mercredi 1 février 2012

Une charmante oubliée

Le cinéma a connu bien des périodes depuis son invention et il s'est trouvé tout au long de celles-ci de nombreuses actrices qui ont connu de très belles carrières et certaines sont même devenues de véritables icônes. Dans les années 50 on peut penser par exemple à Marilyn Monroe, Grace Kelly ou encore Audrey Hepburn (que j'adore personnellement).

Les années 40 nous ont permis d'admirer les Veronica Lake, Ava Gardner, Hedy Lamarr, Susan Hayworth, ou Lauren Bacall, pour n'en nommer que quelques unes. Plus loin encore les années 30 ont été celles de Jean Harlow, Carole Lombard, Greta Garbo, Mae West et Fay Wray.  

Mais pour les années 20, celles du cinéma muet, la liste est un peu moins exhaustive. Les cinéphiles avertis pourront fort possiblement citer Louise Brookes ou Clara Bow mais la majorité des gens seraient possiblement embêtés de nommer une actrice, autre que Mary Pickford, qui fut célèbre durant cette période. C'est pourquoi j'ai décidé aujourd'hui de vous parler d'une de ces actrices méconnues et qui est, avec Audrey Hepburn, l'une de mes préférées.



Une toute jeune Juanita.

Faites la connaissance de Juanita Horton, une charmante jeune fille née en 1898 au Texas. Elle y serait probablement demeuré si ce n'aurait été de son père qui décida de déménager toute la famille à Los Angeles où il entreprit une carrière en chiropratie. Elle reçut, comme cadeau de graduation de la part de ses parents, un voyage autour des États-Unis qui dura quelque chose comme six mois après quoi elle revint à Los Angeles.

L'élégance d'une époque révolue.

A ce moment-là de plus en plus de studios de cinéma s'établissaient dans un disctrict de la ville récemment annexé et qui portait le nom d'Hollywood. La mère de Juanita décida alors d'inscrire sa fille aux studios Biograph, établis depuis 1895, afin qu'elle puisse devenir une actrice.

Des traits tout en douceur. 

C'est à ces studios que Juanita fit la rencontre d'un des pionniers d'Hollywood: D.W. Griffith lequel remarqua rapidement cette jeune fille toute menue d'à peine 5 pieds aux des traits délicats et au demeurant fort jolie, qui démontrait aussi beaucoup de talent. C'est alors que Griffith entreprit de faire changer le nom de Juanita en celui de... Bessie Love.

Griffith lui offrit un petit rôle pour commencer dans le film Intolerance en 1916 et commença à connaître une certaine popularité, assez pour jouer aux côtés de nul autre que Douglas Fairbanks dans le film Reggie Mixes In et The Good Bad Man en 1916 puis, la même année, dans The Aryan avec William S. Hart.

 En tenue des grandes soirées. Quel style!

Bessie fit ensuite le saut aux studios Vitagraph et, sa popularité augmentant, commença à jouer dans des productions plus importantes où elle obtint des rôles plus matures comme Those Who Dance en 1924. Elle fut d'ailleurs la première actrice à danser le Charleston dans un film (The King of Main Street) en 1925 et parut dans Dress Parade où elle offrit une de ses meilleures performances. En 1929 elle reçut une nomination aux Academy Awards qui eurent lieu pour la première fois cette année-là pour son rôle dans The Broadway Melody.



D'autres films ont suivi dont Chasing Rainbows en 1929, Good News et They Learned About Women en 1930 mais quelques années plus tard sa carrière était en plein déclin et c'est alors qu'elle décida de s'en aller en Angleterre où elle obtint la citoyenneté britannique. Elle était alors mariée au producteur William Hawks, avec lequel elle eut une fille prénommée Patricia, mais divorca en 1935 pour ne plus se remarier du tout. A l'approche de la Seconde guerre Bessie revint aux États-Unis où elle travailla pour la Croix Rouge. Dès le conflit terminé elle retourna en Angleterre où il apparut dans diverses productions tant britanniques pour ensuite faire des sauts de puce aux États-Unis pour des films américains, comme The barefoot Contessa en 1954, mais toujours dans des petits rôles.

Ma photo favorite de Bessie.

