lundi 22 février 2010

Koogle

Au début des années 70 Kraft produisait toute une foule de trucs à tartiner sur les rôties dont le fameux beurre d’arachides, les marmelades, préparation de fromage et les confitures de fruits. Parce qu’on pensait que ce n’était probablement pas assez, on a décidé de concocter une tartinade absolument nouvelle et, force est d’avouer, parfaitement originale et j’ai nommé :


Un substitut efficace au carburant de fusée

Koogle (aucun lien de parenté avec le moteur de recherche) est apparu comme ça en 1971 sur les tablettes d’épiceries et supermarchés sans tambour ni trompette. Enfin, en ce qui nous concerne ici au Québec parce qu’aux États-Unis ils y ont goûté, tant au produit qu’à la campagne de promotion particulièrement agressive menée par une mascotte résolument étrange où Kraft était même allée jusqu’à lui inventer un langage propre; le «Kooglese». Outre la saveur originale au chocolat il y avait aussi à la cannelle, à la vanille ainsi qu’aux bananes. Soit on aimait, soit on détestait. Mais bon, qu’est-ce qu’il y avait dans ce Koogle?

La liste des ingrédients de ce merveilleux produit comportait entre autres; Arachides, huiles végétales partiellement durcies, sucre, lait au chocolat avec émulsifiant et saveur artificielle ajoutée, liqueur de chocolat, dextrose, sel et saveur artificielle. Comment ce produit ne brillait pas dans le noir ou ne faisait pas s’activer un dosimètre demeure un mystère. N’empêche que Kraft a poussé le marketing jusqu’à faire «endosser» le produit par des «mamans». Ma grand-mère est tombée dans le panneau, à son grand regret parce qu’est venu le moment où je ne me contentais plus de juste tartiner Koogle sur mes rôties, que non, j’y allais directement avec la cuillère, ce qui m’a permis d’avoir été le premier gamin à visiter la stratosphère dans son pyjama. Leçon apprise pour ma grand-mère qui n’en a jamais plus acheté.


Offre de t-shirt dans un "comic" américain (mais qui n'est pas parue ici).

Figurine de la bibitte Koogle. 

Macaron avec slogan en anglais.



Le saviez-vous? Malgré de nombreuses demandes de gens nostalgiques de Koogle, Kraft a toujours refusé de remettre le produit sur le marché citant une politique stricte de ne jamais ressusciter des marques discontinues.

mardi 9 février 2010

Photographica 2: Kodak Duaflex II


Lorsque j'étais gamin tout petit, y'a de ça jadis, naguèreuuuh, l'appareil-photo que l'on avait  était un rutilant Kodak Duaflex 2. Il appartenait à mes grands-parents. Y'a fort à parier qu'il a été acheté chez Eaton, dans le centre-ville, le magasin de prédilection de ma mère-grand dans l'temps. J'imagine qu'ils ont (elle) ont (a) acheté ça quelque part entre 1950 et 1954 parce que c,était l'époque où l'appareil était vendu. Mais il arrivait de temps en temps que des appareils en inventaire continuaient d'être vendus quelques années après. L'appareil a été utilisé quelque part vers la fin des années 60, parce qu'on venait d'avoir le très fantastique Instamatic 104, ce qui sera le sujet d'un autre article. En attendant, revenons à la patente, laquelle fait partie de ma très minuscule collection. 

Donc. 

Z'yeutons la bibitte de plus proche. 

D'abord, faut pas se leurrer; ça ressemble à un appareil TLR (Twin Lens Reflex), comme le Rolleiflex, mais ça n'en est pas un pantoute. La lentille du haut sert à voir ce qu'on photographie quand on regarde dans le viseur, et la lentille du bas, 75mm à f15, est celle où y'a l'obturateur. Kodet c'est simplement le type de lentille que Kodak a mis au point pour cet appareil. 

