L'autre gros cadeau a été la piste de course Hot Wheels Super Charger que l'on voit à l'arrière. Il y a plusieurs années j'ai restauré la fenêtre au travers laquelle on voit la voiture qui venait avec ainsi que le bouton de collection affichant la même voiture. Le Super Charger, que l'on voit en base à gauche, fonctionnait encore très bien lorsque je l'ai essayé il y a quelques années.
mercredi 24 décembre 2025
Le Réveillon en 1971
L'autre gros cadeau a été la piste de course Hot Wheels Super Charger que l'on voit à l'arrière. Il y a plusieurs années j'ai restauré la fenêtre au travers laquelle on voit la voiture qui venait avec ainsi que le bouton de collection affichant la même voiture. Le Super Charger, que l'on voit en base à gauche, fonctionnait encore très bien lorsque je l'ai essayé il y a quelques années.
mardi 16 décembre 2025
D'hier à aujourd'hui: le téléphone
Né au milieu des années 60, j’ai eu la chance de traverser six décennies, chacune marquée par son identité propre. J’ai été témoin de nombreux bouleversements, portés par des innovations qui promettaient d’améliorer notre quotidien. Le mot « progrès » revenait sans cesse, et je peux affirmer en avoir vu les manifestations à bien des niveaux. Ce qui relevait autrefois de la science-fiction fait désormais partie intégrante de notre vie de tous les jours.
Mais au fond, avons-nous réellement progressé? Notre routine s’est-elle transformée autant qu’on nous l’avait annoncé, ou seulement selon le discours enjôleur des marchands du temple? Je vous propose aujourd’hui un petit exercice de comparaison pour y voir plus clair : mettre face à face 2025 et 1975. Pourquoi 1975? Parce que, même si cette date semble lointaine, elle ne l’est pas tant que ça. C’était avant la grande révolution informatique des années 80, une époque qui n'était pas si loin, à peu de choses près, des années 60. Bref, le 2025 numérique et le 1975 analogique.
Aujourd'hui, le téléphone
Mais le téléphone de 2025 est plus qu'un téléphone. Ce petit rectangle connecte son utilisateur avec le monde entier via différentes applications qui permettent de faire des réservations, connaître la météo, effectuer des transactions bancaires, envoyer des messages texte, connecter sur les réseaux sociaux, avoir les dernières nouvelles ou même prendre un rendez-vous. Et bien entendu, faire des appels.
Les téléphones intelligents sont aussi pourvus de caméras pouvant non seulement prendre de magnifiques photos en tous genres mais aussi de filmer en haute résolution. Quelque chose se passe quelque part? soyez assurés d'y voir des gens, téléphones à la main en train d'enregistrer ce qui se passe.
Toutefois, il est assez limpide que trop de gens sont résolument accros à leur téléphone. Il suffit de voir tous ces gens un peu partout qui ont les yeux vissés sur l'écran et qui ne le lâchent pas pour rien au monde. Même pour aller aux toilettes. Aussi, de nombreux accidents automobiles impliquent des personnes qui conduisaient le téléphone à l'oreille ou à la main. d'où l'interdiction d'en utiliser un au volant. Le gouvernement a aussi instauré un règlement, mis en place en septembre dernier, visant à interdire les téléphones durant les heures de classe. Plusieurs articles ont été publiés sur le sujet de l'utilisation du téléphone, dont celui-ci de Radio-Canada. Ici, La Presse parle des dangers reliés à son utilisation. Le magazine Protègez-Vous en parlait aussi ici.
Toutefois, le téléphone cellulaire a bien évolué et oui, il existait en 1875 mais coûtait un bras et une jambe, était encombrant et c'était horriblement loin d'être à la portée de tout le monde. La fin du monopole de Bell sur la téléphonie et les nombreuses innovations technologiques ont permis de lentement, mais sûrement, au téléphone qui ne faisait que des appels (gratuits après 19 heures pour ceux qui se souviennent) aux modèles que l'on connaît présentement. Il est intéressant de noter la grande variété de modèles qui existaient avant que tous les fabricants en viennent à "adopter" le style du iPhone d'Apple.
Outre les modèles qui se ressemblent tous, on estime le nombre de téléphones en opération dans le monde à 7,21 milliards d'appareils. Le côté moins reluisant sont tous les appareils qui ne sont plus utilisés et qui se retrouvent en très grand nombre dans les dépotoirs, relâchant dans le sol des matières hautement toxiques. Il existe toutefois des endroits où ils peuvent être déposés afin qu'ils soient adéquatement recyclés ou, s'ils ne sont pas si vieux, remis à neuf pour être revendus.
