dimanche 8 juin 2014

Le jour le plus long

Ces jours-ci on commémore le 70è anniversaire de ce qui est connu comme le «jour le plus long», soit le débarquement de Normandie et qui a débuté le 6 juin 1944 dans la matinée. Les jeunes générations d'aujourd'hui qui vivent dans une paix somme toute assez relative, se demandent souvent pourquoi on célèbre une telle chose. La guerre n'est-elle pas déjà assez une horreur qu'il faut en plus la fêter?

Il faut d’abord souligner que ce n’est pas la guerre en tant que tel que l’on commémore que le sacrifice des soldats, qu’ils aient survécu ou non. Mais pour comprendre le pourquoi du comment il faut, encore une fois, retourner en arrière et soulever le capot du conflit afin d'y voir et comprendre la mécanique et les engrenages.

La Seconde guerre n'était pas un cas classique de deux pays qui ne s'entendaient pas et qui ont décidé de s’affronter militairement parce qu’ils avaient épuisé les ressources diplomatiques. C'était plutôt l'affaire d'un fou mégalomane aux visées expansionnistes brutales qui ne reculait devant rien pour agrandir son territoire et du même coup se débarrasser de ceux qu'il considérait inférieurs. Sans compter l'idéologie absolument horrible qu'il véhiculait. Au fur et à mesure que le conflit avançait l'Allemagne annexait les territoires et ce faisant, prenait littéralement le contrôle en mettant en place ses propres pouvoirs. Un pays occupé était littéralement géré par l'occupant et ce, dans tous ses moindres détails, administratifs, judiciaires ou autres. On ne se gênait pas non plus pour «s'approprier» les biens des Juifs, fussent-ils monétaires, immobiliers, sans compter les œuvres d'art dont la récupération est le sujet du film The Monuments Men.

Après avoir obtenu la capitulation de la France en 1940, un évènement qu'Hitler avait qualifié de plus glorieuse victoire de l'Histoire, il devint clair pour Winston Churchill qu'il serait impossible de reconquérir le continent sans l'aide des autres pays du Commonwealth ainsi que des États-Unis.  

Malgré les invasions de pays avoisinants, Hitler avait pris la précaution de conclure quelques ententes dites de «non-agression», entre autres avec l'Union Soviétique mais il a vite fait de s'essuyer les fesses avec cette entente en déclenchant l'opération Barbarossa en juin 1941, soit l'invasion de la Russie par la force militaire. Et pendant que les Russes défendaient leur pays les fours crématoires fonctionnaient à plein régime dans les camps de concentration et l'essentiel de l'Europe était sous la férule de l’Axe. Seul restait l'Angleterre, inconquise malgré les nombreuses tentatives. De là, à partir de différentes bases aériennes, les forces Alliées étaient regroupées, lançant jour et nuit des escadrons de bombardiers allant attaquer des cibles stratégiques devant arrêter la machine nazie. Ces cibles comptaient des usines, des camps, des positions militaires, installations radars non seulement en Allemagne mais aussi en France et aux Pays-Bas.

«...dimanche 350 appareils anglais ont largué un demi-million de kilos de bombes au-dessus d’Ijmuiden, la façon dont les maisons mettent alors à trembler comme un brin d’herbe dans le vent, le nombre d’épidémies qui sévissent ici. De toutes ces choses dont tu ne sais rien, et il me faudrait passer la journée entière à écrire si je devais tout te raconter dans les moindres détails.»

Extrait du journal d'Anne Frank, mercredi 29 mars 1944.

