dimanche 30 août 2015

Le Jardin botanique et moi

Quand le Jardin botanique de Montréal ouvert ses portes en 1931, facile de deviner que les visiteurs, surtout ceux des quartiers environnants, en ont eu plein le toupet. Des beaux jardins soigneusement conçus pis disposés de façon géométriques avec plein de belles fleurs dedans. Tout ça dans un cadre instructif et éducatif conçu par le frère Marie-Victorin et Henry Teuscher. 

On avait choisi une très vaste terre; de la rue Sherbrooke, le long de Pie-IX, et jusqu'au boulevard Rosemont, lequel, dans le temps, n'espérait même pas dans temps à porter le nom de boulevard. Ce n'était qu'un large chemin de terre avec pas grand chose de part et d'autre sinon quelques petites maisons de ferme ici et là. Plus loin à l'est l'actuel boulevard Rosemont se noyait dans les champs.  

Le terrain du Jardin botanique quant à lui jouxtait le parc Maisonneuve, qu'on avait créé en 1910. C'était là le désir du maire de Maisonneuve de doter la municipalité d'un magnifique parc où les résidents pourraient se rendre afin de se détendre dans un oasis de verdure. Marius Dufresne, l'architecte à qui l'on doit le marché Maisonneuve, le bain Maisonneuve et la station de pompiers/police sur Notre-Dame plus au sud, avait élaboré les plans d'un boulevard Morgan qui joindrait le parc à la hauteur de l'actuelle rue Sherbrooke. 

Comme on le sait, la ville de Maisonneuve, fortement endettée par ses grandioses projets, a dû s'annexer à Montréal, et le parc Maisonneuve a alors été administré par la ville dès 1926. À l'époque le parc n'occupait que la partie sud de son emplacement actuel et pendant un temps, la partie au nord jusqu'à Rosemont avait été lotie pour d'éventuelles constructions, mais rien n'en fut fait. Heureusement! 

En 1939 on termine la construction des jardins d'accueil et du bâtiment administratif. On aurait pu les finir avant mais la crise économique a mis le frein a main sur pas mal de projets. On en a profité pour améliorer davantage l'offre aux visiteurs; davantage de jardins, des plans d'eau avec des fontaines, et en 1956 ce sont les serres et le restaurant que l'on va construire. On avait même un service de navette qui permettait aux visiteurs d'admirer le espaces du jardin sans trop se fatiguer. On a aussi construit un restaurant, parce que marcher les 75 hectares du jardin, ça creuse l'appétit. 

J'avais presque deux ans lorsque j'y ai mis mes [petits] pieds pour la première fois au Jardin botanique en 68. Pas assez de mes deux yeux pour tout voir. Ma grand-mère, avec laquelle j'ai grandi, m'y amenait souvent. 

Me v'la, durant l'été de 1968 en compagnie de ma mère grand. Et le même endroit aujourd'hui, où j'aime souvent m'asseoir comme quand j'étais petit pis me dire que maudit que le temps a passé vite. Des fois, j'aime l'imaginer à côté de moi. 

Un autre photo de moi au même moment, vraisemblablement prise avec le Duaflex III parce qu'on voit que le film a mal été remonté. Et le même endroit aujourd'hui, lequel a pas trop changé mais mériterait un p'tit peu d'amour

Les ceuzes pis les celles qui me connaissent savent à quel point j'aime ça encore aujourd'hui, me perdre dans les dédales du Jardin; du jardin des plantes vivaces au boisé Hancock en passant par le Jardin des Premières Nations pis le jardin d'ombres. Et à peu près n'importe où entre. On en profite car c'est à peu près le seul p'tit luxe de verdure et de nature que l'on a dans le coin, entre les boulevards bruyants de klaxons, de gros moteurs diesel, de chars pressés et pis du béton. 




