mercredi 26 novembre 2025
samedi 22 novembre 2025
Y'a t-il quelque de plus agréable lorsque l'on est en vacances ou entre amis que de prendre des photos? Vous vous souvenez de cette glorieuse époque des appareils à film où l’on s’amusait à se prendre nos pieds dans le sable en photo ou encore tous les repas que l’on mangeait pour se les montrer par la suite? Non? Moi non plus.
Trêve de plaisanterie facile. Retour en 1953 avec cette publicité pour la compagnie bien connue Kodak où l’on vante les mérites de la photographie pour se rappeler de bons souvenirs. Si la publicité apparaît un peu décalée c'est parce qu'il s'agit d'une publicité en deux pages située en plein milieu d'un numéro du Reader's Digest donc pas facile à recoudre les deux parties.
L’appareil utilisé par ces deux amis pêcheurs est un Kodak Duaflex II dont la première version a été mise sur le marché en 1947. L'œil non averti pourrait facilement confondre cet appareil avec le fameux Rolleiflex, ce qui n'est évidemment pas le cas. Le Duaflex était ce qu’on appelait un pseudo TLR (Twin Lens Reflex) qui imitait à cet égard les vrais TLR de l'époque. D’autres utilisaient la même principe comme le Voigtländer Brillant, Rolleiflex, Olbia ou encore l’Ensign Ful-Vue. Le pseudo TLR était en vogue dans les années 50 et 60 parce qu’il imitait les caméras pro.
L'appareil était tout de même intéressant parce qu'il comportait certaines fonctions utiles comme un petit mécanisme qui empêchait de prendre deux photos sur le même bout de film. Le Duaflex n'était toutefois pas un appareil haut-de-gamme, loin de là mais permettait à monsieur et madame tout-le-monde de pouvoir prendre des photos sans trop se casser la tête tout en s'amusant. Un peu l’équivalent des téléphones d’aujourd’hui.
Je possède, dans ma petite collection tout à fait insignifiante de caméras un de ces appareils et qui a appartenu jadis, naguère à mes grands-parents. Il s'agit du Duaflex III équipé d'une lentille Kodet et qui est en assez bonne condition. Cette caméra utilise du film de format 620, lequel fut introduit en 1932 et discontinué en 1995. Bien que le 620 ne soit plus disponible le format 120 quant à lui l'est toujours, quoique de plus en plus difficile à trouver, et la seule différence entre le 120 et le 620 est la bobine, celle du 620 ayant un moyeu plus petit ce qui rend l'utilisation du Duaflex possible avec du 120 moyennant un peu de bricolage.
On trouve que Pluche aurait pu l'épousséter un peu avant mais ça c'est juste nous autres, hein?
Et où pouvait-on se procurer des caméras en 1953? Tous les grands magasins du temps comme Eaton, Simpson’s et Dupuis Frères en vendaient de même qu'une multitude de boutiques spécialisées dont trois qui existent encore aujourd'hui; L.L. Lozeau (1927), Caméras Simon (1930) et Photo Service (1937). Amusant aussi cette publicité de la compagnie Hollywood Foto où, en retour d’un développement dans leurs laboratoires, on vous envoyait non seulement vos photos développées mais aussi un rouleau de film tout neuf.
Et que se passe t-il au Québec en 1953?
L'affaire de l'usine de textiles de Louiseville qui se fait affronter la Confédération des travailleurs catholiques du Canada (CTCC, aujourd'hui CSN) et Duplessis. Ce dernier va même accuser le syndicat d'être à la solde des communistes. Une situation qui ne manquera pas de faire parler et de faire couler beaucoup d'encre. La grève prendra fin avec une augmentation de 12 sous de l'heure mais qui fera ultimement dire au syndicat; tout ça pour ça.
En février on assistera dans les salles de cinéma à la grande première du film Tit-Coq du grand Gratien Gélinas, film dans lequel il tient toujours le rôle-titre et qu'il produira avec René Delacroix.
En mai on annonce que Radio-Canada va se doter d'une seconde station de télévision et qui ne diffusera qu'en français. Ce sera le fameux canal 2. Le 4 novembre on assistera à la grande première de La famille Plouffe de Roger Lemelin. On y verra Émile Genest, Paul Guèvremont, Amanda Alarie, Pierre Valcour et Jean-Louis Roux.
