mardi 29 mars 2016

Les jouets en fer blanc

Les jouets en fer-blanc ne datent pas d'hier. Ils sont apparus au début de le seconde moitié du 19è siècle en Allemagne et, une fois fabriqués avec ce matériau ils étaient peints à la main par des artisans. Pas besoin de dire que le succès a été instantané. Un peu plus tard on a installé dans certains de ces jouets des petits mécanismes qui permettaient alors des petits mouvements mécanisés quelconques qui faisaient la joie des enfants. 

Un peu avant le 20è siècle on a élaboré une nouvelle technique permettant d'imprimer des motifs directement sur la tôle en utilisant le procédé lithographique dit «offset». Un fois les motifs imprimés sur les plaques, celles-ci étaient envoyés sous une presse qui leur donnait leur forme finale. Il ne restait plus qu'a assembler les composantes, à l'empaqueter et ils étaient prêt à partir pour les boutiques de jouets. L'Allemagne a été un très grand producteur de jouets en fer-blanc avec des compagnies solidement établies comme Bing, Fleischmann, Ghuntermann, Marklin et Lehmann, laquelle exportait plus de 90% de sa production. 

Un des pays où étaient expédiées ces exportations était le Japon et l'arrivée massive de jouets allemands de grande qualité a motivé certaines compagnies japonaises, comme Meiji et Taisho, à emboîter le pas. Il a toutefois fallu un certain temps pour l'industrie japonaise parvienne à un rythme de production appréciable mais un fois la cadence atteinte, le Japon a carrément éclipsé l'industrie allemande et la liste de compagnies japonaises qui fabriquaient des jouets en fer-blanc s'est rapidement allongée. Les États-Unis n'étaient pas en reste puisque leur production de jouets en fer-blanc a décollé au moment où des mines en Illinois on alors fourni aux compagnies des quantités phénoménales de matière première. Les jouets américains n'ont toutefois pu connaître leur essor qu'après la Première guerre, alors que le sentiment anti-Allemand était très fort. La plus grosse et la plus populaire des compagnies américaines dans ce domaine était bien entendu Louis Marx & Co., compagnie importante sur laquelle je reviendrai un jour. 

La Seconde guerre, comme on le sait, a temporairement mis un frein à toute cette industrie mais dès le conflit terminé le Japon a repris la production, offrant cette fois des catalogues extraordinairement variés qui comprenaient des camions, des trains, des fusées, des robots, des bateaux et bien d'autres. Ceux qui étaient destinés au marché américain portaient cependant la mention «Foreign» afin de rendre les relations commerciales plus aisées. L'inscription «Made in Japan» est arrivée plus tard. Au milieu des années 50 les jouets en fer-blanc japonais ont commencé à intégrer des petits circuits électroniques modestes qui permettaient de produire des sons et des jeux de lumières qui, on le devine, passionnaient les enfants. Quelques années plus tard près de 60% des jouets exportés par le Japon étaient en fer-blanc et dont voici quelques exemples.










Tout enfant ayant grandi dans les 50 et 60 a certainement eu en ses mains au moins un de ces jouets japonais. Aussi, ils n'étaient pas vraiment dispendieux et on pouvait les trouver à peu près partout. Ici à Montréal on pouvait compter sur les gros joueurs comme Simpson's, Zellers, La Baie, Eaton et autres mais aussi dans ces magasins de jouets de quartier comme le Bric à Brac sur la rue Ontario et qui existe encore. D'autres magasins, comme les fameux 5-10-15, ancêtres des magasins à $1, en tenaient toujours une bonne quantité en inventaire. Tenez, me voici durant les années 60, sur le balcon arrière et visiblement heureux de pouvoir m'amuser avec une voiture de police Cadillac motorisée avec gyrophares clignotants. 


Les années 60 ont cependant marqué le glas de l'industrie japonaise des jouets en fer-blanc, motorisés ou non, en raison de l'arrivée massive des jouets en plastique, plus durables et surtout, beaucoup moins coûteux à produire, sujet dont il sera également question un jour. Par contre ce n'est pas parce que l'industrie japonaise du jouet en fer-blanc s'est tournée vers autre chose que le créneau est demeuré vide pour autant. En fait c'est la Chine qui s'est alors mise à produire des jouets en fer-blanc. Un autre sujet que je creuserai éventuellement. 

Il y a de cela quelques années, au hasard d'une vente de garage découverte sur mon chemin, je suis tombé sur un petit bijou de jouet en fer blanc, en occurrence une magnifique locomotive motorisée de dimensions appréciables. Elle avait préalablement achetée aux États-Unis lors de la fermeture d'une vieille boutique de jouets et la locomotive faisait partie d'un lot demeuré invendu, c'est donc dire que la locomotive n'a pratiquement jamais été sortie de sa boîte, sinon très peu. Le monsieur a vu mon émerveillement et mon enthousiasme me la gentiment laissée pour quelques dollars seulement. 