Voici le viseur. Fallait relever la clapette pour y avoir accès. Fallait s'habituer un peu afin de bien cadrer la photo. Z'avez déjà vu des photos de famille des années 50 ~ début 60 où le cadrage est dans le champ, et où matante Gertrude est coupée, ou vue à moitié? Bien souvent c'était des photos prises avec ce type d'appareil. Un party de sous-sol mal éclairé, un peu (beaucoup) d'alcool, et il n'en fallait pas plus pour la photo sorte tout croche. Ou doublement exposée parce que le mécanisme de cet appareil ne l'empêchait pas. 

Voilà la chose une fois ouverte. En-dedans c'était noir mât, évidemment (et comme tous les appareils). Le rouge que l'on voit sous l'appareil est la reflection de la lumière au travers la petite fenêtre de couleur rouge à l'endos de l'appareil. Une fois l'appareil fermé ça permettait de voir où l'on était rendu avec les poses. 

Voici une image où l'on voit trois différents types de films et où j'ai pris soin de les identifier correctement. Le film qu'utilisait le Duaflex II se trouve à droite; le format 620. Pour que ça fonctionne comme du monde, fallait deux bobines; la pleine avec le film non-exposé, et la vide qui recevait le film au fur et à mesure que l'on prenait des photos. Chaque fois que l'on crinquait l'appareil, le film exposé s'enroulait autour de la bobine vide. Le format 620 est arrivé en 1932, et officiellement retiré du marché en 1995. Le "6" veut simplement dire que l'on pouvait prendre six photos avec un rouleau, mais avec le temps Kodak s'est arrangé pour qu'on puisse en prendre jusqu'à huit. Woo hoo! 

On voit mieux ici l’œil rouge qui permettait de voir le numéro des poses. On mentionne que l'appareil ne prend pas le film de type 120 (voir image plus haut). En fait, y'avait peu ou pas de différences entre le 120 et le 620, c'est juste que la bobine du 620 avec un moyeu et des brides plus petites que le 120. Toutefois, un bon monsieur bricole, dans l'obscurité totale, pouvait transférer un film de 120 sur une bobine de 620. 

Évidemment on peut se demander de quoi avaient l'air les photos. Hébin voilà, y'a quelques photos de moi qui ont été prises avec cet appareil. En voici quelques unes:

1967 au parc Lalancette, pas loin d'où mes grands-parents demeuraient. J'ai l'air occupé à mordiller quelque chose pour amoindrir les effets d'une dents qui pousse. Autrement, on peut voir le type de photo que l'appareil prenait. Alors que je suis assez détaillé, les enfants en arrière, qui ne sont tout de même pas si loin, semble un peu flous.  

Yup. C'es moi. Vous vous êtes sûrement demandé comment j'ai fait pour me retrouver dans c'te situation-là... La photo a été prise au printemps de '67, dans la balançoire aménagée dans le cadre de la porte de la salle à manger chez mes grands-parents. C'est ma grand-mère qu'on voit. Et à en juger de par sa tronche, ça devait être tôt le matin. Elle avait toujours les yeux p'tits le matin. Je n'ai aucune idée de ce que peux regarder avec autant d'intérêt que ça. De par là où je regarde y'a juste un hangar. 

Bon, t'aimes ça regarder le hangar mon p'tit bonhomme? Peut-être est-ce que ce sont les pigeons qui sont sur le bord de la toiture et qui font caca qui te passionnent de même? Alors quin, on va te virer de bord. Et pouf! 

Enfin, et comme je le disais plus haut, l'appareil a cessé d'être utilisé bicoze un nouvel appareil, et il a fini par finir dans une boîte de carton qui s'est retrouvée dans le fin fond d'un garde-robe quelconque. Lorsque ma grand-mère est décédée j'ai retrouvé l'appareil dans une boîte et décidé de le conserver. Aujourd'hui il est là, sur une tablette comme objet de décoration.





