vendredi 17 octobre 2014

Les maisons hantées de carnavals

Les maisons hantées de carnaval ont connues leurs plus belles années durant les années 60 et 70 alors que chaque parc d’attractions en avait au moins une. Pour les malchanceux et malchanceuses qui n’ont pas connu ces merveilleuses choses, et pour probablement rappeler de bons souvenirs aux autres, je vous propose aujourd’hui un article dans lequel j’explique l’ABC des maisons hantées de carnaval et comment tout ça fonctionnait.

On va commencer par le tout début et voir un peu en quoi consiste une maison hantée. Il s’agit tout simplement d’un parcours que les gens font au travers une maison, laquelle est truffée de squelettes, monstres, sorcières, goblins et autres créatures qui n’ont autre fonction que de vous faire faire dans votre froc.

Maintenant, ces maisons hantées se divisent en deux catégories distinctes; la première consiste en une structure dont le parcours se fait assis dans un petit charriot sur rail et qui suit son chemin de façon automatisée. Une fois parti ce dernier ne s’arrête que lorsqu’il ressort à la fin. Le Moulin de la sorcière, dont je parlais plus haut, était de ce type.

Le parcours intérieur se déroulait évidemment dans le noir le plus total et de changer subitement de direction, de monter ou descendre faisait évidemment partie du programme destiné à faire peur. Comme je le disais, le charriot ne s’arrêtait pas et comme les scènes d’épouvante n’étaient vues que pour un très court laps de temps nul besoin d’avoir des mises en scène élaborées. Généralement on utilisait des catins animatroniques affublés de masques en caoutchouc ou de vulgaires pantins de papier mâché barbouillés de peinture fluorescente. Des pierres tombales en styromousse, de la broche à poule et un hibou à dix dollars acheté dans un magasin de grande surface suffisaient. Tout dépendant du budget on pouvait aussi se procurer des appareillages d'épouvante mécanisés prêts à l'emploi. 






Pour produire un effet maximum sur la «clientèle» on misait sur l’effet de surprise créé par la bibitte en question qui surgissait subitement avec un éclairage subtil, animée par des contacts électriques sur les rails, et généralement accompagnée de sons stridents. Quelques secondes plus tard, une fois le charriot passé, elle regagnait son antre et tout redevenait noir. Le stratagème se répétait une dizaine de pieds plus loin avec une autre mise en scène. Pour offrir une variation sur le thème certaines maisons hantées simulaient, par exemple, un déraillement. Les gens voyaient l’endroit où le charriot se dirigeait et tout d’un coup il tournait brusquement dans un fracas, parfois en descendant une petite pente. Ça ne manquait jamais de causer quantité de cris de frayeur. Aussi, durant le trajet, on pouvait placer des portes de métal peinturées de noir mat, parfaitement invisibles, et conçues pour produire un vacarme de tous les diables.

Ces maisons hantées nécessitaient toutefois quantité de travaux d’entretien et aussi des réparations. Par exemple, il pouvait arriver qu’un contact électrique soit défectueux et qu’une mise en scène ne s’anime pas. Ça pouvait aussi être un charriot qui cahotait durant le trajet ou encore des lumières de sortie d’urgence brûlées. Quoiqu’il en soit, une fois les lumières allumées l’intérieur de la maison hantée ressemblait parfois à un chantier et n’avait rien de bien effrayant. Ici et là des fils électriques, des portes d’accès, des coffres s’outils, extincteurs et autres se retrouvaient un peu partout. Nul besoin de les dissimuler car les visiteurs, plongés dans le noir, ne les voyaient pas. Certaines maisons comportaient même un atelier sur place où l’on pouvait effectuer tous les travaux requis. Des passages «secrets» permettaient aux employés de suivre les charriots afin de s’assurer que des gens ne débarquent pas durant le trajet ou de venir en aide à ceux qui restaient coincés suite à une défectuosité.

L’extérieur de ces maisons était dichotomique; Les côtés et l’arrière, souvent inaccessibles au public, étaient bien ordinaires et n’avaient rien de bien particulier. Seule la devanture avait une apparence d’épouvante. Celles-ci étaient souvent très élaborées. Outre des mannequins animés il se trouvait des systèmes d’éclairages complexes, sonorisation d’usage et décoration appropriée. Voici d’ailleurs quelques exemples types :



 



Plusieurs de ces maisons hantées étaient fabriquées sur place, sur mesure selon des spécifications précises propres aux propriétaires des parcs. Si l’espace était restreint et aussi pour des raisons de budget, elles pouvaient aussi être achetées toutes faites et livrées clé-en-main. Un marché de maisons hantées usagées permettait aussi de faire des économies substantielles puisque l’on pouvait se les procurer pour une fraction du prix d’une neuve.

