samedi 12 février 2011

Le Moulin de la sorcière

Le Moulin de la sorcière, tel qu'il apparaissait peut de temps après son ouverture. 

Les plus vieux d'entre vous se souviennent certainement de la maison hantée située au Parc Belmont alors que d'autres, qui ne l'on peut-être pas connue, auront davantage de souvenirs du Moulin de la Sorcière à La Ronde. Ces deux manèges étaient définis en anglais comme étant «Dark Ride», rapidement traduit comme «promenade dans le noir». Il s'en trouve deux types; l'un que l'on parcourt à pied et l'autre à bord d'un transporteur sur roues qui se déplace en suivant un rail électrifié. Dans la première le parcours ressemble à une maison dont le décor est homogène et l'on visite des mises en scènes les unes après les autres, soit avec des mannequins animés ou des gens costumés. Dans la seconde le concept est un petit peu différent à l'effet que plus de la moitié du trajet s'effectue dans le noir et l'effet de surprise réside autant dans les virages soudains et l'anticipation que des scènes d'horreur proprement dite. Le moulin de la sorcière était de ce type. 


 Voici le modèle de chariot typique dans lequel on prenait place. Notez le rail au sol. 
Comment s'était en-dedans? Après avoir pris place dans le chariot, l'opérateur appuyait sur un bouton pour le faire démarrer. Sitôt parti le chariot enfonçait deux portes de métal conçues spécialement pour émettre un «BANG!» retentissant. À l’intérieur, tout était noir, non seulement dans le sens où toutes les lumières étaient éteintes mais aussi parce que tout était peinturé noir mât. 
Cette photo ne montre pas l'intérieur du Moulin de la sorcière, il s'agit d'un manège similaire aux États Unis mais le concept demeure le même. Notez encore le rail au sol qui guide le chariot. Quant à la flèche, s'il se produit un incident et que les gens doivent sortir, elle indique par où aller. 

Tout au long du trajet se trouvaient des scénettes d’horreur qui s’éclairaient subitement au passage du chariot, souvent accompagnées de sons et bruits stridents. Ces mises en scène rencontrées lors du trajet étaient souvent très simples car les gens ne les voyaient que l'espace de quelques secondes, tout au plus. Parmi celles-ci il y avait une scène de torture, un squelettes sortant de son tombeau, une gigantesque araignée tombant du plafond ou encore une poutre se cassant juste au-dessus de la voiture lors de son passage et faisant fi de tomber et d'écraser les gens. Les bibittes étaient généralement des mannequins automatisés très rudimentaires dans leur conception. Ils étaient éclairés et animés d'un mouvement simple le temps du passage du chariot. Pour maximiser l’effet des scènes et des bibittes on utilisait généralement de la peinture fluorescente éclairée par des néons de type «blacklight». Sitôt une scène passée les visiteurs étaient replongés dans le noir absolu et le bruit du transporteur sur les rails s'accompagnait alors des cris de gens (des filles surtout) qui se trouvaient soit en arrière ou en avant. 


Encore une fois ce n'est pas l'intérieur du Moulin mais on peut voir une scène non-animée dont, à droite, un cimetière.  

La peinture noir mât avait son utilité en raison de ses propriétés absorbantes quant à la lumière ce qui faisait que les éléments peints fluorescent captaient immédiatement l'attention sans que rien d'autre ne soit révélé. Dans le noir total, se sentir tourner brusquement ou encore descendre une pente faisait toujours son effet. Puis se trouvaient deux portes de métal identiques à celles de l'entrée que l'on ouvrait avec le même «BANG!» et l'on se trouvait provisoirement aveuglé par la lumière du soleil sous les rires de ceux qui attendaient leur tour.

Le trajet était toutefois conçu pour permettre à des employés de se déplacer sans être vu et sans risquer d'être happés par un chariot. Ça permettait d'effectuer une certaine surveillance et de pouvoir intervenir à tout moment advenant un incident; soit un objet tombé sur le chemin, un acte de vandalisme quelconque ou un ennui mécanique. 