En décembre on écoutera une toute nouvelle chanson de Félix Leclerc qui deviendra légendaire dans son répertoire: Moi, mes souliers.
dimanche 16 novembre 2025
Les bougies Champion en 1921
Le saviez-vous? Le nombre de voitures à Montréal passe de 13,000 en 1921 à 65,000 en 1930. Les Ford étant fortement majoritaires dans le décor automobile de Montréal. Aujourd'hui en 2025 le nombre approche le million (présentement estimé à 983,000) et continue d'augmenter d'environ 15% à tous les cinq ans.
vendredi 7 novembre 2025
L'accident de tramways de 1921
Nous sommes le lundi 31 octobre 1921 aux petites heures du matin. Les gens se préparent à aller travailler. Ils sortent de leurs maisons en remontant le collet de leurs manteaux et sont accueillis par un brouillard épais qui, selon les dires, fait qu'on n'y voit rien au-delà de dix pieds. Pour pouvoir transporter plus de gens en même temps, on voit apparaître ici et là des tramways doubles, essentiellement deux voitures couplées ensembles mais dont seule la première est motorisée.
Que se passe t-il donc ce matin-là? Alors voilà, notre histoire se passe sur le circuit St-Denis/Ahuntsic qui relie le terminus Craig dans le Vieux-Montréal jusqu'au terminus situé à Ahuntsic. C'est un trajet assez simple qui ne dure en général qu'une heure, tout dépendant bien entendu des conditions climatiques. Or ce matin-là, comme mentionné plus haut, la ville est recouverte d'un épais brouillard. La prudence est donc de mise.
Du terminus Craig part le tramway double des voitures 1575 et 1663 en direction nord sous les commandes du garde moteur Alphonse Buron. Se trouvent aussi à bord le conducteur Alphonse Verret et environ une cinquantaine de passagers. Le circuit comporte une ligne double mais à la hauteur de Crémazie la ligne bifurque vers l'est et devient simple pour remonter le chemin Millen jusqu'au terminus situé plus loin au nord. Ce chemin était en plein champ car le quartier n'était absolument pas développé à ce moment-là.
Pour éviter que deux tramways ne se retrouvent face à face sur ce tronçon on avait aménagé une voie d'évitement qui permet à un tramway de s'y ranger afin de laisser passer l'autre. Un concept qui existe aussi dans le monde ferroviaire.
Le garde moteur Buron arrive à la hauteur de Crémazie et tourne à gauche prudemment afin d'aller emprunter le chemin Millen. Buron emprunte la voie d'évitement et attend que le tramway double composé des voitures 1573 et 1628 arrive. Mais il se fait attendre. On utilise donc le téléphone situé à un poteau situé tout près afin de communiquer avec la centrale.
Après quelques minutes Buron est autorisé à emprunter la voie mais avec prudence. Il rembarque à bord de son tramway et s'avance sur la voie. Mais à peine commence t-il à rouler qu'il aperçoit, surgissant de la brume, le tramway retardataire avec à bord le garde moteur Moise Dauphin et les conducteurs Alexis Joly et Emile Théorêt. il est environ 6:30 quand les deux tramways se fracassent l'un contre l'autre dans un fracas métallique épouvantable.
Peu de temps après l'impact, Emile Théorêt, l'un des conducteurs du tramway qui se dirigeait vers le sud parvient à sortir par l'arrière et se dirige le plus rapidement possible au poste de sémaphore afin de demander de l'aide au poste de secours situé au coin des rues St-Denis et Jean-Talon. Médecins et ambulanciers sont alors dépêchés sur place. Les secours arrivent et on se demande bien s'il se trouve quelconque malheureux qui a perdu la vie mais miraculeusement, tout le monde est vivant, quoique certains soient blessés sérieusement dont le garde moteur Buron qui souffre de lésions au dos et d'une jambe fracturée.
Certains des voyageurs ne souffrant que de blessures mineures sont soignés dans le dispensaire et peuvent regagner leur domicile alors que d'autres sont envoyés à l'hôpital Royal Victoria. Les équipes de la Montreal Tramways Company déblaient rapidement et efficacement la voie, si bien qu'a huit heures les tramways peuvent emprunter de nouveau le circuit.
On a pu évidemment savoir, en écoutant les témoignages de gens qui furent blessés dans l'accident, que les tramways allaient très vite. C'est ce que déclara M. St-Louis qui avait dit à son ami, Alphonse Paquette, que ca n'avait pas de bon sens de rouler aussi vite dans une brume pareille. Honoré Jolicoeur, un autre blessé, abonda dans le même sens et d'autres passagers dirent aussi la même chose.