Le saviez-vous? Par une bonne journée, durant la belle saison, on peut y aperçevoir plus de cinquante d'espèces d'oiseaux différents, mais encore faut-il ouvrir l'oeil, et le bon car certaines sont résolument plus timides que d'autres!


lundi 24 août 2015

cristos

On y retrouve de ces amateurs d’art, calepins et crayons à la main qui scribouillent et barbouillent les statues. Par là, ce sont ceux que les fleurs attirent comme les abeilles, penchés consciencieusement sur un bouquet. Ils observent dans un sens comme dans l’autre. Une corbeille d’argent? Une cruciannelle? Une ipomée? Ils cherchent dans leur bouquin aux pages jaunies et retroussées dont les pages laissent parfois échapper une feuille sèche, mise là comme un marque-page de la vie, d’un moment, d’un amour passé, perdu. Il y a bien aussi les férus d’architecture qui ne manquent pas d’admirer un art de bâtir parfaitement révolu. On retrouve aussi ceux qui sont installés dans la quiétude, plongés dans un roman quelconque, pas le moins dérangés qu’ils sont par les ornithologues amateurs qui admirent un bruant chanteur alors qu’un colibri à gorge rubis chante plus loin. Au travers tout ce monde, plus discrets, sont les pieux, qui sont venus pour quémander une faveur en s’agenouillant devant une des douze stations. De ceux-là, il y en à moins qu’avant et sont souvent les derniers tenants de la génération dite tranquille, issus d’une époque bien différente de la nôtre. Ils ont connu les vêpres, les rosaires, les neuvaines et les messes interminables récitées en latin. Aujourd’hui on croit moins d’une part et on ne croit plus de l’autre, mais il s’en trouve encore qui s’y accrochent à leur foi comme les cirripèdes sur la coque des bateaux. Avec un peu de chance on peut même y croiser des gens de confessions religieuses différentes. Ah, et il ne faut pas oublier l’étrange énergumène hirsute qui déambule, caméra à la main (j'le connais çui-là). 

C’est dans le chemin de croix de l’oratoire St-Joseph que l’on risque de les apercevoir par jour de chance et qui se trouve aussi à être un jardin conçu par Frédérick G. Todd, un monsieur distingué avec sa moustache en brosse, ses lunettes rondes, ses cheveux bien lissés et à qui l’on doit également l’aménagement du lac aux Castors sur le Mont-Royal ainsi que le parc de l’île Ste-Hélène. Les travaux ont commencé en 1942 et le chemin a été inauguré et ouvert au public en 1951. À ce moment par contre il n’y avait pas encore de statues. Ces dernières étaient en cours de réalisation depuis 1943, un travail effectué par l’artiste québécois Louis Parent dans son atelier qui se trouvait tout près de l’Oratoire. En 1952 Ercolo Barbieri, selon les modelages de Louis Parent, a commencé à sculpter les personnages, quarante-deux en tout, et termina le travail en 1958. Sur la photo d’aujourd’hui c’est la statue du Christ que je vous présente, très imposante de par sa taille et qui se trouve près de l’entrée du jardin. À l'approche de l'hiver toutes les statues sont soigneusement recouvertes afin d'être protégées des affres de l'hiver. 

Caméra utilisée: Canon Rebel XT.




Le saviez-vous? L’aiguille de Cléopâtre, un obélisque de l’Égypte antique provenant de Louxor, a été installée en 1881 à Central Park. Les hiéroglyphes y étaient alors dans un état impeccable. Aujourd’hui plus de la moitié d’entre eux ont été effacés par les éléments et surtout la pollution. 

vendredi 14 août 2015

Dans la boîte à jouets: la télévision Fisher-Price

Si vous vous souvenez (ou pas), je vous parlais dans cet article de février 2010 (alors que ce blogue n'en était qu'à ses balbutiements), d'une boîte de jouets que ma grand-mère avait conservée pour moi durant de nombreuses années, et qu'elle m'a remise à l'été de 1991. Aujourd'hui je vous propose donc un des jouets que cette boîte contenait, soit un appareil de télévision Fisher-Price. 