En revenant chez-moi j'ai évidemment admiré cette magnifique prise et je n'ai pas pu m'empêcher d'y insérer trois piles "D" pour ensuite faire glisser le bouton de mise en marche. Quelle n'a pas été ma surprise de constater que la locomotive fonctionnait parfaitement. elle avançait, reculais et tournait de façon aléatoire tout en faisant un bruit de sifflet. quant au mécanicien il se dandinait de gauche à droite comme pour voir où il allait et la chaudière s'allumait d'un rouge vif. 

Regardons-y de plus près.

Comme on peut le constater, les couleurs appliquées sur le métal sont encore bien vives.  

Les roues ne tournent évidemment pas, elles ne font figure que de décoration. L'agencement des roues imprimées, soit deux roues de guidage avant, huit roues motrices ainsi que quatre roues porteuses arrières nous indique qu'il s'agit d'une locomotive de type «Berkshire», une locomotive au design ingénieux qui a connu un très bon succès sur les rails. Google Images en donne de très bons exemples. Toutefois, on a opté de peinturer la locomotive de couleurs vives et éclatantes, ce qui n'est pas sans rappeler, par exemple, la fameuse locomotive à vapeur «Daylight». On aperçoit toutefois, en-dessous, les deux roues qui sont montées sur un pivot et qui permet à la locomotive de tourner dans un sens comme dans l'autre. Elles servent également de roues motrices pour faire avancer.  

On note des détails intéressants comme les rampes de chaque côté. Sur les vraies locomotives ces rampes permettaient au mécanicien et autres de pouvoir s’agripper lorsqu'il devait monter sur la locomotive. Le devant de la bouilloire comprend également une belle reproduction imprimée des nombreux écrous ainsi que des gonds qui permettaient d'ouvrir le devant de la bouilloire. Ce qui n'est évidemment pas le cas sur ce jouet.  

Ah, et voici le mécanicien de la locomotive bien penché pour voir où il s'en va. En réalité, le mécanicien était celui qui opèrait la locomotive et sa place était à droite. À gauche se trouvait le chauffeur, soit celui qui faisait «chauffer» la chaudière soit avec du charbon ou de l'huile lourde dite «bunker». Le trme «chauffeur» est toutefois demeuré pour identifier ceux qui conduisent des autobus et des camions. Ici toutefois notre mécano semble assez compétent et expérimenté pour tout faire toute seul. Faut dire aussi qu'il n'a pas à se promener sur les rails ni à obéir aux nombreuses restrictions ferroviaires. Un salon ou une chambre d'enfant c'est beaucoup plus simple. Et plus sécuritaire aussi.  

Modern Toys aurait pu se contenter d'une simple cheminée imprimée mais on a opté d'en faire une plus vraie. Sur une locomotive à vapeur c'est de cette cheminée que s'échappent les gaz de combustion provenant de la chaudière ainsi que la vapeur expulsée des piston, cette dernière produit un effect de succion qui aide à aspirer les gaz de combustion en question. On l'a ici peinte d'un beau rouge attrayant. 

Comme mentionné plus haut, voici la chaude lueur de la chaudière. Lorsque le jouet est en fonction la lumière à l'intérieur clignote afin de véritablement donner l'impression d'un feu qui brûle. 


Ce que l' on voit ici sont les tuyaux qui sont connectés à un réservoir de sable. Ces tuyaux descendent vers le bas et s'arrêtent devant les roues motrices. Si les rails sont mouillées ou enneigées ou que la locomotive nécessite une traction supplémentaire, le mécanicien activait un levier qui faisait jaillir du sable devant les roues motrices, aidant ainsi ces dernières à mieux saisir les rails et à moins glisser. La véritable locomotive Berkshire possédait généralement six de ces tuyaux de chaque côté. 

Et voici la boîte originale où la locomotive est bien reproduite, incluant le mécanicien qui se penche. C'est au coin inférieur droit qu'apparaît le logo du fabricant soit Modern Toys. sur le côté, qu'on ne voit pas ici, se trouve l'étiquette de prix; $4.97. Voici d'ailleurs un petit vidéo que j'ai tourné et où on voit la locomotive en action. faut excuser le mouvement un peu lent, les piles que j'ai insérées approchent l'âge de la retraite. 




Le saviez-vous? Aujourd'hui si la Chine continue toujours de produire des jouets en fer-blanc et de les vendre à prix raisonnable, ceux fabriqués au Japon durant les années 50 et 60 sont ceux que les collectionneurs pourchassent avec beaucoup d'énergie et, selon la condition, certains items peuvent commander des prix assez surprenant, allant de quelques dizaines pour ceux ayant du «vécu» à plusieurs centaines et parfois plus pour les modèles rares encore intacts dans leurs boîtes. 

