasent. Le visage parfaitement glabre est à l’honneur, peut-être mis à part la moustache bien taillée. Dans le temps comme aujourd’hui y’a ceux qui préfèrent le bon vieux rasoir traditionnel accompagné de crème à barbe mais il s’en trouve aussi pour ne jurer que par le barbier du coin. D’autres sont parfaitement contents avec un rasoir électrique et c’est justement ce que propose Phillishave dans cette publicité parue en décembre 1954.

Dans la pub d'aujourd'hui je dois dire chapeau au graphiste/illustrateur qui a si bien rendu l'expression du père qui reçoit et de sa fille qui donne. Le tout étant réalisé de façon très adroite au lavis, mélange d'encre de chine (ou gouache) et d'eau dont les proportions de l'un et l'autre peuvent donner plein de tons de gris différents. Quant à Philips, ses bureaux se trouvaient, en 1954, au 8525 Décarie, un bâtiment qui existe encore mais aujourd’hui rénové et qui n'abrite évidemment plus la célèbre compagnie, laquelle vend encore aujourd'hui des rasoirs électriques. 

Et de quoi parle-t-on en décembre 1954? Ah mais ces dames vont sûrement discuter de la série télévisée Le Survenant alors que les hommes vont inlassablement causer hockey. La politique, tant municipale, provinciale que fédérale ne manquera pas non plus d'alimenter les discussion que l'on devine animées. 




Le saviez-vous? Le plus vieux salon de barbier au monde est Truefitt and Hill, sur la rue St-James à Londres. En effet, on y coupe les cheveux et y rase les barbes depuis 1805.

mardi 21 décembre 2010

Pas de p'tits bonhommes Star Wars pour Noël

Pas tout à fait le printemps de 1977. À Hollywood le cinéaste (parce qu’il a déjà été cinéaste) George Lucas est en train de mettre les touches finales au montage de son dernier opus : Star Wars. C’est un film sur lequel 20th Century Fox a beaucoup misé et si ça plante, Fox va planter aussi parce que la compagnie est sur le bord de la faillite.

Beaucoup de gens dans l'industrie du cinéma sont d’ailleurs parfaitement convaincus que Star Wars va être un flop magistral. La science-fiction au cinoche, ça ne marche pas et ça ne fait pas d’argent. Le sentiment est partagé par le fabricant de jouets Kenner, lequel a réussi à obtenir la part du lion quant à la mise en marché de produits dérivés. Comme le film ne marchera pas les jouets ne se vendront pas et ce sera alors de la pure perte. D’ailleurs, à sa sortie, seule une poignée de salles aux États-Unis, 32 pour être plus précis, projettent le film sur leurs écrans. Le problème est que Star Wars est loin d'avoir été ce feu de paille tant de fois prédit. Au contraire, ce feu est bientôt hors de contrôle et Fox n'en finit plus de faire des copies du film tellement la demande est forte. 


Star Wars devient un succès cinématographique sans précédent. Les cinémas qui décident alors de projeter le film augmentent à un rythme exponentiel et les files d’attentes ne semblent pas vouloir s’atténuer. Les gamins (dont moi) sont évidemment survoltés à l’idée de pouvoir s’amuser avec des jouets à l’effigie des différents personnages mais Kenner, qui s’est pogné le derrière à deux mains, s'est carrément fait prendre les culottes à terre et vient soudainement de réaliser qu’elle était assise sur la plus grosse franchise cinématographique et, par le fait même, des ventes astronomiques.

Arrive l’automne et toujours pas de figurines. Je me souviens avoir arpenté les allées du Miracle Mart et du Woolco dans l’espoir de, mais sans ne jamais apercevoir quoi que ce soit. Même le catalogue Distribution aux Consommateurs de Noël n’avait rien dans ses pages. Faut pas se le cacher, Kenner est dans la marde. 