Mais les Allemands veillent et les batteries anti-aériennes, en plus des chasseurs de la Luftwaffe, l'armée de l'air allemande, sont d'une redoutable efficacité. On le savait bien, si l'Europe devait être libérée il fallait mettre le pied sur le territoire. L’ennui c’est que l’on avait déjà fait une tentative en août 1942 lors d’une vaste opération surnommée Jubilee, ou, si vous préférez, le débarquement de Dieppe. Les troupes, qui comptaient les Fusiliers Mont-Royal dirigés par le lieutenant-colonel Ménard se sont retrouvés face à un barrage de tir ennemis qui les ont empêché d’entrer dans la ville. L’opération est un échec total et les soldats Alliés seront faits prisonniers par les Allemands. Terrence Robertson écrira à ce sujet un livre percutant; Dieppe, jour de honte, jour de gloire. Le débarquement de Dieppe laissera un souvenir amer aux Canadiens. C’est l’année suivante que les Alliés discutent d’une nouvelle opération de débarquement et c’est en août 1943 à la conférence de Québec, qu’en sont jetées les premières bases. Participent à cette rencontre historique le premier ministre canadien Willian Lyon Mackenzie King, Winston Churchill, le président américain Franklin D. Roosevelt.



Mais l'opération, initialement prévue pour mai 1944, n'est pas une promenade dans le parc, on le sait bien, le débarquement de Dieppe l’a bien prouvé. Les Allemands ont solidement fortifié la côte normande, que l'on appelle le «mur de l'Atlantique», avec de nombreux bunkers de béton dans lesquels sont installés quantité de canons puissants. Aussi, durant le mois d'avril précédent l'opération, de nombreuses photographies aériennes sont prises afin d'analyser les défenses et ainsi mieux préparer l'offensive.


Le débarquement doit prendre place le long de la côte alors divisée en cinq secteurs, eux-mêmes sous-divisées en sous-sections. Chacune des divisions américaines, britanniques et canadiennes ayant leur secteur attribué et dont la géographie varie. Pour transporter la majorité des troupes il y a des bateaux relativement simples: les Higgins boats, un navire tout simple, rectangulaire, sans toit et sans blindage avec un devant qui s'ouvre vers le bas pour permettre aux troupes de sortir rapidement. Et dans ces bateaux s'entassent les soldats qui ont pour mission de capturer chacun de leurs secteurs respectifs. S'il se trouve des combattants endurcis qui ont vu d'autres théâtres d'opérations il y en a qui n'ont pas beaucoup d'expérience de combat et certains semblent sortis tout droit d'une école secondaire tellement ils ont l'air jeune. Mais l'opération comprend aussi des centaines de parachutistes qui, à partir de planeurs, sauteront pour atterrir derrière les lignes allemandes. Afin d'ajouter une confusion les Alliés lâchent aussi quantité de faux parachutistes surnommés «Rupert».

«Ce matin et aussi dans la nuit, des bonshommes de paille et des mannequins ont atterri derrière les positions allemandes.»

Extrait du journal d'Anne Frank, post-scriptum, 6 juin 1944.




Le temps est maussade, il fait froid malgré que ce soit le mois de juin, et les vagues de la Manche atteignent parfois quatre pieds. Dans les Higgins boats les soldats se sont brasser et certains ne gardent pas leur déjeuner. Pour protéger les convois de soldats il y a une flotte de 300 destroyers et navires d’escorte qui ont la charge d’éliminer toute présence navale ennemie, dont les U-Boats. Heureusement leur présence et minime et ne représente pas un danger. Au- dessus des soldats, haut dans le ciel mais invisibles en raison du mauvais temps, se trouvent des chasseurs, bombardiers légers et avions de reconnaissance. À l'approche des côtes la nervosité est palpable. Dans chacun des navires tous et chacun se demande ce qui l'attend et s'il s'en sortira vivant. Certains font une prière, d'autres demeurent silencieux mais la peur est omniprésente. Ceux qui ont prétendu ne pas avoir eu peur étaient de fieffés menteurs, dira plus tard un vétéran. Définir cette crainte viscérale qui habitait chacun des soldats serait bien difficile, voire impossible. Puis, alors qu’ils sont éclaboussés par l'eau froide de la Manche et emboucanés par le diésel des moteurs, les soldats entendent le pilote qui leur annonce: 3 minutes. Voilà, ale jacta es. Dans 180 secondes le sort en sera jeté.