Nous voici à Noël de 1968. J'ai deux ans et des poussières, et me voilà fortement intrigué par cet appareil de télévision. Ne nécessitant aucune pile, il fonctionne avec un mécanisme à remontoir conçu spécialement pour les petites mains d'enfants. On note autour quelques éléments intéressants. D'abord, la magnifique voiture de police fabriquée au Japon, possiblement par Nomura. Perdue durant le déménagement, cette voiture vaut aujourd'hui une fortune. Elle était mue par un moteur à friction situé à l'arrière. Il y a aussi le petit train à remontoir roulant sur une courte piste ronde. À l'arrière on peut voir une chaufferette General Electric car dans le logement où l'on habitait il n'y avait pas de plinthe électrique pour le chauffage. Tout juste à gauche de la chaufferette on aperçoit le meuble en laiton servant au storage de disques 33 tours. Les disques s'y trouvant étaient ceux que j'écoutais, et que je possède encore. 

Cette petite télévision a donc survécu grâce aux bons offices de ma grand-mère. Le temps que cette boîte a passé dans le sous-sol de la maison que l'on a habité sur la rue Hochelaga ne l'ont pas trop endommagé. Seule la base en bois a eu besoin d'un retouche de peinture. 

La télévision, telle qu'elle se trouve aujourd'hui. AU moment de prendre ces photos j'ai remonté le mécanisme, et la chanson a joué alors que la banderole défilait sur l'écran, témoin de la qualité de fabrication de l'époque.  

Ici on peut voir que le brevet pour la télévision a été accordé au Canada en 1964. Le numéro du brevet apparaît à gauche et, à droite, mention intéressante s'il en est une, le mécanisme musical a été fabriqué au Japon. 

Le côté de l'appareil avec l'étiquette illustrant la chanson que joue l'appareil. On note que le Copyright a été obtenu en 1965, et que l'appareil a été construit aux États Unis.  

La banderole de papier parcourait, à l'intérieur, un certain chemin autour de rouleaux, ce qui permettait de faire défiler l'histoire au complet. Un mécanisme certainement ingénieux! 

Et finalement, le "Peek-a-boo Screen", une autre particularité intéressante où l'on pouvait voir tourner des images amusantes et différentes de ce qu'il y avait sur le rouleau principal.




Le saviez-vous? La compagnie Fisher-Price a été fondée en 1930 et ses jouets ont connu un immense succès, mais durant le Seconde guerre, la compagnie a cessé la production de jouets pour se concentrer sur du matériel militaire. 

jeudi 6 août 2015

Les primes d'essence

Publicité pour la pétrolière Texaco sur le boulevard Décarie, près de l'intersection Van Horne. (Source: Archives de la Ville de Montréal - VM105-Y-3_556-011)

Imaginez. Vous arrivez à une station d'essence. Même pas besoin de sortir, car votre voiture, en roulant sur un tube de caoutchouc, a fait s'actionner dans le garage une cloche, avertissant ainsi le pompiste de votre présence. Le pompiste s'approche. Vous lui demandez le plein. Pendant que votre réservoir se remplit, il vous fait ouvrir votre capot, vérifie votre niveau d'huile, de lave-glace, et, une fois terminé, jette un coup d’œil à la pression des pneus. Il manque de l'huile, du lave-glace, de l'air? Il vous arrange ça. Après avoir payé, il revient avec une petite boite, qu'il vous remet. Ça monsieur/madame, c'est la prime du jour. Parfois il pouvait s'agir de verres à vin, ou à bière, ou un ensemble de tasses pour le thé ou le café. Mais aujourd'hui, c'est une boite pyramidale. 


Ben justement, j'ai récemment eu l'occasion de mettre la main sur un de ces ensembles de porcelaine à un prix trop dérisoire pour le mentionner. Mieux, il n'a jamais servi, ni même été ouvert. On peut voir la mention "D'autres cadeaux de la galaxie Jolis - Gracieuseté de votre vendeur Texaco". De l'autre côté il s'agit de la mention originale "Another elegant starburst of bonuses from your Texaco dealer." On y mentionne aussi "5 piece place setting - Imported English Dinnerware". 


La boîte en gros carton épais, pour protéger la vaisselle, s'ouvre facilement. Et chacune des pièces est aussi protégée avec des pièces carrées en carton ondulé. Avec tous les rabats bien à plat, on peut donc admirer cet ensemble obtenu gratuitement. Peut-être, vous demandez-vous, s'agit-il de porcelaine de piètre qualité? Sait-on jamais. 