Le garde-moteur Buron, hospitalisé à l'hôpital Général, accorda une courte entrevue où il affirma qu'il n'allait pas à plus de 12 ou 15 milles à l'heure mais que l'autre tramway allait très vite. Buron dit que lorsqu'il vit l'autre tramway arriver à toute vitesse il tenta de renverser le moteur mais que ce fut à toute fin pratique inutile.
Cet accident fut essentiellement dû au tramway double opéré par Moïse Dauphin qui, accusant un retard sur son horaire décida de reprendre le temps perdu en allant plus vite. Il est facile de comprendre qu'une telle manœuvre dans un épais brouillard n'était pas exactement l'idée du siècle et c'est ce qui provoqua la collision. La Montreal Tramways Company conclut aussi que de n'avoir qu'une seule voie pour le tronçon Millen était quelque chose à corriger (ben tiens!) et de ce fait, quelques six mois plus tard, elle fut doublée, éliminant ainsi les risques d'une autre collision.
Quant à l'ancienne ligne Millen elle suivait essentiellement ce qui est aujourd'hui l'avenue Millen, une rue résidentielle bordée de maisons d'un côté comme de l'autre et sur laquelle on retrouve les parcs Saint-Alphonse et Ahuntsic. Il serait bien difficile de déterminer exactement à quel endroit s'est produit l'accident.
Plusieurs années plus tard alors qu'il était à la retraite, le conducteur Émile Théorêt raconta le souvenir qu'il avait de ce terrible accident et, soulevant son chapeau, montra une bosse à la tête qu'il s'est faite ce jour-là et qui n'était jamais partie.
Le saviez-vous? La Montreal Tramways Company a été formée en 1911 afin de regrouper la Montreal Street Railway, Montreal Park & Island Railway and le Montreal Terminal Railway. En 1950 une législation est passée afin de créer la Commission de transports de Montréal, une entité publique, qui engloberait la Montreal Tramways Company. La Commission de transport de Montréal (CTM) est ensuite devenue la Commisison de transports de la Communauté Urbaine de Montréal (CTCUM) ensuite la Société de transport de la communauté urbaine de Montréal (STCUM) pour finalement devenir la STM que l'on connaît aujourd'hui.
vendredi 31 octobre 2025
La station Henri-Bourassa au début des années 80
L'autobus est le modèle New Look de General Motors qui a fait son apparition sur le réseau en 1959. Contrairement aux vieux modèles de la Canadian Car les New Look arboraient une facture moderne avec de large fenêtres. S'ils ont progressivement disparu du paysage montréalais pour être remplacés, la Société de transport de l'Outaouais a continué de les utiliser jusqu'en 2015. Certains de ces autobus ont été non seulement conservés mais aussi restaurés à leur apparence d'origine. Quant à la ligne Gouin #69 elle est toujours en service.
vendredi 24 octobre 2025
D'hier à aujourd'hui: la station de pompiers Van Horne
La station de pompiers numéro 4, appelée la station Van Horne, est la troisième incarnation de cette station. La première à porter ce numéro a été construite en 1857 au square Chaboillez. On la démolit en 1884 pour la reconstruire sensiblement au même endroit et elle est inaugurée en 1885 et ferme en 1934. Elle est alors démolie à son tour sauf qu'on ne la reconstruit pas. Pendant un bout de temps il n'y aura pas de station numéro 4 jusqu'à ce que l'on inaugure la nouvelle station Van Horne en 1952, au coin de l'avenue du même nom et de l'avenue Trans Island, à un jet de pierre de l'autoroute Décarie. Elle se verra attribuer alors le numéro 4.
Le bâtiment offre une facture architecturale simple, moderne et épurée, caractéristique de l'époque de sa construction, et qui inclut bien entendu une fameuse tour pour y faire "chesser" les boyaux après une intervention. À l'époque où la photo a été prise, en 1953, il se trouve une station-service Esso.