En 1977 Bessie publia une autobiographie intitutlée From Hollywood With Love dans laquelle elle relate sa vie hollywoodienne ainsi que la période qui suivit. Elle apparut en 1981 dans trois films, soit Ragtime avec James Cagney, Reds avec Warren Beatty et Lady Chatterley's Lover. Sa dernière apparition cinématographique fut en 1983 dans The Hunger avec David Bowie, Susan sarandon et Catherine Deneuve.


Bessie passa les dernières années de sa vie dans sa résidence londonienne où elle mourrut de causes naturelles le 26 avril 1986 à l'âge vénérable de 87 ans. Elle fut incinérée au Breakspear Crematorium et une petite plaque sur un cèdre indique l'emplacement où reposent ses cendres.

 Son étoile sur le Hollywood Walk of Fame.

dimanche 29 janvier 2012

Auto-Lite en 1953 (2)

Auto-Lite a déjà fait l'objet d'un article publié dans deux autres articles (ici et ici) et dont la publicité présentait un éventail plus élargi des produits de cette compagnie. Aujourd'hui il est question des bougies d'allumage. Le concept derrière cette publicité de 1953 est qu'il faut se méfier des "sosies". Un coup d’œil rapide nous indiquerait que Dean Martin et Jerry Lewis endossent le produit mais en regardant et lisant attentivement on se rend compte qu'il ne s'agit pas du célèbre duo comique mais bien de sosies.

Celui qui se trouve à gauche et qui ressemble à Dean Martin est un certain Jim Ferris dont je ne suis pas parvenu à savoir grand chose malgré mes recherches. Celui à gauche et qui personnifie Jerry Lewis est l'acteur montréalais Joby Baker qui était alors âgé de 19 ans lors de la prise de cette photo. Baker a connu une très intéressante carrière au cinéma et à la télévision, jouant entre autres dans Girl Happy (1966) avec Elvis Presley ainsi que dans le Dick Van Dyke Show. Baker a aussi été peintre et bon nombre de ses oeuvres se sont retrouvées dans les galeries d'art de Los Angeles.

A titre de comparaison, voici la photo originale de Dean Martin et Jerry Lewis qui fut utilisée pour créer celle qui apparaît dans la publicité:







Le saviez-vous? Étienne Lenoir a été le premier à utiliser une bougie d'allumage avec un moteur à essence. Ça se passait en... 1860.

samedi 28 janvier 2012

Stretch Armstrong

Durant les années 70, l'innovation était le mot d'ordre pour la conception des jouets. Si certains concepts s'écrasaient, d'autres connaissaient un succès phénoménal. L'un des exemples les plus probants est un personnage du nom de Stretch Armstrong, et que Kenner a lâché lousse sur les tablettes en 1976. Vous vous demandez probablement c'est quoi Stretch Armstrong est qu'est-ce qui le rendait si original?
Hébin voilà; Stretch, comme son nom l'indique, était un personnage qu'on pouvait étirer joyeusement dans toutes les directions. De sa taille initiale de 15 pouces il pouvait atteindre presque quatre à cinq pieds. Il suffisait de le relâcher pour qu'il reprenne rapidement sa forme initiale. Le secret de Stretch, qui n'en était pas réellement un, était une peau en caoutchouc durable et l'intérieur consistait en un gel fabriqué avec du sirop de maïs.
 
En raison des matériaux utilisés Kenner recommandait que Stretch soit rangé dans sa boîte lorsqu'il n'était pas utilisé. On évitait ainsi qu'il s'abîme inutilement ou accidentellement. Le bonhomme avait beau être extensible mais il n'était pas à l'épreuve des déchirures. Le livret d'instructions fournissait d'ailleurs des instructions précises pour réparer Stretch si jamais quelque chose du genre se produisait. Certains ont malheureusement été percé au-delà de toute réparation possible. 

Un Stretch Armstrong original dans sa boîte et en bonne condition s'envolent présentement à des prix oscillants $1000. Les exemplaires endommagés peuvent parfois se trouver à prix moindre. Une tête seule peut se vendre à bon prix. 