Alors que les trois minutes s’écoulent on entrevoit la fameuse côte. Il se trouve là, on le sait bien, un ennemi implacable. Dans les fortifications solidement bétonnées on devine les canons mais on sait aussi qu'il y bien d'autres choses; des mortiers et des nids de mitrailleuses dont les tristement célèbres MG-42 capables de cracher 1,200 balles à la minute et capables de littéralement déchiqueter un homme. Les plages sont truffées des barrages de métal et de multiples obstacles pour empêcher les blindés de passer. Enfouies dans le sable se trouvent aussi quantité de mines, des Sprengmines 44 et des Schumine 42 entre autres, sans compter celles en bois que les détecteurs ne peuvent trouver et qui feront plus d'une victime. Ça y est, les portes s'ouvrent, non sur une plage mais sur l'Enfer. Et il ne s’agit pas ici d’un euphémisme tel qu’utilisé aujourd’hui par les gens pour définir un peu de trafic ou un téléphone cellulaire dont la pile est à plat, non, il s’agit ici du véritable Enfer.





À l’ouest, les Rangers, au nombre de 225 et commandés par le colonel James E. Rudder se retrouvent à la Pointe du Hoc, une falaise impressionnante en haut de laquelle les Allemands leur tirent dessus. La manœuvre d'escalade a été pratiquée maintes fois sur les côtes de l'Angleterre et l'ascension, que les Allemands croyaient impossible, s'effectue en moins de cinq minutes. Au terme du combat, seuls 90 Rangers auront survécu. Plusieurs années plus tard Rudder, en revisitant la Pointe du Hoc, va se demander comment diable ont-ils pu accomplir cet exploit. Quant à Omaha, la portion la plus lourdement défendue du mur de l’Atlantique, la distance qui sépare les rivage de la falaise est d'une longueur équivalente à trois terrains de football, une longueur où il n'y a aucune protection possible contre les mitrailleuses et mortiers allemands. Se rendre en sureté au sea wall, à l’abri relatif des tirs allemands relève du miracle pur et simple. Pendant ce temps 29 chars d’assaut Sherman, convertis pour être amphibie, sont lancés dans l’eau. Seuls deux vont arriver sur la plage.







Plus à l'est, à Juno Beach, la mer est beaucoup plus houleuse de sorte que les soldats Canadiens arrivent bien avant les supports blindés, leur faisant alors subir de lourdes pertes dès le débarquement. Aussi, les bombardements ont raté leurs cibles et les positions allemandes ne sont que très peu touchées. Malgré les obstacles les Canadiens ont pu rencontrer leurs objectifs mais au prix de plus de 900 soldats.

L'opération Overlord ne sera pas complétée en une seule journée mais bien en plusieurs car les objectifs ne comptent pas seulement les positions de défense le long du mur de l'Atlantique. Des villes, villages, aéroports, routes et ponts en font également partie.

"Ce matin à huit heures, les Anglais ont annoncé : importants bombardements sur Calais, Boulogne, Le Havre et Cherbourg ainsi que sur le Pas-de-Calais (comme d’habitude). Ensuite les règles de sécurité pour les territoires occupés, toutes les personnes qui habitent à moins de trente-cinq kilomètres de la côte doivent s’attendre à des bombardements. Les Anglais tenteront de jeter des tracts une heure avant l’attaque. D’après les nouvelles allemandes, des parachutistes anglais ont atterri sur la côte française. Des bateaux de débarquement anglais se battent contre les fusiliers marins allemands. Voilà ce qu’annonçait la B.B.C."