Le parc Belmont a fermé en 1983 et avec lui la Maison Hantée laissant alors le Moulin de la Sorcière comme seul haut-lieu de l’épouvante à Montréal. Il y est demeuré pendant un certain nombre d’années, avant d’être fermé à son tour, probablement en raison de son âge avancé. Et qu'est-il arrivé des éléments intérieurs? Comme ailleurs, plusieurs éléments sont soit conservés dans un entrepôt ou encore vendus.


Voici un vidéo qu'un visiteur a tourné avec sa caméra tout le long du trajet. C'était durant les derniers temps du manège avant qu'il soit démantelé. 
Emplacement original du Moulin de la Sorcière. 

Au début des années 80 mes amis et moi avons passé énormément de temps à La Ronde, peut-être trop, à raison d’au moins deux fois par semaine. À cette époque le coût d'entrée était assez modique. On entrait très tôt et on ressortait très tard. Durant l’une de ces sorties il m’est venu l'idée de jouer un tour pendable à la copine d'un ami; aller avec elle dans le Moulin de la Sorcière et, durant le trajet, me mettre un masque de squelette sur la tête qu'elle ne verrait qu'une fois sorti du manège. 

Toute la bande était évidemment au courant sauf la pauvre victime qui a alors embarqué avec moi sans se douter de quoi que ce soit puisque j'avais soigneusement dissimulé le masque. Une fois installés dans le chariot nous sommes partis à l'intérieur. Je connaissais le Moulin de la Sorcière par cœur et mon signal pour enfiler le masque était le squelette rouge juste avant la sortie. Cela ne me laissait que quelques secondes pour enfiler le masque. A l'extérieur, le reste de la  bande s'est fait un malin plaisir d'avertir tout le monde et de bien surveiller la sortie. Et voici ce que tout le monde a vu:
Mission accomplie!

Pas besoin de dire que le coup à fonctionné à la perfection et c'est dommage que l’on ne disposait pas à cette époque tout l'attirail pour filmer facilement comme aujourd'hui. J’ai encore, bien frais en mémoire, ce moment tant attendu où j’ai enfilé le masque pour ensuite me retourner vers elle. Elle a sursauté et hurlé, comme atteinte d’une solide décharge électrique alors que tout le monde a chaudement applaudi la performance. A peu près 25 ans plus tard j'ai décidé de mettre la photo sur Facebook comme ça. Pensez que la fille a encore ce tour pendable en mémoire? 





Le saviez-vous? L’un des premiers parcours scéniques a été «A Trip to the Moon» ouvert en 1901. Les gens embarquaient dans une fusée qui les amenait directement sur la Lune où ils rencontraient des acteurs costumés.

mardi 8 février 2011

En route!



Comme bien d’autres barbouilleurs, je me suis toujours bien amusé à me dessiner mais dans mon cas particulier c’est plus drôle parce que j'ai une bouille tellement idiote. J'ai fait ce truc lorsque j'avais les cheveux assez long, dans une représentation tout à fait exacte de ce que j'ai l'air quand je fais de la photo durant l'été. Ici le dessin de gauche est encré alors que celui de droite ne l’est pas.


Le saviez-vous? Le terme «encre de chine» tient bien son nom puisqu’il a été inventé en Chine il y a de cela 5,000 ans. Toutefois, les ingrédients pour la fabriquer étaient souvent échangés depuis l’Inde, d’où le terme anglais «India Ink».

Eveready en 1953



Aujourd’hui on fait généralement usage de piles alcalines ou encore rechargeables mais il fut un temps où l'on ne pouvait compter que sur les piles au carbone pour alimenter les appareils portatifs.