Pour les lecteurs plus jeunes, les stations d'essence d'autrefois offraient le service. On arrivait avec sa voiture et au sol, près des pompes, se trouvait un tuyau pneumatique en caoutchouc qui s'en allait jusqu'à l'intérieur de la station. En roulant dessus le changement de pression activait une cloche à l'intérieur, signifiant qu'un client venait d'arriver. Le pompiste arrivait alors et s'occupait à mettre dans la voiture la quantité d'essence tel que demandé par le client. Il vérifiait aussi la pression des pneus, la quantité de liquide lave-glace ainsi que le niveau d'huile à moteur. Au besoin, il remplissait l'air dans pneus et mettait les liquides à niveau, non sans avoir pris la peine d'avoir nettoyé le pare-brise. Dans le film Retour vers le futur, à 35 minutes et 50 secondes, on peut voir le personnage de Marty McFly qui, arrivé en 1955, est complètement abasourdi de voir, justement, une station-service du temps en pleine action avec des employés de la station Texaco qui accourent vers la voiture qui vient d'arriver. Au moment où le film a été tourné en 1984 il ne restait plus beaucoup de stations-services, ces dernières ayant migré vers le modèle libre-service.
lundi 20 octobre 2025
Petite fricassée et autres histoires
Ainsi donc l'été de 2025 a tiré sa révérence pour laisser sa place à l'automne. Me semble que ça ne faisait pas si longtemps que la belle saison ne venait que de commencer. En lieu d'une chronique sur un seul sujet donné j'ai opté de rattraper le temps perdu en écrivant une couvrant différents sujets qui ont capté mon attention ainsi que quelques petites aventures ici et là. Histoire aussi de faire un petit peu différent.
La place Versailles
La nouvelle est tombée au printemps; la place Versailles telle qu'on la connaît va disparaître dans quelques années pour laisser sa place à un immense projet qui va comprendre, entre autres, des condos luxueux (quoi d'autre), une petite poignée de logements dits "abordables", un parc et une école.
La place Versailles, j'en ai parlé dans cet article, n'est pas le premier centre commercial à voir le jour au Québec, de loin s'en faut. La palme revient au centre d'achats Boulevard, au coin de Jean-Talon et Pie-IX. Par contre, et ça faut le mentionner, les centre d'achats de l'époque ne sont qu'une enfilade de commerces et pour aller de l'un à l'autre faut passer à l'extérieur. Il en existe encore de ce genre là. Le centre d'achats Van Horne, sur la rue du même nom, en est un bon exemple. La différence avec la place Versailles c'est qu'il s'agit d'un centre commercial entièrement recouvert! Tous les commerces, trente au total, sont tous à l'intérieur. On peut donc flâner et faire ses emplettes beau temps, mauvais temps, hiver comme été. Vive la modernité!
Du reste, il n'y a plus grand chose de l'époque qui a subsisté hormis les sculptures d'Augusto Escobedo qui ont été installées en '64 et je suis bien curieux de savoir ce qui va en arriver. Une partie de moi ne serait pas exactement surprise que ces œuvres se ramassent au dépotoir, parce que le Québec est pas mal, malgré sa devise, un cancre quand vient le temps de gérer son patrimoine, ne serait-ce que des sculptures de centre d'achats... On verra.
De la visite
Au début de l'été je me préparais a aller faire quelques emplettes à vélo. J'étais à déverrouiller mon cadenas quand j'ai entendu un drôle de "glouglou". Je me demandais d'où ça venait. Était-ce ma voisine du haut qui digérait son merlot? Puis encore ce "glouglou". J'ai souri en pensant à Obélix dans l'album La grande traversée où Astérix et Obélix aperçoivent des dindes pour la première fois et ce dernier les appelle tout simplement des "glouglous". Je sors de la cour avec mon vélo et qu'est-ce que je vois ti-pas le long de l'immeuble où j'habite?
Une belle grosse dinde, un magnifique glouglou qui se pavanait comme ça. Je savais qu'il y avait des dindes qui se promenaient en ville, parfois seules mais plus souvent en p'tit groupes, mais là, devant chez moi? c'était une nouveauté. Pas agressive pour cinq sous, même un brin peureuse, elle a continué de picosser le gazon pour ensuite traverser la rue. Elle s'est en allée dans une ruelle au grand étonnement des enfants qui jouaient là.
Chaude et humide
La température ne nous a pas donné de répit l'été dernier. Cette capture d'écran démontre bien a quel point il fait chaud. Et en plus, presque pas de pluie, ce qui cause maintenant bien des soucis à nombre de municipalités qui dépendent de l'eau de lacs et rivières pour s'approvisionner en eau et aussi de résidents qui voient leurs puits presque à sec. Et pis là, y'a des entrepreneurs qui se spécialisent dans le forage de puits et qui sont débordés d'ouvrage.
Je ne me souviens pas du tout d'un seul moment durant mon enfance où l'on avait à endurer de telles températures. Je dis pas qu'il ne faisait pas chaud, mais du 45 Celsius ressenti? Nenni.