La deuxième catégorie de maisons hantées est celle du type que l’on visite à pied. Celle-là est foncièrement différente de la précédente pour plusieurs raisons et les entrailles, on s’en doute, étaient assez différentes. Dans ce modèle les gens avancaient à leur rythme et de ce fait les mises en scènes ne pouvaient être des agencements boboche barbouillés de peinture fluo car les gens les voyaient plus longuement. Pour ce faire deux options s’offraient; la première était de construire des mises en scène élaborées utilisant des mannequins convaincants ou encore de faire appel à des gens costumés. C’était le cas du House of Haunts à Gannanoque en Ontario. Toutefois, les employés étaient soumis à des codes de conduite très stricts. Un job de rêve? Voyons plutôt si c’était bien le cas.

D’abord les employés se voyaient confier des rôles bien définis et se devaient «de n’opérer» que dans les secteurs qui leurs étaient assignés. Il leur était également interdit de «sortir» du personnage et de fraterniser avec les visiteurs même si ce n’était pour dire qu’il faisait chaud sous le costume. Dans un même ordre d’idée les discussions entre employés étaient aussi interdites. Les costumes, même s’ils étaient fournis, étaient la responsabilité des employés quant au nettoyage. La lampe de poche, obligatoire, faisait partie intégrante de l’uniforme et ne devait être qu’utilisé qu’en cas d’urgence. Quant aux visiteurs, interdiction totale et formelle de leur toucher et ce, sous peine de renvoi. Aussi, comme ces maisons hantées opéraient selon des horaires précis les retards ne pouvaient être tolérés, pour des raisons évidentes.

L’autre aspect des coulisses est celui qui concerne la loi. Chaque maison hantée, peu importe son type, doit se conformer aux règlements municipaux en vigueur. Ça inclut les systèmes d’incendie, détecteurs de fumée, issues de secours clairement indiquées et avertissements clairs à la clientèle à risque; personnes avec des conditions cardiaques, sujettes aux crises de panique, agoraphobes et femmes enceintes.

Durant les années 60,70 et 80 il se trouvait deux de ces manèges à Montréal; la Maison Hantée du Parc Belmont, dont je vous ai déjà parlé ainsi que le Moulin de la Sorcière à La Ronde, tous deux de type à charriot. Ils ont chacun remporté un vif succès et les enfants se pressaient toujours pour aller y faire un tour. Ils n’existent plus ni l’un ni l’autre; le Parc Belmont a été fermé au début des années 80 et La Ronde a retiré le Moulin du site il y a de cela un certain temps. C’est un peu dommage dans le fond.

Aujourd’hui, et à moins que je ne me trompe, les maisons hantées les plus proches de Montréal se trouvent dans le secteur de Clifton Hill à Niagara Falls. Il se trouve là toute une petite brochette de ces attractions qui opèrent généralement toutes avec des employés costumés.









Le saviez-vous? Aux États-Unis on compte pas moins de 2,000 de ces établissements lesquels reçoivent en moyenne plus de 12 millions de visiteurs par an. Avec les billets d’entrée, évènements et marchandises diverses, l’industrie des attractions hantées est une affaire de plusieurs milliards de dollars.











mardi 14 octobre 2014

Histoire de puces

Silencieux ces temps-ci au Studio Pluche. Pas d’articles, pas de photos, même pas un aparté sur la page Facebook depuis un bon bout. Et en plusse c’est le temps de l’Halloween et Pluche (c’est moi) qui se poigne le beigne lui qui d’habitude inonde le blogue de trucs sur l’Hallowee! Y’a quelque chose qui cloche, comme dirait l’autre. Mais que se passe-t-il donc? Une grève? Ah non, ce serait trop con puisque je suis seul à tout faire ici, de passer le balai à rédiger les textes. Hum. Se serait-il fait enlever par des stra-trestres (dit d’une voix nasillarde et moustachue). Se serait-il échappé dans une autre dimension? 

Nénon. 

Ça se passait vendredi dernier, le 3 octobre plus précisément. Après un bon petit repas (j’arrive maintenant à utiliser le four sans faire flamber la cuisine au complet) je m’installe au clavier  pour rédiger un texte. Tout va bien et les mots s’enfilent à l’écran pendant que j’écoute, en sourdine, une pièce de Satie.


Près de moi, bien couchée sur son coussin, une Zoé qui ronronne pendant que Chifonie la gloutonne ronfle derrière moi, les quatre fers bien en l’air. Puis, se fait entendre un drôle de son, comme un bourdonnement étrange mais court. Satie n’a pourtant jamais collaboré avec Skrillex. Serait-ce Chifonie la goinfre qui digère?