Pour s'en sortir la compagnie décide d'offrir pour Noël 1977, en catastrophe bien évidemment, le Early Bird Certificate Package, essentiellement une boîte vide tout à fait ordinaire devant servir à y placer des figurines qui n'étaient pas encore sur le marché et que Kenner promettait de rendre disponible bientôt.Pendant ce temps, à l'autre bout du monde, dans une petite usine de Hong Kong, on met la pédale dans le tapis pour produire les figurines.


Le truc s'est vendu comme des p'tits pains chauds. Des dizaines de milliers d'enfants ont trouvé sous l'arbre une enveloppe aux couleurs de Star Wars qui devenait un présentoir assez inutile (puisque les figurines n'étaient pas là) et dans laquelle on retrouvait une carte de membre Star Wars sans grande valeur (dans le temps) et quelques autocollants anémiques. On y retrouvait aussi un coupon à remplir et à mettre dans la boîte aux lettres en retour duquel, plusieurs mois plus tard, les quatre premières figurines arriveraient par le courrier avec des petits bouts de plastique permettant de fixer lesdites figurines sur le présentoir. L’idée, sans être celle du siècle, n’est certainement pas mauvaise puisqu’elle permet de garder au chaud l’intérêt des enfants pour les figurines. Par contre, la déception des enfants, j’vous dis pas. combien d'entre eux ont vidé la boîte en la secouant, espérant y faire sortir ne serait-ce qu'une malheureuse petite figurine. 

Il y a de cela un certain temps on a vu apparaître sur les tablettes des reproductions de ce fameux Early Bird Certificate Package en tout point identique à l'original hormis quelques détails. Star Wars étant devenu ce qu'il est, plusieurs sont devenus nostalgiques. Certains se sont mâchés les doigts de l'avoir jeté et d'autres se sont dit que finalement ce serait cool d'en avoir une copie. On peut facilement le trouver sur Ebay à prix assez raisonnable d'ailleurs. Par contre, les originaux valent une véritable petite fortune. Même les coupons commandent des prix qui ont de quoi surprendre.




Le saviez-vous? Au lieu d’accepter le salaire de $500,000 auquel il avait droit pour réaliser Star Wars, Lucas s’est contenté de $150,000 en échange des droits sur la commercialisation et sur toute suite potentielle au film. Ces deux petites clauses, apparemment inoffensives pour Fox et qu’elle a accepté en gloussant comme un dindon, a fait de Lucas l’un des hommes les plus riches au monde.


Une véritable source de plaisir pour décembre 1954


Décembre 1954. C’est le moment où paraît cette publicité. Pour les gens habitant les campagnes et terres agricoles du Québec la fête de Noël prend toute une tournure lorsque Maurice Duplessis annonce dès le début du mois une subvention de $30 millions de dollars afin d'électrifier les régions rurales. À Montréal les gens observent les premiers pas de Jean Drapeau à la mairie de la ville alors qu'il est élu depuis le 25 octobre sous la bannière de la Ligue d'Action Civique.

Pour la publicité d'aujourd'hui nous avons la bière bien connue Red Cap brassée par Carling dont j'ai parlé dans un autre article le 13 septembre 2010.  Carling utilise ici sa mascotte, Jos Gobelet, laquelle nous affirme une fois de plus que la Red Cap est une véritable source de plaisir, slogan que la compagnie va continuer à réutiliser en 1955.

Ici la publicité ne se perd pas en menus détails. Le graphiste a fignolé ici avec un certain amusement qui se sent bien, des petites illustrations très stylisées pour le temps des fêtes. Pas envahissantes du tout elles complémentent admirablement bien l’ensemble des éléments, bien balancés sur un fond bleu clair qui laisse tout respirer afin de laisser le slogan faire son travail.



Le saviez-vous? Les graphistes de l’époque devaient savoir non seulement conceptualiser et agencer mais aussi illustrer selon les goûts et exigences des clients. La maîtrise des différentes techniques; encre, lavis, gouache, aquarelle, acrylique, était obligatoire.

lundi 20 décembre 2010

RCA Victor pour Noël 1955


Décembre 1955. Au Québec on parle évidemment de cet épouvantable glissement de terrain qui eut lieu le 12 novembre à Nicolet et dans lequel trois personnes perdent la vie. Plusieurs bâtiments sont emportés dont la cathédrale qui est complètement détruite. Partout au Québec les gens sont attristés de cet événement et pour les gens affectés par cette catastrophe Noël sera une période assez difficile. 