   

samedi 20 février 2016

Une chambre d'époque


Voici ce qu’il conviendrait d’appeler une chambre typique de garçon de l’époque. À peu de choses près cette chambre aurait pu être la mienne, mis à part les partitions de musique et les murs parfaitement blancs. Sur cette photo le garçon semble fort occupé à regarder quelque chose dans un microscope, comme je le faisais souvent avec le mien. Un bout de tissu, une pièce de monnaie, un bout de cheveux ou encore les spécimens sous lames de verre qui étaient compris avec le microscope. Il se trouve aussi sur le bureau des soldats de plomb que le garçon a peut-être peinturluré lui-même. Personnellement je préférais ceux tout en plastique, moins coûteux et plus faciles à remplacer en cas d'accident. On y voit aussi un kit de chimie de Gilbert’s, très populaire dans ce temps-là.

Sur la tablette du haut on peut voir un sous-marin ainsi qu’un destroyer de la Seconde guerre, fort probablement de la compagnie Revell. Plus à droite il se trouve un squelette de dinosaure (mauvaise posture anatomique) ainsi qu’une figurine Marx, possiblement de la série Nutty Mad. C’est toutefois sur la tablette du milieu que les choses deviennent intéressantes; l’œil attentif aura tout de suite remarqué quatre modèles de monstres Aurora soit, de gauche à droite, la Momie, Dracula, Doctor Jekyll and Mister Hyde ainsi que King Kong. Sur la tablette du bas règne le roi des monstres, Godzilla. Et comme on ne voit qu’une partie de la chambre on peut certainement supposer qu’il se trouve d’autres monstres ailleurs, peut-être Frankenstein, le Prisonnier oublié ou encore la Créature des marais. 

C'était bien entendu une autre époque, celle où l'internet, les consoles de jeux et les ordinateurs étaient encore bien loin d'envahir nos demeures. Jouer, découvrir le monde dans des encyclopédies, échanger des Matchbox, s'inventer des mondes avec une simple boîte de réfrigérateur vide était notre quotidien. C'était aussi la plus belle période de notre vie, sans que l'on ait la sagesse de s'en rendre compte. 




Le saviez-vous? Les modèles Aurora, qui ne sont plus sur le marché depuis longtemps, continuent d’être très populaires pour les hommes de ma génération et les modèles encore scellés dans leur pellicule de plastique peuvent parfois commander plus de cinq-cents dollars et parfois même au-delà.


mardi 19 janvier 2016

Monsieur Tranquille

Est-ce que monsieur Tranquille, Lesley de son prénom, (la poignez-vous?) a encore besoin de présentations? Bon, pour le bénéfice des plus jeunes générations allons-y donc avec une brève introduction. Allons-y tout de même, si vous le voulez bien. 

En 1975 donc, Télé-Métropole (canal 10 au cadran ou 7 sur le câble et ancêtre de TVA) diffuse une émission pour enfants appelée Patof raconte et créée par Gilbert Chénier, Patof étant bien entendu ce clown russe interprété par l’excellent Jacques Desrosiers. Agissant à titre de bruiteur se trouve, hors-caméra, Roger Giguère et que Patof désigne comme étant monsieur Tranquille.


Un an plus tard Éric Mérinat et Daniel Tremblay créent la marionnette de monsieur Tranquille, représenté comme un vieux monsieur à lunettes et à la calvitie galopante. La marionnette est bien entendu manipulée par Roger Giguère qui lui prête aussi sa voix. Monsieur Tranquille enregistre alors pour endisquer un 33-tours; Faut pas m’chercher, lequel se vend à plus de 40,000 exemplaires. On y retrouve entre autres des chansons qui sont devenues très populaires comme Madame Thibault, Ça va pas dans l’soulier, Faut pas m’chercher, ces deux dernières devenant même des expressions qui sont entrées dans le patois des Québécois.


En 1977 on en profite aussi pour lancer sur le marché une marionnette à l’effigie de monsieur Tranquille, un peu comme l'avait fait Radio-Canada quelques années auparavant avec Bobinette ainsi que Nic et Pic. La fabrication est confiée à l’entreprise taïwanaise Entreprises NSB et les Promotions Atlantique s’assurent de la distribution. Il y a de cela un certain temps j’ai eu la chance de dégoter une de ces marionnettes dans une brocante. En parfait état et ne montrant pratiquement aucun signe d’usure, je n’ai pas eu besoin de me faire prier pour l’acquérir.






Le saviez-vous? Malgré le grand succès du personnage, la carrière de monsieur Tranquille aura tout de même été de courte durée. En 1978 son émission Le monde de monsieur Tranquille, loin d’obtenir du succès, est retirée des ondes à la mi-saison et monsieur Tranquille disparaît alors du paysage. 

vendredi 25 décembre 2015

Du hockey pour Noël 1972

Veille de Noël 1972. Cette journée-là, assez brumeuse au demeurant, pas d’école forcément puisque c’est un dimanche. La température, assez douce, a fait que j’ai passé pratiquement tout mon temps dehors, dans la cour à me creuser un fort dans l’épaisse couche de neige. Lorsque je suis rentré à l’heure du souper mon «suit» de ski-dou à lui seul pesait une tonne tellement il était mouillé.