Bien que la pile sèche ait ses origines en 1888, lorsque le scientifique Allemand Carl Gassner développa le concept carbone-zinc, il faut remonter, aussi incroyable que cela puisse paraître, à près de 2000 ans en arrière pour en voir l'origine. C'est en 1938 que Wilhelm Konig découvrit en Iraq une jarre en terre-cuite dans laquelle se trouvait un cylindre de cuivre dans lequel était enchâssée une tige en métal. Il s'agissait bel et bien là de l'ancêtre de la pile, laquelle n’est réapparue qu'avec les travaux d'Alessandro Volta, en 1788!

Dans la publicité d'aujourd'hui, qui date de 1953, on semble promettre, et garantir, une pile au carbone ne coulant pas, étant soi-disant fabriquée selon un procédé thermoplastique. Est-ce que cette publicité disait vrai?

Les plus vieux se souviendront certainement de ce spectacle familier; on avait besoin d'une lampe de poche et en appuyant sur le bouton on se rendait compte que les piles étaient mortes. On dévissait alors l'embout afin de les remplacer pour se rendre compte que les piles avaient coulé, ce qui était très visible à cause de cette pâte blanchâtre qui était accompagnée d'une forte odeur. Combien d'enfants ont également vu leurs jouets à piles subir le même sort...



Ceci était principalement dû au fait que la pile était recouverte d'un contenant fabriqué en zinc, lequel s'amincissait au fur et à mesure que la pile était utilisée. Et lorsque la paroi de était devenue trop mince alors le chlorure de zinc s'échappait, avec le résultat que l'on voit sur la photo ci-haut.  

Ce qui était fâchant dans tout ça c'est que même lorsque les piles n'étaient pas utilisées elles en venaient à couler quand même, parce que le contenant de zinc continuait de s'amincir, le chlorure d'aluminium (vous notez tout celà, hein?) étant acide, entrait en réaction chimique avec le zinc.

Alors voilà, bien que le procédé annoncé ici pouvait aider à réduire les fuites, il ne pouvait certainement pas les empêcher, comme ont pu le constater nombre de gens dans les années 50, 60 et 70. Quant à la plus longue durée que l'on énonce ici il faut considérer que cela est très relatif puisque ce genre de pile avait une durée de vie d'environ un an et demie, tout au plus.

Il est également intéressant de noter la garantie où l'on mentionne que si notre projecteur (nom utilisé à l'époque pour désigner une lampe de poche) était endommagé par des piles ayant fui, il ne suffisait que d'envoyer le tout aux bureaux de Toronto (en dépit du fait que la compagnie avait une présence à Montréal au 637 St-Antoine et dont le bâtiment n'existe plus) pour que l'on nous en retourne un neuf et ce, tout à fait gratuitement. Toutefois, je serais bien curieux de savoir combien de personnes se sont effectivement prévalu de cette offre.

Quant à la présentation graphique de cette publicité de 1953 j'avoue très sincèrement qu'elle m'enchante. Tout d'abord par sa disposition verticale laquelle brise l'étalement horizontal qui était très caractéristique à l'époque. Puis, il y a ce bleu très caractéristique qui me plaît beaucoup car bien qu'il soit le bleu officiel de la marque Eveready, il se démarque merveilleusement bien des autres tons de bleus que l'on avait l'habitude de voir à l'époque.

Eveready est une compagnie qui fut fondée en 1899 sous le nom de Marican Electrical Novelty and Manufacturing Company et vendait alors une lampe de poche équipée par des piles carbone-zinc. Vers 1905 la compagnie changea de nom pour American Ever Ready Company et vendit ses fameuses lampes de poche sous le nom commercial Ever Ready (toujours prêtes). Ce n'est qu'en 1914 que l'on décida d'unir les mots Ever et Ready ensembles. En terminant voici deux piles Eveready Leakproof de la même époque et que j'ai dégoté dans mes affaires avec une lampe de poche classique de ce temps-là, toujours dans son emballage original. Les piles n'ont plus leur charge, forcément, mais elles n'ont jamais coulé. 