Si vous êtes à Montréal, sur la rue Ste-Catherine, vous y voyez une frénésie et une activité commerciale à couper le souffle. Toutes les vitrines sont décorées de couleurs festives avec des rubans, boucles et personnages du temps des Fêtes. Les foules se pressent dans les grands magasins; Simpson’s, Eaton, Morgan's, Dupuis Frères et Ogilvie avec sa fameuse vitrine animée. On magasine beaucoup pour offrir des cadeaux mais aussi de beaux vêtements pour aller chez la parenté, pour la recevoir et bien sûr pour assister à la fameuse Messe de Minuit.

Un cadeau très dispendieux mais incroyablement apprécié est un appareil de télévision. Évidemment ce n’est pas le genre de cadeau que l’on offre à quelqu’un comme ça mais plutôt quelque chose qu’un père offre à toute la famille. Ça peut sembler étrange mais c’était comme ça à cette époque où les hommes étaient les seuls gagne-pain alors que les femmes étaient encore, dans une très large proportion, des mères au foyer.

Les téléviseurs offerts ici par RCA Victor sont bien jolis mais malheureusement pas à la portée de toutes les bourses. Alors que le salaire moyen de 1955 est d'environ $2800 par an, même le téléviseur le moins coûteux à paraître dans cette publicité, à $369, représente un mois et demi de salaire! Plusieurs commerçants offrent toutefois des facilités de paiements mensuels modestes.

La publicité ci-haut a été bien pensée et bien structurée. La couleur verte, évidemment dominante, a été retenue parce qu'elle rappelle le vert du sapin. L'ouverture dans laquelle on voit une famille typique de l'époque a été faite en forme de cadeau avec une boucle en haut. L'ensemble ne souffre pas d'inégalité et fait exactement ce qu'il doit faire: vendre le rêve de posséder un appareil RCA Victor pour 1956.



Le saviez-vous? RCA Victor est une compagnie américaine qui fut fondée en 1919 d'abord sous le nom de Radio Corporation of America. En 1929 elle se porta acquéreur de Victor Talking Machine Company. Par cet achat RCA Victor devint en même temps propriétaire majoritaire de Victor Company of Japan, mieux connue sous le nom de… JVC. 

dimanche 19 décembre 2010

duplicis



Détail de l'église St-James United sur la rue Ste-Catherine entre City Councillors et Saint-Alexandre. Construite en 1887-88 selon les plans d’Alexander Dunlop, on a ici affaire à un très bel exemple d’architecture néo-gothique, un style parvenu à maturité vers le milieu du 19è siècle et qui met à l’honneur les formes ogivales et verticales issues, bien entendu, du moyen-âge gothique.

En 1926 la congrégation a décidé de faire construire, devant l’église même, des bâtiments à vocation commerciale, assurant ainsi un certain revenu. C’était quelque chose de, hum hum, temporaire. Plusieurs se souviennent de l’entrée de l’église, fichée entre deux commerces dans une sorte de portique un peu sombre au-dessus duquel se trouvait une enseigne au néon affichant le nom de l’église. Ce n’est qu’en 2006 que l’on a décidé de démolir les espaces commerciaux et de retaper la devanture de l’église.

Appareil utilisé: Canon Rebel XT.




Le saviez-vous? L’architecte Alexander Francis Dunlop a connu une brillante carrière avec la construction, entre autres, de plusieurs bâtiments commerciaux et résidentiels de prestige dans le Golden Square Mile, mais c’est avec l’église St-James United que sa carrière a pris son véritable essor.

Ce n'est pas parce qu'on rit que c'est drôle!