Eh bien non. C'est de la porcelaine "Royal Knight" avec décorations en or 22 carats fabriquée à Staffordshire en Angleterre. Un recherche rapide sur Ebay m'a permis de voir plusieurs de ces ensembles vendus entre 70$ et 85$. Ce n'est donc pas, comme on dit, de la "schnoutte"! 


J'aime bien ces motifs végétaux simples et sans flafla. Le fait qu'il s'agisse de porcelaine plaquée or signifie qu'elle ne doit jamais être mise au micro-ondes. À moins de vouloir créer un feu d'artifices intérieur auquel vont éventuellement participer les pompiers. 

Il se trouvait bien de pièces en porcelaine "Royal Knight" que l'on pouvait se procurer en magasin. Les grandes chaînes, telle Eaton's et Simpson's, ou encore Sears, en avaient, tout comme un myriade d'autre commerces. Mais il ne suffisait que de quatre pleins d'essence afin d'obtenir assez de vaisselle pour quatre personne. Toutefois, il arrivait que certaines personnes n'étaient pas intéressées à obtenir cet ensemble, et il pouvait arriver qu'un automobiliste intéressé, "négocie" avec le pompiste pour avoir plus d'un ensemble pour un seul plein d'essence. Un ancien voisin, garagiste à la retraite, m'avait un jour dit que c'était là monnaie courante. Il est toutefois intéressant de constater qu'il fut un temps où les pétrolières aimaient bien gâter les automobilistes. Autre temps, autres mœurs dira t-on. 




Le saviez-vous? Le premier micro-ondes, nommé "Radarange" a été vendu par Raytheon en 1946. Les premiers modèles pour le public ont été introduits par Tappan en 1955, quoique trop gros et trop coûteux pour la grande majorité des gens.  Ce n'est que vers la fin des années 70 que les micro-ondes sont devenus abordables et populaires. 

samedi 1 août 2015

La maison de mon enfance


Aujourd'hui, je vous propose une photo d'époque, tirée tout droit des archives familiales. Il s'agit de la maison que ma famille a occupée de 1945 jusqu'en 1975. Sise au coin des rues Hochelaga et Aylwin, cette maison a prit plus d'un an a être construite en raison des restrictions imposées par l'effort de guerre sur plusieurs matériaux, dont ceux de construction. Cette maison, comme d'autres qui poussaient aux alentours, a été bâtie sur un lot vierge. Il s'en trouvait d'ailleurs un bon nombre surtout au nord de la rue de Rouen. Le lotissement était classique; très peu d'espace à l'avant et cour arrière donnant sur la ruelle. Notre maison, étant sur un coin, donnait donc tant sur la ruelle que sur la rue Aylwin.

C'était une maison solide avec fondation en béton, agencement agréable de pierres aux formes irrégulières pour le rez-de-chaussé et brique commune pour le premier étage. Le rez-de-chaussé comportait 6 1/2 pièces ainsi qu'un sous-sol (communément appelée «la cave») où se trouvait, entre autres, la fameuse chambre à fournaise. À l'origine celle-ci fonctionnait au charbon et la chambre à charbon, adjacente, servait justement à l'entreposage de ce combustible. Cette pièce a conservé le vocable de «chambre à charbon» même après que la fournaise, durant les années 60 de mon enfance, ait été convertie pour utiliser de l'huile. La fournaise alimentait cinq calorifères en fonte répartis dans la maison et chose certaine, on ne grelottait nulle part même durant les plus froids moments de l'hiver. Le calorifère de la cuisine comportait un détail amusant; il se trouvait dans sa partie supérieure un petit robinet et mon grand-oncle Henri s'en servait parfois pour remplir sa tasse d'eau bien chaude pour ensuite y tremper son thé. La cave comportait également un plancher bétonné avec un drain. L'intérieur de la maison était bien divisé et il n'y avait aucun espace perdu. Les murs étaient en plâtre appliqué sur lattes de bois avec motifs décoratifs. Les portes étaient en bois verni avec moulures appliquées et munies de belles poignées en verre. Celles menant au salon, quant à elles, étaient serties de carreaux de vitre finement biseautés. Au premier étage il se trouvait deux appartements comptant 3 1/2 pièces chacun. Aujourd'hui le mur mitoyen a été abattu et les deux logements forment un loft.