Le saviez-vous? Aujourd'hui la pile carbone-zinc, bien qu'encore fabriquée, est beaucoup moins utilisée que la pile alcaline ou encore la pile rechargeable mais savez-vous en quelle année Eveready mit sur le marché les premières piles rechargeables nickel-cadmium? Essayez 1958.

lundi 7 février 2011

crucis

En 1643 Ville-Marie est un tout petit hameau qui est encore loin de porter le nom de Montréal. Sis près de l’actuel musée Pointe-à-Callière, Ville-Marie est menacée par la crue des eaux du printemps. Si ça se produit tout sera inondé et forcément détruit. Maisonneuve est un croyant pur et dur. Aussi, s’entretient-il avec la Sainte Vierge et conclut un marché avec elle; si la crue épargne Ville-Marie il s’engage à porter une croix sur ses épaules et à grimper le Mont-Royal afin de la planter au sommet. Or, Ville-Marie est effectivement épargnée alors Maisonneuve, qui n’a qu’une parole, s’attelle à la tâche.

En 1874 la Société St-Jean-Baptiste fête son 40è anniversaire et on songe alors à planter, justement, une croix sur le sommet du Mont-Royal afin de rappeler celle de Maisonneuve. Le projet se concrétise en 1924, alors que l’organisme organise une levée de fond. Celle-ci fonctionne tout plein et permet d’amasser l’argent nécessaire, soit environ $10,000. La structure est construite par la Dominion Bridge et l’électricité est fournie gratuitement par la Montreal Light Heat & Power. En 1929 elle est offerte à la ville de Montréal.



Le saviez-vous? La croix mesure 103 pieds de hauteur, pèse 26 tonnes et compte 240 ampoules (120 de chaque côté). Si ces ampoules étaient autrefois traditionnelles, l’éclairage est aujourd’hui assuré par des DEL qui remplacent eux-mêmes la fibre optique.

vendredi 4 février 2011

Des films surprenants

Revoir le passé est toujours quelque chose d'intéressant et nous disposons aujourd'hui d'une foule de façons de le faire. Par exemple on peut feuilleter une vieille revue dans laquelle on peut y lire des articles sur l'actualité du temps ou regarder des publicités d'époque comme je vous en présente souvent ici. Il y a aussi les vieilles photos que l'on peut admirer dans de nombreux ouvrages imprimés et qui nous montrent des endroits qui ont bien changé ou encore qui sont disparus. Y’a les bonnes vieilles photos de famille où l'on peut y voir nos grands-parents ou même arrière grands-parents lorsqu'ils étaient jeunes. C’est souvent très amusant et il n'est pas rare de voir des jeunes d'aujourd'hui découvrir avec stupéfaction que matante Géraldine avait déjà été un méchant pétard!

Mais ces photos ne représentent cependant qu'une courte fraction de seconde, des moments très éphémères capturés lorsque le photographe a appuyé sur le déclencheur de l'appareil.

Ce qu’il y a de plus étonnant sont les films et je ne parle pas ici de films réalisés dans des studios avec des acteurs mais bien des scènes de rues nous montrant le quotidien de nos ancêtres, à l’époque où la planète était peuplée d’un lot entièrement différent d’êtres humains. C’est ce que je propose aujourd’hui avec un petit film tourné à Londres en 1903.




Étonnant, n’est-ce pas? Difficile de s’imaginer que tout cela a été tourné alors que la Première guerre n’avait même pas éclaté. Histoire de continuer sur le même thème, je propose un second film, tourné cette fois par le cinéaste britannique Claude Friese-Greene en 1926. «The Open Road», c’est le titre, est essentiellement une série de films tournés comme ça dans les rues de Londres mais on a utilisé par la suite un procédé appelé «Biocolour» (que Friese-Greene renomma Friese-Greene Natural Color au début des années 20) lequel donnait l'illusion de la vraie couleur en faisant usage de filtres ainsi que des teintes rouges et vertes utilisées en alternance. Ce n'était évidemment pas parfait; il y avait du sautillement et la frange de l'image était parfois affectée par le rouge et le vert mais l'ensemble avait de quoi étonner, surtout pour l'époque. En 2006 le British Film Institute a décidé de restaurer le film de Friese-Greene et d'en corriger les problèmes avec des ordinateurs et dont je vous présente aujourd'hui un extrait. Peut-être allez-vous souhaiter, tout comme moi, pouvoir voyager à cette époque où l'on semblait véritablement prendre le temps de vivre.