Un des avantages indéniables du téléphone cellulaire est qu'il nous permet d'effectuer des appels d'à peu près n'importe où et sur de grandes distances sans avoir à défrayer des coûts supplémentaires. Pouvoir aussi composer le 9-1-1 rapidement permet aux services d'urgences bien plus rapidement.
Quoiqu'il en soi, le téléphone de 2025 transcende profondément l'invention d'Alexander Graham Bell et ce dernier risquerait d'être certainement estomaqué de voir comment le simple appareil de communication qu'il a mit au point a évolué.
1975: Le téléphone sert à deux choses? Appeler quelqu'un qui n'est pas dans la maison ou recevoir un appel de quelqu'un qui n'est également pas dans la maison. Les téléphones qui se trouvent dans toutes les maisons du Québec appartiennent tous à Bell Canada. Ne cherchez pas la compétition; il n'y en a pas. Bell Canada possède le monopole et en 1975 Bell est l'un des plus importants employeurs du Canada. Pour le téléphone le prix de la location est inclus dans la facture.
Un aspect intéressant du téléphone de 1975 est la fonction spéciale du zéro, à la toute fin de la roulette. En composant le zéro l'on parlait directement avec une opératrice. Oui, au féminin parce que toutes les personnes travaillant à ce service étaient des femmes. Avec son aide vous pouviez avoir accès, par exemple, au numéro de téléphone d'une personne dont vous avez oublié le numéro, ou effectuer un appel à frais viré. Ce service permettait à une personne utilisant un téléphone public de pouvoir appeler, via l'opératrice, une personne mais sans avoir la monnaie pour mettre dans l'appareil. Lorsque l'opératrice entrait en contact avec la personne voulue elle lui demandait si elle acceptait l'appel à frais viré, ce qui ajoutait au compte de cette personne le montant requis.
Le service de l'opératrice était non seulement disponible sur tous les téléphones de maison mais aussi sur les téléphones publics. Aujourd'hui ce service n'existe plus.
Les téléphones de Bell, surtout le modèle 500 que l'on retrouvait dans presque toutes les maisons étaient construits comme des enclumes et pouvaient durer des années. Si un appareil en venait à faire défaut un technicien de Bell le remplaçait sans frais.
Vous voulez un deuxième téléphone? peut-être pour la salle de séjour, la chambre ou dans le bureau? Bell peut vous arranger ça en vous fournissant l'appareil désiré mais encore faut-il qu'un technicien viennent installer la prise dans ladite pièce et, bien entendu, le téléphone extra signifie un extra sur la facture. Est-ce que le téléphone avait amené une petite révolution en soi?
D'une certaine façon, oui. Prenez le petit meuble que l'on voit sur la photo ci-haut. Cela permettait aux mères au foyer de s'installer confortablement afin de papoter avec une amie pendant un bon bout. Vous avez probablement connu quelqu'un dans votre famille qui avait un de ces meubles. Mais était ce là l'étendue des innovations?
(Photo: Collection personnelle)
En fait, non. Depuis 1967 Bell Canada offrait aux clients un tout nouveau modèle que je considères l'un des plus beaux designs de téléphones: le Contempra. Ce téléphone aux lignes audacieuses voyait le cadran, à roulette bien entendu, intégré directement au combiné. Il avait de plus la versatilité d'être utilisé sur une table ou au mur avec des trous à l'arrière. auparavant il y avait deux modèles de Bell; l'un pour le mur et l'autre pour une table. En 1975 ces téléphones étaient offerts également avec le nouveau concept dit "Touch Tone" mais il arrivait que les gens, en parlant, accrochaient un des pitons.
Toutefois, le téléphone était fixe et il fallait l'utiliser là où il se trouvait. Dans bien des familles il était mal vu de placoter sans fin et nécessitait parfois l'intervention des parents pour dire aux enfants de lâcher ça. Dans ce temps-là il n'y avait pas de répondeurs alors si l'on attendait un appel important il valait mieux de laisser la ligne libre.
Toutefois, contrairement au téléphone cellulaire, appeler en dehors de la ville signifiait que l'on devait utiliser le service dit interurbain. Par exemple, pour téléphoner à de la parenté qui se trouvait à Québec l'on devait obligatoirement l'utiliser et ce n'était pas gratuit. Il ne s'agissait pas non plus d'un frais fixe, que non. Plus l'on parlait longtemps plus la facture augmentait. Et si l'on avait pas mal de choses à se dire, valait peut-être mieux abréger ou, au mieux, envoyer une simple lettre par la poste.