Le saviez-vous? George Eastman, qui a fondé Kodak, aimait la lettre "k", et il a choisi le nom "Kodak" parce c'était court, et impossible à prononcer tout croche. Il a aussi mentionné que ça ne voulait rien dire pantoute. 

vendredi 5 février 2010

Les vieux jouets

Un jour, il y a quelques années de ça, je me trouvais dans mon [grand] salon et, bien embêté, je cherchais désespérément une façon de pouvoir décorer adéquatement c'te pièce. Je n'ai jamais été connu pour mes talents en décoration intérieure, et cela a compliqué quelque peu les choses, d'autant plus que je devais composer avec des meubles tellement disparates et différents dans leurs styles que j'ai à maintes fois songé tout laisser tomber, parfaitement décourager de pouvoir, un jour, transformer un tant soit peu cet antre de médiocrité. J'ai toutefois persisté quelque peu.

M'est alors venu cette idée; plutôt que de concevoir un concept nébuleux et d'aller arpenter quelconque magasin de décoration, d'acheter ce qu'il fallait et voir ledit concept foirer de façon magistrale une fois revenu chez-moi, je me suis laissé convaincre qu'il se trouvait possiblement dans mon fourbi de trucs empilés dans mon garde-robe, quelque chose qui ferait autant l'affaire. 

Ce garde-robe, jadis surnommé le "garde-robe de l'enfer", est un lieu où les lois de la physique sont tellement enculées qu'il ne se faudrait de peu pour que la limite de Chandrasekhar soit atteinte. C'était à ce point. L'intérieur de ce garde-robe n'étaient rien de moins qu'un tesseract. Allez hop! 


Les piles de ma lampe, ma réserve de nourriture et d'eau, ainsi que l'oxygène commençaient à manquer lorsque je suis tombé, tout à fait par hasard, sur quelques boîtes ma foi fort intrigantes. En les ressortant je me suis bien demandé ce qu'elles pouvaient bien contenir. Malgré mes efforts, je n'y suis pas parvenu. Je les ai donc sorties afin d'en avoir le cœur net. Il s'agissait vraisemblablement de boîtes que je n'avais pas ouvertes depuis un bout. Et puis bon, assez de torture. J'ai empoigné une lame, et j'ai pratiqué la chirurgie. 

Dans la première boîte, j'ai trouvé de très vieux jouets qui remontaient à l'époque où je n'avais que deux ou trois ans. Et c'est à ce moment que je me suis souvenu que c'était ma grand-mère qui les avaient gardé pour moi. Elle m'avait donné cette boîte en 1991. La seconde contenait un capharnaüm de cochonnerie qui ont pris le bord des ordures rapidement. La troisième contenait d'autres jouets que j'avais moi-même conservés vers la fin des années 70. Je me demande comment j'ai pu avoir cette présence d'esprit... M'enfin. 

Et c'est à ce moment bien précis dans la grande horloge cosmique que j'ai eu cette idée; soit celle d'utiliser mes vieux jouets comme éléments décoratifs dans mon salon. Peut-être que ces merveilleuses bébelles parviendraient-elles à soustraire du regard des visiteurs le grotesque des meubles hétéroclites. 


Par un beau vendredi soir comme ça, je reçois quelques amis qui allaient, à leur insu, servir de cobayes quant à l'efficacité des jouets dans le salon, alors stratégiquement placés, à soutirer le regard de la morosité du reste. Ça et leur servir ma spécialité culinaire sortie tout droit des papyrus de recettes d'Amonbofis et de Tournevis. 


Toujours est-il que l'expérience s'est avérée un... retentissant succès. Non seulement l'attention de mes amis a presque immédiatement été aspirée par mes vieux jouets, mais ces derniers ont rapidement généré une soirée (et une partie de la nuit) de souvenirs et de nostalgie qui dépassaient le cadre immédiat des jouets. L'on se souvenait des jouets, mais aussi de ceux qui les avaient offerts, des jouets que l'on avait pas eu mais dont on rêvait, parfois impossibles à avoir en raison de leur grande popularité, ou parce qu'ils étaient trop dispendieux. L'on se rappelait également d'amis ou de cousins qui eux, les avaient eu, sans compter ces soirées où, étendus dans le lit au son du crépitement de grésil dans la fenêtre, l'on consultait les catalogues qui précédaient Noël. 