Je hausse les épaules et continue de travailler. Quelques minutes plus tard voilà que le grésillement reprend. Hum. Voilà qui est bien étrange. Je jette encore un coup d’œil à Chifonie la goulue mais je suis de moins en moins convaincu que ces crépitements sont issus de sa lourde digestion. Lorsque l’étrange bruit revient, pour la troisième fois, l’écran devient soudainement bleu et se remplit de messages m’indiquant clairement que quelque chose ne va pas bien. Je vois d’ici les zélotes idolâtres de la Pomme affichant un sourire hautain et méprisant en coin de bouche tout en se disant que c’est normal que ça plante, c’est un PC. Et avec Windows, rajoutent-ils en se pinçant le nez, le p’tit doigt en l’air. Heureusement je ne suis pas totalement néophyte en matière d’informatique et je sais très bien que le problème auquel je fais face n’a rien à voir avec Windows. Les messages qui s’affichent démontrent clairement que le problème est d’origine matérielle. Quelque part dans la boîte se trouve une composante qui fait des siennes. Suffit de savoir laquelle. 


Mais pour le savoir il vaut mieux confier la bête à des experts. J’ai alors transporté le patient à l’atelier où il a été fabriqué il y a sept ans. Sur place on a été étonné d’apprendre que la bestiole a fonctionné à tous les jours pendant toutes ces années sans le moindre problème, même minime. Puis je m’en suis retourné en attendant des nouvelles. Pendant ce temps, silence internet total chez-moi. Plus de courriels, plus de Facebook, ni rédaction de textes, de classement de photos digitales ni rien d’autre. Heureusement je n’ai jamais été à court d’occupations. 


Pendant ce temps, dans la «salle d’opération» de l’atelier, les techs ont soigneusement ouvert la bête et ont entreprit de sonder ses entrailles. Après différents tests le diagnostic est tombé : c’est la carte-maîtresse qui a rendu l’âme. Finie. Kapoute. Il faut assurément la remplacer. Étant donné son âge avancé, il faudra changer non seulement le processeur mais aussi la mémoire. 


Cet ordinateur, ce PC, une machine à peine vivante. Messieurs, nous pouvons la reconstruire. Nous possédons la technologie. Nous avons la possibilité de la faire revivre, meilleure qu’elle était avant. Meilleure. Plus forte. Plus rapide. 


Maintenant, après une semaine et demi d'absence, elle de retour à son poste, rebranchée à tous ses accessoires. Avec les outils de Windows j'ai pu tout migrer rapidement et effcacement tout l'ancien matériel et j'ai pu donc redémarrer en un rien de temps. Maintenant, au boulot, y'a des articles à écrire! 



mercredi 1 octobre 2014

Le shampoing Woodbury en 1953


Se shampouiner les cheveux avec du shampoing est un truc assez naturel de nos jours. Ça fait partie, presque machinalement, de notre routine. On peut assumer que le mot français «shampoing» est un dérivé du mot anglais «shampoo» lequel est une anglicisation  du mot hindi chāmpo (चाँपो) lequel serait lui-même dérivé du sanskrit capayati (चपयति), lequel veut dire «presser, pétrir et apaiser». Le sanskrit était une langue couramment parlée aux Indes durant la période coloniale et justement, les européens qui faisaient des échanges commerciaux avec les Indes dans ce temps-là avaient pris l’habitude que les Indiens avaient, soit celle de se laver le corps et les cheveux à tous les jours. En retournant en Europe ils ont ramené cette habitude avec eux. Vers la fin du 18è siècle des stylistes britanniques faisaient incidemment bouillir des filaments de savon et ajoutaient des herbes afin de donner aux cheveux du lustre et de la brillance. Par contre cette habitude n’a pas traversé l’Atlantique jusque chez-nous. Parce que voyez-vous, nos ancêtres de la Nouvelle-France ne se lavaient pas les cheveux car ils croyaient dur comme fer que le gras des cheveux donnait un lustre élégant tout en étant un indicateur de la bonne santé des cheveux. Se laver tout court n'était pas vraiment fréquent non plus et si ça se produisait, c'était assez sommaire. Bonjour les poux! Mais ça c’est une autre histoire. 

Donc l’utilisation d’un produit spécifiquement conçu au nettoyage des cheveux est quelque chose de relativement récent. Le premier shampoing commercial est  apparu en 1903 et fabriqué par la compagnie Schwarzkopf. Il portait alors le nom de «Schaumpon». La version liquide est arrivée plus tard, soit en 1927. À ce moment le savon traditionnel et le shampoing comportaient essentiellement les mêmes ingrédients. Le shampoing tel qu’on l’utilise aujourd’hui, avec des surfactants synthétiques, a été introduit dans les années 30 avec la marque Drene. Il n’a pas fallu attendre bien longtemps pour qu’une multitude de compagnie en fasse bientôt le commerce sous différents noms et appellations. La compagnie qui figure dans la pub d’aujourd’hui ne fait pas exception. 