Lorsque j’étais gamin, bien peu de choses me rendaient aussi bachi-bouzouk que le moment où l'on sortait tout l’attirail pour monter le sapin de Noël. Lorsque j'avais trois ou quatre ans nous avions un sapin en aluminium avec pour seules décorations des boules rouges. Puis on a troqué pour un gros sapin vert de six pieds et demi en plastique. Avec celui-là c'était plus intéressant en raison de toutes les décorations qu'on pouvait y mettre. On s'installait dans le salon et on montait toute la patente en écoutant des disques de Noël. Et parlant de disques, justement, la collection de disques de ma grand-mère était, disons... hétéroclite (au mieux) et je n’ai toujours aucune espèce d’idée de ce qui a pu la motiver à acheter certains d’entre eux. 

Parmi ces disques quelque peu bizarroïdes il y a celui que je vous présente aujourd'hui et qui date de 1969. En fait, il n'est pas vraiment étrange de par les chansons car la liste des interprètes est tout de même impressionnante, mais c'est plutôt sa pochette qui l'est. Je vous présente ça sans plus tarder.

Noël c’est une période de joie et de réjouissances, pas vrai? Alors si l’on décide de mettre sur le marché un disque de Noël j’imagine que l’on tente d’accorder la pochette en genre et en nombre avec ce que Noël représente, non? Ici je ne sais pas ce qui s’est passé au département de la conception. Ou bedon on a voulu faire les andouilles ou bien on ne s’est pas forcé le cul une seule miette (possiblement les deux).

En 1969 c'était encore l'époque où les concepteurs y allaient bon train avec les filles sexy sur les pochettes. Ça attirait l’œil et ça faisait probablement aussi vendre, peu importe le sujet. De la trompette mexicaine? Une fille sexy à moitié à poil. De l'orgue Hammond? Une fille sexy à moitié à poil. Une sélection instrumentale de chansons bavaroises? Hop! Une fille sexy à moitié à poil. Heureusement que les temps ont changé (...). Le disque dont je vous parle aujourd'hui on ne fait pas exception et la pochette est ce que l’on appelle en anglais un «textbook example» de ce que je viens de vous expliquer. 

Le modèle donc, même si elle est jolie, ne semble pas plus enchantée qu'il faut d'être là. À cette époque les 33-tours étaient les médiums musicaux les plus visibles en raison de la taille de leur pochette, soit 12 pouces par 12 pouces, et de ce fait le design de la pochette était important. Mais ici, disons que l'on ne s'est pas forcé pour produire quelque chose de commercialement attirant pour le consommateur. 

Le sapin parfaitement moche n’aide pas à enjoliver la composition, pas plus que la bouille patibulaire de la fille. Peut-être aussi est-ce à cause du fait qu'on ait décidé de ne lui faire porter qu'une simple chemisette légère qui la fait paraître à moitié nue plutôt qu'une belle robe de circonstance? Chose certaine elle n'est pas arrangée pour recevoir la visite. Voyons voir un peu l'intérieur... 
Ah, voilà une photo un peu plus "festive" mais qui, pour une raison que j'ignore, a été imprimée en noir et blanc. L'absence de couleur est assez discutable mais au moins la fille semble avoir un peu plus de plaisir à monter son sapin, toujours aussi moche, mais son accoutrement laisse davantage penser à un party de piscine. Et le derrière de la pochette?
Ce disque double, je tiens à vous le préciser, a été produit en France or on se serait attendu, à tout le moins, à ce qu'il n’y ait pas de faute d'orthographe dans un texte aussi court et simple que celui-ci... Le correcteur d'épreuves s'est probablement retrouvé au bureau de chômage après que ce disque se soit retrouvé en magasins. C'est ici un exemple probant de paresse de design et pour les mêmes moyens on aurait pu concevoir quelque chose de beaucoup plus intéressant et de beaucoup plus accrocheur. 



Le saviez-vous? Dans les années 60 les sapins de Noël en aluminium, qui étaient disponibles dans tous les magasins et vendus pour presque rien, ont connu une très grande popularité pour ensuite disparaître du paysage. Aujourd’hui fort prisés des collectionneurs, ces sapins peuvent valoir une véritable petite fortune.