Ça, c'était avant de sortir dehors.

J’étais assez fébrile, et pour cause, puisque je savais que j’allais déballer tous mes cadeaux à minuit (ou aux environs) en présence de la parenté. Malgré tout, pas d’exception pour le dodo et à huit heures j’étais sous la couette. Je ne sais pas comment j’ai pu faire mais je me suis finalement endormi. Clac!

Puis, je me suis fait réveiller par mon père. Parfaitement dans les vapes, j’avais quelque peu oublié l’occasion pour laquelle on me sortait comme ça de mon sommeil, et surtout, de mon lit bien chaud. Tout m’est revenu lorsque j’ai entendu tout le brouhaha provenant du salon. Mon père m’a pris dans ses bras en me disant qu’il y avait une surprise qui m’attendait. C’est vêtu de mon pyjama Patof et les cheveux tout à fait ébouriffés que j’ai découvert cela à l’entrée du salon :


Évidemment mon style parfaitement hirsute détonnait quelque peu d’avec toute la parenté, bien endimanchée qu’elle était mais moi, pour être bien honnête, ça faisait fichtrement mon affaire. Donc, voilà, j’avais sous les yeux un magnifique jeu de hockey Coléco que mon père et mon oncle avaient patiemment assemblé pendant que je ronflais. Fallait le faire. Pas besoin de dire que j’étais content. Quel gamin ne l’aurait pas été. Le jeu, dans son ensemble, avait de quoi impressionner et pour cause. Si la plupart des jeux de hockey se jouaient sur une table, le mien possédait ses propres pattes. Au-dessus de la patinoire, une arche supportait le panneau de jeu dans lequel il fallait glisser la rondelle pour les mises au jeu. Les côtés étaient décorés des équipes de la LNH de l’époque, alors beaucoup moins nombreuses qu’aujourd’hui. Il y avait même une baie vitrée qui, sans avoir de réelle utilité, ajoutait une petite touche de réalisme. Même la boîte avait un petit quelque chose d’excitant avec ses illustrations dynamiques. Ce sont là des cadeaux que l'on n'oublie pas de sitôt au point où on leur laisse encore une place d'honneur au salon.






Coléco, fabriquait à l’époque toute une série de jeux sportifs qui comprenait aussi le basket-ball et le football. Certains de ces jeux se jouaient sur table et d’autres, comme le mien, étaient montés sur leurs propres pattes. Ces jeux étaient tous fabriqués à partir de l’usine qui se trouvait alors au 4000 de la rue St-Ambroise, dans le quartier St-Henri, tout juste sur les abords du canal Lachine. Même si Coléco n’existe plus depuis 1989 le bâtiment quant à lui est toujours là et semble avoir majoritairement conservé son apparence d’origine.



Le saviez-vous? Coleco a commencé son existence en 1932 en tant que Connecticut Leather Company et commercialisait à l’époque des kits d’artisanat pour le cuir. Le plastique et les jeux ne sont arrivés que plus tard, durant les années 60. 

samedi 28 novembre 2015

Novembre

Enfin le samedi matin. Je l’ai attendu longtemps çui-là. Depuis le dimanche précédent en fait. Le store de ma chambre, bien descendu jusqu’au bas, garde la pièce dans une semi-obscurité apaisante De par la lueur qui émane de chaque côté par contre je devine bien qu’il ne fait pas soleil. Peut-être, avec un morceau de chance, est-ce qu’il a neigé cette nuit? Seul le filtreur de mon petit aquarium empêche la tranquillité absolue. Son faible ronron, accompagné du bruit de petite bulles qui éclatent à la surface de l’eau a tout de même un petit quelque chose de réconfortant. Parfois le soir j’aime bien laisser la petite lampe allumée et m’endormir en regardant mes poissons.

Bien au chaud sous les couvertures, je n’ai pas envie de me lever de suite. J’étends un bras pour prendre un Pif Gadget, celui de la semaine passée. Le numéro de cette semaine arrive ce matin et j’ai déjà bien hâte d’aller me le chercher. Je me demande bien d’ailleurs quel sera le gadget. Après avoir résolu de nouveau l’enquête de Ludo et relu l’aventure de Docteur Justice, je décide de me lever. J’allume la lumière de l’aquarium et j'en nourris ses locataires qui semblent avoir bien faim, tout comme moi.