Woodbury est une compagnie qui a été fondée à Albani dans l'état de New-York en 1870 par un dermatologiste que l'on assume être monsieur Woodbury lui-même. À ses débuts ce dernier fabriquait du savon tout à fait ordinaire mais en 1901 sa compagnie a été rachetée par une autre, soit Andrews Jergen, qui a toutefois continué à commercialiser des produits sous le nom de Woodbury. À son tour Jergens a été achetée par la compagnie japonaise Kao et bien que le shampoing Woodbury soit encore disponible aux États-Unis il ne semble plus l'être au Canada. 

Le style graphique de la publicité d’aujourd’hui s’inscrit facilement dans le cadre normatif de celles d’époque; l’image qui occupe le trois-quarts supérieur de l’espace et le texte tout en bas. L’utilisation du noir et blanc plutôt que la couleur fait que la publicité était moins dispendieuse à produire dans son ensemble. Elle a tout de même de quoi faire sourire comme la façon dont la mère s’y prend pour laver les cheveux de son enfant. On peut certes s’amuser aussi du chic de la maman qui porte une superbe robe et un beau collier de perles, en plus d'être impeccablement coiffée. Mise en scène publicitaire? Mais très certainement! L’huile de noix de coco, tout comme l’huile d’amande, de maïs, d’olive, d’arachide, de sésame, fait partie d’ingrédients très efficaces pour soulager les symptômes de démangeaison du cuir chevelu. On dit vrai.  

Cette publicité est parue en septembre 1953 et que se passe-t-il à Montréal en septembre 1953? Ce qui retient l’attention est bien entendu cette importante rencontre à l’hôtel de ville alors qu’il y a conflit entre l’administration municipale et les chefs de pompiers, police et fonctionnaires municipaux. On parle même de grève, démontrant encore une fois ici que l’histoire se répète. Le maire de Montréal à ce moment? Nul autre que Camillien Houde, mais ce dernier en est à son avant-dernière année de mandat, lequel se terminera en 1954. 




Le saviez-vous? Au Moyen-âge les cheveux roux étaient associés à la dépravation morale et au désir sexuel intense. On les considérait comme des vampires, des loups garous ou des sorcières. L’Inquisition espagnole les a persécutés, croyant qu’ils avaient volé  leurs cheveux en enfer. On peut se sentir soulagé de savoir que plus personne ne croit à de vieilles superstitions religieuse, Dieu merci!

vendredi 26 septembre 2014

Histoire de chats

Des chats, dans ma vie, il y en a presque toujours eu. De dire que je suis une personne à chat est certainement un euphémisme. La perte d’un animal de compagnie est pénible, tous ceux qui ont ou en ont eu vous le diront. Rien de facile ni d’agréable lorsque vient le temps de se départir d’un fidèle compagnon, on peut en convenir. La perte de Pénélope, comme je disais dans l’article que je lui ai dédié, m’a fait un grand trou béant au milieu du cœur. Ce qui est parfaitement normal après onze ans de joyeuse complicité. Le deuil m’a été, et m’est encore pénible mais j’ai une philosophie très nette pour pallier à cela; adopter un nouveau compagnon félin. Toutefois, pas question ici de «remplacer» Pénélope ou de faire un copier-coller de la dynamique que j’avais avec elle. Ce sont là des choses qui ne se font pas et qu’il faut éviter à tout prix. Il s’agit tout simplement d’inverser la polarité de la charge émotive engendrée par le départ de Pénélope par une autre, positive celle-là et l’investissement d’énergie afin de créer un nouvel acoquinement avec un tout nouveau minet permet justement cela. 

Mais adopter un nouvel animal, même pour les raisons que j’ai mentionnées, n’est pas décision à prendre à la légère ou sur un coup de tête. On ne choisit incidemment pas un nouveau compagnon comme une bébelle que l’on peut retourner au magasin si l’on n’est pas satisfait, peu importe la raison. En prenant son temps et en posant les bonnes questions et de passer un certain temps avec l’animal qui nous intéresse on s’assure que celui que l’on va choisir sera le bon. À cet égard les refuges sont les endroits à privilégier. Qui plus est, le vaccin de base, le micropuçage et la stérilisation sont incluses. Ce qui est bien aussi c’est que l’on peut consulter sur internet les animaux disponibles pour adoption mais évidemment, rien ne vaut une visite en personne.