En 2007 je suis retourné à cette maison et le propriétaire m'a alors gentiment, et bien gracieusement, offert de revisiter l'intérieur. Cela a certainement été un brin étrange. Les dimensions, bien entendu, me semblaient plus étroites, résultat de ma vision d'enfance où j'étais haut comme trois pommes et où tout me semblait bien grand. Mais c'est surtout la dimension humaine qui est venue me labourer; le souvenir de gens aujourd'hui disparus; mes grands-parents et mon grand-oncle. Petit pincement au cœur.

En outre, j'ai été agréablement surpris de constater que malgré quelques rénovations, peu de choses avaient changé. Les portes et leurs poignées de verre et les portes aux carreaux de vitre biseautés étaient toujours là, aussi belles qu'autrefois. Au sous-sol même le papier peint posé au milieu des années 50 était toujours là. Certaines choses toutefois avaient dues être changées, comme la vieille fournaise à l'huile, remplacée par quelque chose de plus contemporain, plus efficace et aussi plus économique. Au salon le propriétaire a profité de ma présence pour résoudre une énigme; sur le mur, m'a-t-il dit, se trouvent trois interrupteurs. Nous savons ce que les deux premiers font mais pas le troisième. À quoi sert-il? Il espérait bien que je lui donne une réponse car il était bien curieux de savoir. Il ne m'a suffit que d'un coup d'œil rapide au salon. Sur le mur, lui ai-je dit en pointant de la main, se trouvaient deux luminaires dont les fils étaient encastrés. Un jour on a décidé de les enlever, de boucher les trous et peinturer. Approximativement ici et là, si vous percez le mur, vous aller fort probablement trouver les fils qui s'y trouvent encore.  

Dehors, en terminant la visite, le propriétaire et moi avons marché sur le trottoir longeant la maison et où se trouve une ceinture d'arbustes qui va de la rue Aylwin jusqu'à l'entrée sur Hochelaga. Là, au coin, se trouve un bout où les arbustes ne poussent pas. Il se trouve là une explication amusante. Pour une raison qu'il est pratiquement impossible à expliquer, quantité de véhicules sont venus percuter le coin de la maison au fil des ans. Le dernier dont je me souvienne, en 1974, était un camion de Coca-Cola. À chaque fois que les arbustes semblaient vouloir repousser, pouf! un autre véhicule arrivait pour cogner le coin. Puis, probablement parce la Nature a compris que c'était parfaitement inutile, plus rien n'a poussé à cet endroit précis. La cour arrière a subi quelques modifications afin d'aménager un espace de stationnement. Le propriétaire m'a avoué qu'en faisant des travaux de réaménagement dans la cour il a trouvé, en creusant, un bon petit lot de voitures Matchbox qu'il n'a évidemment pas conservé.

À peu de choses près, le secteur n'a que bien peu changé. La bonne vieille taverne Morelli est toujours en face, tout comme la buanderie, tout juste à côté. Sur le coin opposé de notre maison, le commerce de variétés Raymond (l'ancien commerce de monsieur Chénier dont je vous ai parlé ici) existe toujours quoiqu'il s'agisse aujourd'hui d'un dépanneur dont le propriétaire a évidemment changé. En face, où se trouvait la station-service Fina, il y a une pharmacie et une clinique médicale. Plus loin à l'est, Dominion Automobiles a été remplacé par l'édicule sud de la station Joliette, que j'ai vu construire. Quant à l'édicule nord c'était Dupuis Marine, où l'on vendait des bateaux. D'autres commerces aussi ont disparu, comme le cordonnier au coin de Joliette et Hochelaga.