En arrivant dans la cuisine je tire le rideau de la porte arrière et constate que, malheureusement, il n’a pas neigé. S’il se trouve un peu de neige, c’est très épart et il n’y en a certainement pas assez pour faire un bonhomme. Encore moins pour aller glisser à la pente. D’ailleurs la veille il a plu pas mal. Comme je l’avais deviné, le ciel est gris. D’ordinaire j’égaierais tout ça avec un bol de Count Chocula et un généreux sandwich au beurre d’arachides que j’emporterais dans ma chambre, avec infinies précautions bien entendu, pour déguster tout ça en regardant la télé. C’est que maintenant je dispose d’un petit téléviseur en noir et blanc, celui qui se trouvait dans la salle à manger auparavant et qui a maintenant été remplacé. Mais pas de déjeuner pour l’instant. Comme c’est samedi nous allons bientôt quitter pour aller aux Galeries d’Anjou pour aller déjeuner, après quoi nous allons faire l’épicerie chez Dominion.




Avant que l’on parte toutefois il y a quelque chose d’important que je dois faire absolument; aller me procurer le nouveau Pif. Je m’habille et compte ensuite les sous que j’ai en poche. Il m’en faut 75 car c’est ce qu’il coûte maintenant. Avant c’était 50. Heureusement j’ai fait quelques commissions, dont quelques-unes pour la vieille dame qui demeure en face et après recomptage j’en ai suffisamment. J’enfile mon manteau d’automne, peut-être pour une des dernières fois de la saison. Juste avant que je n’ouvre la porte de l’escalier qui mène en bas ma mère m’interpelle. Oui maman, je m’en vais juste au coin aller chercher mon Pif et je reviens tout de suite. Je descends l’escalier et en ouvrant la porte voilà que le catalogue Distribution aux Consommateurs, bien enveloppé dans sa pellicule de plastique, me tombe sur les pieds. Voilà qui vient de faire ma journée, c’est certain. Je le prends et le place sur une des marches de l’escalier. Je le reprendrai tantôt. Le lire tout de suite en revenant? Ah non. Je l’ai attendu toute l’année ce fichu catalogue et je compte bien le consulter bien tranquillement ce soir, étendu bien confortablement sur mon lit. En marchant vers l’épicerie je redoute cependant que le Pif ne soit pas encore là. C’est déjà arrivé dans le passé et je devais alors revenir plus tard. En ouvrant la porte mes yeux vont directement au présentoir. Pif est là. Fiou! Bon, qu’est-ce que c’est cette fois? Voyons voir… « Un gadget pour préparer la fête avec Supere Carlos.» Hum. Connais pas ce type. Il a l'air drôle.


En revenant à la maison voilà ma mère qui m’attend. Je laisse le catalogue Distribution aux Consommateurs ainsi que mon Pif sur mon lit et on part avec ma grand-mère. Rendu sur place on opte pour aller déjeuner au restaurant chez Simpson’s. Il me plait bien, surtout avec ses grandes fenêtres. Je choisis une omelette ainsi qu’un «ordre de toasts». C’est comme ça qu’on dit ça et j’sais pas pourquoi. Je m’assure que l’on ait suffisamment de «cups» de beurre d’arachides parce que moi, je tartine épais.

Le déjeuner terminé on s’engouffre dans les entrailles du centre commercial. J’aime bien les Galeries d’Anjou. J’apprécie l’élégance des allées, les nombreuses plantes qui les jalonnent ainsi que les belles fontaines. Les devantures de boutiques aussi ne manquent pas d’épater. Il s’en trouve une d’ailleurs avec une plate-forme avec des mannequins à l’intérieur qui tourne sur elle-même tout en montant et descendant. Les employés ont déjà installé les décorations de Noël. C’est tout de même le mois prochain.



En approchant le Dominion, bien campé juste devant le Steinberg, on passe l’arcade de jeux ainsi que l’animalerie. Tantôt faudra que j’y revienne. Tout comme au Toy World d’ailleurs. La raison pour laquelle je choisis d’accompagner ma mère c’est parce que ça me donne l’occaze non seulement de conduire le panier mais aussi de pouvoir glisser subrepticement quelques gâteries dans le panier alors que ma mère regarde ailleurs. À la caisse, pendant que je sifflote innocemment tout en regardant dans les airs, lesdites gâteries sont passées et bien souvent ma mère ne s’en rend compte qu’une fois à la maison. Je suis passé maître dans l’art. En payant on spécifie que ce sera pour cueillette à l’auto alors les sacs sont tout de suite mis dans des bacs et expédiés dans une salle froide avec une étiquette. Toute la commande va y rester jusqu’à ce que l’on aille la prendre plus tard.