À cet égard je me suis donc rendu dernièrement au refuge de la SPCA pour une première visite. C’était un de ces vendredis typiques de l’automne, ensoleillé mais un peu frisquet. En approchant la bâtisse je me suis enlevé de la tête l’idée absolue d’en ressortir avec un animal. S’il faut que je revienne deux, trois ou quatre fois pour dénicher la perle rare alors ce sera comme ça et c’est tout. Y’a pas de presse.

En entrant dans la salle où se trouvent tous les matous j’avoue que j’ai trouvé ça un peu triste de les voir. Ils sont bien traités et soignés, pas de doute, mais ils ne sont pas là pour l’éternité et ils ont aussi chacun une histoire, pas toujours très jojo; tantôt trouvés presque naissants dans une ruelle au fond d’une boîte de carton, parfois abandonnés sommairement lors d’un déménagement, confiés à la SPCA pour des raisons de santé de l’ancien propriétaire ou bien parce que les gens ne peuvent tout simplement plus s’en occuper pour différentes raisons personnelles. Ici, ils ont une seconde chance à la vie et ils nous regardent avec ces yeux qui nous implorent de les adopter.

Ce jour-là toutes les cages étaient presque toutes occupées. Seulement deux ou trois de vides. Il se trouvait une chatte que j’avais vu sur le site internet de la SPCA, une belle et jeune tabby aux yeux verts dont le nom m’échappe. Elle n'avait pas encore été adoptée. La technicienne a ouvert la cage pour un premier contact. Pas de geste brusque, évidemment. Par contre elle s’est montrée agressive. Elle s'est recluse dans le fond et s'est refusée à toute approche, les oreilles bien baissées. Ça ne ment pas et dans ce temps-là on n'insiste pas. Nous ne sommes peut-être pas faits l'un pour l'autre. Peut-être a-t-elle été abusée? Difficile à dire. La technicienne a refermé la cage et j’ai regardé les occupants des autres cages. 

J'ai ensuite vu un p’tit mâle de quelques mois déjà castré. Bon, pas de chance, il était déjà en processus d’évaluation pour adoption. Les autres matous quant à eux étaient un peu trop vieux pour moi. Le dernier chat que j’ai vu était une jeune femelle blanche et grise. Elle semblait enjouée et sociable mais deux enfants accompagnés de leur mère la convoitaient.   

Je reviendrai donc plus tard pour une seconde visite que je me suis dis. Y'a pas de presse.

J’étais sur le bord de quitter la pièce lorsque j’ai jeté un dernier coup d’œil et c’est là que je me suis rendu compte qu’une cage près du sol, que je croyais vide, était en fait occupée. Je me suis arrêté et me suis accroupi pour mieux voir. Là, dans la litière, bien couchée en rond, une petite boule de poils dormait à poings fermés. Sur le carton ça disait qu’il s’agissait d’une femelle d’à peine un an, mais sans nom.

En regardant la fiche de l’animal la technicienne m’a dit qu’elle avait été trouvée errante et que tous les efforts avaient été faits pour en retracer le ou la propriétaire, sans grand succès, ce qui laisse croire à un abandon pur et simple. Ça disait aussi qu’elle était timide et craintive, ce qui est normal, mais autrement en excellente santé. J’ai donc demandé à la voir.

Quelques minutes plus tard on s’est retrouvé, la technicienne, la chatte et moi, dans une petite salle qu’on pourrait appeler «d’acclimatation». C’est une pièce vide, d’à peu près douze pieds par douze et sans meuble où l’on peut évaluer le contact avec l’animal. La petite chatte, j’ai pu le constater, était vraiment mais alors là vraiment petite, miniature dans tous les sens. Elle faisait davantage penser à un chaton de quatre ou cinq mois. Affichant une fourrure tigrée mais foncée, elle s’est initialement montrée craintive et timide.

Qu’est-ce que tu fais cachée derrière la porte? Que je lui ai dit.

Mais c’était bien normal, considérant d’où elle venait et ce qu'elle avait vécu. Et puis elle est laissée approchée, puis flatter et finalement j’ai pu lui faire passer le test ultime de confiance pour un chat : se laisser prendre sur le dos dans le creux de mon bras.

La petite a passé le test haut la main. Elle s’est même mise à ronronner puis, à fermer à moitié les yeux. La p’tite vlimeuse. Tsé, quand tu es bien. J’ai alors deviné qu’elle était habitée d’une belle sociabilité qui ne demandait qu’à éclore au travers de la patience, de l’amour et bien des câlins. Après un douzaine de minutes je n’ai pu que constater qu’elle et moi avions un merveilleux potentiel d’amitié et c’est avec grand plaisir que j’ai choisi de l’adopter. Mes amis, faites la connaissance de Zoé.