Bon retour dans le passé et bon visionnement!




Le saviez-vous? Détruits par détérioration ou dans des incendies (et parfois par négligence) seulement 14% des 11,000 films tournés entre 1912 et 1930 existent encore. C’est ce que confirme une étude du Library of Congress.

lundi 31 janvier 2011

Tranches Kraft en 1953


Le fromage est un aliment très ancient dont les origines remontent à plus de 8000 ans, alors que l'Homme avait commencé à domestiquer le mouton. Avec le temps on en est venu à utiliser le lait d'autres animaux comme la chèvre et la vache. Mis à part la Chine et les Amériques, à peu près tous les peuples de la Terre ont développé à un moment de leur histoire du fromage. Le cheddar, le gouda, le camembert, le roquefort, le mozzarella, le parmesan, le brie et le gorgonzola n'en sont que quelques exemples. Qui plus est, on peut en retrouver pour toutes les bourses; du caciocavallo podolico à $500 la livre au bon vieux fromage en crottes que l'on met dans les poutines.

Le fromage dont il est question aujourd'hui dans cette publicité de 1953, est une invention relativement récente puisque le «processed cheese» (tel est son nom en anglais), a été inventé en Suisse par un certain Walter Gerber. C'est toutefois James L. Kraft qui a déposé une demande de brevet pour sa méthode en 1916. Mais bon, Kraft n'a débuté la commercialisation du fromage en tranches qu'en 1950, soit trois ans avant la parution de cette publicité.

Il est fabriqué à partir de fromage (d'habitude du cheddar ordinaire) auquel on ajoute de la crème, de l'eau, du sel et bien entendu du colorant, pour lui donner cette appétissante couleur jaune-orange et sans lequel le fromage aurait davantage une teinte grisâtre. On ajoute à ce joyeux mélange un émulsifiant puis on verse le tout dans des moules pour ensuite le laisser refroidir. On a prit évidemment soin de pasteuriser tout ça avant de l'emballer.

En 1953 un paquet de fromage préparé Kraft comme celui illustré ici contenait 8 tranches mais n'étaient pas emballées individuellement dans du plastique comme aujourd'hui (il faudra attendre 1965 pour celà). Comme ce fromage ne se sépare pas, ne change pas de texture ou de goût lorsque fondu (un gros merci aux émulsifiants pour celà) il est devenu rapidement populaire dans les sandwiches et autres trucs comme les hamburgers.

Quant à la publicité proprement dite elle tout à fait ingénieuse dans sa conception, surtout avec sa photo en noir et blanc que l'on a judicieusement coloré à la main en n'oubliant pas de mettre un accent assez prononcé sur le jaune du fromage. Il est intéressant de noter ici les arguments "vendeurs". Par exemple, on nous dit à droite que les tranches Kraft sont 4 fois supérieures pour les raisons suivantes: 

1) Meilleure saveur. Cela était simplement dû à de nouvelles variétés de composition. On pouvait ainsi rajouter davantage d'émulsifiants, de sel ou de colorant par exemple.

2) Tranches parfaites. Ah, eh bien cela, c'était à cause des moules.

3) Plus commodes! Si elles se séparent si aisément c'est la faute aux émulsifiants.

4) Délicieuses variétés. Rajouter des épices ou d'autres menus ingrédients n'est pas sorcier.

Toutefois, il est indéniable que les tranches Kraft ont connu un succès tout à fait fulgurant dès le départ et continuent encore aujourd'hui d'être très populaires. Par contre, toute diététiste va certainement vous déconseiller d'en consommer sur une base régulière.