Après l’épicerie c’est généralement le moment où ma mère et ma grand-mère en profitent pour aller magasiner des trucs de femmes. Rien d’intéressant pour moi là-dedans. Alors voilà, pendant qu'elles vont batifoler dans les robes et autres brassières (je crois), moi je file d’abord à l’animalerie, pour admirer les chatons surtout. J’en voudrais bien un mais on me dit toujours allergique. Moi je n’en suis pas certain. Puis, je me glisse à côté à l’arcade de jeu dont l’entrée est bien gardée par Zoltan. À l’intérieur les machines clignotent et pétaradent. Je ne joue pas cependant. Oh, pas parce que cela ne me tente pas, bien au contraire, mais j’ai dépensé mes sous pour mon Pif. S’ensuit une visite chez Toy World. Ce n’est pas très grand, et ça ne se compare certainement pas avec le rayon des jouets de chez Woolco ou Miracle Mart, mais c’est justement ce p’tit côté intime qui me plaît bien. Et parfois on peut y trouver des choses que l’on ne voit pas ailleurs. Comme mon Aigle de la série Cosmos 1999 d’ailleurs. Avant même que je ne m’en rende compte il est temps d’aller rejoindre ma mère et ma grand-mère. On doit s’attendre devant le Simpson’s et c’est là que je les trouve. En quittant on s’arrête au service de commande à l’auto du Dominion où toute l’épicerie que l’on a faite plus tôt nous attend. C’est vachement pratique ça. Chapeau à celui qui a pensé à cet ingénieux petit système. À la maison, après avoir monté tous les sacs d’épicerie, faut tout déballer. Pas exactement l'activité favorite des gens lorsqu'ils reviennent du supermarché. Voici un exemple de ce que l'on retrouvait dans l'un de ces sacs.




Voilà. On y trouve des pailles pour boire, parce que j'aime bien. Du Bon Ami, pour nettoyer (ça, ce n'est pas mon boulot, ha ha), de l'aspirine pour enfant, pour ces moments où je fais un peu de fièvre. Y'a aussi du détergent Domino, la marque maison de Dominion. Des Q-tips, une lampe de poche (pour éclairer l'intérieur de mes forts de neige le soir), le TV Hebdo, que je consulte religieusement afin d'y trouver des mots-clés comme «science-fiction» ou encore «Godzilla» et enfin une voiture Matchbox que j'ai glissée sans que ma mère ne voit. 

Place aux choses sérieuses, soit la lecture de mon Pif. Je le sors de son cellophane. Après l’aventure de Pif j’en arrive aux lectures «sérieuses». Cette semaine j’ai droit à Loup Noir et Davy Crockett. Puis Corinne et Jeannot, série dont je me suis lassé il y a un bout parce que c’est toujours Jeannot qui en prend dans la tronche pendant que l’autre chipie s’esclaffe. Ah tiens, Érik le Rouge, une série que j’aime bien. La section des jeux maintenant. Voyons l’énigme de Ludo si je peux la résoudre. Hum. Pas facile. Je termine avec une aventure d’Arthur le fantôme et Horace, cheval de l’ouest. À la fin, comme toujours, un gag de Mordillo. Un coup d’œil à on cadran m’indique que l’heure de Bagatelle approche mais je dispose d’encore au moins trois quart d’heure. Allez hop, un peu de Lego. La tentation de feuilleter le catalogue Distribution aux Consommateurs rôde mais je résiste.

Arrive enfin Bagatelle et toute sa fricassée de bouts de films dépareillés, ce qui fait d’ailleurs son charme unique; de Bugs Bunny à un obscur court-métrage image par image venant d’un pays d’Europe. Puis, vient Déclic. Après le souper, alors qu’il fait presque noir dehors, je m’installe dans ma chambre et me prépare pour une émission que j’ai attendue toute la semaine. J’ai encore des frissons à penser au cauchemar de l’été dernier alors que les jeux olympiques au stade avaient carrément monopolisé les ondes et par conséquent, privé de mon émission fétiche. On dira que cela n’avait duré une semaine mais pour moi c’était une semaine de trop. Enfin.

Là, devant mon petit téléviseur, j’ajuste l’antenne pour obtenir la meilleure réception. Puis, j’insère dans mon petit magnétophone une cassette de 60 minutes vierge, ou une déjà enregistrée et que je suis prêt à sacrifier. Je glisse le magnétophone près du haut-parleur de la télé. J’appuie sur pause ensuite sur «play» et «record» simultanément. C’est que j’enregistre religieusement l’émission que je réécoute par la suite en construisant des Aigles et autres vaisseaux avec mes Lego. Dans la mesure du possible je tente de réduire les bruits ambiants mais le jappement du chien, la sécheuse qui barouette le linge ou le téléphone qui sonne sont parfois inévitables.

Une fois les vaisseaux terminés et les Lego rangés j’éteins le plafonnier pour ne garder que ma lampe de chevet. Là, en pyjama et étendu à plat ventre sur mon lit, j’entreprends la lecture méthodique du catalogue Distribution aux Consommateurs. Il est très méthodique ce catalogue car les catégories d’articles y sont toujours présentées dans le même ordre en se terminant par les jouets, gardant ainsi le meilleur pour la fin.

Après avoir passé la section des p’tits bébés arrive celle un peu plus sérieuse. J’y admire de magnifiques ensembles Lego et aussi Meccano. Tiens, le fameux Vertibird, sorte d’hélicoptère que l’on contrôle avec des manettes. Ça l’air amusant. Cette piste de course Matchbox aussi. Les Tonka ça ne manque pas. Incassables ceux-là mais j’avoue avoir quelque peu passé l’âge de jouer dans la terre avec des camions. Voilà les jeux de société et autres. J’en connais certains mais d’autres me sont parfaitement inconnus. Ah? Un jeu de Jaws, le fameux requin dans le film. Je note.

