mercredi 12 mai 2010

nudus I

Canon Powershot A60

J’ai tâté le nu pour la première fois il y a de cela bien des années, durant une autre vie, alors que j’étais jeune étudiant en art. Il s’agissait de classes avec modèles vivants que l’on reproduisait sur de grandes feuilles, au fusain plus souvent qu’autrement. Parfois les poses étaient longues de plusieurs minutes alors que d’autres étaient très courtes. J’aimais et n’aimais pas tout à la fois. Lorsque je m’exécutais à tracer courbes, contours et ombrages, mon œil cherchait à voir le modèle autrement sous d’autres angles et malgré que mon coup de fusain était rapide, il ne l’était pas assez pour moi.

Vers la fin des années 80 je me suis mis à la photographie de nu avec mon appareil argentique, un Pentax K-1000, que j'ai toujours. L'ennui c'est que je prenais beaucoup de photos, et le coût de laboratoire m'a fait décrocher, même si les résultats étaient, pour l'éternel insatisfait que je suis, fort acceptables. 

Interlude. 

C’est en 2005 que je me suis remis au nu mais avec un appareil photo numérique cette fois, où la quantité de photos n'est limitée qu'à la capacité de la carte mémoire. Ma toute petite caméra de type «point and shoot» d’une résolution de 2 mégapixels, ce qui n’a pas manqué d’étonner et d’amuser Marie, mon modèle. Les résultats l’ont toutefois convaincue de faire avec moi d’autres séances subséquentes durant lesquelles nous avons pu développer une belle complicité.

Marie, que l’on voit ici, est devenue au fil des sessions une bonne amie et nous avons pu développer une belle synergie. Adepte de capoeira, un art martial brésilien, Marie a su m’offrir avec les lents mouvements s’apparentant à une danse, de magnifiques opportunités et la photo d'aujourd'hui en est un premier exemple. D’autres photos suivront, forcément.

" Si nous n'étions pas aveuglés par la sotte habitude, nous nous apercevrions que le corps humain n'est vraiment sain et beau que dans sa nudité "

Mohandas Karamchand Gandhi, dit le Mahatma
.



Le saviez-vous? Si les hommes ont des érections nocturnes des études ont démontré que le phénomène, tout à fait naturel, se produit également lors de certaines phases du sommeil chez la femme sous la forme d’érections clitoridiennes.

mardi 11 mai 2010

fuga

Canon Rebel XT + 17-70mm

Vent du sud qui apporte avec lui le souffle agréable qui annonce l’arrivée prochaine des jours longs et chauds. C’est le genre de vent que l’on apprécie tout particulièrement, surtout après un hiver long et quelque peu pénible par moments. On entrevoit ces belles soirées où l’on pourra profiter du beau temps jusqu’à tard le soir. Entre temps les feuilles des arbres, nouvellement sorties, profitent également du vent et dansent entre elles un menuet lent et rythmé alors que l'une d'elle s'envole, à moins qu'il ne s'agisse d'un oiseau.





Le saviez-vous? Les moineaux du Japon ont des règles de syntaxe pour leurs chants et deviennent fâchés lorsque d’autres moineaux ne les suivent pas correctement.

lundi 10 mai 2010

custos

Canon Rebel XT + 17-70mm

En chinois on désigne comme shi () dont le mot serait un dérivé du mot perse Shiar. Ces statues représentant des lions qui se tiennent traditionnellement devant des palaces, temples et tombes et autres bâtiments d’importance et depuis la Dynastie Han on leur attribuait de mythiques pouvoirs protecteurs. Ces lions sont également utilisés comme éléments décoratifs sur des objets ou encore à l’entrée des restaurants, hôtels et supermarchés, chacun des lions se tenant de part et d’autre de la porte.

Celui-ci se trouve à l’entrée du jardin Chinois du Jardin botanique de Montréal où il est flanqué d’un autre identique à ses côtés. Toutefois, comme il s’agit d’une sculpture en pierre, ce shi est défini comme Shíshī (石獅). En bronze il deviendrait plutôt Tóngshī (銅獅).

On pourrait s’étonner de représentations de lions dans la culture chinoise puisque l’on associe généralement cet animal avec la savane africaine. Pourtant il fut un temps où les lions étaient communs en Asie Centrale. On croit que les lions ont été introduits durant la dynastie Han lors d’échanges culturels qui avaient lieu de par la route de la soie, le fameux Silk Road. On retrouve aussi le lion dans l’art bouddhiste sur des pièces religieuses remontant à un peu plus de 200 ans avant J.-C. Si la forme du lion chinois dans les sculptures a beaucoup varié au début sa représentation s’est quelque peu standardisée durant les dynasties Ming et Qing.