L'un des avantages du téléphone de 1975 et de son réseau est que les systèmes de réponses automatisés n'existaient pas. Lorsque l'on appelait en quelque part il y avait toujours une personne pour nous répondre. Pas de "pesez sur 1 pour ceci, pesez sur 2 pour cela". Prendre un rendez-vous à la clinique médicale? Composez le numéro et pouf! vous allez immédiatement parler avec la secrétaire.
Si le téléphone cellulaire permet des appels d'à peu près partout il était néanmoins possible d'effectuer des appels si l'on ne se trouvait pas à la maison. Bell, bénéficiant de son monopole, avait installé à peu près partout des cabines téléphoniques où l'on pouvait faire des appels pour quelques sous.
En 1975 il n'y avait pas d'internet alors comment faisait on pour recourir, par exemple, aux services d'un plombier, d'un électricien, commander une bien bonne pizza ou bien appeler une personne dont on n'avait pas les coordonnées? Il existait deux bouquins: les Pages blanches et les Pages jaunes. Le premier était un compendium de tous les abonnés de Bell, inscrits par ordre alphabétique et qui incluait l'adresse et le numéro de téléphone. Pour un service professionnel c'était les Pages jaunes, nommé ainsi parce que les pages étaient jaunes. Dans ce bottin on retrouvait tous les services imaginables regroupés par ordre alphabétiques. Contrairement aux Pages blanches, les Pages jaunes affichaient les services avec des annonces dont la taille variait selon ce que les entreprises étaient prêtes à payer; d'une simple ligne à une demie page. Les deux bottins étaient distribués gratuitement une fois l'an directement aux domiciles et on les retrouvaient aussi dans les cabines téléphoniques. Les Pajes jaunes existent encore mais en version numérique.
La téléphonie de 1975 était un service bien apprécié, bâti sur un réseau solide mais n'était pas le centre de l'univers des utilisateurs. C'était simplement un outil de communication et rien d'autre.
Le saviez-vous? Bien que l'on attribue l'invention du téléphone à Alexander Graham Bell, le premier téléphone fonctionnel a été mis au point en 1861 par Johan Philipp Reis. Bell a apporté quelques améliorations au design de Reis et a ensuite déposé sa demande brevet.
vendredi 5 décembre 2025
Luxite en 1953
Ah, les jupons et lingerie! Ma grand-mère était couturière à son compte et elle avait son atelier dans le sous-sol. Une grande pièce avec des tables remplies de montagnes de tissus de tous les genres. Elle recevait régulièrement des clientes qui venaient se faire prendre leurs mesures afin de se faite tailler des robes, jupes ou blouses sur mesure.
J'ai grandi chez mes grands-parents et parfois, le petit gamin que j'étais, du haut de mes trois ou quatre ans, s'affairait fort à imaginer des p'tits tours pendables. Un de mes préférés était de me cacher sous les piles de tissus et attendre le moment opportun pour en ressurgir et faire peur à ma grand-mère. Ça ne manquait jamais!
Un jour, j'ai trouvé que ça faisait un bail que je n'avais pas été me cacher sous les tissus alors pendant qu'elle s'est absentée pour quelques minutes je me suis faufilé, comme dans les dessins animés, dans la salle de couture pour me dénicher une bonne pile pour me cacher. J'aillais encore l'attraper, que je disais en riant avec toute la maturité qu'on peut avoir à cet âge-là.
Or, avant que ma grand-mère ne revienne, j'entend quelqu'un sonner. C'est une cliente. ma grand-mère, d'un pas pressé, s'en va vite ouvrir et v'la ti-pas que je me retrouve dans une drôle de situation. Elles parlent, jasent, et la dame, je crois que c'était madame Lecluyse, se met à enlever sa robe afin d'essayer celle que ma grand-mère avait cousue pour elle.
Mais fichtre, comment je vais faire pour me sortir de là? Quand elles jasent ces deux-là ça peut durer une éternité!
Mais voilà, elle n'enlève pas sa robe au complet. Elle s'est arrêtée comme une biche au milieu du chemin la nuit. Elle fait remarquer à ma mère grand que ça "bouge" sous les tissus.
On m'a découvert.