Le saviez-vous? Le nom Hochelaga provient d'une bourgade iroquoienne (aucun lien avec les Iroquois) située près du mont Royal et que Jacques Cartier avait visité en octobre 1535. Encore aujourd'hui il n'y a pas de consensus quant à la localisation exacte de ce village puisqu'il a été abandonné vers 1600. Une plaque commémorative a toutefois été placée à gauche de l'entrée principale de l'université McGill.

lundi 20 juillet 2015

quadratum

En 2017, année où l’on fêtera le cinquantième anniversaire d’Expo 67. La Place des Nations, dont je vous ai parlé abondamment ici, , ici, par , par ici et également , devrait, s’il faut en croire les nouvelles (ho ho hi) se refaire une beauté à temps pour que l’on puisse célébrer cet événement grandiose. Mis à part le pavillon de la Jamaïque, la Place des nations est le seul emplacement datant d'Expo 67 et qui ait un tant soit peu conservé son apparence d’origine. Maintenant il reste à savoir si effectivement les travaux de rénovation et de remise en valeur seront terminés (ho ho hi) dans le temps voulu (ho ho hi). Pour l'instant c'est clôturé, donc interdit au petit comme au grand public et l'endroit a l'air d'une soue à cochon. Typique de Montréal lorsque vient le temps du patrimoine bâti. 

Sur la photo d'aujourd'hui, prise en 2007, on voir le socle en béton qui a accueilli la torchère que l'on a allumée officieusement lors des cérémonies d'ouverture le jeudi 27 avril 1967. Après la fermeture d'Expo 67 on a enlevé la torchère, évidemment, et le socle est resté là. Lors de mon dernier passage c'était devenu une poubelle en béton, le trou étant farci d'ordures, chose qui ne m'étonne guère, au demeurant. Parfois, ce sont les citoyens eux-mêmes qui bousillent notre patrimoine bâti. Je me demande également à quel moment va-t-on corriger les informations sur la plaque commémorative qui se trouve à la base de la torchère. En y regardant attentivement on peut y lire qu’Expo 67 a duré jusqu’au 27 octobre alors qu’en réalité, suite à une demande spéciale au Bureau international des expositions à Paris, on a clôturé deux jours plus tard, soit le dimanche 29 octobre. 




Le saviez-vous? On dit souvent qu’Expo 67 a attiré 50 millions de visiteurs or c’est faux. On a enregistré plutôt 50 millions de visites, puisque plusieurs personnes avaient des passeports de saison et revenaient souvent. 

samedi 11 juillet 2015

aranea

Comme vous avez pu le constater, les mises à jour sont moins fréquentes ces temps-ci et pour cause, lorsque l'été est là j'en profite le plus possible. Je me ballade à vélo, parcourt différents quartiers en fouinant de magnifiques petits coins qui me sont encore inconnus, renifle les ventes de garage, farfouine les bazars et prend des photos. 


Ah ben voilà, y’en a plusieurs qui, en voyant la photo d’aujourd’hui, ont fait le saut et ont peut-être même laissé échapper un cri d’effroi. Allons donc. D’où peut bien provenir cette peur irraisonnée de ces petites bêtes? Vous saviez que les araignées sont non seulement très utiles mais qu'elles passent l’essentiel de leurs vies à avoir faim et peur? Ben voilà.

Selon le Guide d’identification des araignées du Québec il y aurait dans la province quelque chose comme 677 espèces réparties dans 28 familles. De certains diront que c’est 677 espèces de trop mais encore ici il s’agit de la voix des incoercibles qui hurlent comme des enfants de cinq ans à la vue d’une araignée mais se pourlèchent les babines à la vue d’un homard. Allez comprendre.

L’été il s’en trouve quelques-unes chez-moi et je ne fais aucun effort pour m’en débarrasser, préférant les laisser batifoler là où bon leur semble. Cela m’évite de rencontrer des insectes indésirables. Si ces moustiques, drosophiles et autres maringouins s’aventurent trop près du sol ce sont mes chats qui s’en occupent et croyez-moi, ils ont l’œil.

L'araignée que je vous présente aujourd'hui a été croquée, photographiquement parlant, à l’arrière de chez-moi par une belle journée nuageuse d’été. N’étant pas arachnologue je serais bien mal pris pour vous dire de quelle espèce il s’agit mais elle était tout de même d'assez bonne taille, quelque chose entre une pièce d'un dollar et de deux dollars. Il m’a fallu un brin de patience parce qu’une brise constante faisait toujours vibrer la toile et cette vaillante tisseuse a dû en mettre du temps pour la fabriquer. Il ne s’y trouvait d’ailleurs que quelques prises seulement, indiquant que la toile était relativement récente. Il y a résolument quelque chose de fascinant à observer ces petites bêtes.