Dès son arrivée à la maison elle a immédiatement pu s'acclimater sans problème aucun à son nouvel environnement de vie. De chat errant dans la rue et abandonné elle fait la transition à un tranquille chat de maison qui aime ronronner. Selon toute vraisemblance, notre relation sera toute aussi merveilleuse et unique que celles que j’ai eue avec Pénélope ainsi qu’avec ces autres merveilleux chats qui les ont précédés et dont je garde en moi tout l’amour que leur ai portés.


Au moment d’écrire ceci elle est là, couchée sur la chaise près de moi à roupiller. Il y a maintenant quelques jours qu’elle est ici. Non seulement elle s’y plaît drôlement mais elle prend doucement ses aises et petites habitudes. Elle ne grimpe pas là où il ne faut pas, va dans la litière sans aucun problème et ne rechigne pas quant à la nourriture. Bientôt elle passera sous le bistouri afin d'être stérilisée après quoi elle ne s'en portera que mieux. 

Bienvenue chez toi Zoé, bienvenue, à ton tour, dans ma vie!




Le saviez-vous? Une chatte qui s’accouplent verra sa descendance se chiffrer à près de 420,000 minous en sept ans. Faites stériliser.


dimanche 21 septembre 2014

natura


La vie va très vite, et si on ne s’arrête pas une fois le temps pour l’apprécier elle nous file entre les doigts bien plus vite qu’on peut le réaliser. Alors c’est pour ça qu’il m’arrive souvent, lorsque je fais des escapades photo, de stationner mes galoches quelque part afin d’apprécier le paysage, d’écouter le vent et de sentir le vent sur mon visage. Noa, une jeune fille qui m’a servi de modèle nu, me l’avait bien dit; qu’on ne sent jamais autant vivant que lorsqu’on se laisse la nature et nos sens faire copain-copain et de s’éloigner du tumulte urbain de la vie moderne.

Justement. 

Certains spécialistes avancent qu’il y a de cela quelques 12,000 ans, l’Humain, qui n’avait pas encore développé l’agriculture, dépendait essentiellement de ce qu’il cueillait et chassait. Mais vous savez quoi? Il a été estimé que pour ça, il ne devait y consacrer que quinze à vingt heures en moyenne par semaine. Il pouvait passer le reste du temps écrasé dans l’herbe à mâchouiller une branche et regarder les nuages passer. Et tout ça dans un environnement d’air et d’eaux pures et parfaitement exempt d'argent, de dettes ou de politicailleries. Quinze heures par semaine. Voilà vingt-mille ans. Et si vous pensez qu’il ne devait pas vivre ben vieux, détrompez-vous, des études récentes semblent démontrer le contraire¹. Et moi, entre deux photos, je me demande parfois si nous «progressons» dans la bonne direction. 

¹. Guenevere, Michael; Kaplan, Hillard (2007). "'Longevity amongst Hunter-gatherers'". Population and Development Review 33 (2): 319. 



Le saviez-vous? Il existe de nombreuses tribus où l'on vit exactement comme les chasseurs-cueilleurs d'autrefois. Les !kung d'Afrique (le ! se prononce avec un clic de la langue) passent effectivement entre douze et dix-neuf heures par semaine à travailler pour se nourrir. On n'y a rapporté aucun cas d'obésité, de maladie cardiaque, de diabète, de haute pression ou de mauvais cholestérol. 

mercredi 17 septembre 2014

Au revoir Pénélope

C’était durant l’été de 2003. Je sortais un sac à ordures lorsque tu es arrivée comme ça, en coup de vent par la porte arrière sans même demander si tu pouvais. Tu es ensuite passée de par la cuisine pour t’en aller ensuite vers l’avant où je t’ai regardé aller, un peu incrédule, jusqu’à ce que je te perde de vue. J’ai déposé mon sac à ordures dehors et refermé la porte pour voir où tu étais rendue et c'est là que je t’ai aperçue, au beau milieu du salon, bien assise alors que tu te léchais la patte. Bien calme, tu m'as regardé autour comme si tu te disais, ouaip, belle place, je crois que je vais rester ici. 


Du coup je me suis demandé si tu n'appartenais pas à quelqu'un mais malgré les papiers que j'ai placé je n'ai jamais eu de réponse. J'aurais bien pu aller te porter dans un refuge et toute l'histoire se serait terminée là mais y'avait ce p'tit quelque chose en toi qui me plaisait bien et c'est pourquoi j'ai finalement décidé de te garder avec moi. C’est de cette façon que tu es entrée dans ma vie. J’ai découvert en toi une chatte enjouée, curieuse, pas peureuse pour cinq sous, sociable et un brin aventureuse. 