Je terminais mon petit déjeuner tout en regardant de vielles photos d'enfance lorsqu'il m'est venu une réflexion; j'ai eu d'autres jouets que ceux qui se trouvent dans mon salon, ou que l'on voit sur les photos. Au fil des ans, ils sont disparu dans une dimension quelconque, ou parfois lors d'un déménagement. Mais, me suis-je dit, ça pourrait être un défi intéressant de retrouver ceux que j'ai perdu. Je pourrais ainsi les rajouter avec ceux que j'ai déjà. Ça brosserait un portrait intéressant de mon enfance. 

Mais bon, je suis tout de même pas parti en faisant des nuages de boucane. J'ai appris, il y a un bout de ça, qu'avant de collectionner, faut en apprendre un peu sur le sujet. C'est pas parce que tu t'es amusé avec un jouet quelconque que t'es un expert sur ce jouet, ses variantes, sa rareté, ni les prix du marché. J'ai donc passé plusieurs soirées à consulter des forums de discussion dédiés aux vieux jouets, j'ai échangé avec d'autres collectionneurs et tranquillement fait mes devoirs. Ça m'a permis d'avoir une solide base avant de garrocher mes sous dans la toilette et de tirer la chaîne trois fois. Aussi, il n'y avait pas de presse, donc pas besoin de me stresser. 

Un beau samedi, j'étais à farfouiner les ventes de garage lorsque j'en ai trouvé une qui semblait avoir des trucs intéressants, pour faire changement de tout le caca habituel. Sur une table, il se trouvait des figurines de la série Johnny West ainsi qu'un joyeux tas d'accessoires dans un sac de plastique. Je me souvenais comment cette série avait été populaire lorsque j'étais gamin. 

Puis, la dame qui s'occupait de la vente, s'est approchée de moi. Peut-être s'ennuie t-elle, me suis-je dit. Après tout, y'avait pas un chat. 

- Vous là. Qu'elle m'a dit en me pointant du doigt. Vous là, vous me faites penser à mon fils. Vous avez probablement le même âge. Et ces bonhommes-là, suis certaine que vous avez eu ça.

- Ah non madame. Je n'ai pas eu ces bonhommes-là. J'ai eu un G.I. Joe. Il parlait d'ailleurs. On tirait une corde qu'il avait sur la poitrine et il disait tout plein de choses. Il n'a pas parlé longtemps car un jour je l'ai échappé dans le bain. Par contre, à peu près tous mes amis avaient des Johnny West. quand ils arrivaient dans la cour, pour qu'on joue au far-west, je devait prétendre que on G.I. Joe était un cow-boy. 

Et là, ben elle m'a regardé pendant quelques secondes. Ah, ben comme vous z'avez pas eu ce bonhomme quand vous étiez jeune, pis que vous le vouliez, je vous fait l'ensemble des personnages pour $25. 

D'abord, mon but n'était que de retrouver des jouets perdus de mon enfance. Or, Johnny West, je n'en ai pas eu. Je me suis donc retrouvé à une fourche; soit je continuais à ne chercher que mes jouets disparus, OU je pourrais me permettre d'acquérir tout jouet qui ait fait partie de mon enfance, que je l'aie eu ou non. Et bien que je n'avais pas vraiment étudié le marché de ces figurines, je savais que $25 était un prix tout à fait raisonnable. Et c'est comme ça que je me suis retrouvé avec plein de figurines et un sac d'accessoires.

Les figurines, une fois bien nettoyées. 