Journal d'Anne Frank, extrait du 6 juin 1944
Malgré des conditions très difficiles, un ennemi résilient et de nombreuses pertes de vies humaines, le débarquement est un succès. Bientôt des postes de commandements sont établis dans les bunkers capturés et les plages fourmillent bientôt de soldats, de véhicules et de matériel. Un certain nombre de soldats allemands fait prisonniers sont vêtus de vestes sur lesquelles sont inscrites les lettres PW, pour Prisoner of War, et on les emploie au nettoyage de la plage et des bunkers, ces mêmes bunkers qu’ils défendaient dans la matinée. On s’affaire aussi à la lugubre tâche de récupérer les corps de soldats. On devra les identifier dans la mesure du possible et leur offrir une sépulture. Quant aux blessés, les cas légers resteront sur place alors que les plus graves, dont ceux qui ont perdu des membres, retourneront en Angleterre. Pour ceux-là le conflit est terminé.





Aujourd'hui, plus de 70 ans après, les plages autrefois nommées Utah, Omaha, Juno, Gold et Sword, ressemblent à bien d'autres plages. Les sons des mitrailleuses, bombes, mortiers, jeeps, tanks et autres affres de la guerre ont été remplacés par ceux d'enfants qui courent et s'amusent. Plus loin sur le rivage de galets, où des hommes sont tombés au combat, se trouvent maintenant des gens qui se baignent et s’amusent entre amis ou en famille.

C'est un peu plus haut le long de la falaise que l'Histoire nous révèle un chapitre sombre de son histoire car c’est là que se trouvent les vestiges du Mur de l’Atlantique. De nombreux bunkers allemands existent toujours et font l'objet de bien des curiosités, des jeunes entre autres. Démolir ces bunkers à la dynamite aurait été une vaine entreprise car ils avaient été solidement construits pour être à l’épreuve des bombardements. Dans les terres avoisinantes les cratères laissés par les bombardements alliés sont encore bien visibles.




Mais le témoin le plus saisissant de cette fatidique date demeure sans conteste ces cimetières militaires où reposent ceux qui, pour la grande majorité, la plage a été la dernière chose qu'ils ont vu. Le plus grand de ceux-ci, le Normandy American Cemetery and Memorial, est tapissé de 9,387 croix blanches. Certaines portant des noms alors que sur d’autres il n’est inscrit « A soldier known only to God». Des vétérans viennent lorsqu'ils le peuvent, afin de rendre hommage à ceux qu'ils ont côtoyés, à ces frères d'armes qu'ils n'ont jamais revus. Même après 70 ans l'émotion est encore très palpable et en regardant l’endroit où reposent leurs compagnons ils se demandent : Pourquoi lui et pas moi? Il viendra toutefois un temps où ces vétérans ne seront plus des nôtres et il nous incombera alors à nous de s'assurer que leur sacrifice n'aura pas été en vain en continuant de nous souvenir, pour eux, pour nous et pour les générations à venir.







Le saviez-vous? C'est à Juno Beach que le lieutenant James Montgomery Doohan, du 3è Régiment d'Infanterie a été accidentellement atteint de tir allié, un soldat allié l'ayant prit pour l'ennemi. Outre des balles dans la jambe et à la poitrine, miraculeusement stoppée par un étui de cigarettes en métal, Doohan a aussi perdu un doigt, que l'on a dû amputer. Durant sa carrière subséquente il s'est toujours efforcé de ne rien faire paraître, surtout lorsque son personnage de l'ingénieur Scott du USS Enterprise devait activer le téléporteur ou tout autre gadget.  

dimanche 1 juin 2014

La Caillette

Ça faisait déjà un bout que l'on roulait sur la route 138. Du haut de mes six ou sept ans, assis en culottes courtes sur siège arrière du Dodge Dart je regardais le décor passer patiemment (si, si!). De temps en temps toutefois il m'arrivait de me lever (les ceintures de sécurité étaient facultatives à l'époque) pour me passer la tête par-dessus le siège afin de savoir si c'était encore bien loin. Bientôt, qu'on me disait. Ah, bon. Je reprenais un Pif Gadget que je relisais à nouveau en commençant, bien sûr, par les énigmes de Ludo. Puis, arrivait ce moment tant attendu où la voiture ralentissait. Je posais le Pif et par la fenêtre de la voiture je voyais enfin l'enseigne tant attendue!  