Le saviez-vous? La substance la plus forte dans le monde est la soie que l’araignée produit pour ses toiles. Toutes proportions gardées cette soie est plus résistante que l’acier et les scientifiques ne sont jamais parvenus à recréer cette solidité même avec les technologies d’aujourd’hui. 

samedi 4 juillet 2015

Remorqueuse Holmes de Corgi

Corgi est une marque britannique de voitures miniatures qui a fait son apparition en 1956 afin d’offrir un peu de compétition à deux autres compagnies tout aussi britanniques, soit Dinky Toys, établie en 1934 ainsi qu’à Lesney dont les voitures Matchbox se trouvaient sur les tablettes depuis 1953.

L’arrivée de Corgi sur le marché des voitures en métal moulé a été très bénéfique, surtout pour la région de Northampton puisque Mettoy, la compagnie-mère, a offert moins de six ans après sa fondation de l’emploi à plus de 600 personnes. Comme les affaires allaient pas mal bien on a construit une autre usine, à Fforestfach cette fois, dans le sud de l’Angleterre, afin de fabriquer de nouveaux modèles. Ces nouvelles installations ont fait le bonheur des gens de la région, majoritairement aux travailleurs des mines de charbon dont les opérations étaient alors en baisse.

Par la suite Corgi, Dinky et Matchbox ont connu des années fastes et ont pu ainsi dominer le marché européen. C’est d’ailleurs un truc intéressant; les trois compagnies fabriquaient des produits similaires mais s’étaient respectivement creusé des niches distinctives, ce qui leur a permis d’avoir du succès sans se piler sur les pieds.


En 1947 Dinky s’est lancée sur le marché une série de camions appelée Supertoys à l’échelle 1/48 et qui a connu un très bon succès. Pour faire suite à ce succès Corgi a décidé, dès 1957, de lancer elle aussi une série de camion frand format baptisée Corgi Major. Évidemment, en raison de leur taille et de toutes leurs intéressantes particularités, les véhicules de cette série, tout comme les Dinky, étaient plus dispendieuses que celles de plus petite échelle. Vers 1970 un Corgi Major se vendait autour de $2.75, ce qui représente aujourd’hui en valeur ajustée quelque chose comme une bonne quinzaine de dollars. Quoiqu’il en soit, voyons voir de quoi il en retournait avec les Corgi Major avec cette dépanneuse Holmes (#1142 au catalogue) et sortie tout droit de ma collection pour l’occasion, une trouvaille de vente de garage qui date de quelques années.

Ce modèle-là est arrivé sur le marché quelque part en 1967 et venait initialement avec deux figurines représentant des garagistes. Il comprend de véritables roues de caoutchouc montées sur jantes en métal, deux pneus de secours, deux crochets attachés à des câbles de nylon que l’on pouvait monter ou descendre en tournant les roues sur le côté, des miroirs latéraux pivotants, un klaxon à trois flûtes sur le toit ainsi qu’une cabine qui bascule vers l’avant, permettant ainsi d’accéder à un moteur très détaillé.
  
Il faut bien comprendre qu’il ne s’agissait pas d’un jouet pour collectionneur à édition limitée mais bien d’un véhicule que l’on pouvait aisément retrouver à peu près partout où l’on vendait des jouets. Cela témoigne aussi du souci qu’avaient les compagnies d’offrir des produits solides, de qualité et sertis de tout plein de fonctionnalités, contrairement à aujourd’hui où la majorité des jouets en plastique de piètre qualité ne durent jamais bien longtemps. Aujourd’hui un tel camion se trouve facilement et les prix peuvent varier grandement, tout dépendant de la condition. De quelques dollars pour un camion qui a eu la vie dure à quelques centaines s’il est intact dans sa boîte d’origine. C’est selon.



Le saviez-vous? Le nom de Corgi fut choisi par le patron de Mettoy lorsque la compagnie s’est installé à Fforetfach puisque la race de chien Corgi est originaire de cette région. Et lorsque Mettoy lança sa série de voitures de taille similaire aux Matchbox en 1964, elle choisit le nom de… Husky.