 C'est de cette façon que j'ai donc commencé à collectionner les jouets de la période de mon enfance. Cela a bien entendu considérablement élargi le champs des possibilités et opportunités. Un beau défi, et un beau hobby tout à la fois. J'aurai donc le plaisir de vous présenter ici des jouets de ma collection, et les trouvailles que je ferai au hasard de mes promenades et qui viendront s'ajouter à ceux que je possède déjà. 





Le saviez-vous? La plus ancienne collection de monnaie connue appartenait à Jules César. 


jeudi 7 janvier 2010

Photographica


De temps en temps je vais en profiter pour poivrer ce lieu avec différentes photographies que je fais de temps en temps. C'est un truc qui me passionne depuis un bon bout. Non seulement l'occasion est bonne pour raconter comment cette passion a germé en moi, mais aussi comment le monde de la photographie a changé durant les dernières décénies. 

Au début. 

Quand j'étais gamin, mon grand-oncle possédait une bibliothèque remplie de bouquins de toutes sortes, des encyclos, pour la plupart. Durant les jours de pluie où je pouvais pas aller me salir dehors comme à l'accoutumée, et où y'avait pas de dessins animés à la télé, je montais sur une chaise de cuisine que j'avais péniblement tirée jusque dans le boudoir où se trouvait la bibliothèque, et je prenais un volume au hasard tout en prenant soin de pas me casser la gueule. Quand j'ai commencé ça je savais à peine lire alors je me contentais des images. 

Ironiquement, je pouvais passer quelques heures comme ça, à plat ventre, à feuilleter ces livres bien tranquillement. C'est généralement ce qui éveillait des soupçons chez ma grand-mère qui travaillait dans sa salle de couture en-bas. S'il fait pas de bruit, se disait-elle, c'est qu'il est en train de préparer un mauvais coup! C'était une sorte de pouvoir spécial qu'elle avait. Mais des fois, c'était un faux signal alors elle montait l'escalier tout en se préparant mentalement à me surprendre monté sur deux chaises, une valise et une boîte avec la main dans la jarre à biscuit qui était sur le dessus du frigo. 

Mais non.

J'étais là à regarder un livre bien tranquillement. Et là, elle se tapait quinze expressions faciales de surprise en trois secondes, parce que je n'étais pas en train de faire ce à quoi elle s'attendait que je fasse. 

De tous les bouquins dans la bibliothèque, y'en avait un que j'aimais bien. Il était bourré de magnifiques photographies en noir et blanc; des parcs, des monuments, des détails d'architecture, des paysages, des animaux... Y'avait ce je-ne-sais-quoi qui me passionnait. La beauté des images, certes, mais ce noir et blanc. Ce blanc qui révélait et ce noir qui dissimulait. Ah, que j'aimerais bien faire des photographies comme ça un jour. 

Ouais, ben je pouvais bien rêver. 

D'abord, du haut de mes quatre ou cinq ans, la dernière chose que l'on aurait voulu faire aurait été de me mettre un appareil photo entre les mains. À l'époque les appareils photo fonctionnaient avec des rouleaux de film. Fallait des sous pour les acheter, et d'autres sous pour les faire développer dans un laboratoire-photo. L'on avait généralement pas d'objection à m'acheter une voiture Matchbox de temps en temps, mais des rouleaux de film? Peuh! 

L'autre truc était que l'appareil que l'on avait était un Kodak Duaflex III (dont je vais ultérieurement vous parler de), un appareil qui nécessitait un peu de pratique tant pour mettre/ôter le film, que pour prendre des photos. Donc, bien au-delà de mon niveau d'expertise. 


N'empêche que j'ai souvent revisité ce livre dont les pages commençaient à être un peu encornées à force de le regarder. Lorsque mon grand-oncle est décédé j'ai hérité, en quelque sorte, de toute sa bibliothèque, mais de tous les livres qu'elles contenait encore, celui sur la photographie qui me passionnait tant n'y étais point. J'ai bien tenté, de mémoire, de retracer ce livre mais je ne suis jamais parvenu. 