Ce n'était pas la première fois que je mettais les pieds là, de loin s'en faut. Nous étions déjà venu à plusieurs reprises dans le passé et on y reviendrait encore dans les années à venir. Ma mère aussi y venait avec mes grands-parents. Même si le restaurant existe depuis 1961 la Caillette en tant que tel le commerce avait pignon sur route bien avant sauf que ce n'était pas un restaurant proprement dit. Voici la Caillette telle qu'elle apparaissait en 1952.

 (Photo: Ministère de l'agriculture du Québec)

En entrant à l'intérieur je ne manquais jamais d'être étonné, voire fasciné, par le décor, essentiellement bovin dans son ensemble. Outre le plancher de terrazzo aux motifs «holstein» il se trouvait derrière le comptoir des têtes de vaches naturalisées et alignées, fixées à des mécanismes qui les faisaient dandiner un peu maladroitement de gauche à droite. Ça faisait toujours son effet.

Ce que vous voyez ici c'est la Caillette, telle qu'elle était lorsque j'étais gamin. À peu de choses près, tout ce que vous voyez ici est encore là aujourd'hui.

Que ce soit pour un cornet de crème glacée ou encore d'un hot-dog et une frite, aller à la Caillette était toujours une sortie agréable mais peut-être davantage aussi pour la piste de go-kart qui était située tout juste à côté. Pour quelques sous on prenait place dans un petite voiture décapotable et munie d'un petit moteur à essence deux temps qu'un préposé faisait démarrer en tirant sur la corde à l'arrière comme pour une tondeuse. Puis on partait comme ça faire trois ou quatre tours. La piste n'était pas immense mais pour le gamin que j'étais ça n'avait pas de prix. D'ailleurs la piste servait de monnaie d'échange; j'irais faire un tour de go-kart si je me tenais tranquille, autrement je m'en passerais.

Dernièrement j'ai eu l'occasion de remettre les pieds à la Caillette pour la première fois depuis bien des années. Je m'étais souvent promis de le faire. Faudrait bien que j'aille faire une tour à la Caillette, puis je finissait pas ne rien faire. Ok, la semaine prochaine d'abord. Mais c'était la même chose qui se reproduisait. Mais là, j'y suis allé. Ce qui montre aussi que des fois, Pluche y sort de la ville.

Pour tout dire je ne savais pas s'il restait de l'endroit quelque chose s'accordant en genre et en nombre avec mes souvenirs. Si l'extérieur a un peu changé, j'ai été agréablement surpris de constater que le décor n'avait que bien peu changé, à mon grand bonheur. Les têtes de vaches étaient toujours là, toujours bien parquées sur le mur du fond, toujours à se dandiner, tout comme le plancher «holstein» en terrazzo. 




Agréable de constater que non seulement l'endroit, en plus d'être pas mal comme dans mes souvenirs, est toujours aussi populaire. Plein de monde en dedans comme en dehors. Les uns avec un cornet les autres avec une poutine. Amusant d'y voir les enfants en train de regarder, l'air un peu béat, les têtes de vaches. Après m'être rempli la panse j'y suis allé avec un sac de fromage en crottes ainsi qu'un p'tit souvenir de l'endroit auquel je n'ai pas pu résister. N'en restait qu'un en plus.


Avant de repartir j'en ai profiter pour marcher tout juste à côté afin d'aller voir ce qui restait de la fameuse piste de go-kart. L'attraction, comme je m'y attendais un peu, n'existe plus mais il subsiste néanmoins une partie de la piste dont on semble se servir pour y stationner des remorques de camion. 