Un an après sa mise en marché Kenner a introduit l'ennemi de Stretch Armstrong incidemment appelé (et très originalement) Stretch Monster, sorte de bibitte reptilienne verte dotée des mêmes propriétés élastiques que l'autre Stretch et rempli lui aussi de sirop de maïs. 

Tout comme Stretch Armstrong, un Stretch Monster original en bonne condition peut certainement regarnir votre porte-monnaie. Toutefois, rares sont ces exemplaires car des mauvaises conditions d'entreposage faisaient que plusieurs années plus tard des parents retrouvaient un Stretch complètement raidi et parfois même vidé de son sirop. Inutilisables, plusieurs ont pris le chemin des poubelles. 

Une publicité de 1978 où l'on voit un gamin mettre beaucoup de cœur à étirer Stretch Monster. On y voit aussi tout plein d'exemples des deux belligérants se faisant des prises de combat affublés de noms comme Monster Bash, Gruesome Grip et Swamp Squeeze. 

Inutile de dire que non seulement le succès de Stretch a été instantané, mais aussi durable puisqu'il a été fabriqué jusqu'en 1980. Il a été ressorti des boules à mites vers 1990 où là encore le jouet a joui d'une grande popularité. Entre 1976 et 1997 on estime qu'il y a eu pas moins de 67 variantes de Stretch Armstrong, allant de Stretch Hulk à Mickey Mouse, Donald Duck et bien d'autres. Y aura t-il une nouvelle incarnation? Le temps nous le dira bien. 




Le saviez-vous? Durant la période de production de ce jouet Kenner a été le plus gros acheteur de sirop de maïs des États-Unis. Ce sont les supermarchés A&P qui ont vendu le sirop à Kenner. 

dimanche 22 janvier 2012

Knechtels en 1953


Durant les années 50 le minibar intégré dans un meuble élégant était une pièce de mobilier très populaire. C'était évidemment de bon ton de recevoir des invités et de leur servir toute une variété de boissons à partir de ce genre de meuble. Ceux en vedette dans cette publicité de 1953 ne font certainement pas exception. On peut d'ailleurs admirer la version vitrée et l'autre plus discrète. 

Knechtels est une compagnie dont les origines pourraient remonter à 1864 quand Daniel Knechtels quitta la demeure familiale à Waterloo en Ontario pour aller s'établir dans l'ouest de la province. Avec les outils qu'il transportait dans son sac il commença à fabriquer des meubles et autres produits variés en bois. Après quelques années il acheta une petite usine et commença à employer des ouvriers.

En 1874 une nouvelle usine fut construite et le nombre d'employés passa d'une douzaine à près de trente. Dix ans plus tard la première usine en brique fut bâtie et diverses améliorations furent apportées au fur et à mesure que les finances le permettaient. Un feu détruisit le tout le 20 décembre 1900 mais l'usine fut reconstruite et la production repartit de plus belle.

Daniel Knechtels est décédé en 1936 à l'âge vénérable de 93 ans, laissant la présidence de la compagnie qu'il avait fondée à son fils Jacob. Celui-ci a légué à son tour la présidence à son fils Karl en 1938. Selon toute vraisemblance la compagnie aurait existé jusqu'en 1983. 




Le saviez-vous? Des archéologues ont découvert près de la pyramide de Gizeh des indices permettant de croire que les ouvriers affectés à la construction de la pyramide étaient payés en bière. 

samedi 21 janvier 2012

Big Wheel

Durant les étés de mon enfance il y avait des sons particuliers et tout à fait propres à cette période; les souliers de course sur l'asphalte, les cordes à linge qui grinçaient, les ballons qui rebondissaient sur le sol et celui d'un Big Wheel roulant sur le trottoir.

Le Big Wheel dans toute sa splendeur de plastique.

Le Big Wheel est un tricycle entièrement fait de plastique qui fut mis sur le marché en 1969 par la compagnie de jouets Marx. Tout le plastique qui le composait était creux, même les roues et quand celles-ci roulaient sur les petites garnottes du trottoir ça produisait ce fameux son si unique et si caractéristique. Les trous devant le siège permettaient d'ajuster celui-ci pour les enfants plus petits. La poignée bleu près de la roue arrière était le frein qui, avec un peu de pratique, permettait de faire des freinages spectaculaires.