Dans le temps...

À cette époque, pas de photo numérique. Pour photographier il fallait utiliser de la pellicule photographique et comme cette dernière était vendue en différents formats il fallait faire attention d'acheter la bonne. 



L'image ci-haut nous montre les différents formats de pellicules photographiques que l'on pouvait se procurer tant à la pharmacie locale que dans les boutiques photo. 

Le rouleau était inséré dans l'appareil et était prêt à prendre des photos. Après chaque photo il fallait "crinquer" l'appareil, c'est-à-dire faire avancer le film afin de ne pas prendre deux photos sur le même bout de film. Selon le type d'appareil on pouvait vérifier combien de poses il restait sur la pellicule. Les rouleaux se vendaient aussi selon un nombre de poses. Certains n'avait que 12 poses, d'autres 24 et 36 était le maximum. 

Les appareils, quant à eux, variaient grandement; des appareils simples et entièrement automatiques comme le Kodak Instamatic (apparu en 1963) à ceux plus sophistiqués comme les appareils 35mm à objectifs simples (Canon, Nikon, Minolta, Pentax...) jusqu'à ceux de qualité professionnelle comme  Leica ou Hasselblad (qui ont été utilisés sur la lune lors des missions Apollo). Et je n'en nomme ici que quelques uns. 

Le Brownie Hawkeye de Kodak. Un appareil qui est apparu en 1949 et qui a été fort populaire durant les années 50. 

Sur la photo ci-haut, on notera la présence du flash. Avant l'arrivée des flash électroniques, il fallait utiliser des ampoules spécialisées (et compatibles). Dans ces ampoules à usage unique on retrouvait des filaments de magnésium ainsi que de l'oxygène. Une fois activés, lors de la prise de photo, l'intérieur de l'ampoule brûlait brusquement en une seconde, créant ainsi une certaine intensité lumineuse qui s'éteignait aussitôt. Cette lumière vive, quoique brève, pouvait avoir certains effets néfastes, notamment sur les peintures à l'huile. C'est pourquoi les musées ont rapidement interdit l'utilisation de photos. 

Comme il était impossible de visualiser une photo prise, fallait faire attention de bien cadrer et, bien entendu, s'assurer que le soleil était derrière. Ceux qui ont connu cette époque se souviendront certainement des photos manquées. 

Et justement, pour savoir si les photos étaient bonnes, fallait aller les porter au laboratoire photo. On retrouvait des boutiques photo, comme Direct Film, bannière aujourd'hui disparue, ainsi que des comptoirs photo dans la plupart des pharmacies. De là, les films déposés par les clients étaient envoyés dans des labos où ils étaient développés puis retournés à la pharmacie où les clients pouvaient les récupérer. 

D'autres compagnies, comme Express Film, offraient un service postal. Dans des enveloppes spéciales pré-adressées insérées dans des magazines, les gens pouvaient alors remplir le formulaire, placer leur rouleau de film à l'intérieur, cacheter et déposer dans la boîte aux lettres la plus proche. Le film développé, les photos ainsi que les négatifs étaient alors retournés aux clients toujours par la poste. Les négatigs, soit le film exposé, étaient toujours inclus car ceux-ci permettaient de pouvoir réimprimer d'autres exemplaires de nos photos et pouvoir ainsi les distribuer à d'autres membres de la famille ou à des amis. Le délai de développement quant à lui était généralement de quelques semaines alors fallait pas être pressé d'avoir ses photos. 

Les négatifs étaient appelés ainsi parce que les couleurs étaient inversées. Une fois développés ils étaient placés entre le papier photographique et une source de lumière, permettant ainsi l'impression. Le principe est le même pour les photos en noir et blanc. 