Un résident pas content
Ce p'tit duc maculé s'est trouvé un logement pas cher et abordable (le chanceux) dans un trou qu'avait creusé le grand pic. Mais voilà, le monsieur ne semblait pas content que je lui tire le portrait comme ça, même au bout de ma lentille de 600mm. Son faciès et sa binne maussade m'ont fait penser à ces vieux messieurs qui, de sur leurs balcons, fouettent l'air de leur canne en disant aux jeunes de ne piler sur leur gazon. Ça se passait au Jardin botanique à la fin de juin.
Parlant de logements...
Au début du mois de juin j'étais sur le trottoir face à l'immeuble où j'habite et je jasais avec ma voisine d'en haut lorsqu'une dame âgée est arrivée près de nous pour nous d'abord s'excuser puis de nous demander si on ne connaissait pas de logements à louer dans le coin. Y'en avait un dont j'avais vu la pancarte mais c'était un grand cinq pièces, trop grand pour ce dont la p'tite dame avait besoin. Elle avait épluché les annonces; Marketplace, Kijiji et autres sans n'avoir pu trouver quoique ce soit. C'était vraiment désolant à voir, tout spécialement avec le premier juillet qui s'en venait.
La crise du logement qui sévit présentement est certainement grave, mais pas sans précédent. En '57 la Ville de Montréal avait enclenché le Plan Dozois, afin de lutter contre les taudis mais dans le fond c'était davantage un prétexte pour raser des pans de quartier entiers et de se débarrasser de ce que la ville appelait des bidonvilles où se ramassait la saleté, la prostitution, la vermine et toutes sortes de maladies. Certes, y'avait de ces bâtiments qui faisaient dur, de vieilles bicoques qui tenaient de debout avec de la broche à poule mais c'était loin d'être la majorité. Il se trouvait quantité de bien belles bâtisse, solidement construites.
Un petit restaurant de quartier où l'on prépare des mets chinois avec son architecture caractéristique de ces commerces avec l'entrée située au coin tronqué du bâtiment. Il va bientôt disparaître.
L'épicerie Marsolais où le côté du mur affiche une magnifique publicité peinte de Coca Cola. Les amateurs de tabac Buckingham devront bientôt trouver un autre endroit pour s'en procurer car le bulldozer s'en vient.
Ce jeune couple curieux pose pour le photographe de la ville qui a déposé au sol, au bas de l'affiche Kik Cola, le numéro de référence. Ils n'avaient pas loin à faire pour se procurer plusieurs produits alimentaires dont ils avaient besoin puisque l'épicerie Lebeau se trouvait juste en dessous. Les deux tourtereaux devront bientôt se trouver un autre nid douillet, mais où?
Une autre épicerie qui va disparaître, celle de m'sieur Duval où l'on vent le fameux Kik Cola et le thé Salada. Un passage permettait d'accéder à la cour arrière. C'est un bâtiment qui semble bien solide mais pas pour l'administration municipale.
Ces deux dames en train de jaser observent le photographe de la Ville de Montréal. Le commerce de T. Lessard et Fils, tout juste derrière elles, semble avoir été déjà vidé, tout comme l'épicerie juste un peu plus loin. On remarque un beau Chevrolet Belair 1957 stationné sur la rue.
Tout comme le jeune couple et les deux jaseuses plus haut, un homme curieux oberse le travail du photographe. À ma connaissance il n'existe plus d'architecture de ce genre où les gens accèdent à leurs logements via un escalier central. Les fenêtres grillagées du rez-de-chaussée servent à protéger les fenêtres et les vitraux des balles perdues des enfants jouant dans la rue. Toutes ces photos sont du Service des archives de la Ville Montréal.