Le saviez-vous? Les deux lions devant l’entrée du jardin chinois au Jardin botanique sont de sexes différents. Celui de gauche est une femelle et celui de droite est un mâle, chacun ayant une signification différente.

dimanche 9 mai 2010

fons

Canon Rebel XT + 17-70mm

Cette magnifique fontaine c’est dans le jardin du château Ramezay que je l’ai photographiée. Endroit magnifique à Montréal s’il en est un. Ce qui est fascinant avec ce jardin ce qu’il ne s’agit pas d’un jardin comme les jardins qu’on voit ici et là. Nenni. Celui-ci, sachez-le, est particulier et résolument unique puisqu’il est représentatif des jardins que l’on cultivait ici même à Montréal à l’époque de la Nouvelle-France. Évidemment vous allez me demander ce qu’il peut bien y avoir de différent entre un jardin contemporain, un jardin de la Nouvelle-France et le Jardin des merveilles, ah non, là je m’égare. Enfin.

Donc, lorsque Claude de Ramezay est arrivé ici en 1705, il a fait construire la demeure que l’on connaît sous le nom de château Ramezay mais qui évidemment n’a rien d’un château. C’est une belle demeure, certes, une demeure de noble même, mais certainement pas un château. Celui de Neuschwanstein en est un par contre, mais j’erre encore une fois sacrebleu. Et qui plus est, la tourelle qu’on voit aujourd’hui n’était même pas là, elle a été ajoutée en 1903, donc.

Revenons-en au jardin, si vous le voulez bien. Alors voilà, la demeure est construite et Claude fait aménager à l’arrière un jardin divisé en trois parties soit un potager, un verger et puis une autre partie qu’on pourrait qualifier d’agrément, parfaite pour de charmantes petites réceptions. Ce qu’on fait pousser là, et tout autour, est assez proche de ce que l’on cultivait dans le temps. La fontaine, parce qu’il s’agit bien du sujet d’aujourd’hui, pourrait certainement rappeler qu’à l’époque l’eau que l’on buvait provenait des puits.

Aussi, chaque photographie présentée sur le blogue se verra être présentée sous un titre en latin, langue [morte] qui sert encore pour la classification scientifique mais que je trouve aussi appropriée pour la photographie. 






Le saviez-vous? Le plus vieux jardin au monde à toujours occuper son emplacement original est le jardin Orto Botanico à Padoue en Italie dont la création remonte à 1545.

vendredi 7 mai 2010

Interlude

Il fut un temps où les émissions de télévision ne finissaient pas toujours à l’heure pile. Parfois il restait quelques minutes avant les commerciaux et l'émission suivante. Pour remplir ce trou on plaçait un segment qui s’appelait «Interlude» (j'ai aussi entendu le mot intermède). Lorsque l’on voyait l’image de l’interlude arriver cela annonçait parfois un petit film animé de rien du tout où encore des scènes parfois étranges filmées avec une musique d’accompagnement qui l’était tout autant et à d’autres moments, parce qu’il n’y avait que 15 ou vingt secondes à boucher, il n’y avait rien d’autre qu’une image fixe. Une fois l’interlude terminée la programmation reprenait. C’était un peu dommage parce qu’il y avait de temps à autres de ces petites séquences qui étaient assez amusantes mais dont on n'arrivait jamais à voir la fin.

Quoiqu'il en soit je n'ai aucune idée quant à l'origine exacte de ces images ni de ceux ou celles qui les ont créées. Évidemment il s'agissait de simples illustrations avec ce qui me semble être du lettrage genre «Letraset», que l'on accrochait pour ensuite filmer mais il n'en demeure pas moins que leurs styles différents et résolument originaux les rend absolument uniques. Ceux que l'on voit ici étaient surtout utilisés par Radio-Canada. Peut-être quelque part dans leurs archives conservent-ils les originaux? Qui sait? en attendant, voici six de ces images.