Hum. Ce camion pour figurines Big Jim semble bien intéressant. Ça vient avec plein d’accessoires. Je note. Je continue ma lecture attentive mais bientôt les yeux commencent à me fermer. Et puis je baille aux corneilles. Je donne la nourriture aux poissons et je ferme la lumière. Demain je pourrai déjeuner aux Count Chocula et un gros sandwich au beurre d’arachides. Avec un peu de chance je pourrai attraper Yogi à la télé ainsi que Temporel plus tard. Dans une semaine, peut-être deux, la neige arrivera et avec elle les bonhommes de neige, les forts et les glissades en même temps que les lumières festives que les gens vont installer dehors. Je ne manquerai pas de penser à ce que je vais bien trouver sous l’arbre. On verra, on verra. Ça viendra, ça viendra. 




Le saviez-vous? Les premiers catalogues ont fait leur apparition vers 1498 lorsque l'éditeur vénitien Aldus Manutius a distribué un catalogue contenant la liste des livres qu'il imprimait. Au Canada le premier catalogue commercial a été publié en 1884, c'était celui de la compagnie Timothy Eaton & Co. 

dimanche 25 octobre 2015

Petite histoire du prisonnier oublié

Les monstres à coller de la collection Aurora dans les années 60 et 70 étaient majoritairement fabriqués sous licence. En ce qui concerne Frankenstein, Dracula, le Loup-Garou et la Momie, et bien que ce soient des personnages issus du domaine publique, les représentations qu’en faisaient Aurora avaient été conceptualisées par les studios Universal avec leurs films classiques avec Karloff, Lugosi et Chaney jr., et celles-ci étaient protégées par des droitsd'auteur. Quant à Godzilla et King Ghidorah ils étaient la propriété de Toho, donc aussi fabriqués avec pleine autorisation. L'autre truc c'est que pour tous ces personnages on connaissait bien les histoires à l'exception de deux modèles bien précis: la sorcière ainsi que le prisonnier oublié (dont je vous ai parlé dans cet article-ci et également dans celui-là), ce dernier ayant été le modèle le plus populaires de la collection et celui qui est le plus prisé des collectionneurs aujourd'hui. Même les autres monstres s'amusaient à assembler le modèle.


Mais toujours est-il que l’on ne savait absolument rien de ce prisonnier en question. Qui était-il? Depuis quand est-il là et surtout, comment s’est-il retrouvé dans une telle position? À cet égard, Aurora a donc voulu donner au personnage un peu de substance et on a confié à Robert Rosen la tâche d’imaginer l’histoire de l’infortuné squelette et à Tony William Sune le soin d’illustrer tout ça. Le récit a donc été publié vers la fin des années 60 en collaboration avec le magazine Creepy quoique je soupçonne possiblement aussi une parution dans Famous Monsters of Filmland.
Ce que l’on découvre c’est que le destin du prisonnier oublié découle d’une rivalité entre deux nobles italiens du moyen-âge qui se disputent le même territoire. Chacun exploite les habitants en les taxant à outrance mais ils en viennent à se rendre compte assez rapidement que ceux-ci, déjà pauvres, ne peuvent payer deux nobles. Ces derniers vont donc comploter pour s’éliminer l’un et l’autre. L’un des deux se retrouvera enchaîné au cachot et l’autre ne connaîtra pas de sort plus enviable.
L’histoire est tout de même assez courte et ces nobles qui taxent à outrance les habitants n’est pas sans rappeler ces fameux fermiers généraux de la France du 18è siècle et qui étaient décrits comme «…les sangsues du peuple, une peste qui infecte le royaume, une vermine qui dévore la nation1 

Personnellement j’aurais préféré une histoire qui nous aurait rendu le prisonnier sympathique à son sort plutôt que d’en faire les restes d’un sinistre félon. On aurait ainsi pu s’inspirer, par exemple, de la légende du fantôme du château de Duntrune. Plusieurs années plus tard, la compagnie Polar Lights, ayant acquis les moules (et les droits) d’Aurora, a fabriqué une sorte de suite au prisonnier oublié de Castel Mare : le fantôme de Castel Mare, un modèle intéressant pas pire du tout.




Quoiqu'elles aient réellement existé au moyen-âge, les véritables oubliettes ne sont en réalité que bien peu nombreuses. Un certain nombre d'entre elles ont souvent été confondues avec des caves profondes. Ce que les archéologues ont aussi constaté c'est que plusieurs étaient en réalité des latrines, parfois des celliers ou des endroits pour conserver au frais de la nourriture. 