Le saviez-vous? Il existe plus de 2000 variétés de fromages différents dans le monde. Le plus populaire et le plus consommé est le mozzarella. 

dimanche 30 janvier 2011

stagnum

Journée d'automne aux abords de la mare du parc Pratt dans Outremont et qui jouxte l'avenue Van Horne, entre Dunlop et Pratt. Alors que j'étais en première année l'autobus scolaire faisait un immense détour pour aller chercher un frère et une soeur qui habitaient Dunlop. Chaque matin la bonne ouvrait la porte et donnait aux frangins leurs effets pour la journée. En attendant qu'ils arrivent je regardais le parc avec ses sentiers et son ruisseau sinueux.

Caméra utilisée: Canon Powershot A60. 





Le saviez-vous? À l'approche de l'hiver la Terre se rapproche du Soleil. S'il fait froid, qu'il neige et que les journées sont plus courtes c'est que l'axe s'incline, faisant que l'hémisphère nord est plus incliné vers l'arrière. 

Les arcades de jeu

C'était l'époque bien avant les consoles Xbox, Playstation et autres du genre alors que les Atari 2600, Pong et Intellivision, entre autres, commençaient à peine à entrer au compte-gouttes dans les maisons. Pour la grande majorité des jeunes de la génération X comme moi, il y avait un endroit bien particulier où l'on pouvait se défouler à fond avec toute une foule de jeux vidéo.
Cet endroit était l'arcade de jeu, essentiellement un grand espace commercial rempli à craquer de machines pour tous les goûts. Dans ce temps-là on en trouvait un peu partout. Chaque centre commercial en avait au moins une et il y en avait plus d'une douzaine sur la rue Ste-Catherine à elle seule.

La première dans laquelle j'ai mis les pieds fut celle des Galeries d'Anjou, en 1975 mais inutile de chercher car non seulement elle a fermé il y a bien longtemps mais l'endroit ne ressemble en rien à ce qu'il était. À cette époque on faisait l'épicerie au supermarché Dominion, lequel n’existe plus également. Une fois l'épicerie faite les adultes allaient faire quelques courses ailleurs mais pour moi il était hors de question pour moi de suivre comme un p’tit chien-chien alors je disais que j'attendrais à la boutique d'animaux. Pas longtemps que j'y restais dans la boutique d'animaux. Ben tiens! Je bifurquais rapidement vers l'arcade située juste à côté dont l'entrée était surveillée par Zoltan, un attrape-nigaud dont je vous reparlerai dans un prochain article.
Là, tous alignées d'une côté comme de l'autre se trouvaient plein de pinballs et, plus au fond, les machines de jeu vidéo. Si certaines arcades fonctionnaient avec des 25 sous d'autres, comme Le Jeu, ne pouvaient se jouer qu'avec des jetons qu'il fallait échanger sur place avec le préposé. Celui-ci se promenait de long en large avec un tablier rouge à la ceinture qui contenait les jetons. On allait le voir en lui donnant de l'argent tout en prenant soin de lui mentionner combien de jetons on voulait avoir. Il y avait évidemment grande crainte de la part des parents que leurs enfants ne manquent l'école pour se retrouver dans les arcades alors plusieurs d'entre elles affichaient des panneaux bien à vue à l'entrée et qui interdisait l'accès aux mineurs durant les heures de classe. À savoir si le règlement était effectivement appliqué, c’est une toute autre histoire.
L'ambiance, comme je le mentionnais plus haut, était dans la plupart des cas assourdissante de par le son de multiples machines sur lesquelles jouaient plein de gens. Les murs étaient souvent tapissés de miroirs et il y avait aussi de la musique qui jouait à volume élevé. On y entendait généralement les gros hits du temps. Les plus grosses arcades comptaient deux étages et si on y allait à plusieurs on risquait de se perdre de vue assez facilement. Évidemment les graphiques des jeux étaient rudimentaires et pour cause, la technologie de l'époque étant relativement limitée alors l'accent était mis sur le plaisir de jouer et ce, de façon toute simple. Avec les années les microprocesseurs sont devenus de plus en plus perfectionnés et performants, permettant ainsi de voir arriver des jeux de plus en plus complexes. De plus, les fabricants, comme Namco, Bally-Midway, Sega, Taito, Konami et rivalisaient d’audace et d'innovation dans la conception de leurs cabinets. 
Ce qu’il y avait d’intéressant, en se promenant dans les allées, était d’admirer les décorations des différentes machines de jeu. Celles-ci étaient bien entendu conçues pour attirer l’attention, puis les sous des joueurs. Chose certaine, il se trouvait une très grande variété de graphiques que j’aimais beaucoup regarder.
Il y avait dans les arcades quelques règles non écrites. Ainsi, il arrivait que des gens veuillent jouer à un jeu populaire mais en arrivant devant la machine ils trouvaient celle-ci déjà occupée par quelqu'un. Il fallait alors évidemment attendre, cela va de soi mais si on voulait être certain d'être le prochain à jouer il fallait déposer son où ses jetons, bien à vue sur la machine. Toutefois, celui qui jouait avait la priorité et pouvait jouer sur la machine tant que ça lui plaisait. S'il fallait qu'il aille chercher d'autres jetons alors il perdait sa place. Les plus malins envoyaient un ami chercher d'autres jetons. Se tenir à côté comme ça pouvait être long surtout si le jeu était populaire mais du même coup, à voir quelqu’un jouer permettait souvent d’apprendre des trucs et des astuces.
Serait-ce un jeune Pluche? 