Nous avons instantanément développé un magnifique complicité, un peu comme si nous nous étions toujours connus. Au début j'ai bien cherché à te donner un nom, même si c'est certainement curieux de donner des noms à des chats car ils ne répondent jamais lorsqu'on les appelle. J'ai néanmoins opté de t’appeler Pénélope.



Véritable guenille, je pouvais te prendre comme je le voulais. Combien de soirées avons-nous passé à regarder des films pendant que tu te lovais confortablement contre moi, captivée toi aussi parce qui se passait à l'écran. Il t'arrivait même de t’endormir comme ça avec les deux pattes sur ma table.


Peu importe où je me trouvais chez-moi tu me suivais. En faisant la vaisselle, pliant mon lavage, faisant le tri dans mes cochonneries, tu te trouvais là, tout près, m’observant avec curiosité. Mais pas l’aspirateur. Dans ce temps-là tu semblais disparaître dans une autre dimension. Lorsque je m'installais à ma table à dessin tu venais prendre place derrière et tu me regardais crayonner. Tu y demeurais tant et aussi longtemps que je dessinais. Si je quittais pour une raison ou pour une autre tu me suivais et si je me réinstallais tu reprenais ta place derrière.


En écrivant les articles pour ce blogue, tu prenais place sur ma table, parfois même près de mon clavier et tu portais une attention particulière à tout ce que je faisais. En autant que je puisse me rappeler tu t''est trouvée à mes côtés à chaque fois que j'ai travaillé sur les articles qui se trouvent ici. Il y a un peu de toi dans chacun d'entre eux.


J'ai même failli, un jour, appeler ce blogue «Mademoiselle Pénélope et moi». J'avais même préparé une mise en page et conçu plein d'illustrations devant accompagner le blogue en question. Tu t'étais alors montrée particulièrement intéressée par la représentation que j'avais faite de toi. 




Aujourd’hui, onze ans après ton arrivée tel le cheval qui souffle en tempête, tu es là, dans mes bras, malade et amaigrie. Tu ne peux même plus ronronner. Dans ma poitrine j'ai le cœur qui me pèse comme si c’était une enclume et dans la gorge y’a ce motton qui s’obstine à rester là. Bientôt on sonnera à la porte et nous partirons ensembles. Jamais de ma vie je n'aurai autant souhaité qu'un déplacement en automobile dure une éternité. Choisir de te donner finalement la paix a été, tu dois le deviner, une décision très dure à prendre mais c’était la chose la plus humaine à faire. Par contre la difficulté de t'amener avec moi, j'te dis pas.

Tu as bien fait ça. Comme une grande. Tu t’es assoupie dans la doudou qui t’avait été préparée, puis, tu es partie, tout doucement. Te quitter définitivement n’a pas été chose facile. C'est avec un trop plein d'émotion que je t'ai pris dans mes bras pour une dernière fois, que je t'ai serré bien fort. Je t'ai ensuite donné un dernier baiser sur le front, ce que tu aimais tant. Le retour a été émotivement lourd j'te dis pas, et revenu chez-moi il m'a fait étrange de ne plus t'apercevoir, couchée à l'un de tes endroits préférés. En allant d'une pièce à l'autre il m’est difficile de me faire à l'idée que tu n'es plus là et je m’attends étrangement à te voir, ici ou là, comme si ton départ n’avait finalement été qu’un bien mauvais rêve. Onze ans, ça laisse tout un tas de souvenirs et d'habitudes tu sais!

Merci Pénélope. Merci d’être entrée chez-moi et dans ma vie comme tu l’as fait. Merci d’avoir été là durant toutes ces années et d’avoir été, sans que tu ne t’en rendes vraiment compte, une présence ainsi qu’une source de réconfort. Tu savais lorsque ça n'allait pas et tu venais me réconforter, me donnant des petits coups de patte feutrés sur mon bras tout en miaulant doucement, comme pour me rassurer. Ta présence, tu dois t'en douter, va me manquer durement et maintenant va falloir que je m'’habitue à cet immense trou que ton absence vient subitement de laisser. Je vais m’ennuyer épouvantablement de ta présence, de tes coups de tête, tes ronrons rassurants, de ta chaleur l’hiver et de cette extraordinaire complicité qui nous unissait, toi et moi. J’aime à croire qu’il ne s’agit que d’un au revoir et qu’un jour on se reverra quelque part. Allez, au revoir gros tigre et fais un beau dodo! 



samedi 13 septembre 2014

La Ford V8 en 1954


Tiens, ça fait un bout que je n'ai pas présenté de vieilles pubs. Alors voilà, je rectifie à l'instant et cette fois avec une belle publicité de 1954 plus précisément où l'on vante la nouvelle Ford avec moteur V-8. Mais qu’est-ce qu’on prétend tout en haut? La voiture qui a révolutionné le marché? Ho hum. Voyons un peu ce que nous offrait la Crown Victoria de la série Fairlane.