1 Jean Kappel, « Les fermiers généraux », Nouvelle Revue d'Histoire, n°75 de novembre-décembre 2014, p. 51-53

dimanche 4 octobre 2015

Le vieux chaudron

 Le 1er juin 2014 je signais une chronique dans laquelle je parlais du restaurant La caillette, situé à Maskinongé, lequel est toujours ouvert depuis 1961. J'y racontais, entre autres, combien il était agréable d'y déguster un cornet de crème glacée et de faire un tour de go-kart sur la piste tout juste à côté. 

Il s'y trouvait cependant une autre raison pour apprécier ce petit voyage; le restaurant Le vieux chaudron, lequel se situait juste en face. Conçu selon l'architecture dite "A-Frame", le restaurant se démarquait non seulement pour cette raison mais aussi pour son style parfaitement rustique et également pour son menu résolument canadien!

Numérisation de la carte postale du restaurant.

La carte postale ci-haut nous montre à la fois l'extérieur ainsi que l'intérieur du restaurant. On note les spécialités du menu; tourtière, fèves au lard et crêpes. Et justement, ces crêpes, étaient assez uniques dans leur forme. Au lieu d'une crêpe banale ayant la forme d'un 45 tours, celles du Vieux chaudron étaient telles de grosses toiles d'araignées. Et comme le dit le slogan de la carte postale: c'était vraiment bon, surtout avec une bonne de véritable sirop d'érable! 

Outre le décor composé de raquettes, de scies et autres, il se trouvait, adjacent à la salle à manger, un terrarium où logeaient deux tortues terrestres et que l'on observait au travers un grillage de broche à poule. En attendant l'arrivée de la nourriture à notre table, ces tortues nous tenaient parfaitement occupées. Le restaurant n'existe malheureusement plus, ayant été détruit par un incendie en 1991. 




Le saviez-vous? Les premières familles de Maskinongé s'y sont établies en... 1700 et y passait alors le fameux Chemin du Roy, lequel a été largement remplacé par la route 138. 

vendredi 2 octobre 2015

Les tatouages temporaires

En c'te début des années 70 le mot dépanneur ne faisait pas encore partie du lexique populaire Québécois mais allait y entrer quelques années plus tard. Avant, on les appelait les épiceries de quartier parce que c'est justement ce qu'ils étaient. Ces épiceries et autres petits commerces dits de "variété", offraient souvent outre la nourriture, des jouets, des bonbons en vracs que l'on se procurait pour cinq sous le sac, les fameux sacs à surprises. Ces sacs aux contenus douteux et empreints de médiocrité, vendus à 5 sous, se retrouvaient prestement dans la poubelle la plus proche. 

Par contre, s'il y avait bien un investissement qui en valait la peine, c'était les tatouages temporaires. Ceux-là, vendus pour 1 sous comprenait un tatouage de pirate et une gomme balloune. Avec le 5 sous que l'on aurait dépensé pour un sac à surprises, on se retrouvait comme ça avec assez de tatouages pour se couvrir les deux avant-bras et assez de gomme balloune pour au moins trente secondes. 

On retrouvait des thématiques variées, comme ici avec la populaire série pour enfants The Banana Splits. Il y avait aussi des thèmes de jungle, de sport, de monstres et de pirates!

La thématique des pirates était fort populaire, et au prix d'un sous seulement, ça faisait amplement le bonheur des p'tits gamins. 

J'ai la chance d'avoir dans ma petite collection une longue bande de ces tatouages de pirates qui n'a pas été coupée pour être insérée dans les emballages. Je vous propose de regarder ça de plus proche.

Voici le début de la bande en question. Les tatouages consistaient de pirates amusants et de petites scènes maritimes. Les bandes noires que l'on voit indiquent l'endroit où la coupe devait se faire. 


Comme on peut le voir, le lettrage était inversé et une fois appliqué sur un avant-bras, il se lisait à l'endroit. 

Des instructions simples à suivre. On se léchait l'avant bras, on plaçait le tatouage à l'endroit désiré et on le tenait sur place fermement pendant quelques secondes et hop! le tatouage était en place. 

En-dessous de cette scène, on y voit la mention que les couleurs sont certifiées être des colorants alimentaires.

Outre Barbarossa que l'on a vu sur une bande plus haut, on retrouvait aussi Captain Kidd! 

Ces tatouages, étant fabriqué avec des colorants alimentaires, s'enlevaient avec de l'eau, du savon et un peu de frottage avec une débarbouillette. Ils ne duraient pas longtemps non plus. Après quelques heures à jouer dans la ruelle ou avec nos Tonka dans la terre, ils avaient disparu de moitié. On s'amusait de se voir le lendemain avec encore quelques traces de ces tatouages qui avaient résisté au bain. 




Le saviez-vous? La compagnie Fleer a été fondée en 1885 par Frank H. Fleer et s'est immédiatement lancée dans la fabrication de gomme balloune. Elle a aussi produit une grande quantité de cartes à échanger. La compagnie a été vendue à Upper Deck en 1995.