Puis, durant les années 70, un service d'une journée est apparu, ce qui n'a certainement pas manqué de plaire. Et pas longtemps après les service photo une heure ont vu le jour. Encore mieux! Il se trouvait cependant une option pour éviter tout ce processus: les appareils-photo instantanés comme ceux fabriqués par Polaroid. Chaque photo comportait une section qui comprenait les solutions chimique de développement. Une fois la photo prise, elle sortait de l'appareil et il ne suffisait que d'une vingtaine de secondes pour l'image apparaisse quoique la qualité de ces photos laissait quelque peu à désirer. 

Et aujourd'hui nous voici dans l'ère parfaitement numérique. Plus besoin de films, de compter le nombre de poses ou de prévoir le coût du développement. Le plus modeste des appareils peut prendre des centaines de photos d'excellente qualité qui ne s'abîmeront pas avec le temps, en autout qu'on les sauvegarde soigneusement. 





Le saviez-vous? Le premier papier photographique était en fait du vernis d'asphalte appliqué soit sur du cuivre ou une plaque de verre. 






lundi 4 janvier 2010

De tout pour tous

 Les présentations d'usage ayant été faites dans l'article précédent, il est maintenant temps d'y aller avec ce qu'il conviendrait de définir comme étant la ligne directrice du blogue ainsi que des sujets sur lesquels je vais écrire ici avec vous. 

Ce qu'il y a de fascinant de nos jours, c'est que la société et tout ce qu'elle comporte évoluent à une vitesse inégalée jusqu'ici dans toute l'histoire de l'humanité. Avant le 19è siècle la vie de tous les jours ne changeait pas énormément de génération en génération. L'on faisait de bien belles découvertes, surtout dans le domaine de la science, mais autrement la façon de vivre était essentiellement la même. 

En 5,000 ans d'Histoire, la charrette tirée par un ou plusieurs chevaux a été le mode de locomotion principal pour se déplacer sur terre. Tout cela a changé lorsque l'on a inventé l'automobile. Entre le premier vol des frères Wright et la mission lunaire Apollo 11, il ne s'est écoulé que 66 ans. 

Tout, au 20è siècle, a évolué de façon dramatique; les transports, la médecine, la science, l'architecture, bref, tout ce qui nous entoure, sans oublier la société elle-même. Pour les personnes des jeunes générations cette évolution est fort probablement moins ressentie puisqu'ils sont venus au monde dans un monde technologie dominé par l'internet, les téléphones cellulaires, les ordinateurs et autres représentant technologiques. Ces personnes n'ont connu que cela. Par contre, pour la génération X en descendant, c'est une toute autre histoire puisque nous avons vu l'avènement de ces changements naître, parfois avec un peu d'incrédulité, lesquels se sont progressivement greffées, petit à petit, jusqu'à faire partie de notre quotidien.

Ces changements, que plusieurs d'entre vous, tout comme moi, avons vu, je vais les partager avec vous afin de se remémorer un passé pas si lointain mais ô combien différent. Comme disait l'autre, la vie passe vite, et si l'on ne s'arrête pas de temps en temps pour la regarder on risque de la manquer. Très juste. Il n'y pas si longtemps j'étais un adolescent bourré d'énergie qui faisait mille et une choses alors qu'aujourd'hui je baisse le volume de la radio dans l'auto pour mieux voir où je m'en vais. Je grince même des dents lorsque mon supermarché décide de changer l'emplacement de certains produits, c'est tout dire! 

Demeurez à l'écoute car le meilleur est à venir! 



Le saviez-vous? Il y a environ cent ans, l'espérance de vie d'un montréalais était d'environ 47 ans alors que le taux de mortalité infantile était de 274 décès par 1000 naissances. En 1965 il était passé à 19 par 1000 naissances. 


samedi 2 janvier 2010

Article premier


Voilà, vous voici en train de lire le premier article de la toute nouvelle mouture de Studio Pluche. Si, parce derrière ce blogue, y’a une petite histoire. Commençons par le mot lui-même : blogue.