 



Le saviez-vous? Le nom Maskinongé vient du poisson, que l'on retrouve en abondance dans la rivière du même nom et ce nom provient de l’algonquin mask (« difforme » ou « ours ») et kinonge (« poisson »). Un gros merci à l'amie Autochtone Beth qui m'a appris celà. 

samedi 24 mai 2014

Corgi Priestman

Voilà, les ventes de garage sont reparties de plus belle et avec elles de bien belles trouvailles à faire pour qui a l’œil, un peu de chance et qui n'a pas peur de se lever un peu tôt. Depuis le début de mai elles fourmillent un peu partout et c'est carrément l'embarras du choix. Une de mes premières prises de l'année se trouve à être un véhicule en métal moulé fabriquée par Corgi au milieu des années 60 et qui incidemment devenu le dernier joujou à venir s’ajouter à ma petite collection pour cette saison. Le voici tel qu'il apparaissait au catalogue de 1966, année où la compagnie britannique fêtait incidemment ses dix ans d'existence. J'avoue que j'aurais bien aimé trouvé le camion-remorque également...


Ce qu’on a ici c’est une excavatrice de marque Priestman Cub. Le Cub représenté ici fait partie d'une série, amorcée en 1928 par la compagnie Priestman, et qui comprenait également Lion, Tiger, Wolf et Panther.  Le modèle, à quelques détails près (la pelle, la couleur du toit et la position du logo) est très bonne reproduction de la véritable excavatrice, que voici:

 




J'ai été agréablement surpris de la condition du modèle surtout considérant son âge (hum hum). L'excavatrice est montée sur des chenilles de caoutchouc très résistantes qui roulent et elle peut pivoter entièrement sur elle-même. Le mécanisme de la pelle est activé par une petite manivelle sur le côté droit et qui simule un mouvement de creusage en boucle. On peut ouvrir le dessous de la pelle en tirant une petite tige. À l’intérieur de la cabine se trouve l’opérateur mais qu’on ne peut pas sortir. Il est prit là le pauvre. Même pas de pause pipi. Ce modèle-là, comme pour la remorqueuse et à peu près tous ceux fabriqués par Corgi, témoignent d’un art de fabriquer des jouets comme il ne s’en fait plus. Non, je déconne un peu. Il s’en fait encore mais ils ne sont pas vendus dans les grandes surfaces et ce ne sont pas des véhicules à mettre dans les mains d’un gamin puisqu'ils sont horriblement dispendieux.

 

Le saviez-vous? La compagnie Priestman fut fondée en 1870 à Kensington upon Hull en Angleterre par les frères William et Samuel Priestman. Passée entre plusieurs main, la compagnie, tout comme Corgi, n'existe plus aujourd'hui.

samedi 17 mai 2014

coelamen


C’était dans le cimetière Notre-Dame-des-Neiges par un début de septembre confortable avec ce p’tit vent douillet venant de je ne sais où faisant du coup dissiper la brume du matin. Durant ma promenade j’en ai profité pour dire bonjour à mon grand-oncle qui dor sous un grand orme. Et pendant que je lui piquait une jasette, autour de moi s’affairait une vie des plus grouillantes; là-bas une cigale chantait pendant qu’une hirondelle, haut perchée dans un érable, gazouillait pour se faire répondre par le zinzinulement d’une mésange. Par là on reconnaissait un pic chevelu alors que plus loin c’était une oriole du Nord. Se comprenaient-ils? Du reste ça m'a faisait penser à ces mères de familles qui autrefois s’échangeaient les derniers potins du quartier sur les balcons d'en arrière pendant qu'elles accrochaient leur linge sur la corde.

En reprenant mon chemin j'ai croisé de çà et là de magnifiques monuments dont certains me sont bien familiers. Au-delà, plus loin derrière, un peu en retrait, il s’en trouve d’autres plus discrets mais tout aussi magnifiques et qui demandent que l’on farfouille un peu pour les trouver. Comme celui que je vous présente aujourd’hui. Un superbe bas-relief, fabriqué en cuivre et fixé sur du granit. Contrairement à un monument en pierre artificielle, ceux en cuivre (ou encore en bronze) sont évidemment plus coûteux mais ne subissent pas une érosion aussi sévère face aux éléments. Cette sculpture est d’autant plus intéressante que je n’en ai pas aperçu [encore] de copie ailleurs dans le cimetière, ce qui laisserait possiblement penser qu’il s’agit d’une œuvre unique.