Comme il ne coûtait pas très cher à produire il se vendait à prix très raisonnable et ce faisant, le Big Wheel est rapidement devenu extrêmement populaire chez les gamins. D'ailleurs le concept fut assez rapidement copié par plein d'autres compagnies mais Big Wheel c'était Big Wheel et peu de chose pouvait rivaliser avec l'original. 

Au niveau de la conception c'était du tonnerre! L'assemblage tout en plastique solide le rendait léger et incassable. Les couleurs vives attiraient l'attention et faisait penser à un bolide de cirque pour effectuer les cascades les plus folles. Et pour arrêter, un solide frein à main, appliqué sur la roue arrière, ce qui permettait des freinages latéraux spectaculaires. 






Le saviez-vous? Pour illustrer le succès de Marx, en 1955 la compagnie avait vendu pour $55 millions et n'avait dépensé que $320,000 en publicité. Mattel, pour des ventes de $6 millions avait dépensé plus de $500,000 en publicités. 

mardi 17 janvier 2012

La mystérieuse sur la pochette


J'étais très jeune, probablement trois ou quatre ans, lorsque je me suis pris d'affection pour cet album de musique. Je pouvais pas le mettre sur le tourne-disque, enchâssé dans un grand meuble, alors je devais demander. 

Blooming Hits de Paul Mauriat et son orchestre avait un je-ne-sais-quoi qui faisait que je restais tranquille à l'écouter pendant que j'étais carrément fasciné par la photo sur la couverture. Il y avait là une femme nue (oh!) et habilement peinturlurée avec des motifs sur une bande verticale qui descendait le long de son côté droit. Ce n'était pas tant tellement la nudité du modèle (je vous jure) qui m'intriguait tant que la peinture qu'elle avait sur le corps, surtout le papillon dans la figure et qui la rendait autrement plus mystérieuse.

Aujourd'hui cet album fait partie de ma collection et j'avoue ne pas détester remettre ce 33-tours sur ma table-tournante. Idéal quand l'envie me prend de lire un livre  tranquille au salon ou de faire quelques petits travaux comme de la peinture. Par contre je me suis toujours demandé QUI était cette femme sur la pochette.

Avant cette question serait demeurée sans réponse mais aujourd'hui avec des outils comme l'internet et Google, des secrets, y'en a plus. Quelques clics de souris et la réponse arriverait. Comme ça.

Je crois que c'est une des rares fois ou ces deux-là m'ont déçu. Aucune réponse. Même après dix minutes. On sait que toute recherche est vaine quand on est rendu à la page 5 d'une recherche sur Google. Par contre sur certains forums il y a mention, sans confirmation cependant, qu'il s'agirait de Sandy Warner, et d'autres de l'actrice Julie Newmar, rendue célèbre par son rôle de Catwoman dans la série télé Batman (rôle qu'elle a partagé avec Lee Meriweather et Ertha Kitt). Serait-ce Sandy? Julie? Comme il n'y a aucune information solide, le mystère demeure entier, même en cette ère d'information-éclair. 

Bien qu'il s'agisse d'un disque solide avec une magnifique orchestration et que chaque chanson s'écoule comme de l'eau de source, voici celle qui était la plus populaire. De plusieurs s'entendent pour dire qu'il s'agit de la meilleure version instrumentale, que voici:





Le saviez-vous? Vicky Leandros, la chanteuse qui a popularisée L'amour est bleu, est Grecque, a grandi en Allemagne et a chanté en Français pour représenter le Luxembourg. 

portae


Portes d'un caveau situé au cimetière Notre-Dame-des-Neiges. C'est un vieux caveau et dont la construction remonte probablement au début du 20è siècle et possiblement même avant. Les caveaux, comme les résidences que nous habitons, subissent non seulement les affres du temps mais aussi des éléments. Ici le bas de la porte gauche, probablement trop rouillé, a été réparé avec une simple plaque, sûrement pour empêcher les animaux comme les ratons-laveurs et renards de s'infiltrer. Le pas de la porte, en calcaire, s'est craqué et des fissures apparaissent. Le sort des caveaux, dont plusieurs démontrent des signes d'usure apparents, diffère sûrement de cimetière en cimetière. 