Tout d’abord il faut dire que cette voiture était en fait d’un design tout à fait nouveau. Incidemment, la Crown Victoria Fairlane 1955, que l’on voit ici, se trouvait à être remplacer la Crestline 1954.

La Fairlane a pris un peu le public par surprise avec une version sedan, une version deux portes et une autre à quatre portes. On retrouvait aussi un modèle «hardtop coupe» ainsi qu’une version dite Sunliner. On peut ajouter aussi des innovations qui n’en étaient pas réellement comme le la large pare-brise (2,794 centimètres carrés de visibilité) inspiré de ce que faisait GM. Quant au fameux V-8 dont il est question il s’agissait en réalité du «Y-Block» reconnu pour ses problèmes de lubrification. Quant à la performance la voiture atteignait 100km/h en 14.5 secondes alors que les Chevrolet pouvaient atteindre cette vitesse en 11 secondes.

Et cette transmission Fordomatic, c’est quoi au juste? Il s’agit tout simplement de la première transmission automatique à être largement utilisée par Ford. Elle a été développée par Borg Warner et introduite en 1951. Il s’agissait d’une transmission à trois vitesses.

Une Crown Victoria comme annoncée ici affichait un prix de vente d’environ $2,300, ce qui, en dollars ajustés d’aujourd’hui représente quelque chose comme $20,500. Et où pouvait-on s’en procurer une à Montréal? À plusieurs endroits dont Cumming-Perreault au 1640 Ste-Catherine ouest, Garage Portier au 5021 Notre-Dame est, Généreux Motors au 2144 Bleury ou encore chez Lalonde Automobile au 3897 avenue Bannantyne, entre autres. Tous des concessionnaires qui n’existent plus aujourd’hui. Côté conception graphique ça rentre pif-poil dans le style de l’époque et il est intéressant de noter une petite bavure soit l’omission, dans le texte du haut, de l’apostrophe qui sépare le «l» de «industrie». On a tenté tant bien que mal de l’ajouter par la suite, un peu maladroitement faut l’avouer.

Cette pub, comme je l’ai dit plus tôt, nous fait remonter à l’automne 1954 et qu’est-ce qui fait jaser dans les tavernes et chaumières? À Montréal il y a les élections municipales qui approchent à grand pas et l’un des candidats à la mairie n’est autre que Jean Drapeau sous la bannière de la Ligue d’action civique. Drapeau est cet avocat qui a été l’adjoint de Pax Plante lors de la fameuse enquête sur la corruption et la moralité à Montréal. On attendait d’ailleurs les conclusions du rapport Caron quant aux maisons de jeu, à la contrebande d’alcool ainsi qu’aux maisons closes. Nombreux sont les citoyens qui croient qu’un changement de garde à l’Hôtel de ville soit de mise. Drapeau l’emportera-t-il?




Le saviez-vous? Pour la modeste somme d’environ $70 on pouvait faire installer à son Crown Victoria un toit en plexiglas. Une idée pas trop brillante puisqu’il transformait l’intérieur de la voiture en véritable serre même par journée fraîche. Parfaitement impopulaire, cette option a disparu du catalogue des options dès 1957. 

dimanche 7 septembre 2014

Nudus XXIV


Nous revoici, pour une troisième photo, avec Noa. Sa disponibilité n'est pas toujours facile en raison de ses nombreux déplacements. Durant la session, elle me parle de son pied à terre, ici à Montréal, un tout petit logement qu'elle partage avec sa sœur. Entre les lents mouvements, Noa me parle de ses voyages, lesquels labourent ce grand champ qu'est notre ouverture d'esprit. Elle m'a parlé de ses origines méditerranéennes, des belles terrasses de Corinthe qui bordent le golfe du même nom, des promenades matinales dans les rues des petits villages d'Auvergne, du magnifique parc Stanley à Vancouver où elle s'est liée d'amitié avec une Autochtone Crie. Elle m'a aussi parlé de la grande beauté architecturale de Belgrade et des nombreux canaux d'Amsterdam où elle en a profité pour visiter la maison Anne Frank. Mais aussi, de New York, où elle a constaté que les femmes peuvent avoir la poitrine dénudée légalement, sous certaines conditions, dans les lieux publics. C'est ce qui m'a amené à en faire le sujet photo du jour. 




Le saviez-vous? Les anciens Égyptiens ont été les premiers à documenter le cancer du sein. Il n'y a pas de remède, disaient-ils. Aujourd'hui le cancer du sein est le second cancer le plus mortel chez les femmes, le premier étant celui du poumon.