Ma grand-mère se fâche instantanément et s'approche de ma cachette en ôtant les tissus les uns après les autres. Une fois découvert, je file tel le road runner en haut, ne laissant derrière qu'une traînée de fumée et quelques petits papiers qui virevoltent. Je l'entend toutefois m'invectiver.
Toujours est-il que durant mon enfance il m'est souvent arrivé de voir des clientes de ma grand-mère ne portant que leur jupon et blouse. Ça arrivait surtout quand je descendais pour la voir et comme je ne faisais jamais trop de bruit, j'arrivais dans la salle de couture en pleine session de mesurage ou d'essayage sans savoir qu'une cliente s'y trouvait. Comme je n'avais que trois ou quatre ans ma grand-mère et ses clientes n'en faisaient pas trop de cas et je remontais de sitôt en haut.
Ces souvenirs me sont revenus en tête lorsque j'ai opté de vous présenter cette publicité de Luxite et parue en 1953. Parue dans le Sélection il a fallu que la publicité passe par les censeurs afin qu'elle soit digne du magazine de renom au lieu d'un autre qui venait tout juste de faire son apparition dans les kiosques la même année.
Luxite était une marque de lingerie fine fabriquée par Holeproof Hosiery, une compagnie américaine établie en 1901 au Milwaukee mais qui avait une usine à London en Ontario de même que des installation en Australie. Lors de la parution de cette publicité il ne restait à Holeproof que deux ans avant qu'elle ne soit acquise par la compagnie Julius Kayser pour la somme de $13 millions de dollars.
mercredi 26 novembre 2025
samedi 22 novembre 2025
Y'a t-il quelque de plus agréable lorsque l'on est en vacances ou entre amis que de prendre des photos? Vous vous souvenez de cette glorieuse époque des appareils à film où l’on s’amusait à se prendre nos pieds dans le sable en photo ou encore tous les repas que l’on mangeait pour se les montrer par la suite? Non? Moi non plus.
Trêve de plaisanterie facile. Retour en 1953 avec cette publicité pour la compagnie bien connue Kodak où l’on vante les mérites de la photographie pour se rappeler de bons souvenirs. Si la publicité apparaît un peu décalée c'est parce qu'il s'agit d'une publicité en deux pages située en plein milieu d'un numéro du Reader's Digest donc pas facile à recoudre les deux parties.
L’appareil utilisé par ces deux amis pêcheurs est un Kodak Duaflex II dont la première version a été mise sur le marché en 1947. L'œil non averti pourrait facilement confondre cet appareil avec le fameux Rolleiflex, ce qui n'est évidemment pas le cas. Le Duaflex était ce qu’on appelait un pseudo TLR (Twin Lens Reflex) qui imitait à cet égard les vrais TLR de l'époque. D’autres utilisaient la même principe comme le Voigtländer Brillant, Rolleiflex, Olbia ou encore l’Ensign Ful-Vue. Le pseudo TLR était en vogue dans les années 50 et 60 parce qu’il imitait les caméras pro.
L'appareil était tout de même intéressant parce qu'il comportait certaines fonctions utiles comme un petit mécanisme qui empêchait de prendre deux photos sur le même bout de film. Le Duaflex n'était toutefois pas un appareil haut-de-gamme, loin de là mais permettait à monsieur et madame tout-le-monde de pouvoir prendre des photos sans trop se casser la tête tout en s'amusant. Un peu l’équivalent des téléphones d’aujourd’hui.
Je possède, dans ma petite collection tout à fait insignifiante de caméras un de ces appareils et qui a appartenu jadis, naguère à mes grands-parents. Il s'agit du Duaflex III équipé d'une lentille Kodet et qui est en assez bonne condition. Cette caméra utilise du film de format 620, lequel fut introduit en 1932 et discontinué en 1995. Bien que le 620 ne soit plus disponible le format 120 quant à lui l'est toujours, quoique de plus en plus difficile à trouver, et la seule différence entre le 120 et le 620 est la bobine, celle du 620 ayant un moyeu plus petit ce qui rend l'utilisation du Duaflex possible avec du 120 moyennant un peu de bricolage.
On trouve que Pluche aurait pu l'épousséter un peu avant mais ça c'est juste nous autres, hein?
Et où pouvait-on se procurer des caméras en 1953? Tous les grands magasins du temps comme Eaton, Simpson’s et Dupuis Frères en vendaient de même qu'une multitude de boutiques spécialisées dont trois qui existent encore aujourd'hui; L.L. Lozeau (1927), Caméras Simon (1930) et Photo Service (1937). Amusant aussi cette publicité de la compagnie Hollywood Foto où, en retour d’un développement dans leurs laboratoires, on vous envoyait non seulement vos photos développées mais aussi un rouleau de film tout neuf.