Mais le plan Dozois ne sera pas le seul travail de démolition à grande échelle. La construction de l'autoroute Ville-Marie, qui va débuter en 1965, va nécessiter l'expropriation de quantité de résidents et où l'on verra pas moins de 850 bâtiments se faire jeter par terre. Tous ces gens se retrouveront à la rue. La question se pose encore: où ces gens sont-ils allées. Montréal n'est pas encore développée comme elle l'est aujourd'hui, surtout dans le nord.La construction de la tour de Radio-Canada, brune et banale, va obliger la destruction de tout le quartier qui s'y trouvait. Ironiquement, Radio-Canada y allait d'un reportage en 1970 sur la crise du logement qui faisait rage à ce moment. L'élargissement du boulevard René-Lévesque (anciennement Dorchester) avait lui aussi mis à la rue quantité de résidents plusieurs années plus tôt. La rue Notre-Dame, à partir du pont Jacques-Cartier jusqu'à l'autoroute 25 qui connecte avec le pont-tunnel Lafontaine, a aussi été décimée de ses habitations et commerces afin de la changer en voie rapide. Avant cette démolition sauvage la rue Notre-Dame ressemblait en tous points à la rue Ste-Catherine à la même hauteur. Les gens qui se sont retrouvés sans logis ont dû peiner pour se trouver un nouvel endroit pour vivre. À l'est la construction de l'autoroute 25, justement, à requis la démolition d'une bonne partie du village de Longue-Pointe. Même le cimetière jouxtant l'église y a gouté. On a au moins pris soin de déménager les dépouilles à l'entrée du Repos St-François-d'Assise, connu autrefois sous le nom de Cimetière de l'est, et avant ça le cimetière des pauvres. Si vous entrez par la rue Sherbrooke vous y verrez le monticule et le monument qui marque l'endroit où les corps ont été ensevelis.
À la fin des années 80 les promoteux immobiliers ont cessé de construire des immeubles locatifs pour se consacrer presqu'exclusivement aux condos, qui vient du mot latin signifiant surfacturé sans aucune raison, comme disait le regretté Robin Williams.
Mais à cette époque les loyers étaient abordables. Lorsque je fréquentais le cégep du vieux il y avait des amis dans la classe qui habitaient un vaste logement sur la rue St-Denis et qui ne payaient que 350$ par mois. C'était avant que le quartier devienne à la mode, précipitant le coût des loyers dans la stratosphère. Idem pour le quartier de Mercier-Hochelaga, qui avait toujours été un secteur refuge pour les gagne-petit, ce qui n'est plus le cas aujourd'hui, malheureusement.
À mon avis, la solution réside dans la construction de logements sociaux et abordables, protégés de la spé-cul-cul-lation. À ce titre, les paliers de gouvernements doivent accessoirement agir ensembles pour le bien-être d'une société qui a bien besoin, et de façon urgente, de ces logements, mais là, ça prend de la volonté politique et c'est là, bien malheureusement, du domaine des contes de féées...
Les chanceux!
L'Halloween en août et Noël en septembre
Avant, à cause des changements de température, on disait "Y'a pu de saisons!". En entrant dans un Dollarama, j'ai vu des nouilles de piscine, des décorations d'Halloween et de Noël. Y'a plus de saisons, c'est bien vrai. Au début du mois d'août des magasins ont commencé à mettre sur leurs tablettes des cossins d'Halloween et au début de septembre, des bébelles de Noël.
Mais bon, on va pas se décourager. Les patentes de la St-Valentin vont sûrement débarquer d'ici quelques semaines.
Quand j'étais gamin les truc d'Halloween sortaient durant la première, sinon la deuxième semaine d'octobre. Et Noël? pas avant le mois de novembre dans la deuxième semaine, au plus tôt. En '73 ma grand-mère et moi avons visité le magasin Eaton des Galeries d'Anjou car elle voulait remplacer son arbre de Noël en aluméum, qui n'était plus à la mode. C'était au début de novembre. Arrivés dans le magasin on a été surpris de ne rien voir de Noël, même pas une décoration.
Z'êtes arrivée trop tôt ma chère dame, lui avait lancé le vendeur. Ils vont arriver la semaine prochaine. Au grand désespoir de ma grand-mère. Mais bon, nous ne sommes pas allés pour rien puisqu'une petite visite impromptue chez Toy World m'a valu une bien belle nouvelle voiture Matchbox.
Et pour finir
Comme vous le savez la page Facebook du blogue n'est plus active. J'ai délaissé cette plateforme y'a bien longtemps (geste que je ne regrette absolument pas) et la radieuse Noa (Jessica) a tenu le fort pendant un petit bout avant qu'elle aussi quitte le navire. Ceci pour dire que je n'ai pas de présence sur le ouèbe que ce blogue-ci. Pas de Facebook, pas d'Instagram, pas de TikTok, bref, rien pantoute. Si vous voyez quelque chose qui prétend être moi ou avoir un lien avec moi sachez que ça ne vient pas de moi et que je n'ai rien autorisé à cet effet.
Le saviez-vous? Ce blogue a vu le jour le premier janvier 2010!






















