Il s’agit du nom «francisé», non-officiel faut-il le souligner, du mot anglais «blog» qui lui provient de la fusion des mots «web» et «log». Donc, journal web. Le terme "weblog" a été utilisé pour la première fois en 1997 par Jorn Barger et la forme raccourcie, soit «blog», est due à Peter Merholz et qui a fait son apparition en 1999.

Mais bien avant cela, vers 1994-95, il y avait aux États-Unis, des gens qui écrivaient l’équivalent d’un journal personnel sur internet. On les appelait «diarists», tout simplement. Le terme se basait sur le mot "diary", soit un journal intime. C'est une fille des États Unis qui avait commencé ce bal en écrivant son journal en ligne, où tous et chacun pouvait lire l'histoire de son quotidien telle qu'elle l'écrivait. Ici au Québec il y a eu, à peu près vers cette période, la variante française, soit "diariste", un mot que je trouve laid sans bon sens et qui me rappelle une certaine fonction gastrique peu plaisante. Le mot a toutefois fini par être intégré au dictionnaire. 

Vers la fin de 1999 l'aventure de l'autopublication m'a tentée, et c'est sans expérience aucune que j'ai fait le saut. À cette époque préhistorique de l'internet, Google était une jeune compagnie d'à peine un an qui opérait encore à partir d'un garage. Facebook et YouTube n'existaient même pas..Publier une page web nécessitait un espace d'hébergement et heureusement la plupart des fournisseurs internet du temps  en offraient gratuitement avec leurs abonnements. leur taille orbitait autour de 5 Mb. Aussi, pour créer sa page web, connaître les bases du language HTML n'était pas un luxe. En fait, c'était largement prérérable, à moins de connaître quelqu'un qui s'y connaisse et prêt à venir en aide. 

J'ai osé des textes d'humour basé sur mon quotidien, partagé quelques dessins. J’ai signé et persisté pendant un certain temps, quelque chose comme un an et demi, après quoi j’ai graduellement cessé car je cherchais une nouvelle formule, plus personnalisée.  Je me suis néanmoins amusé à créer différents types de pages web sur mon ordinateur pour le simple plaisir de la chose mais sans rien publier nulle part. 

On fait maintenant une avance rapide de quelques années.

En 2006 il y a déjà un moment que je me suis remis à la photographie et ce faisant j’ai commencé à arpenter la ville afin de documenter les vestiges architecturaux qui nous restent. J’en avais aussi profité pour ressortir ma petite table à dessin pour gribouiller toutes sortes de bidules amusants. J’avais là, j’en étais convaincu, du matériel intéressant pour recommencer un blogue. Et puis les blogues étaient alors assez populaires. Assez pour que les gens qui en avaient un se rassemblaient dans un sorte de pow-wow . Ici, à Montréal, ces rassemblements en sont venus à être appelés "Yulblog" (Yul étant l’appellation codée de l’AITA pour désigner l’aéroport Pierre-Eliott-Trudeau de Montréal). Pour peu qu’on aurait pu appeler ça Petblog, mais je m'égare.

En 2006, donc, les outils pour publier des blogues étaient beaucoup plus perfectionnés et nul besoin de connaître le HTML. Les deux plateformes les plus populaires étaient alors Blogger (acquis par Google en 2003) ainsi que Wordpress, mis en ligne pour la première fois la même année. C’est avec ce dernier que j’ai repris l’écriture, publiant sur une base semi-régulière des articles portant sur la photo, l’histoire de Montréal, les découvertes faites durant mes promenades ainsi que mes dessins, tout en affichant fièrement la mascotte du blogue. 


C’est donc en ce mois janvier 2010 que j’ai décidé de déménager mes pénates ici, sur la plateforme Blogger, laquelle répond mieux à mes besoins. Dans le prochain article, je partagerai avec vous quelle est la direction que je compte donner à ce blogue ainsi que des sujets dont je vais traiter. 

Bienvenue chez-nous. Bienvenue chez-vous!

Bonne lecture!!


Pluche