Les machines coûtaient assez cher. Certaines étaient louées alors que d'autres étaient achetées. Lorsqu’une machine avait fait son temps elle se retrouvait sur le marché des machines usagées où elles pouvaient être acquises par des propriétaires d'arcade indépendantes moins fortunés, des casse-croûte, des campings et autres endroits du genre. Il arrivait aussi qu'une machine devenait défectueuse et qu'au lieu de la faire réparer le cabinet était gardé pour y loger un autre jeu, parfois maladroitement.

Ces machines "frankenstein" comportaient souvent des morceaux dépareillés, n'étaient pas équipées des contrôles appropriés et donc, se jouaient très mal. Parfois c'étaient les écrans eux-mêmes qui n'avaient pas été faits pour les cabinets et les propriétaires semblaient parfois les avoir fait entrer à coup de masse. Un autre problème de ces "transplantations" était que les écrans, après avoir joué un jeu donné pendant un certain nombre d'années, gardaient les graphiques du jeu en question bien imprimés alors on pouvait par exemple jouer à Pac Man sur un écran qui avait gardé les traces très nettes de Space Invaders. Sans compter toutes celles dont les panneaux de boutons étaient farcies de brûlure de cigarettes, car dans ce temps-là ça fumait dans les arcades.  Des joueurs, ne pouvant s'empêcher de griller une clope ne serait-ce que deux ou trois minutes, déposaient leur cigouille sur le bord et prenaient une poffe durant les changements de niveau alors ça laissait des traces, évidemment. 

Au milieu des années 90 les arcades de jeu ont tranquillement disparu, ne pouvant faire compétition aux consoles de jeu bon marché comme Nintendo et PlayStation. Sur la rue Ste-Catherine il ne reste plus qu'une seule arcade mais qui n'a pratiquement plus rien de ce qu'elle était à l'époque, n'étant, tout au plus qu'une pâle momie médiocre de l'original. Les centres commerciaux se sont pour la plupart départis de leurs arcades, souvent remplacés par des espaces sombres et tranquilles, interdits aux moins de 18 ans et dans lesquels se trouvent des machines à sous et quelques postes internet.




Le saviez-vous? La machine qui a le plus rapporté de sous à ses concepteurs est Space Invaders. Entre 1978 et 1980 il s’est fabriqué et vendu plus de 360,000 machines pour un revenu US (avec l’inflation de 2015) de $9.7 milliards.1