Le saviez-vous? L’interlude n’est pas seulement pour la télé, on l’utilise aussi au théâtre où on le désigne davantage sous le nom d’entracte. 

jeudi 15 avril 2010

Les Banana Splits

Un autre des avantages d’avoir grandi dans les années 60 et 70 c’est que les émissions pour enfants étaient justement ça: des émissions pour enfants. Pas de tataouinage sur le «politically correct» ni aucune intention de se substituer aux parents avec ce qu’il faut ou ne faut pas faire. Niet! Un des meilleurs exemples à cet égard est une émission complètement déjantée qui mettait en vedette quatre personnages anthropomorphiques; Fleegle le chien, Snorky l’éléphant, Bingo le gorille et (mon préféré) Drooper le lion. Ensembles, ils étaient les Banana Splits. L’émission, The Banana Splits Adventure Hour, conçue par Hanna-Barbera fut diffusée de 1968 à 1970 et connut un franc succès. D’une durée d’une heure, l’émission était entrecoupée de segments parfois animés (Arabian Nights) et parfois avec de vrais acteurs (Danger Island).

Fleegle le chien faisait office de chef et présidait les réunions de la bande. Leurs grands rivaux étaient la bande des Sour Grapes qui leur envoyaient régulièrement différents défis. Ceux-ci étaient toujours livrés par une certaine Charlie qui s’amenait dans le repaire des Splits en effectuant une danse à dansant à gogo puis s’en retournait non sans leur faire peur, laissant la bande prendre connaissance du défi en question. Le personnage de Charlie fut joué par cinq jeunes filles différentes. Les comédiens sous les costumes ne parlaient pas, leurs voix venaient de comédiens spécialisés dans les voix de dessins-animés soit Paul Winchell, Daws Butler, Allan Melvin et Don Messick.


À partir de 1969 la compagnie de comics Gold Key publia huit numéros des Banana Splits, tous dessinés par Jack Manning. Les fameux véhicules Banana Buggies à six roues des Splits que l’on aperçoit dans le générique d’ouverture furent commercialisés en modèles réduits par la compagnie Aurora mais ne furent jamais réédités par la suite. Joe Barbera avait mentionné dans son autobiographie (My Life in ‘Toons) que l’émission devait s’appeler originalement les Banana Bunch mais le nom, déjà utilisé, dût être changé. J'ai la chance d'avoir dans ma collection le premier numéro des Banana Splits, lequel se vendait alors pour 15 sous. 




Le saviez-vous? Jouer un Banana Split n’était pas toujours de tout repos. Un jour, le comédien jouant le rôle de Snorky l’éléphant s’est blessé au visage, durant un tournage, lorsqu'une pièce métallique dans la tête du costume s’est détachée pour le frapper violemment au front, le faisant saigner abondamment. Puisque «the show must go on» le comédien a terminé la séquence avec le visage ensanglanté. 

samedi 10 avril 2010

Photographica 4: Kodak Disc

En 1983 je suis allé faire un voyage de plus ou moins deux semaines dans l'ouest canadien, plus précisément la Colombie-Britannique et l'Alberta. J'avais emporté avec moi l'Instamatic X-15 ainsi que quelques cartouches de film 126. Au besoin, et si besoin y'avait réellement de cartouches supplémentaires, ça se trouvait à peu près partout. Donc, pas d'inquiétudes. Par contre, l'ouest canadien et ses grandioses paysages méritaient mieux qu'un Instamatic X-15 mais c'est tout ce que j'avais à l'époque. 

PAS PRIS avec un Instamatic! 

Vu Vancouver, admiré l'île de Victoria, flabbergasté par la vallée de l'Okanagan, grimpé les glaciers, ému par le lac Louise, flâné dans le parc de Banff, et admiré les Rocheuses depuis Kananaskis. Ça me faisait suer de pas avoir un appareil à la hauteur. En chemin j'ai souvent pensé dénicher une boutique photo afin d'ydégoter un appareil 35mm d'occasion, mais la chance n'était pas avec moi. 

À mon retour, j'avais trois cartouches pleines. À peine arrivé que je suis allé les porter au labo pour les faire développer. Une semaine plus tard je suis allé les chercher, et pour tout dire je n'étais pas impressionné (qui peut l'être avec un Instamatic?). Si les angles étaient bons, tout le reste était du pur caca de catégorie AAA. Je m'étais bien rendu compte que l'appareil était passable pour les party de famille mais ne valait pas de la schnoutte pour capter de beaux paysages, tant pour les détails que pour la couleur. Dans le language, je peux dire que c'était vraiment nul ces photos. J'aurais dû acheter des cartes postales, tiens. 

Flairant ma grande déception, ma grand-mère a pensé m'offrir un appareil-photo pour mon anniversaire: le [relativement] nouveau Kodak Disc, sorti en 1982, et dont on disait beaucoup de bien. 