Le saviez-vous? Le cairn de Barnenez, en Bretagne, date de 4500 à 4700 ans avant J.-C., ce qui fait de cet ensemble un des plus vieux monuments funéraires au monde.


lundi 12 mai 2014

La Banque de Toronto en 1952


Cette photographie nous fait remonter à 1952 et nous place sur la rue Peel tout juste au sud de la rue Ste-Catherine. Nous regardons, sur le côté ouest, l’ancienne succursale de la Banque de Toronto. Nous connaissons aujourd’hui cette institution financière comme étant la banque TD ou, Toronto Dominion. En 1955 la Banque de Toronto a fusionné avec la Banque Dominion, d’où le nom actuel. Mais pour l’instant nous sommes toujours en 1952 alors il s’agit toujours de la Banque de Toronto. 

Est-il possible toutefois de définir à quel moment de l’année cette photo a été prise? Un peu de végétation nous aurait aidé mais il se trouve néanmoins quelques détails peuvent nous aider. Il n’y a visiblement pas de neige alors ce n’est pas l’hiver. Chose certaine nous sommes en matinée, comme en témoigne les ombres. Aussi, dans le portique de la banque, quelqu’un profite des rayons de soleil. Dans la rue, le camion-citerne de la ville vient de passer afin d’envoyer, d’un puissant jet d’eau, la saleté sur le bord du trottoir. Bien stationné devant la banque où l’on peut voir ce qui ressemble à un Dodge ’48 alors que devant c’est un Dodge ’50 mais je peux me tromper là-dessus.

À côté de la banque on peut apercevoir la mercerie Cortly Company où ces messieurs peuvent se procurer de magnifiques habits. À droite, de l’autre côté de la ruelle, c’est l’agence de voyages Tobin’s Travel Bureau qui est là.

Et que se passe-t-il donc en ce milieu d’année 1952? À Montréal, durant le défilé de la St-Jean-Baptiste, y’a le maire Camilien Houde qui s’est fait lancer des œufs pourris parce qu’il a ouvertement critiqué les employés du magasin Dupuis Frères qui faisaient la grève. Et cette grève, justement, s’est terminée environ un mois plus tard lorsque les employés ont accepté les dernières offres patronales. Au mois de juillet il y a eu les élections provinciales, lesquelles ont reporté au pouvoir le parti de l’Union Nationale de Duplessis mais l’écart avec les Libéraux s’est amenuisé. Ailleurs, sur le boulevard Dorchester, Radio-Canada se prépare pour sa première diffusion, laquelle est prévue au début de septembre.

Quant à la banque de Toronto elle se trouve dans une position financière très solide depuis la fin de la Seconde guerre, ayant pratiquement doublé son capital. Par contre la banque n’en a plus que pour trois ans puisqu’en 1955 elle va fusionner avec la banque Dominion pour devenir l’institution que nous connaissons aujourd’hui sous le nom de la banque TD ou Toronto-Dominion. Quant au bâtiment sur la photo du haut, voici le voici tel qu'il apparaît aujourd'hui.



 
Le saviez-vous? Radio-Canada tient son origine dans le Canadien National. En effet, le CNR mettait à la disposition de ses voyageurs des diffusions radio afin de les distraire durant les longs trajets. À Montréal la station était CNRM (Canadian National Railways Montreal) alors qu’à Ottawa c’était CNRO (Canadian National Railways Ottawa). Le Canadian Radio Broadcasting Commission, créé en 1932 fit l’acquisition des installations radio du Canadien National pour diffuser ses émissions.