Et que se passe t-il au Québec en 1953?
L'affaire de l'usine de textiles de Louiseville qui se fait affronter la Confédération des travailleurs catholiques du Canada (CTCC, aujourd'hui CSN) et Duplessis. Ce dernier va même accuser le syndicat d'être à la solde des communistes. Une situation qui ne manquera pas de faire parler et de faire couler beaucoup d'encre. La grève prendra fin avec une augmentation de 12 sous de l'heure mais qui fera ultimement dire au syndicat; tout ça pour ça.
En février on assistera dans les salles de cinéma à la grande première du film Tit-Coq du grand Gratien Gélinas, film dans lequel il tient toujours le rôle-titre et qu'il produira avec René Delacroix.
En mai on annonce que Radio-Canada va se doter d'une seconde station de télévision et qui ne diffusera qu'en français. Ce sera le fameux canal 2. Le 4 novembre on assistera à la grande première de La famille Plouffe de Roger Lemelin. On y verra Émile Genest, Paul Guèvremont, Amanda Alarie, Pierre Valcour et Jean-Louis Roux.
En décembre on écoutera une toute nouvelle chanson de Félix Leclerc qui deviendra légendaire dans son répertoire: Moi, mes souliers.
dimanche 16 novembre 2025
Les bougies Champion en 1921
Le saviez-vous? Le nombre de voitures à Montréal passe de 13,000 en 1921 à 65,000 en 1930. Les Ford étant fortement majoritaires dans le décor automobile de Montréal. Aujourd'hui en 2025 le nombre approche le million (présentement estimé à 983,000) et continue d'augmenter d'environ 15% à tous les cinq ans.
vendredi 7 novembre 2025
L'accident de tramways de 1921
Nous sommes le lundi 31 octobre 1921 aux petites heures du matin. Les gens se préparent à aller travailler. Ils sortent de leurs maisons en remontant le collet de leurs manteaux et sont accueillis par un brouillard épais qui, selon les dires, fait qu'on n'y voit rien au-delà de dix pieds. Pour pouvoir transporter plus de gens en même temps, on voit apparaître ici et là des tramways doubles, essentiellement deux voitures couplées ensembles mais dont seule la première est motorisée.
Que se passe t-il donc ce matin-là? Alors voilà, notre histoire se passe sur le circuit St-Denis/Ahuntsic qui relie le terminus Craig dans le Vieux-Montréal jusqu'au terminus situé à Ahuntsic. C'est un trajet assez simple qui ne dure en général qu'une heure, tout dépendant bien entendu des conditions climatiques. Or ce matin-là, comme mentionné plus haut, la ville est recouverte d'un épais brouillard. La prudence est donc de mise.
Du terminus Craig part le tramway double des voitures 1575 et 1663 en direction nord sous les commandes du garde moteur Alphonse Buron. Se trouvent aussi à bord le conducteur Alphonse Verret et environ une cinquantaine de passagers. Le circuit comporte une ligne double mais à la hauteur de Crémazie la ligne bifurque vers l'est et devient simple pour remonter le chemin Millen jusqu'au terminus situé plus loin au nord. Ce chemin était en plein champ car le quartier n'était absolument pas développé à ce moment-là.
Pour éviter que deux tramways ne se retrouvent face à face sur ce tronçon on avait aménagé une voie d'évitement qui permet à un tramway de s'y ranger afin de laisser passer l'autre. Un concept qui existe aussi dans le monde ferroviaire.
Le garde moteur Buron arrive à la hauteur de Crémazie et tourne à gauche prudemment afin d'aller emprunter le chemin Millen. Buron emprunte la voie d'évitement et attend que le tramway double composé des voitures 1573 et 1628 arrive. Mais il se fait attendre. On utilise donc le téléphone situé à un poteau situé tout près afin de communiquer avec la centrale.
Après quelques minutes Buron est autorisé à emprunter la voie mais avec prudence. Il rembarque à bord de son tramway et s'avance sur la voie. Mais à peine commence t-il à rouler qu'il aperçoit, surgissant de la brume, le tramway retardataire avec à bord le garde moteur Moise Dauphin et les conducteurs Alexis Joly et Emile Théorêt. il est environ 6:30 quand les deux tramways se fracassent l'un contre l'autre dans un fracas métallique épouvantable.