L'appareil était surtout le successeur des appareils de type 110, lesquels étaient de véritables appareils de poche. Les plus vieux vont se souvenir des publicités avec Michael Landon à cet effet où il sortait un appareil 110 à flash électronique de sa poche de chemise. 

Le Kodak Disc portait ce nom en raison de la forme du négatif, et tel qu'on peut le voir ci-dessus. Le film était vendu dans une cartouche, que l'on ne pouvait pas ouvrir, et comptait 15 poses. Au laboratoire, la cartouche était ouverte pour le développement, et l'on nous remettait le négatif avec les photos. 

Avec son flash électronique, sa lentille de verre à f/2.8 et sa taille, le Kodak Disc, sous ses différentes variantes, a connu un vif succès. Lors de sa sortie en 1982 Kodak a vendu 8 millions d'exemplaires cette année-là seulement. L'appareil était mince, assurément portatif, soit de la taille d'un paquet de cartes, et pouvait prendre des photos rapidement. 

Malheureusement j'ai rapidement constaté que l'appareil comportait des failles importantes. D'abord l'ergonomie était parfaitement lamentable. L'appareil devait avoir une lentille de 6 éléments, mais il y en avait seulement 3. Résultat? Des images d'une qualité parfaitement médiocre. Après avoir reçu mes premiers films du labo, j'ai réalisé que la qualité des images était... bon, je me demande où est l'Instamatic X-15, et s'il fonctionne encore. Je ne pouvais pas en vouloir à ma grand-mère, elle avait tout bonnement cru les pubs et s'en était même procuré un pour elle. 

Au final c'est justement cette réputation grandissante des images médiocres de cet appareil qui ont fait qu'il est tombé en désuétude, et finalement on l'a retiré du marché. Kodak a toutefois continué à produire des films pour cet appareils jusqu'en 1999 pour les ceuzes qui l'utilisaient encore. Au final, je ne l'ai utilisé que pendant deux ans, parce qu'en 1985 j'ai reçu un autre cadeau qui allait vraiment, mais alors là vraiment ouvrir grand les portes de la photographie pour moi. Je vais vous en reparler dans un autre article.  

Malgré tout le temps que j'ai passé à fouiller dans mes boîtes, je ne suis pas parvenu à retrouver ne serait-ce qu'une seule photo prise avec cet appareil ni l'appareil lui-même. 




Le saviez-vous? Au milieu des années 60 la NASA a envoyé des sondes afin de photographier la Lune en prévision des missions Apollo. Chaque sonde était équipée d'un ingénieux système photographique conçu et fabriqué par Kodak. 






lundi 5 avril 2010

Bagatelle

Dans les années 70 il n'y avait pas de vidéos, pas avant la fin de la décennie en tout cas. En attendant si on voulait voir une émission en particulier fallait être devant la télévision à l’heure. Pour les p’tits bonhommes du samedi matin ce n’était pas un problème car il y en avait pendant toute la matinée à presque tous les postes. Une fois que j’avais eu ma dose matinale je filais dehors pour m’amuser jusqu’à plus soif parfois en oubliant de revenir dîner. Par contre, ce que je n’oubliais pas, c’était de revenir pour pour ça:



Ce segment d’animation résolument original annonçait une émission qui l’était tout autant et qui portait le nom de Bagatelle. Ça jouait à Radio-Canada les samedi après-midi. Ici, pas d’animateur ou d'animatrice, ni même de thème à proprement parler. Plutôt, il s’agissait essentiellement d’une suite bigarrée et certainement hétéroclite de courts-métrages pour enfants de styles et origines variées. On pouvait passer d'un dessin-animé de Bugs Bunny suivi d’un film d'animation image par image venant de Bulgarie (ou de Pologne), de contes folkloriques japonais, à Pouf et Riki, Chapi-Chapo (qui se retrouvaient aussi dans les bobines de Télécino dans Bobino), et c'est là que résidait tout le charme de l'émission, surtout qu’après Bagatelle venait une autre émission sur laquelle je trippais tout autant. La trifecta ne se complétait plus tard dans la soirée qu’avec la diffusion de Cosmos : 1999, une émission fétiche dont je vous reparlerai un de ces jours. Quant à Bagatelle, elle a été diffusée de 1973 à 1987.






Le saviez-vous? La séquence d'introduction de l'émission a été réalisée par un artiste très célèbre qui n'est malheureusement plus parmi nous aujourd'hui. De qui s'agit-il? Cliquez ici! Quant à la chanson-thème, elle a été composée par Janko Nilovic et s'intitulait Sonatine pour métallophone.