Le saviez-vous? Avant les années 70 bien peu de Québécois se faisaient incinérer, un choix très certainement issu des croyances judéo-chrétiennes. 

dimanche 15 janvier 2012

L'église Sainte-Anne

Le milieu du 19è siècle amène son lot d'immigrants à Montréal, des Irlandais en majeure partie, qui s'installent dans un coin que l'on connaît sous le nom de Griffintown. Ils forment l'essentiel de la force ouvrière de ce secteur. Les maisons qu'ils habitent sont rudimentaires, construites en bois et réduites pour la plupart à leur plus simple expression. Elles sont souvent tassées les unes sur les autres et se retrouvent bien souvent à proximité d'une usine. La vie de quartier se passe sous la fumée des grosses cheminées industrielles avec en prime tout le boucan qui vient avec. 

Vue d'une partie de Griffintown à la fin du XIXè siècle. Au premier plan dans le centre on voit l'église Sainte-Anne, le canal Lachine juste derrière et plus loin le fleuve Saint-Laurent et le pont Victoria.

Mais faut pas se le cacher, Griffintown c'est un coin pauvre, très pauvre. Les maisons n'ont même pas de toilettes intérieures alors les gens doivent utiliser la fameuse bécosse (de l'anglais back house). Les égoûts? Pensez-y même pas. Sauf peut-être lors de l’inondation de 1886, dont je vous ai déjà parlé, et qui a fait se déborder toutes les bécosses qui ont transformé les rues en égout à ciel ouvert.

Les Irlandais, très catholiques, pouvaient toutefois compter sur le clergé de l'église Sainte-Anne pour les aider dans l'adversité. Le magnifique bâtiment fut construit tout près du canal Lachine en 1854 et faisait partie intégrante de la vie communautaire. L'église parvenait d'ailleurs à fournir des vêtements et de la nourriture à ceux dans le besoin.

L'église Sainte-Anne, alors le cœur du quartier.

L'intérieur de l'église. 

En 1963 le maire Jean Drapeau, qui avait en horreur les vieux quartiers, décida tout simplement de faire disparaître Griffintown. Évidemment il ne pouvait pas arriver avec une armée de bulldozers (quoiqu'il n'aurait pas détesté l'idée), alors il s'y est pris de façon beaucoup plus pernicieuse: il a commencé par changer le zonage de Griffintown, le faisant passer de résidentiel à industriel. Ce faisant, la construction de résidences était alors interdite advenant une démolition ou incendie d'un immeuble. Les écoles, faute d'enfants ferment. Peu à peu, des résidents ont entrepris de migrer vers d'autres quartiers mais malheureusement le quartier se saigne inexorablement de ses résidents. L'église Sainte-Anne n'a pas pu subvenir à ses besoins bien longtemps et en 1970 les bulldozers sont à pied d'oeuvre et l'église est tout simplement démolie, et le secteur est pratiquement mort, certainement à la grande joie du maire Drapeau. 

Le parc, vu du haut des airs. On voit très bien les fondations de l'ancienne église.

Que reste t-il de l'église Sainte-Anne aujourd'hui? Assez curieusement, plutôt que de bâtir des condos (malgré que le voisinage n'échappera pas à ce sort j'en suis certain) on a aménagé un espace vert qui porte le nom de parc Griffintown-St-Ann où l'on a laissé une bonne partie des fondations originales de l'église. Dans ces ruines on a installé des bancs de parc quelque peu orientés comme l'étaient les bancs d'église dans le temps. On peut y voir un bout d'escalier par-ci, des morceaux de pierre avec bas-reliefs par-là. Et bien entendu, une plaque près de ce qui fut l'entrée et qui explique un peu ce qui fut là dans le temps. Voici d'ailleurs quelques photos du parc et ses vestiges, prises en 2010.








Le saviez-vous? Le nom de Griffintown est dû à Mary Griffin, épouse de Robert Griffin, un savonnier et dont le partenaire Patrick Langan profite de l'absence de ce dernier pour vendre illégalement le fief à Mary, laquelle fait développer le secteur.