Peu de temps après l'impact, Emile Théorêt, l'un des conducteurs du tramway qui se dirigeait vers le sud parvient à sortir par l'arrière et se dirige le plus rapidement possible au poste de sémaphore afin de demander de l'aide au poste de secours situé au coin des rues St-Denis et Jean-Talon. Médecins et ambulanciers sont alors dépêchés sur place. Les secours arrivent et on se demande bien s'il se trouve quelconque malheureux qui a perdu la vie mais miraculeusement, tout le monde est vivant, quoique certains soient blessés sérieusement dont le garde moteur Buron qui souffre de lésions au dos et d'une jambe fracturée.
Certains des voyageurs ne souffrant que de blessures mineures sont soignés dans le dispensaire et peuvent regagner leur domicile alors que d'autres sont envoyés à l'hôpital Royal Victoria. Les équipes de la Montreal Tramways Company déblaient rapidement et efficacement la voie, si bien qu'a huit heures les tramways peuvent emprunter de nouveau le circuit.
On a pu évidemment savoir, en écoutant les témoignages de gens qui furent blessés dans l'accident, que les tramways allaient très vite. C'est ce que déclara M. St-Louis qui avait dit à son ami, Alphonse Paquette, que ca n'avait pas de bon sens de rouler aussi vite dans une brume pareille. Honoré Jolicoeur, un autre blessé, abonda dans le même sens et d'autres passagers dirent aussi la même chose.
Le garde-moteur Buron, hospitalisé à l'hôpital Général, accorda une courte entrevue où il affirma qu'il n'allait pas à plus de 12 ou 15 milles à l'heure mais que l'autre tramway allait très vite. Buron dit que lorsqu'il vit l'autre tramway arriver à toute vitesse il tenta de renverser le moteur mais que ce fut à toute fin pratique inutile.
Cet accident fut essentiellement dû au tramway double opéré par Moïse Dauphin qui, accusant un retard sur son horaire décida de reprendre le temps perdu en allant plus vite. Il est facile de comprendre qu'une telle manœuvre dans un épais brouillard n'était pas exactement l'idée du siècle et c'est ce qui provoqua la collision. La Montreal Tramways Company conclut aussi que de n'avoir qu'une seule voie pour le tronçon Millen était quelque chose à corriger (ben tiens!) et de ce fait, quelques six mois plus tard, elle fut doublée, éliminant ainsi les risques d'une autre collision.
Quant à l'ancienne ligne Millen elle suivait essentiellement ce qui est aujourd'hui l'avenue Millen, une rue résidentielle bordée de maisons d'un côté comme de l'autre et sur laquelle on retrouve les parcs Saint-Alphonse et Ahuntsic. Il serait bien difficile de déterminer exactement à quel endroit s'est produit l'accident.
Plusieurs années plus tard alors qu'il était à la retraite, le conducteur Émile Théorêt raconta le souvenir qu'il avait de ce terrible accident et, soulevant son chapeau, montra une bosse à la tête qu'il s'est faite ce jour-là et qui n'était jamais partie.
Le saviez-vous? La Montreal Tramways Company a été formée en 1911 afin de regrouper la Montreal Street Railway, Montreal Park & Island Railway and le Montreal Terminal Railway. En 1950 une législation est passée afin de créer la Commission de transports de Montréal, une entité publique, qui engloberait la Montreal Tramways Company. La Commission de transport de Montréal (CTM) est ensuite devenue la Commisison de transports de la Communauté Urbaine de Montréal (CTCUM) ensuite la Société de transport de la communauté urbaine de Montréal (STCUM) pour finalement devenir la STM que l'on connaît aujourd'hui.
vendredi 31 octobre 2025
La station Henri-Bourassa au début des années 80
L'autobus est le modèle New Look de General Motors qui a fait son apparition sur le réseau en 1959. Contrairement aux vieux modèles de la Canadian Car les New Look arboraient une facture moderne avec de large fenêtres. S'ils ont progressivement disparu du paysage montréalais pour être remplacés, la Société de transport de l'Outaouais a continué de les utiliser jusqu'en 2015. Certains de ces autobus ont été non seulement conservés mais aussi restaurés à leur apparence d'origine. Quant à la ligne Gouin #69 elle est toujours en service.



















































